BULLETIN DE LA r y SOCIETE ZOOLOGIQUE DE FRANCE POUR L'ANNÉE 1914 AVIS Les Membres de la Société sont instamment priés d'adresser, d'une façon impersonnelle, tous les envois d'argent et les mandats à Monsieur le Trésorier de la Société zoologique de France 28, rue Serpente, Paris (VI e ). BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANGE RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE TREME-XEUVIÈME VOLUME ANNÉE 1914 PARIS AU SIÈGE DE LA SOCIETE ZOOLOGIQUE DE FRANCE 28, rue Serpente (Hôtel des Sociétés savantes) 1914 EXTRAIT DU REGLEMENT DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANCE La Société zoologique de France, fondée le 8 juin 187G, reconnue d'utilité publique le 16 décembre 1896, comprend des membres hono- raires, des membres correspondants et des membres titulaires. Les membres titulaires nouveaux sont élus en séance publique sur la présentation de deux membres anciens; ils doivent un droit fixe d'entrée de 10 francs et une cotisation annuelle de 20 francs, celle-ci exigible à partir du 1 er janvier et devant être transmise sans frais au trésorier. Toutefois la Société peut faire toucher à domicile aux frais du débiteur. Les membres démissionnaires ne sont dégagés de la cotisation que pour les années qui suivent celle de leur démission (art. 4 de la loi sur les Associations). Tout membre qui n'a pas payé sa cotisation cesse de recevoir les publications de l'année courante et est, au bout de trois ans de non-paiement, considéré comme démissionnaire. On peut s'affranchir de la cotisation par le versement d'une somme de 300 francs qui confère le titre de membre à vie. Les membres donateurs sont ceux qui ont versé au moins 500 francs. Les séances de la Société sont publiques- La dernière du mois de février est Y Assemblée générale annuelle, pour laquelle les Compa- gnies de chemins de fer françaises accordent habituellement des billets à demi-place. Elle est accompagnée de séances de démons- tration, d'une conférence et d'un banquet. La bibliothèque est ouverte au siège social de 2 heures h 4 heures, tous les jours non fériés; le prêt à domicile des volumes reliés est autorisé pour les membres habitant Paris. Les membres honoraires et titulaires ont droit aux publications de la Société. Le Bulletin paraît tous les mois, sauf pendant les vacances; il publie de courtes notes déposées aux séances du mois précédent et ne comportant que des figures dans le texte; il n'en est envoyé aux auteurs qu'une seule épreuve ; à défaut de son retour dans un délai maximum de cinq jours, les corrections indispensables sont faites d'office. La Société en offre gratuitement aux auteurs 50 tirés à part sans couverlure, à partir de 1912; elle peut, dans la mesure de ses disponibilités, dispenser du remboursement des frais de clichage- Les personnes étrangères à la Société peuvent y publier, à condition que leur travail soit présenté par un membre. Les Mémoires publient des travaux plus étendus et pouvant comporter des planches hors texte. Il est d'usage dans les publications de la Société d'appliquer les règles de la nomenclature adoptées par les Congrès internationaux de zoologie, de faire commencer tout nom d'être vivant (animal ou plante) par une majuscule, d'écrire en italique les noms scientifiques latins et d'employer pour les indications bibliographiques les abré- viations usitées dans le Zoological record (1905). Il est recommandé de ne déposer que des manuscrits définitifs et lisiblement écrits : les frais de correction supplémentaires entraînés par les remaniements importants ou par l'état des manuscrits étant à la charge des auteuis (art. 66 du règlement). Les dessins doivent être remis en même temps que les manuscrits et exécutés de façon à pouvoir être immédiate- ment reproduits. Le Secrétaire général, gérant, A. ROBERT. I IXXX *■ f LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ AU V 1 FÉVRIER 1914 Avec la date de leur admission Le nom des membres fondateurs est précédé de la lettre F. SECRETAIRE GÉNÉRAL HONORAIRE F Blanchard (Prof. Raphaël), élu le 18 décembre 1900. BIBLIOTHÉCAIRE HONORAIRE 1889. Secques (P.), élu le 23 février 1911. MEMBRES HONORAIRES 1901. Fabre (J.-H.), correspondant de l'Académie des sciences, à Sérignan (Yaucluse). 1909. Francotte (P.), membre de l'Académie royale de Bel- gique, correspondant de l'Académie des sciences de Paris, professeur à l'Université, 118, rue Braemt (St- Josse), à Bruxelles (Belgique). 1909. Graff (L. von), professeur à l'Université, 2, Universi- tâtsplatz, à Graz (Autriche). 1901. Grassi, professeur d'anatomie comparée à l'Université, 92, via Agostino Depretis, à Rome (Italie). 1878. Gl'nther (D r Albert), F. R. S., directeur de la section zoologique du British Muséum, à Londres (Angleterre). 1909. Hubrecht (A. A. W.), professeur à l'Université, à Utrecht (Hollande). 1901. Ijima (Isao), professeur de zoologie à l'Université (Collège of science), à Tokyo (Japon). 1901. Laveran (A.), membre de l'Institut, membre de l'Acadé- mie de médecine, 25, rue du Montparnasse, à Paris (6 e ). 1897. Murray (Sir John), Ph. D., directeur des publications de l'expédition du Challenger, Challenger lodge, Wardie, à Edimbourg (Ecosse). VI 1897. Nansen (Frid(jof), professeur d'océanographie à l'Univer- sité de Christiania (Norvège). 1909. Perroncito (D r Edoardo), membre correspondant de l'Académie des sciences, de l'Académie de médecine et de la Société de biologie, professeur à l'Université et à l'Ecole vétérinaire, 40, corso Valentino, à Turin (Italie). i909. Sars (G. 0.), professeur à l'Université, à Christiania (Norvège). 1901. Schulze (F. E.), directeur de l'Institut zoologique, 43, Invalidenstrasse, à Berlin (Allemagne). 1913. Wesenberg-Lund (Garl), directeur du Laboratoire biolo- gique, Slotsgade, Hillerad (Danemark). 1902. Zograf (D r Nicolas de), professeur à l'Université (Musée polytechnique), à Moscou (Russie). MEMBRES CORRESPONDANTS 1890. Horst (D r R.), conservateur au Musée d'histoire natu- relle, à Leyde (Hollande). 1897. Sluiter (C. Ph.), professeur à l'Université, à Amsterdam (Hollande). 1904. Strebel (Hermann), au Musée zoologique, à Hambourg (Allemagne). 1891. Vejdovsky (Franz), professeur à l'Université de Bohême, à Prague (Bohême). MEMBRES DONATEURS DÉCÉDÉS (1) F Branicki (comte Constantin), décédé en 1884. 1888. Chancel (M lle Aline), décédée en 1889. 1888. Guerne (baron Frédéric de), décédé en 1888. F Hamonville (baron d'), décédé en 1899. F Hugo (comte Léopold), décédé en 1895. 1904. Meillassoux (J.-B.), décédé en 1913. 1886. Schlumberger (Charles), décédé en 1905. 1876. Semallé (vicomte René de), décédé en 1894. F Vian (Jules), décédé en 1904. (1) Par une délibération en date du 25 janvier 1885, le Conseil a décidé de main- tenir perpétuellement en tête du Bulletin la liste des membres donateurs décédés VII MEMBRES TITULAIRES (1) 1903. Abric (Paul), licencié es sciences, 46, quai Debilly, à Paris (16 e ). 1897. Aconin (Georges), avocat, 8, rue Sophie-Germain, à Paris (14 e ). 1913. Acuna (Julio V.), professeur de sciences naturelles, casilla n° 2459. à Santiago (Chili). 1890. Albert I er (S. A. S.), prince de Monaco (membre dona- teur), correspondant de l'Institut, 19, avenue du Tro- cadéro, à Paris (16 e ). 1911. Alexeieff (Alexis), 55, rue Lhomond, à Paris (5 e ). 1889. Alluaud (Charles), 3, rue du Dragon, à Paris (6 e ). 1892. André (E.), notaire honoraire, 17, rue des Promenades, à Gray (Haute-Saône). 1906. Anfrie (Emile), naturaliste, 3, rue de Paris, à Lisieux (Calvados). 1905. Anthony (D r Raoul), assistant au Muséum, 55, rue de Buffon, h Paris (5 e ). 10. 1906. Arenberg (prince Ernest d'), 75, avenue Marceau, à Paris (8 e ). 1893. Arrigoni degli Oddi (comte), professeur à l'Université, à Padoue (Italie). 1897. Artault (D r Stéphen), 20, rue de l'Abbé-de-1'Epée, à Paris (5 e ). 1895. Aubert (Marius), aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle, palais de Longchamp, à Marseille (Bouches- du-Rhône). 1913. Audigé, chef de travaux à la Faculté des sciences, rue Montaudran, à Toulouse (Haute-Garonne). 1911. Auriol (M me d') (membre à vie), Hôtel Terminus (Gare Saint-Lazare), à Paris (8 e ). 1880. Bambeke (D r Charles van), professeur à l'Université, 7, rue Haute, à Gand (Belgique). 1912. Barile (D r Celestino), assistant à l'Université (Ecole vété- rinaire), 52, via Nizza, à Turin (Italie). 1880. Barrois (D r Théodore), professeur à la Faculté de méde- cine, 51, rue Nicolas-Leblanc, à Lille (Nord). 1879. Bavay (Arthur), pharmacien en chef de la marine, en retraite, correspondant du Muséum, 82, rue Lauriston, à Paris (16 e ). (1) La Société s'est vue dans la nécessité de rayer de la liste des membres un certain nombre de personnes qui avaient négligé de payer leur cotisation (Art. Il du règlement). VIII MEMBRES TITULAIRES 20. 1903. Beauchamp (D r Paul Marais de) (membre à vie), docteur es sciences, préparateur à la Sorbonne, 16, rue de Bagneux, à Paris (6 e ). 1899. Bedot (D r Maurice), directeur du Musée d'histoire natu- relle, professeur à l'Université, à Genève (Suisse). 1909. Benoist (René), licencié es sciences, rue du Donjon, à Rouen (Seine-Inférieure). 1908. Benoit-Bazille (Henri), 81, rue Myrha, à Paris (18 e ). 1906. Berner (Paul), directeur de l'Ecole d'horlogerie, à La Chaux-de-Fonds (Suisse). 1911. Bertray (D r A.), 10, rue Frochot, à Paris (9 e ). 1884. Bibliothèque de l'Université et de l'Etat, à Strasbourg (Alsace). 1889. Bibliothèque de l'Université, à Grenoble (Isère). 1889. Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle, 2, rue de Buffon, à Paris (5 e ). 1892. Bibliothèque du Musée des Invertébrés, 19, via Bomana, à Florence (Italie). 30. 1892. Bibliothèque de l'Université, à Rennes (Ille-et- Vilaine). 1884. Bignon (M 1Ie Fanny), docteur es sciences, professeur à l'Ecole Edgar-Quinet, 162, rue du Faubourg-Poisson- nière, à Paris (10 e ). 1909. Billiard (G.) (membre à vie), assistant de bactériologie à la fondation ophthalmologique A. de Rothschild, 67, boulevard des Invalides, à Paris (7 e ). 1906. Blaizot (Ludovic), à l'Institut Pasteur, à Tunis (Tunisie). 1891. Blanc (Edouard) (membre à vie), explorateur, à la Société de géographie, 184, boulevard St-Germain, à Paris (6 e ). 1909. Blanc (D r Georges), laboratoire de zoologie, Ecole natio- nale d'agriculture, à Montpellier (Hérault). 1892. Blanchard (M me Raphaël) {membre donateur), 226, bou- levard Saint-Germain, à Paris (7 e ). F Blanchard (D r Raphaël) (membre donateur), professeur à l'Université, membre de l'Académie de médecine, 226, boulevard Saint-Germain, à Paris (7 e ). 1910. Blin (D r Emmery), médecin en chef des asiles de la Seine, 30, rue Vauquelin, à Paris (5 e ). 1881. Blonay (Roger de), 23, rue de La Rochefoucauld, à Paris (9 e ). MEMBRES TITULAIRES IX 40. 1883. Bolivar (Ignacio), professeur d'entomologie à l'Univer- sité, 17, paseo del Obelisco, à Madrid (Espagne). 1882. Bonaparte (le prince Roland) (membre donateur), membre de l'Institut, 10, avenue d'Iéna, à Paris (16 e ). 1907. Bonnet (Alexandre), 54, boulevard Bineau, à Neuilly-sur- Seine (Seine). 1903. Bonnet (Amédée) (membre donateur), préparateur à la Faculté des sciences, bibliothécaire-archiviste-conser- vateur de la Société linnéenne, 1, quai de la Guillotière, à Lyon (Rhône). 1904. Borcéa (Ioan), docteur es sciences, professeur à l'Univer- sité, à Jassy (Roumanie). 1906. Bordas (D r L.), professeur adjoint à la Faculté des sciences, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 1904. Boubée (Ernest), naturaliste, 3, place Saint-André-des- Arts, à Paris (6 e ). 1897. Boutan (D r Louis), professeur de zoologie à la Faculté des sciences de l'Université, à Bordeaux (Gironde). 1890. Bouvier (E. L.), membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle, 14, avenue Voltaire, h Maisons-Lafïitte (Seine-et-Oise). 1889. Branicki (comte Xavier) (membre à vie), 10, rue Wiejska, à Varsovie (Russie). 50. 1911. Brément (Ernest), préparateur à l'Institut océanogra- phique, à Monaco. 1892. Bbian (Alfred) (membre donateur), 6, via San Sebastiano, à Gênes (Italie). 1894. Brôlemann (Henri) (membre à vie), à Pau (Basses-Pyré- nées). 1896. Brumpt (D r Emile) (membre à vie), docteur es sciences, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 13, rue du Connétable, à Chantilly (Oise). 1905. Buen (Odôn de) (membre donateur), sénateur, professeur à l'Université de Madrid, directeur du Laboratoire de biologie marine des Baléares à Palma-de-Mallorca et de la station de Mélaga, Serrano 80, à Madrid (Espagne). 1904. Bugnion (D r Edouard), professeur d'embryologie à l'Uni- versité de Lausanne, Blonay-sur-Vevey (Suisse). 1897. Bujor (D r Paul), professeur de zoologie à la Faculté des sciences de l'Université, à Jassy (Roumanie). X MEMBRES TITULAIRES F Bureau (D r Louis) (membre à vie), directeur du Musée, professeur à l'Ecole de médecine, 15, rue Gresset, à Nantes (Loire-Inférieure). 1910. Galkins (Gary N.), Ph. D., professer of Protozoology, Columbia University, New-York City (Etats-Unis). 1902. Galvet (Louis), professeur à la Faculté des sciences de Glermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 60. 1879. Camerano (D r Lorenzo), professeur à l'Université, palazzo Carignano, à Turin (Italie). 1902. Carié (Paul) {membre donateur), 40, boulevard de Cour- celles, à Paris (17 e ). 1909. Caullery (Maurice), professeur de zoologie, évolution des êtres organisés, à la Sorbonne, 6, rue Mizon, à Paris (15 e ). 1895. Caustier (Eugène), professeur aux lycées Saint-Louis et Henri IV, 1, boulevard Henri-IV, à Paris (4 e ). 1903. Caziot (commandant E.), 24, quai Lunel, à Nice (Alpes- Maritimes). 1903. Certes (M me Adrien), 53, rue de Varenne, à Paris (7 e ). 1891. Chancel (M me Marius) (membre donateur), 226, boulevard Saint-Germain, à Paris (7 e ). 1906. Chappellier (A.), préparateur à la Sorbonne, ingénieur agronome, 6, place Saint-Michel, à Paris (6 e ). 1907. Chatelet (C), greffier du Conseil de préfecture, 32, rue du Vieux-Sextier, à Avignon (Vaucluse). 1904. Chatton (Edouard), assistant à l'Institut Pasteur, 17, rue Froidevaux, à Paris (14 e ). 70 . 1891 . Chaves (Francisco Alfonso), directeur de l'Observatoire mé- téorologique, à Ponta Delgada, île Sao Miguel (Açores). 1884. Chevreux (Edouard) (membre donateur), route du Cap, à Bône (Algérie). 1899. Chobaut (D r A.), 4, rue Dorée, à Avignon (Vaucluse). 1907. Chopard (Lucien), licencié es sciences naturelles, 52, bou- levard Saint-Germain, à Paris (5 e ). 1912. Ciuca, médecin-vétérinaire, à l'Institut Pasteur, 25, rue . Dutot, à Paris (15 e ). 1888. Claybrooke (Jean de), 5, rue de Sontay, à Paris (16 e ). 1881. Clément (A. L.) (membre à vie), dessinateur, 34, rue Lacépède, à Paris (5 e ). 1912. Cornillot (D r Charles), 39, rue Gazan, à Paris (14 e ). 1887. Cosmovici (D r Léon C), professeur à l'Université, 11, «trada Codrescu,. à Jassy (Roumanie). MEMBRES TITULAIRES XI 1912. Cosmovici (Nicolas-L.), licencié es sciences naturelles, 29, rue Jacob, à Paris (6 e ). 80. 1900. Col'tière (D r H.), professeur à l'Ecole supérieure de pharmacie, 20, rue de Tournon. à Paris (6 e ). 1905. Gratunesco (M me Eugénie), 1, avenue de l'Observatoire, à Paris (6 e ). 1906. Dalmon (D r Henri), à Bourron-Marlotte (Seine-et-Marne). 190i. Dambeza (membre à vie), avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, 5, rue de Villersexel, à Paris (7 e ). 1902. Darboux (G.) (membre donateur), professeur à la Faculté des sciences, 31, rue Fargès, à Marseille (Bouches-du- Rhône). 1884. Dautzenberg (Philippe) (membre donateur), 209, rue de l'Université, à Paris (7 e ). 1904. Davenport (Charles), director of the Station for expéri- mental Evolution of Cold spring Harbor, Carnegie Institution, New-York (Etats-Unis). 1898. Davemère (D r Emile), licencié es sciences, 36, boulevard de La Tour-Maubourg, à Paris (7 e ). 1904. Debreuil (Charles), avocat à la Cour d'appel, 25, rue de Châteaudun, à Paris (9 e ). 1887. Delage (D r Yves), membre de l'Institut, professeur à l'Université, à la Sorbonne, à Paris (5 e ). 90. 1910. Delorme (Georges), licencié es sciences, 5, rue Clairaut, à Paris (17 e ) 1876. Demaison (Louis), archiviste, 21, rue Nicolas-Perseval, à Reims (Marne). 1911. Denier (Pierre), 25, rue Nicolo, à Paris (16 e ). 1911. Despax (R.), 30, avenue de Muret, à Toulouse (Haute- Garonne). 1910. Desoutter (Robert), 8, rue d'Hondeghem, à Hazebrouck (Nord). F Dollfus (Adrien), directeur de la Feuille des Jeunes Naturalistes, 3, rue Fresnel, à Paris (16 e ). 1892. Dollfus (Gustave) (membre à vie), 45, rue de Chabrol, à Paris (10 e ). 1913. Dollfus (Marc-Adrien), étudiant, 6, rond-point de Long- champ, à Paris (16 e ). 1912. Dollfus (Robert), licencié es sciences naturelles, 45, rue de Chabrol, à Paris (10 e ). XII MEMBRES TITULAIRES 1897. Domet de Vorges (Albert), licencié es sciences naturelles, à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire). 100. 1887. Dominici (D r Henri), licencié es sciences, 37, rue du Général -Foy, à Paris (8 e ). 1877. Douvillé (H.), membre de l'Institut, professeur à l'Ecole des Mines, 207, boulevard St-Germain, à Paris (7 e ). 1876. Durois (Alphonse), docteur es sciences, conservateur honoraire du Musée royal d'histoire naturelle, 42, rue des Chalets, à Uccle, Brabant (Belgique). 1897. Duboscq (D r 0.), professeur de zoologie à la Faculté des sciences, 24, rue Marcel-de-Serres, à Montpellier (Hérault). 1902. Dyé (D r Léon) (membre à vie), 123, avenue de Wagram, à Paris (17 e ). 1905. Face (Louis) (membre à vie), docteur es sciences, natu- raliste du service scientifique des Pêches maritimes, au laboratoire Arago, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orien- tales). 1907. Falguière (Willie), instituteur public, 15, rue Cluseret, à Suresnes (Seine). 1908. Fauré-Fremiet (Emmanuel), préparateur au Collège de France, 46, rue des Ecoles, à Paris (5 e ). 1884. Faurot (D r Lionel) (membre à vie), 7, rue Gustave- Nadaud, à Paris (16 e ). 1902. Ferdinand I er (S. M.), tsar de Bulgarie (membre donateur), à Sophia (Bulgarie). Direction de la Bibliothèque royale. 110. 1893. Field (D r Herbert Haviland), directeur du Concilium bibliographicum, 9, Kôllikerstrasse, à Zurich-Neu- munster (Suisse). 1894 . Fischer (Henri), docteur es sciences, maître de confé- rences adjoint à la Faculté des sciences, 51, boulevard Saint-Michel, h Paris (5 e ). 1895. Fockeu (D r Henri), professeur à la Faculté de médecine, 13, place Philippe-Lebon, à Lille (Nord). 1897. Freyssinge (Louis), licencié es sciences, pharmacien, 9, rue Parrot, à Paris (12 e ). 1890. Friedlander (B.) et fils, libraires, 11, Carlstrasse, à Berlin (Allemagne). 1909. Fuset-Tlbia (José), docteur es sciences naturelles, pro- fesseur de zoologie générale à l'Université, à Barcelone (Espagne). MEMBRES TITULAIRES XIII 1881. Gaueau de Kerville (Henri) (membre donateur), corres- pondant du ministère de l'Instruction publique et du Muséum, 7, rue Dupont, à Rouen (Seine-Inférieure). 1880. Gàrman (Samuel), assistant of Ichthyology and Herpe- tology at the Muséum of Comparative Zoology, at Harvard Collège, Cambridge, Mass. (Etats-Unis). 1909. Garreta (Léon), château de Banville, par Carentan (Manche). 1895. Gaulle (Jules de), 41, rue de Yaugirard, à Paris (6 e ). 120. 1879. Gazagnaire (Joseph), 29, rue Centrale, à Cannes (Alpes- Maritimes). 1907. Gedoelst (Louis), professeur à l'Ecole vétérinaire, 23, rue David-Desvachez, à Bruxelles (Belgique). 1905. George (E.), étudiant, 91, boulevard Beaumarchais, à Paris (3 e ). 1899. Georgevttch (Jivoïn), professeur de zoologie et d'ana- tomie comparée à l'Université, à Belgrade (Serbie). 1905. Germain (Louis), docteur es sciences, préparateur au Muséum. 120, rue de Tolbiac, à Paris (13 e ). 1906. Glandaz (Albert), greffier en chef au Tribunal de Com- merce, 43, boulevard Lannes, à Paris (16 e ). 1903. Gœldi (prof. Emile A.) (membre à vie), 36, Zieglerstrasse, à Berne (Suisse). 1902. Gréban (membre à vie), notaire, rue de Paris, à Saint- Germain-en-Laye (Seine-et-Oise). 1905. Grobgn (D.), médecin-vétérinaire, 7, rue des Filles-Saint- Thomas, à Paris (2 e ). 1891. Gruvel (A.), directeur des Pêcheries de la côte occiden- tale d'Afrique, 4, rue Lagarde; à Paris (5 e ). 130. 1900. Guérin-Gaxivet (J.), docteur es sciences, naturaliste du service scientifique des Pêches maritimes, au labora- toire maritime, à Goncarneau (Finistère). 1880. Guerne (baron Jules de) (membre donateur), 6, rue de Tour non, à Paris (6 e ). 1895. Gliart (D r Jules) (membre donateur), docteur es sciences, professeur à la Faculté de médecine, 36, quai Gailleton, à Lyon (Rhône). 1886. Guitel (Frédéric), professeur à la Faculté des sciences, 32, rue Gurvand, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 1908. Gllia (D r Giovanni), Vittoria, à Gozo, île de Malte. 1894. Hakki (Ismaïl), professeur aux Ecoles vétérinaires mili- taire et civile, vétérinaire de la Société des tramways, à Constantinople (Turquie). XIV MEMBRES TITULAIRES 1891. Hallez (D r Paul), professeur à l'Université, à Lille (Nord). 1900. Hamonville (baron d') {membre à vie), au château de Manon ville, par Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle). 1913. Havre (Le chevalier G. van), 2, rue van Brée, à Anvers (Belgique). 1888. Hecht (D r Emile), chef de travaux à la Faculté des sciences, 10, rue de Lorraine, à Nancy (Meurthe-et- Moselle). 140. 1902. Henry, répétiteur à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine). 188(3. Hérouard (Edgard) (membre à vie), professeur adjoint de zoologie à l'Université, sous-directeur du laboratoire de Roscoff, 9, rue de l'Eperon, à Paris (6 e ). 1889. Hertwig (D r Richard), professeur de zoologie à l'Univer- sité, à Munich (Bavière). 1900. Hérurel (Marcel), docteur es sciences, préparateur à la Sorbonne, 112, rue Monge, à Paris (5 e ). 1896. Holssaye (Emile), pharmacien de l'Assistance publique, 5, rue de l'Epée-de-Bois, à Paris (5 e ). 1906. Hugues (Albert), à Saint-Geniès-de-Malgoires (Gard). 1907. Iches (Lucien) (membre à vie), 12, place Saint-Julien, à Laon (Aisne). 1906. Innès-Bey (D r Walter Francis), square Halem-Pacha, Esbekieh, Le Caire (Egypte). 1895. Jammes (D r L.), professeur adjoint à la Faculté des sciences, 6, place Saint-Sernin, à Toulouse (Haute- Garonne). 1893. Janet (Armand) (membre à vie), ingénieur principal de réserve du génie maritime, 29, rue des Volontaires, à Paris (15 e ). 150. 1890. Janet (Charles) (membre à vie), docteur es sciences, ingénieur des arts et manufactures, villa des Roses, près Beauvais (Oise), et 57, rue Réaumur, à Paris (2 e ). 1906. Janin (D r Francisque), à Kourousa (Guinée française). 1913. Jeannel (D r René) (membre à vie), 15, rue de Jussieu, à Paris (5 e ). 1882. Joubin (D r Louis) (membre à vie), professeur au Muséum d'histoire naturelle, 21, rue de l'Odéon, à Paris (6 e ). 1882. Jourdan (Etienne), professeur adjoint à l'Université, 6, rue de la Bibliothèque, à Marseille (Bouches-du-Rhône). F Jousseaume (D r Félix) (membre à vie), 29, rue de Ger- govie, à Paris (14 e ). 1883. Joyeux-Laffuie (J.), professeur de zoologie à l'Université de Caen, 70, rue d'Assas, à Paris (6 e ). MEMBRES TITULAIRES XV 1914. .Il lin (Charles), membre correspondant de l'Académie royale de Belgique, professeur à l'Université, L. L. I). (St-Andrews), 159. rue de Fragnée, à Liège (Belgique). 1900. Jumentié (D r Joseph), 141, avenue Victor-Hugo, à Paris (16 e ). 1879. Kempen (Gh. van), 12, rue Saint-Bertin, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 160. 1888. Kerhervé (J.-B. de), licencié es sciences naturelles, à Lacres, par Samer (Pas-de-Calais). 1894. Kœhler (D r René), professeur à l'Université, 29, rue Guilloud, à Lyon (Rhône). 1909. Kollmann (Max), agrégé, docteur es sciences, prépara- teur de mammalogie au Muséum, 15, rue Nicolas- Charlet, à Paris (15 e ). 1893. Krasilshtshik (Isaac), conseiller de la Cour, 82, Leov- skaïa, à Kishinev (Russie méridionale). 1903. Krempf (Armand), attaché à l'Institut Pasteur, à Nha- . • trang, Annam (Indo-Chine). 1881. Kunstler (Jules), professeur à l'Université, à Bordeaux (Gironde). 1891. Labbé (D r Alphonse), docteur es sciences, professeur à l'Ecole de médecine, à Nantes (Loire-Inférieure). 1905. Laboratoire de biologie générale de l'Université, à Dijon (Côte-d'Or). 1903. Laboratoire de malacologie du Muséum d'histoire natu- relle, 55, rue de Buffon, à Paris (5 e ). 1892. Laboratoire de zoologie de l'Université, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 170. 1904. Lamy (Edouard), assistant de malacologie au Muséum, 36, rue Daubenton, à Paris (5 e ). 1904. Landrieu (D r Marcel), 108 bis, rue de Rennes, à Paris (6 e ), et 21, rue de la Ferme, au Havre (Seine-Inférieure). 1883. Larcher (D r Oscar), membre de la Société de biologie, 97, rue de Passy, à Paris (16 e ). 1907. Lavagna (D r Joseph), directeur de l'Institut ophtalmolo- gique « Princesse Alice », à Monaco. 1909. Lavauden (Louis), garde général des Eaux et Forêts, rue Fantin-Latour, à Grenoble (Isère). 1906. Lebailly (D r Charles), préparateur à la Faculté des sciences, rue Pasteur, à Caen (Calvados). 1907. Le Danois (Edouard), naturaliste du service scientifique des Pêches maritimes, au laboratoire Lacaze-Duthiers, à Roscoff (Finistère). XVI MEMBRES TITULAIRES 1910. Lepeschkine (Woldemar), vice-président de la Section ichthyologique de la Société impériale d'acclimatation, Piatnitzkaya, 56, à Moscou (Russie). 1891. Lignières (Joseph), professeur, directeur de l'Institut de bactériologie, 582, Bartholome Mitre, à Buenos-Aires (République Argentine). 1908. Liouville (D r Jacques), médecin de la mission Charcot, 35, rue de l'Université, à Paris (7 e ). 180. 1897. Loyez (M lle Marie), docteur es sciences naturelles, pro- fesseur à l'Ecole Edgar-Quinet, 16, rue Guvier, à Paris (5 e ). 1909. Lozano (Luis), docteur es sciences naturelles, conserva- teur du Musée cle Madrid (Espagne). 1889. Lucet (Adrien), membre de l'Académie de médecine, assistant au Muséum, 2, rue des Arènes, à Paris (5 e ). 1893. Maës (Albert), 164, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris (8 e ). 1889. MagalhÂes (D r Petro Severiano de), professeur à la Faculté de médecine, rua do Hospicio, 3a, à Rio-de- Janeiro (Brésil). 1908. Magaud d'Aibusson, 66, avenue Mozart, à Paris (16 e ). 1886. Magne (Alexandre) (membre donateur), 37, rue Etienne- Marcel, à Pantin (Seine). 1897. Malaquin (D r A.), professeur de zoologie générale et appliquée à la Faculté des sciences, 159, rue Brûle- Maison, à Lille (Nord). 1884. Man (D r J.-G. de), à Ierseke, Zélande (Hollande). 1909. Maranne (Isidore), pharmacien-chimiste de l'Université de Paris, à Allanche (Cantal). 190. 1887. Marchal (Paul), membre de l'Institut, directeur de la Sta- tion entomologique de Paris, professeur de zoologie à l'Institut national agronomique, 30, rue Guérard, à Fon- tenay-aux-Roses (Seine) ; l'hiver, 89, rue du Cherche- Midi, à Paris (6 e ). 1892. Martin (D r Henri), médecin de l'Hôpital d'.Vuteuil, Villa Montmorency, 6, avenue des Sycomores, à Paris (16 e ). 1885. Martin (René), avocat, au Blanc (Indre). 1912. Marzocchi (D r Victor), libero-docente, à l'Université, 18, via Masséna, à Turin (Italie). 1911. Mathis (Constant), médecin-major de l re classe, directeur de l'Institut antirabique, à Hanoï (Tonkin). MEMBRES TITULAIRES XVII 1893. Maupas (E.), conservateur-administrateur de, la Biblio- thèque nationale, 1, rue de Dijon, à Alger (Algérie). 1890. Maurice (Charles), docteur es sciences, professeur à l'Université catholique de Lille, à Attiches, par Pont-à- Marcq (Nord). 1907. Menegaux (A.), assistant au Muséum, 55, rue de Buffon, à Paris (5 e ). 1889. Minchin (D r Edward A.), professeur à l'Université de Londres, 53, Cheyne court, Royal Hospital road, à Londres, S.-W. (Angleterre). 1884. Moniez (D r Romain), recteur de l'Université, à Caen (Calvados). 200. 1907. Montezuma (M me ), 19, boulevard de l'Ouest, au Vésinet (Seine-et-Oise). 1907. Montezuma, 19, boulevard de l'Ouest, au Vésinet (Seine- et-Oise). 1913. Monti (M ma Rina), professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'Université, à Sassari, Sardaigne (Italie). 1897. Moreau (D r Louis), 11, place de la République, à Epernay (Marne). 1912. Moreira (Carlos), chef du laboratoire d'entomologie agri- cole du Muséum national. 33, rua S. Francisco-Xavier, à Rio-de-Janeiro (Brésil). 1892. Moulé (Léon), 27, rue de la Tour, à Vitry-le-François (Marne). 1892. Musée d'histoire naturelle, à Genève (Suisse). 1892. Musée zoologique de l'Université, à Pavie (Italie). !'.)13. Musée national de Montevideo (Uruguay). 1883. Musée national zoologique, à Agram (Croatie). 210. 1888. Nadar (Paul), photographe, 51, rue d'Anjou, à Paris (8 e ). 1911. Nafilyan (Zia bey), licencié es lettres, 45, rue de Lyon, à Paris (12 e ). 1891. Nerville (Ferdinand de), ingénieur des télégraphes, 59, rue de Ponthieu, à Paris (8 e ). 1891. Neumann (Georges), professeur à l'Ecole vétérinaire, à Toulouse (Haute-Garonne). 1896. Neveu-Lemaire (D r Maurice), professeur agrégé à la Faculté de médecine, à Lyon (Rhône). 1903. Nibelle (Maurice) (membre à vie), 9, rue des Arsins, à Rouen (Seine-Inférieure). 1870. Oberthur (Charles), imprimeur, à Rennes (Ille-et- Vilaine). XVIII MEMBRES TITULAIRES 1913. Oberthùr (Henri) (membre à vie), 46, rue Molitor, à Paris (16°). 1913. Oberthùr (D r Joseph) {membre à me), i6, rue Molitor, à Paris (16 e ). 1892. Odin (Amédée), directeur du Laboratoire maritime, 23, quai de Franqueville, aux Sables-d'Oloune (Vendée). 220. 1896. Oka (D r Asajiro), au laboratoire de zoologie de la Koto- Shihan Gakko (Ecole normale supérieure), à Tokyo (Japon). 1892. Olivier (Ernest), directeur de la Revue scientifique du Bourbonnais, 10, cours de la Préfecture, à Moulins (Allier). 1907. Osorio (Balthazar), à l'Ecole Polytechnique, à Lisbonne (Portugal). 1879. Oudri (général Emile), à Durtal (Maine-et-Loire). 1907. Paquet (René), 34, rue de Vaugirard, à Paris (6 e ). 1910. Para (D r ), à La Ferté-Alais (Seine-et-Oise). 1905. Paris (Paul), préparateur à la Faculté des sciences, à Dijon (Côte-d'Or). 1902. Pas (comtesse du) {membre à rie), 97, rue Royale, à Lille (Nord). 1890. Paszlavszky (Joseph), professeur à la Réaliskola, 11, Szilfa-utcza, 7, à Budapest (Hongrie). 1884. Pavlov (M me Marie), Dolgoroukovsky pereoulok, Univer- sité, à Moscou (Russie). 230. 1913. Payer (Jules de), chef de la mission arctique française, 44, rue Pergolèse, à Paris (16 e ). 1900. Pellegrin (D r Jacques), docteur es sciences, assistant d'herpétologie au Muséum d'histoire naturelle, 1, rue Vauquelin, à Paris (5 e ). F Pennetier (D r Georges), directeur du Musée d'histoire naturelle, professeur à l'Ecole de médecine, impasse de la Gorderie, Mont-Saint-Aignan-lès-Rouen (Seine- Inférieure). 1905. Pérez (Charles), professeur adjoint à la Faculté des sciences, 3, rue d'Ulm, à Paris (5 e ). 1887. Perrier (Edmond), membre de l'Institut, directeur du Muséum d'histoire naturelle, 57, rue Olivier, à Paris (5 e ). 1909. Perroncito (D r Aldo), assistant d'histologie à l'Université, à Pavie (Italie). F Petit (Louis) aîné (membre à vie), naturaliste, 48, bou- levard de Strasbourg, à Paris (10 e ). MEMBRES TITULAIRES XIX 1897. Philippson (Maurice), docteur en sciences, 27, rue de la Loi, à Bruxelles (Belgique). 1913. Phisalix (M me ) (membre à vie), docteur es sciences, docteur en médecine, 62, boulevard Saint-Germain, à Paris (5 e ). 1893. Pic (Maurice) (membre à vie), correspondant du Muséum, Les Guerreaux, par Saint-Agnan (Saône-et-Loire). 240. 1912. Picado (Clodomiro), 16, rue de la Pitié, à Paris (5 e ). 1912. Picqué ;D r Robert), professeur agrégé à la Faculté de médecine, à Bordeaux (Gironde). 1879. Pierson (Henri) (membre à vie), 8, rue du Pont, à Brunoy (Seine-et-Oise). 1900. Pinoy (D r Ernest), 30, rue de Versailles, à Yille-d'Avray (Seine-et-Oise). 1901. Pizon (Antoine), docteur es sciences naturelles, profes- seur au Lycée Janson-de-Sailly, 92, rue de la Pompe, à Paris (16 e ). 1899. Plate (D r Ludwig), professeur à l'Université, 2, Mozart- strasse, à Iéna (Allemagne). 1910. Pluche (V.), 71, rue de Sartoris, à la Garenne-Colombes (Seine). 1902. Polaii.lon (D r Henri). 10. avenue de Messine, à Paris (8 e ). 1910. Policard (A.), chef de laboratoire à la Faculté de méde- cine, 1, place Raspail, à Lyon (Rhône). 1913. Porter (Professor Carlos) (membre à me), casilla 2974, à Santiago (Chili). 250. 1905. Pruvot (M me G.), 90, rue d'Assas, à Paris (6 e ). 1895. Pruvot (Georges), directeur du Laboratoire Arago, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orient les ), professeur d'ana- tomie comparée, à la Sorbonne, à Paris (5 e ). 1907. .Quidor (Auguste), docteur es sciences, 82, rue Michel- Ange, à Paris (16 e ). 1893. Bacovitza (Emile-G.) (membre à vie), docteur es sciences, directeur adjoint du Laboratoire Arago (Banyuls-sur- Mer), 92, boulevard Raspail, à Paris (6 e ). 1882. Railliet (A.), membre de l'Académie de médecine, pro- fesseur d'histoire naturelle à l'Ecole vétérinaire, à Alfort (Seine). 1906. Raspail (M me Xavier) (membre donateur), à Gouvieux (Oise). 1886. Raspail (Xavier), correspondant du ministère de l'Ins- truction publique, à Gouvieux (Oise). XX MEMBRES TITULAIRES 1896. Ratz (D r Stephan von), professeur à l'Académie vétéri- naire, 23, Rottenbiller utcza, à Budapest (Hongrie). 1913. Regnard (Emile), licencié es sciences naturelles, 129, bou- levard Saint-Michel, à Paris (5 e ). 1879. Regnard (D r Paul), membre de l'Académie de médecine, directeur de l'Institut national agronomique, 195, rue Saint-Jacques, à Paris (5 e ). 260. 1905. Renesse de Duivenbode (G. de), 45, rue de Trévise, à Paris (9 e ). 1895. Reyckaert (J.), agent de la Société zoologique, 85, rue du Cherche-Midi, à Paris (6 e ). 1887. Richard (D r Jules), directeur du Musée océanographique, à Monaco. 1877. Richet (D r Charles), membre de l'Institut, professeur à l'Université, 15, rue de l'Université, à Paris (7 e ). 1897. Robert (Adrien) (membre à vie), chef de travaux à la Sorbonne, 95, rue de Seine, à Paris (6 e ). 1893. Roche (Georges), docteur es sciences, 4, rue Dante, à Paris (5 e ). 1901. Rodriguez (Jean), directeur du Musée national d'histoire naturelle, à Guatemala (Amérique centrale). 1888. Rollinat (Raymond) (membre à vie), à Argenton (Indre). F Rothschild (baron Edmond de) (membre donateur), 19, rue Lalïite, à Paris (9 e ). 1895. Roule (D r Louis), professeur d'herpétologie an Muséum d'histoire naturelle, 8, rue de Ruffon, à Paris (5 e ). 270. 1906. Ployer (D r Maurice), secrétaire de la Société entomolo- gique de France, 14, rue du Four, à Paris (6 e ). 1911. Ruderman (M" e Lota), Elektoralma 51, à Varsovie (Pologne russe). 1897. Sand (René), 45, rue des Minimes, à Bruxelles (Belgique). 1884. Sauvage (D r Emile), directeur honoraire de la Station aquicole, directeur du Musée, 39 bis , rue Tour-Notre- Dame, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). 1881. Sauvinet (L. -Ernest), assistant au Muséum, 57, rue Cuvier, à Paris (5 e ). 1902. Savouré (P.), licencié es sciences naturelles, chargé de travaux pratiques à la Faculté des sciences, 7 bis , im- passe Sainte-Marie, à Rennes (Ille-et-Vilaine). 1909. Schlegel (Christian), 13, rue Vauquelin, à Paris (5 e ). 1896. Scott (Thomas), naturalist to the Fishery Board for Scotland, 2, Devanda terrace, à Aberdeen (Ecosse). MEMBRES TITULAIRES XXI 1889. Secques (François), pharmacien de l re classe, 14, rue Saint-Louis-en-1'Ile, à Paris (4 e ). 1902. Semichon (Louis) (membre à vie), docteur es sciences, stagiaire au Muséum, 4, rue Honoré-Chevalier, à Paris (6 e ) - . 280. 1876. Shellby (captain George-Ernest) (membre à vie), 7, Princes street, Gavendish square, à Londres, W. (Angleterre). F Simon (Eug.), membre correspondant de rAcadémie des sciences, 16, villa Saïcl, à Paris (16 e ). 1901. Simroth (Heinrich), professeur à l'Université, à Leipzig (Allemagne). 1905. Sirvent (Louis) (membre à vie), assistant au Musée océanographique, à Monaco. 1899. Société scientifique et Station zoologique d'Arcachon, à Arcachon (Gironde). 1911. Sollaud (E.), agrégé, 32, rue des Ecoles, à Paris (5 e ). 1893. Spengel (D r J. W.), professeur à l'Université, à Giessen (Allemagne). 1877. Steindachner (Hofrath D r Prantz), Director des natur- historischen Hofmuseums, I, Burgring, 7, à Vienne (Autriche). 1891. Stiles (D r Charles Wardell), Chief of the Division of Zoology, Hygienic Laboratory, Public Health and Ma- rine Hospital service of the U. S., à Washington, D. C. (Etats-Unis). 1914. Stique (Georges), 27, rue du Vieux-Pont-de-Sèvres, à Billancourt (Seine). 290. 1889. Studer (D r Th.), professeur à l'Université, directeur du Musée, rue des Orphelins, à Berne (Suisse). 1912. Tarnogradsky (David), au laboratoire d'évolution des êtres organisés, 3, rue d'Ulm, à Paris (5 e ) 1898. Ternier (Louis), à La Rivière Saint-Sauveur (Calvados). 1911. Texier (Georges), à Luçon (Vendée). 1896. Thézée (D r Henri), professeur à l'Ecole de médecine, 70, rue de Paris, à Angers (Maine-et-Loire). 1901. Tillier (J.-B.), chef du transit du canal de Suez, 83, rue de la Tour, à Paris (16 e ). 1887. Topsent (Emile), professeur à la Faculté des sciences, correspondant du Muséum, à Dijon (Côte-d'Or). 1878. Tourneux (D r Frédéric), professeur à l'Université, 14, rue Sainte-Philomène, à Toulouse (Haute-Garonne). XXII MEMBRES TITULAIRES 1887. Trapet, pharmacien-major de l re classe en retraite, 6, rue Théodule-Ribot, à Paris (17 e ). 1895. Trouessart (D r Edouard), professeur au Muséum d'his- toire naturelle, 61, rue Guvier, à Paris (5 e ). 300. 1889. Vaillant (Léon), professeur honoraire au Muséum d'his- toire naturelle, 8, quai Henri-IV, à Paris (4 e ). 1903. Vaney (G.), maître de conférences à la Faculté des sciences, à Lyon (Rhône). 1894. Vaudremer (D r Albert), 50, rue Centrale, à Cannes (Alpes- Maritimes). 1898. Yersluys (D r J.), Privat-Dozent à l'Université, à Giessen, Hesse (Allemagne). 1876. Vian (Paul), notaire, 9, rue Boissy-d'Anglas, à Paris (8 e ). 1894. Vignal (Louis), 28, avenue Duquesne, à Paris (7 e ). 1912. Vignon (Paul), docteur es sciences, 9, boulevard Latour- Maubourg, à Paris (7 e ). 1902. Visard de Bocarmé (comte Ferdinand), 6, rue du Grand- Gagnage, à Namur (Belgique). 1903. Vlès (Fred), docteur es sciences, préparateur du Labo- ratoire de Roscoff (Finistère), 46, boulevard Saint- Michel, à Paris (5 e ). 1897. Ward (Henry-Baldwin), professeur à l'Université, à Urbana, Illinois (Etats-Unis). 310. 1880. Weber (D r Max), professeur à l'Université, à Eerbeck (Hollande). 1909. Weinberg (D r M.), assistant à l'Institut Pasteur, 25, rue Dutot, à Paris (15 e ). 1913. Werner (F.), assistant à l'Institut de zoologie de l'Uni- versité, à Vienne (Autriche). 1890. Wierzejsky, professeur à l'Université, 6, Wielopole, à Cracovie (Autriche). 1906. Wintrebert (D r ) (membre à vie), préparateur d'anatomie comparée à la Faculté des sciences, à Paris (5 e ). 1900. Yung (D r Emile), professeur de zoologie à l'Université, 6, boulevard Helvétique, à Genève (Suisse). 1909. 7a'lueta (Antonio de), Museo de ciencias naturales, Hip- podromo, à Madrid (Espagne). LISTE GÉOGRAPHIQUE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ MH = Membre honoraire ; MC = Membre correspondant FRANCE (231) Iches. Olivier. Aisne (1) AlXIEB (1) Alpes-Maritimes (3) Caziot. Gazagnaire. Yaudremer. Basses-Pyrénées (1) Brôlemann. Bouches-du-Rhône (3) Aubert. Darboux. Jourdan. Calvados (4) Anfrie. Lebailly. Moniez. Ternier. Cantal (1) Maranne. Côte-d'Or (3) Dijon (Laboratoire de biologie). Paris. Topsent. Finistère (2) Guérin-Ganivet. Le Danois. Gard (1) Hugues. Gironde fi) Arcachon (Slalion). Boutan. Kùnstler. Picqué. Haute-Garonne (5) Audigé. Despax. Jamines. Neumann. Tourneux. Haute-Saône (1) André. HÉRAULT (2) Blanc (G.). Duboscq. Ille-et-Vilaine (5) Bordas. Guitel. Oberthùr (Charles). Rennes (Bibliothèque). Savouré. Indre (2) Martin (R.). Rollinat. Isère (2) Grenoble (Bibliothèque). Lavauden. Loire-Inférieure (2) Bureau. Labbé. Maine-et-Loire (2) Oudri. Thézée. Garreta. Demaison. Moreau. Moulé. Manche (1) Marne (3) XXIV LISTE fîKOC.RAPHIQUE Meurthe-et-Moselle (3) Hamonville (Baron d'). Hecht. Nancy (Laboratoire de zoologie). Nord (7) Barrois (Th.). Desouller. Fockeu. Hallez. Malaquin. Maurice. Pas (Comtesse du). Oise (4) Brumpt. Janet (Ch.). Baspail (M me ). Baspail. Pas-de-Calais (3) Kempen (Ch. van). Kerhervé (L.-B. de). Sauvage. Puy-de-Dôme (1) Calvet Pyrénées-Orientales (1) Fage. Rhône (6) Bonnet (Amédée). Guiart. Kœhler. Neveu-Lemaire. Policard. Vaney. Saône-et-Loire (2) Domet de Vorges. Pic. Seine (8) Bonnet (Alexandre). Falguière. Henry. Magne. Marchai. Pluche. Railiiet. Stique. Paris (131) Abric. Aconin. Alexeieff. Alluaud. Anthony. Arenberg (Prince d"). Artault. Auriol (M me d'). Bavay. Beauchamp (P. de). Benoit-Bazille. Bertray. Bignon (M" e ). Billiard. Blanc (E.). Blanchard (M me ). Blanchard (R.). Blin. Blonay (B. de). Bonaparte (Prince R.). Boubée. Bouvier. Carié. Caullery. Caustier. Certes (M me ). Chancel (M me ). Chappellier. Chatton. Chopard. Ciuca. Claybrooke (J. de). Clément. Cornillot. Cosmovici (N.). Coutière. Cratunesco (M rae ). Dambeza. Dautzenberg. Davenière. Debreuil. Delage. Delorme. Denier. Dollfus (A.). LISTE GEOGRAPHIQUE XXV Dollfus (G.). Paquet. Dollfus (M.). Payer (J. de). Dollfus (R.). Pellegrin. Doniinici. Pérez. Douvillé. Perrier. Dyé. Petit. Fauré-Fremiet. Phisalix (M me ). Faurot. Picado. Fischer. Pizon. Freyssinge. Polaillon. Gaulle (.1. de). Pruvot (M me ). George. Pruvot. Germain. Quidor. Glandaz. Bacovitza. Grobon. Regnard (E.). Gruvel. Regnard (D r P.). Guerne (Baron J. de). Renesse de Duivenbode. Hérouard. Beyckaert. Richet. Hérubel. Robert. Houssaye. Roche. Janet (A.). Rothschild (Baron Edm. de). Jeannel. Roule. Joubin. Royer. Jousseaume. Sauvinet. Joyeux-Laffuie. Schlegel. Jumentié. Secques. Kollmann. Semichon. Lamy. Simon. Landrieu. Sollaud. Larcher. Tarnogradsky. Laveran, M. H. Tillier. Liouville. Trapet. Loyez (M""). Trouessart. Lu cet. Vaillant. Maës. Vian. Mugaud-d'Aubusson. Vignal. Martin (Dr H.). Vignon. Mrs. Weinberg. Menegaux. Muséum (Bibliothèque). Wintrebert. Muséum (Lab. de malacologie). Nadar. Seine-et-Marne (1) Nafilyan. Dalmon. Nervi lie (F. de). Oberthur (H.). Seine-et-Oise (6) Oberthur (J.). Gréban. XXVI LISTE GEOGRAPHIQUE Montezuma (M me ). Vaucluse (3) Montezuma. Para. Chatelet. Pierson. Chobaut. Pinoy. Fabre, M. H. Seine-Inférieure (4) Benoist (R.). Vendée (2) Gadeau de Kerville. Odin. Ni belle. Texier. Pennetier. ÉTRANGER [104) EUROPE (82) Allemagne (8) Friedlânder. llertwig (R.). Plaie. Schulze, M. II. Simroth. Spengel. Strebel, M. C. Versluys. Alsace (1) Strasbourg (Bibliothèque). Autriche-Hongrie (8) Agram (Musée). Graff (L. von), M. II. Paszlavszky. Ratz (S. von). Steindachner. Vejdovsky, M. G. Werner. Yv'ierzejsky. Belgique (9) Bambeke (Ch. van) Dubois (Alph.). Francotte, M. H. Gedoelst. Havre (Chev. G. van). Julin. Philippson. Sand. Visard de Bocarmé (Comte). Bulgarie (1) Ferdinand I er (S. M.). Danemark (1) Wesenberg-Lund, M. H. Espagne (5) Bolivar. Buen (Odôn de). Fusel-Tubia. Lozano. Zulueta (A. de). Grande-Bretagne (5) Gùnther, M. H. Minchin. Murray (Sir John), M. H. Scott. Shelley. Hollande (5) Horst, M. C. Hubrecht, M. H. LISTE GEOGRAPHIQUE XXVI 1 Man (J. G. de). PORTUGAL (1) Sluiter, M. C. Ûsorio. W'eber. ROL'MANIE (3) Italie (11) Borcea. Arrigoni degli Oddi (Comte). Bujor. Barile. Cosmovici (D r L.). Brian. Camerano. Russie (6) Florence (Bibliothèque des Invertébrés) Branicki (comte X.). Grassi, M. H. Krasilshtshik. Marzocchi. Lepeschkine. Monti (M m.<; ùù'fit ti ''//onnc'itr de Za Société ZooZoyi/jritje de. Irarvce. enJS24 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 51 présentent des déformations ou des anomalies, mais je ne vous parlerai pas de celles qui sont dues à des accidents survenus pendant la vie des animaux et qui ont entraîné des modifica- tions plus ou moins profondes dans la forme de leurs coquilles. La seule anomalie dont je vais vous entretenir est l'enroule- ment en sens inverse, c'est-à-dire de droite à gauche de coquilles de Mollusques Gastéropodes dont l'enroulement nor- mal se fait de gauche à droite ou, au contraire, de gauche à droite chez d'autres dont l'enroulement normal se fait de droite à gauche. Ces deux cas ont été désignés sous les noms de sinistrorsité et de dextrorsité tératologïques. Ils sont toujours rares, et dans un grand nombre d'espèces on n'en a même rencontré, jus- qu'à présent, qu'un seul individu. Cependant, certaines espèces ou certains groupes en pré- sentent des exemples relativement fréquents. C'est ainsi qu'il existe dans presque toutes les collections des spécimens sénestres des Escargots communs : Hélix pomatia et Hélix aspersa. Il est évident que leur fréquence relative provient surtout du nombre considérable de ces Mollusques qui sont récoltés et manipulés au point de vue alimentaire. Parmi les Mollusques marins, il en est de même pour le Buccinum undatum, dont on consomme de grandes quantités dans certaines régions de l'Angleterre et du Danemark. Un de mes correspondants, M. L. Byne, a pu m'en envoyer en peu de temps neuf individus sénestres, provenant tous du comté de Kent. Mais si la sinistrorsité est relativement fréquente chez les espèces que je viens de vous signaler, elle est au contraire rarissime chez d'autres Mollusques, également comestibles, et dont on récolte des quantités encore bien plus considérables. On ne connaît, par exemple, jusqu'à présent, qu'un seul exem- plaire sénestre du vulgaire Bigorneau (Litlorina littorea Lin.), dont on voit cependant de pleins paniers dans tous les marchés. Cet exemplaire a été apporté au British Muséum il y a quelques années et M. Smith s'en est rendu acquéreur. Si on examine la répartition des cas d'anomalies sénestres ou dextres de la coquille dans les différents groupes de Mol- lusques, on remarque qu'il s'en présente assez souvent chez certains de ces groupes, tandis qu'il n'en a été constaté aucun chez certains autres. 52 . SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 On connaît des spécimens qui présentent cette anomalie dans beaucoup de familles de Pulmorrés terrestres et surtout dans celle des Helicidee. Chez les Mollusques marins, on n'a rencontré jusqu'à pré- sent des cas de sinistrorsité tératologique que chez les Pecti- nibranches, et plus spécialement chez les Rachiglosses : les Toxoglosses, les Pténoglosses et les Gymnoglosses n'en ont pas encore fourni un seul, et, chez les Tœniogiosses, nous n'avons pu en relever que trois cas, représentés chacun par un exem- plaire unique : Littorino littorea, Littorina saxatilis subsp. rudis et Torinia variegata. Les Tamioglosses d'eau douce présentent quelques anomalies sénestres chez les Paludines et les Valvées, et aussi deux cas chez des Mollusques terrestres : Cyclostoma elegans et Acmc lineata. Dans le sous-ordre des ^'-utibranches, je n'ai pu relever que deux cas de sinistrorsité : l'un chez la Neritina fluviatitis, l'autre chez le Pleurotomaria decussata Sowerby, fossile du Dévonien. J'ai essayé de dresser une liste aussi complète que possible des sinistrorsilés et des dextrorsités tératologiques, mais elle doit être très incomplète, car beaucoup de renseignements disséminés dans des périodiques peu accessibles m'ont cer- tainement échappé. Le même travail avait déjà été entrepris en 1905 par M. Sykes, qui a cité alors 119 espèces sénestres et 13 dextres, puis par Ancey, qui a élevé le nombre des sénestres à 137 et celui des dextres à 15. La liste que j'ai l'honneur de vous présenter aujourd'hui se compose de 178 espèces sénestres et 17 dextres, mais afin de rendre comparables mes chiffres à ceux des listes précédentes, il convient d'éliminer de ces dernières deux Planorbes pour les raisons que je vous exposerai tout à l'heure. L'écart entre ma liste et celle de M. Ancey est donc, en réalité, de 43 espèces d'une part et de 2 de l'autre. Cet accroissement est dû en partie à ce que certaines anomalies sénestres indiquées par Chem- mtz. de Monterosato et Paul Fischer avaient été perdues de vue, et aussi à plusieurs spécimens inédits que j'ai réussi à me procurer. Personne n'est parvenu jusqu'à présent à expliquer la cause qui peut occasionner l'enroulement anormal, en sens inverse, SÉANCE DU 2G FÉVRIER 1914 53 chez des Gastéropodes, el on peut même dire que toutes les suppositions qui ont été émises à ce sujet sont plus qu'hypo- thétiques. Je regrette de ne pouvoir apporter aucun élément nouveau pour la discussion de ce problème, mais je crois que de l'accumulation de renseignements précis pourra peut-être un jour sortir un peu de lumière. Le seul lait sur lequel je me permettrai d'appeler encore votre attention est que la sinistrorsité tératologique des Mol- lusques marins semble presque exclusivement localisée chez les Raehiglosses et que, dans ce groupe, ce sont les Marginella qui sont de beaucoup le plus largement représentés. On con- naît, en effet, 14 espèces de Margïmelles de la faune actuelle qui présentent des cas de sinistrorsité. La tendance à cette anomalie chez les Mollusque- de ce genre n'est d'ailleurs pas récente, puisque je possède dans ma collection des spécimens sénestres de trois espèces de Marginelles de l'Eocène du bassin de Paris. Parmi les Gastéropodes sénestres. il en est un qui jouit d'une réputation universelle et même d'une grande vénération dans son pays d'origine : c'est le Ghank (Turbinella pirum) que les tndous considèrent connue un objet d'une si haute valeur qu'ils en ont l'ait l'un des attributs de leurs divinités. M. James Hornell, superintendant des pêcheries de perles et de Ghanks du gouvernement de Madras, a présenté au Con- grès de zoologie de Monaco une communication des plus inté- ressantes sur ces coquilles sacrées dont il a pu voir plusieurs individus conservés dans les temples de l'Inde et de Ceylan. 11 évalue à 120 le nombre des spécimens sénestres existant actuellement, et comme les pêcheurs de Ghanks rapportent (ous les ans environ 2 millions Vè d'exemplaires, on peut éva- luer à 750 millions les coquilles récoltées pendant 300 ans, ce qui représenterait pour les 120 exemplaires sénestres une pro- portion d'environ 1 pour millions M d'exemplaires anormaux. La valeur di^< Ghank> sénestres est très inégale, les spéci- mens les plus grands et les plus frais étant infiniment plus appréciés que les autres, à tel point que le prix d'un Ghank peut varier depuis L00 ou 150 francs jusqu'à 4.000 el 5.000 francs. Un certain nombre des Ghanks sénestres connus proviennent de dépôts anciens et ces coquilles ternes et en médiocre état sont relativement peu estimées, tandis qu'un Ghank de grande taille et sans défauts possède, paraît-il, des mérites extraordi- naires. L'eau qui a passé par l'un d'eux acquiert des propriétés curatives qui lui permettent de guérir la plupart des maladies. 54 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 N'ayant pas réussi, jusqu'à présent, à me procurer un Chank sénestre, je dois me contenter de mettre sous vos yeux des épreuve des planches qui accompagneront le mémoire de M. Hornell et que M. Lamy a bien voulu me confier. Vous remarquerez que les trois Chanks qui y sont repré- sentés sont agrémentés d'ornements en métal. Les prêtres thibétains qui se servent de Chanks ordinaires, c'est-à-dire dextres, en guise de trompes, les garnissent aussi parfois d'armatures en métal. Voici un spécimen provenant de Lhassa, qui est identique à celui dont M. Sven Hedin nous a montré une photographie lors de son voyage à Paris. Il en existe deux similaires au Musée Guimet, mais dont l'armature est bien plus grossièrement travaillée. Je vous prie d'excuser cette incursion dans le domaine de l'ethnographie. Il ne me reste plus maintenant qu'à vous dire pourquoi j'ai cru devoir écarter les Planorbes de ma liste de Mollusques tératologiquement sénestres. Ces animaux ont toujours leurs orifices situés normalement du côté gauche : il semblerait donc que les coquilles plus ou moins déroulées qui prennent un aspect sénestre devraient être regardées comme normales, tandis que celles déroulées dans le sens opposé et qui prennent l'aspect dextre devraient être regardées comme anormales. Mais si on examine attentivement les coquilles des Pla- norbes, du Planorbis corneus, par exemple, on remarque que l'inclinaison du péristome indique nettement une coquille dextre. Le genre Carinilex, qui n'est qu'une exagération de certains Planorbes carénés de l'Amérique du Nord, a, d'ailleurs, une coquille franchement dextre. Il y a lieu de remarquer aussi que sur des centaines de Pla- norbes scalariformes recueillis dans une petite mare à Magnée, en 1871, par mon beau-frère, un seul présentait une détorsion vers la gauche, aussi M. Pire a-t-il déclaré que les Planorbes étaient dextres, tandis que tous les anatomistes les considèrent comme sénestres. La conclusion qui me parait pouvoir être tirée de ces faits, est que tout le monde a raison et, qu'en réalité, le Planorbe est un animal bizarre dont la torsion à 180 degrés vers la gauche fait un animal sénestre, mais que cette torsion n'in- SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 55 fluence pas le sens de l'enroulement de la coquille et que celle-ci est bien réellement dextre. Je termine, Mesdames et Messieurs, en vous remerciant de votre indulgence et de la patience dont vous avez fait preuve en écoutant cette communication bien spéciale. » SlNISTRORSITÉS TÉRATOLOGIQUES Gibbus Lyonetianns Pallas. Rhytida Villandrei Gassies. Nanina (Rhysota) Zeus Jonas. Xesta duplocincta Bôttger. — javanica Pérussac. — umbilicata Le Guillou. Vitrina pellucida Millier. Zonites algirus Linné. Hyalinia cellaria Millier. — var. septentrionalis Bourguignat. — lucida Draparnaud. — nitens Michaud. nitida Millier. — nitidula Draparnaud. Mesomphix ligera Say. Puncium pygmaeum Draparnaud. Lnomo (Prixgnathus) Môllendorffi Suter. Pyramidula alternata Say. — humilis Hutton. rotundata Millier. — rupestris Draparnaud. — solitaria Say. strigosa Gould. — var. Cooperi AV. G. Binney. Polygyra septemvolva Say. — (Trïodopsis) albolabris Say. appressa Say. — elevata Say. Helicella carthusiana Mûller. cespitum Draparnaud. — conspurcata Draparnaud. ericetorum Millier. explanata Millier. fasciolata Poiret. moneriana Bourguignat. 56 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 19 H HeHcella negl'ecta Draparnaud. — oreta Bourguignat. trepiâula Servain. trochoides Poiret. unifasciata Poiret. variabilis Draparnaud. virgata Da Costa. Hygromia hispida Linné. cinctella Draparnaud. limbata Draparnaud. rufescens Pennant. Vallonia pulchella Millier. Helicigona arbustorum Linné. cornea Draparnaud. lapicida Linné. quimperiana Pérussac. Helicogena a/perta Boni. — aspersa Millier. var. albina. Hélix pomatia Linné. Polygyra (Triodopsis) exoleta W. G. Binney. fallax Say. — inflecta Say. Mvïjchelliana Lea. profunda Say. — thyroïdes Say. — (Stenotrema) hirsuta Say. Pleurodonte lychnuchus Millier. — (Thelidomus) auricoma Férussac. Thersites (Hadra) bipartita Férussac. Stylodonta unïâentata Chemnitz. Acavus hœmastoma Linné. phœnix Pfeilïer. Dorcasia globulus Millier. lucana Millier. Eulota fruticum Millier. — (Euhadra) mercatoria Gray. Leucochroa candidissima Draparnaud. var. umbilicata Menke. — var. maxima Bourguignat. Geomitra (Caseolus) micromphala Lovve. Helicella acuta Millier. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 191 i 57 Hclicclla agna ? Bourguignat. — apicina Lamarck. — arenarum Bourguignat. candidula Studer. cantiana Montagu. caperata Montagu. Ilrlix (Tachea) hortensis Millier. nemoralis Linné. splendida Draparnaud. — sylvatica Draparnaud. Otala) apalolena Bourguignat a lia Bourguignat. lactea Millier. myristigmea Bourguignat. vermiculata Millier. — (Iberus platychela Menke. — (Euparypha) pisana Millier. Orthalicus undatus Bruguière. Liguus fasciatus Mûller. — Poeyi Pfeiffer. — uirgineus Linné. Placostylus Msopus Gassies. // hiatus Martyn. ouveanus Dotzaner. senilis Gassies. Rumina decollata Linné. var. maxima Bourguignat. Buliminus (Zebrina) détritus Millier. Pupa armigereïla Reinhardt, var. luchuana Pilsbry. — aven ace a Bruguière. — bigorriensis Charpentier. — Brauni Rossmâssler. — Farinesi Desmoulins. — muscorum Linné. — umbilicata Draparnaud. Clausilia (Isoalopia) livida Menke. Achatina fulica Férussac. panthera Férussac. — reticulata Pfeiffer. Cionella lubrica Millier. Cochlicopa tridens Pulteney. Ferussacia Barclayi Benson. 58 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Cœcilianella sip. Ancey. Glessula orthoceras Godwin Auslen. Succinea elegans Risso. oblonga Draparnaud. ovalis Gould. Pfeifferi Rossmâssler. Litnnœa limosa Linné. — ovata Draparnaud. — palustris Draparnaud. peregra Millier. — stagnalis Linné. — volutata Gould. Campeloma decisa Say. — intégra de Kay. obesa Lewis. Amnicola limosa Say. Vivïpara vivipara Linné. — sp. ? (de Chine). Valvata obtusa Schullz. — piscinalis Mûller. Neritina (Theodoxia) fluviatilis Linné. Cyclostoma (Ëricia) elegans Millier. Pomatias apricum Mousson. crassilabrum Draparnaud. Hidalgoi Grosse. Lelourneuxi Bourguignat. obscurum Draparnaud. patulum Draparnaud. septemspïrale Razoumowski. Diiropis planorbis Blanford. Diplommatina Bôttgeri Môllendorff. kiiensis Pilsbry. (Nicida) catathymia Sykes. Acme lineata Draparnaud. Olivella oryza Lamarck. Marginella aurantia Lamarck. — clandestina Brocchi. — apicina Menke. — curta Sowerby. — glabella Linné. — guttata Dillwyn. limbata Lamarck. SÉANCE DU 20 FÉVRIER 19 l i 59 Marginella miliaria Linné. — mitrella Risso. — nubeculala Lamarck. — Philippii Monterosato. — sarda Kiener. — zonata Kiener. sp. ? Baie de l'Ouest. Voluta scapha Gmelin. — vesperlilio Linné. — var. pellis-serpentis Lamarck. Mitra lutescens Lamarck. Fusus sp. ? Turbinella pirum Linné. Melongena paradisiaca. Neptunea antiqua Linné. Buccinum undatum Linné. Mitrella scripta Linné. Murex secundus Lamarck. — trunculus Linné. Purpura lapillus Linné. Littorina littorea Linné. saxatilis Olivi, subsp. rudis Maton. Torinia varie gâta Gmelin. Mollusques fossiles Hélix Chaixi Michaud, Hauterive. Olivella mitreola Lamarck, Villiers-Neauphle. — Laumontiana Lamarck, Bois-Gouë. Marginella crassula Deshayes, Ferme de l'Orme. crenulata Deshayes, Ferme de l'Orme. bilidoplicata Charlesworth, Ferme de l'Orme. Sijcum bulbus Brander. Liomesus Dalei S. Wood. Nassa reticosa Sowerby. Pleur otomaria decussata Sandberger. Dextrorsités tératologiques Buliminus (Ena) quadridens Millier. Pupa (Bifidaria) perversa Sterki. — (Pupoides) contrarius Smith. Balea perversa Linné. 60 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Clausilia almissana Kiister. bidentata Strom. — biplicata Montagu. Duboisi de Charpentier. — laminata Montagu. macarana Ziegier. nigricans Jeffreys. plicata Draparnaud. plicatula Draparnaud. rugosa Draparnaud. Stentzi Rossmâssler. Physa fiontinalis Linné. Palainti. hyalina von Môllendorff. MM. Alluaud, Gaullery et E. Perroncito s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. La » Commission intersyndicale pour la défense des indus- tries de la plume pour modes et parures » adresse diverses circulaires protestant contre les attaques dont cette industrie a été récemment l'objet, notamment de la part de la « Confé- rence internationale pour la protection mondiale de la nature » (Berne, novembre 1913), et qui ont eu pour résultat l'inter- diction de l'importation des plumes aux Etats-Unis et un projet de loi déposé au Parlement anglais, tendant au même objet. D'après ces documents, le nombre des Oiseaux détruits spé- cialement pour leurs plumes est insignifiant : « la plupart de ces ornements proviennent ou d'élevages (Autruche, Nandou, Faisan), ou d'Oiseaux domestiques (Coq, Paon, Canard, Dinde et Oies d'espèces très spéciales), ou encore de gibier de table (Perdrix, Lagopède, Coq de bruyère, etc.). Les quelques plumes exotiques utilisées proviennent de sortes nuisibles à l'agriculture, telles que : Curvidés d'Océanie (Oiseaux dits de Paradis), ou d'espèces qui ne se nourrissent ni de graines ni d'Insectes, telles que les Hérons de toutes espèces, notamment l'Aigrette, dont la nourriture principale est le Poisson; et, du reste, il vient de se fonder, au sein de notre industrie, un prix de 10.000 francs pour encourager l'élevage de cet Oiseau, afin d'eu assurer la préservation. » L' « Association internationale pour la destruction ration- nelle des Rats », dirigée par une Commission internationale et SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 61 un Comité exécutif, siégeant en permanence à Copenhague, adresse un numéro spécimen de son « Bulletin ». M. E. Rabaud, présenté à la précédente séance, est élu membre. M. de la Baume-Pluvinel, au laboratoire d'évolution des êtres organisés, 3, rue d'Ulm, à Paris (5 e ), est présenté par MM. Cailler y et Pérez. M. Casimir Cépède, préparateur à la Faculté des sciences de Paris, docteur ès-sciences, demeurant 6 bis, rue des Ecoles, à Paris (5 e ), est présenté par MM. R. Blanchard et Robert. L'ordre du jour appelle l'attribution du prix Louis Petit pour l'ornithologie, qui doit être décerné pour la première fois par l'Assemblée générale de 1914. M. R. Blanchard, rapporteur de la Commission, donne lecture du rapport suivant : « Mes chers Collègues, Pour la première fois, vous êtes appelés à décerner le prix Louis Petit aîné, en faveur d'un ornithologiste dont les travaux ont porté, soit sur la description systématique des Oiseaux, soit sur l'étude de leurs mœurs, ainsi que le spécifie l'article pre- mier du règlement. En se conformant à ces conditions, votre Commission a été unanime à proposer à vos suffrages notre collègue, M. Xavier Raspail. Depuis 1886 qu'il fait partie de la Société zoologique de France, ses travaux ornithologiques et entomologiques attestent l'activité de sa production scientifique. Parmi ceux de ces travaux concernant spécialement l'ornithologie, on n'en trouve pas moins de 51 dans le Bulletin et dans les Mémoires de notre Société, sans compter qu'il a fourni, également sur l'ornithologie, des observations aussi précises et ingénieuses que consciencieuses dans d'autres organes scientifiques : les Actes de la Société scientifique du Chili, le Bulletin de la Société nationale d'acclimatation, la Revue scientifique, YOrnis, la Feuille des jeunes naturalistes, la Chasse illustrée, etc. Grâce à ses nombreuses observations, on possède, sur la durée de l'incubation des œufs chez les Oiseaux et de l'éduca- tion des jeunes dans le nid, des documents précieux qu'il a condensés dans un mémoire intitulé : Une station ornitholo- gique dans VOise, considéré par les .spécialistes comme un véritable traité d'ornithologie, fruit de trente ans d'activés et persévérantes explorations. Dans cet ordre d'idées, M. Xavier 62 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Raspail a donné la méthode à suivre à ceux qui, s'inspirant de ses études, voudraient les étendre aux espèces qu'il n'a pu rencontrer au cours de ses studieuses et habiles recherches. Ses connaissances en oologie lui ont permis de déterminer deux espèces qui, jusqu'alors, n'étaient pas admises par les auteurs : l'Epervier majeur, dont les uns niaient l'existence et que d'autres n'admettaient qu'à titre de simple race, et la Hochequeue d'Yarrell, déterminée comme une race de la Hochequeue grise, dont l'habitat est l'Angleterre, alors que l'oologie a permis à notre collègue de démontrer qu'il s'agissait bien d'une espèce parfaitement distincte. C'est à lui que l'on doit de connaître l'histoire du jeune Coucou à partir de sa naissance. Les observations qu'il a poursuivies jour par jour lui ont permis de détruire la légende de Jenner, qui voulait que ce fût le jeune Coucou qui, aussitôt né, procédât à l'élimination de ses frères de couvée. Il a montré que ce jeune, même plusieurs jours après sa naissance, est, pour ainsi dire, inerte dans le fond du nid, dans l'impossibilité d'exécuter d'autres mouvements que celui de lever la tète en ouvrant le bec, pour recevoir la becquée que ses parents adoptifs lui apportent avec un dévouement inlassable. Il a prouvé que c'est la femelle Coucou qui, loin de se désintéresser du sort de l'œuf qu'elle a déposé dans un nid, le surveille au cours de l'incubation et qui, lorsque le moment de son éclosion arrive, fait le vide autour du nouveau-né pour lui réserver toute la nourriture que les Passereaux sont en état de lui fournir. Jenner en avait fait un extraordinaire acrobate qui, dès sa sortie de la coquille, se glissait soit sous les œufs, soit sous les jeunes légitimes, tenait les uns ou les autres, chacun à son tour, en équilibre sur son dos, puis, se haussant sur ses pattes, jetait son fardeau hors du nid. Il y aurait beaucoup d'autres choses à signaler dans l'œuvre de M. Xavier Raspail, qu'il est impossible de reproduire dans un simple rapport. Je rappellerai seulement deux faits qui ont une réelle importance scientifique. On sait qu'il a toujours été admis que les Oiseaux étaient dépourvus du sens olfactif; or, M. Xavier Raspail a prouvé, par des observations irréfutables, que c'est là une erreur complète et que, chez les Oiseaux, l'odorat est extrêmement développé. Ce travail, publié dans le Bulletin de la Société zoolofjique de France, a été traduit en anglais par la Smithsonian Institution de Washington et a paru dans son Annual Report pour 1899. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 63 Enfin, lorsque j'aurai cité qu'il a démontré que l'œuf nain sans vitellus ne contenait rien de l'ovaire, qu'il n'est qu'un produit accidentel émanant directement de l'oviducte, j'aurai suffisamment motivé l'opinion de la Commission, qui vous propose de proclamer M. Xavier Raspail lauréat du prix Louis Petit aîné ». Les conclusions de ce rapport sont unanimement approuvées et M. X. Raspail est proclamé lauréat du prix Louis Petit. Conformément à l'article XIV des statuts, M. Vignal, tréso- rier, rend compte de sa gestion pendant l'année 1913. M. L. Petit, aîné, donne lecture du rapport suivant au nom de la Commission de vérification des comptes : « Messieurs, Ayant été désignés, M. Daltzenherg et moi pour vérifier les comptes de notre Société, nous avons procédé à cette vérifica- tion le 13 février dernier, et après examen des différentes pièces remises à l'appui des recettes et des dépenses, nous avons reconnu exacts les chiffres qui nous ont été présentés. D'après les comptes examinés, les recettes se sont élevées à 10.020 fr. 93 et les dépenses à 9.733 fr. 61. Mais, comme l'a fait remarquer notre trésorier, les frais de publication ayant dépassé de beaucoup ceux de l'année précédente, ce n'est qu'en faisant rentrer dans les recettes une partie de notre réserve déposée en banque qu'il nous a été possible de balancer ces dépenses supplémentaires; aussi notre solde qui, le 1 er janvier 1913, était de 3.015 fr. 18, s'est trouvé réduit au 31 décembre dernier à 1.985 fr. 32. Nous vous invitons, Messieurs, à voter des remerciements à notre trésorier, M. Vignal, pour le soin qu'il apporte à l'accomplissement de ses fonctions, et à M. Reyckaert, pour l'exactitude de ses écritures ». Les conclusions de ce rapport sont unanimement approuvées et chaleureusement applaudies. M. Chappellier met à la disposition des membres de la Société des exemplaires d'une feuille signalétique qu'il a fait établir et qui a pour objet de faire énoncer les caractères spé- cifiques des Oiseaux dans un ordre rationnel et régulier, afin de rendre les descriptions comparables. 64 SÉANCE DU 20 FÉVRIER 191 i M. Secques annonce la mort de M. Germain, depuis très longtemps directeur du Musée de Santiago. M. Joubin dépose sur le bureau le volume du Congrès de Monaco. 11 remercie ses collaborateurs, MM. Germain et Lamy, qui lui ont permis de mener à bien ce travail dans des conditions exceptionnelles de rapidité, grâce à la complaisance de la maison Oberthûr. M. le président adresse à M. Joubin de vives félicitations. M. Joubin annonce que le 6 e Congrès national des pêches maritimes aura lieu à Tunis du 1 er au 5 juin 19 fi. 11 sera divisé en six sections : 1° Etudes scientifiques maritimes; 2° Tech- nique de,s pêches maritimes; 3" Utilisation des produits de pêche; 4° Economie sociale; 5° La pêche aux colonies: 6° Ostréi- culture.' M. E. Perrier est l'un des présidents d'honneur; M. Joubin est président de la l ie section, dont le programme est : « Faune et flore aquatiques. Biologie des êtres marins. Industrie. Instruments de recherches et d'études. Piscifacture marine (Poissons, Mollusques, Crustacés, etc.). Océanogra- phie ». Les Compagnies de chemin de fer accordent le demi- tarif, les Compagnies de navigation et les hôtels de Tunis font aux membres du Congrès des conditions particulièrement réduites. Des visites d'établissements de pêche et des excursions en différents points des côtes tunisiennes et algériennes seront organisées. En raison de l'Exposition internationale des pêches maritimes qui doit se tenir cette année à Boulogne-sur-Mer, le Congrès tiendra aussi quelques séances à Boulogne en sep- tembre prochain. Pour cette deuxième partie du Congrès, les adhérents bénéficieront aussi du demi-tarif sur les Chemins de fer et de prix réduits dans les hôtels de Boulogne. S'adresser pour s'inscrire à M. J. Pérard, secrétaire général du Comité d'organisation du Congrès, à l'hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente. M. Jeannel dépose sur le bureau les derniers fascicules parus des résultats du voyage de MM. Alluaud et Jeannel. 15 fasci- cules sont actuellement publiés, 35 sont à l'impression. Le matériel est distribué entre 95 collaborateurs. Il comprend plus de 100.000 échantillons, dont un grand nombre d'espèces nou- velles. La faune de l'Afrique orientale est fort intéressante, parce que cette contrée est une sorte de carrefour où se ren- SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 65 contrent les faunes occidentale et australe. Quant à la faune alpine, elle renferme surtout des formes de convergence et pas de relictes. M. le président exprime aux donateurs les remer- ciements et les félicitations de la Société. « M. ^'ixtrebert décrit chez la Truite au moment de réclu- sion la constitution du tronc artériel; au-devant de la région branchiale proprement dite, le tronc dont le calibre est rétréci de moitié s'incline en bas et en avant et présente à son extrémité une courte dilatation transversale d'où partent de chaque côté deux artères : l'une, antérieure, volumineuse, l'artère hyoïdienne antérieure, l'autre petite, l'artère hyoïdienne postérieure ou operculaire; celle-ci rejoint la première vers la face dorsale, du pharynx. L'examen sur le vivant est très précieux parce qu'il montre le cours du sang. L'artère mandibulaire naît de l'hyoï- dienne antérieure, suit le bord inférieur du cartilage de Meckel et s'épanouit vers la symphyse du menton en un bouquet de quelques branches qui conduisent le sang dans deux vaisseaux médians récurrents, placés l'un au-dessus de l'autre; ils abou- tissent au-devant des artères hyoïdiennes à une chambre spa- cieuse, médiane, de paroi mince, carrefour distal du système des veines jugulaires inférieures (V. Fedorow, Anat. Anz., XLIV, n° 8/9). L'artère mandibulaire naît donc, à ce stade, de l'hyoïdienne antérieure, sur les parties latérales du plancher buccal. Les deux artères hyoïdiennes réunies en un tronc commun au-dessus du pharynx ne communiquent pas avec la première artère branchiale et sont indépendantes des racines de l'aorte; elles donnent en avant une artère maxillaire supérieure, une palatine antérieure et une ophthalmique. De plus, tout le sang de la première artère branchiale, mélangé à une partie du sang de la seconde, coule vers la carotide interne et non vers l'aorte. » * Le vendredi 27 février, à 9 heures du soir, au grand amphi- théâtre de l'Institut océanographique, que S. A. S. le prince de Monaco avait bien voulu mettre à la disposition de la Société, a lieu la conférence annuelle. M. P. Dautzenberg, président d"honneur, ouvre la séance par une allocution et donne la parole à M. P. de Beauchamp qui, par une riche série de pro- jections eu noir et en couleur, fait passer sous les yeux des assistants « quelques aspects de la faune et de la flore marines 06 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 sur les côtes de Bretagne ». M. le président d'honneur clôt la séance par quelques mots cle remerciements. * * * Le samedi 28 février, à 2 h. Va, a lieu la séance de démons- trations pratiques, au laboratoire de zoologie à la Sorbonno, mis gracieusement à la disposition de la Société par M. Y. De- LAGE. « M. Ch. Julin expose les principes d'une Classification naturelle des Tuniciers basée sur la connaissance de l'organo- génèse dé l'oozoïte (embryogenèse), et, en particulier, sur les complications progressives que subit l'appareil branchial au cours cle l'ontogenèse. M. Julin subdivise les Tuniciers en Monobranchiata, Dibran- chiata et Tribranchïata, selon qu'il se forme, au cours du déve- loppement de leur oozoïte, une, deux ou trois paires de fentes branchiales. Une fente branchiale est le résultat cle la soudure d'une éva- gination (endodermique) de la paroi latérale du pharynx (sac branchial) avec une invagination de l'épiderme (ectodermique). Chaque fente branchiale constitue une formation autonome et les diverses fentes branchiales se développent les unes en arrière des autres. Toute fente branchiale est primitivement indivise : c'est cette disposition qui se maintient pendant toute la vie chez les Monobranchiata atremata (Appenclicularidee et Salpidœ). Elle est aussi transitoirement réalisée chez l'embryon de tous les Ascidiens (Protoascidia). Mais, au cours ultérieur de l'ontogenèse, toute fente bran- chiale peut se subdiviser directement, perpendiculairement à son grand axe, en une rangée de trémas : tel est le cas chez les Monobranchiata eulremata, chez les Dibranchiata aprostigmata à deux rangées transversales de trémas, et chez les Tribranchiata aprostigmata à trois rangées transversales de trémas. Chacune cle ces rangées primitives de trémas peut secondai- rement se dédoubler, une ou plusieurs fois de suite, par division des trémas : c'est le cas chez les Dibranchiata aprostigmata à plusieurs rangées transversales de trémas. Mais la formation des rangées transversales de trémas de la branchie peut s'effectuer indirectement : dans ce cas, la fente SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 67 branchiale s'allonge, puis se recourbe à l'une de ses extrémités et se divise en deux fentes transversales placées l'une derrière l'autre : ces fentes sont appelées protostigmates. Chaque proto- stigmate, en se divisant ensuite perpendiculairement à son axe, donne secondairement naissance à une rangée transversale de trémas (Dibranchiata tetraprostigmata et Dibranchiata hexa- prostigmata), qui peut, à son tour, fournir plusieurs rangées de trémas, par subdivision de ces derniers. Fig. 1. — Complication de la branchie chez les Dibranchiata et les Tribranchiata — 1. Dibranchiata atremata; 2. Dibr. aprostigmata à 2 rangées transversales de trémas; 3, id. à plus de 2 rangées; 4, Dibr. tetraprostigmata; 5, id. à 4 rangées transversales de trémas; fi, id. à plus de 4 rangées; 7, Tribranchiata; S, Tribr. aprostigmata; 9, Tribr. Iviraprostigmata (1er type); 10, id. à proto- stigmates subdivisés en rangées de trémas; 11, Tribr. hexaprostigmata (2 e type); 12. id. sans protostigmates surnuméraires; 13, id. avec protostigmates surnu- méraires. 68 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Enfin, au cours de l'ontogenèse de l'oozoïte des Ascidiens, l'appareil branchial peut se compliquer d'une autre façon encore : au début, pourvu uniquement de vaisseaux transverses (aplousobranchîata), il peut acquérir secondairement des vaisseaux longitudinaux (phlebobranchiata) ; enfin, complica- tion ultime, ayant pour effet d'augmenter encore la surface respiratoire, les vaisseaux longitudinaux s'accumulent secon- dairement en groupes disposés sur des plis de la brandi ie (stolidobranchiata) . Ajoutons que chez les Tribranchiata hexaprostigmata, les ij protostigmates peuvent se former suivant deux types dis- tincts : ou bien (1 er type) la situation occupée par le 1 er , le 4 e et le 5 e protostigmate correspond respectivement à la l re , la 2 e et la 3 e fente branchiale; ou bien (2 e type) la situation occupée par le 1 er , le 3 e et le 5 e protostigmate correspond respective- ment à la l re , la 2 e et la 3 e fente branchiale. Dans un groupe de Tribranchiata hexaprostigmata il se forme des proto stigmate s surnuméraires, qui tous procèdent en dernière analyse, du 6 e protostigmate. Telle est, exposée d'une façon fort succincte, la base principale de la classification des Tuniciers, que propose M. Ch. Julin et qu'il a résumée dans le tableau suivant : Classification des Tuniciers. --Julin, 1914. \ atremata NCHIATA. } < / ^ sans cloaque. = Appendicularida?. ■( avec cloaque. = Salpid*. ) (Doliolida'. f eutremata — abdomen court ) V ( Pyrosomida 1 . atremata. — aplmisohranchiata sans cloaque. = Protoascidia (forme hjpolh.). à 2 rangéeslransT. de trémas = fam. Archiascidïda?. ,aplousobranchiata.< ( 1. fam. Clavelinida\ / à nombreuses r. tr. de trémas. 1 , . iprostigmata... < [ ( 2. fam. Chondrostarhjidae. ^ 1. fam. Tjlobranchiids. phlebobranchiata ^à nomb. r. tr. de trémas... s . , ( (2. lam. Ihazonid;e. § / / / M. fam. Distapliidœ. eutreraata \ \à r. tr. de trémas ] 2. fam. Pamcidiidc. apIousobranchiata< / „ . . , .. ., r J \ S. fam. Leptorlmidae. telraprostigraata j ( ' P Ius de 4 r - tr - de trémas -l im - f^mim. à i r. tr. de trémas ) fam. Peropboridae . phlebobranchiata L lus de ( trémas droits. \. fam. Ecleinascidiidae. 4 r. tr. de ^ trémas recourb. 2. fam. Agnesiidas. Q SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 69 aprostignata . . aplnusnliranrhiala . à 3 r. Ir. île Irémas .. y. < Ë 2 aplonsobranchiala à plus de 3 r. (r. de trémas < lieiaprosligmata phlelioliranrhiala (tous à noinb. rang. tr. «le trémas.) I. M IIL Hlili'IMliiil.r bourg' pylorique. .'. l'am. Sigillinida bourg 1 postabdominal. 3. lam. Arrhidislimiiila' bourg' épicardiqne. I. fan. Dislomida; bourg' épicardique. 1 fa m. Eurœlidas bourg' pylorique. I. fatn. Goodsiriids . 1 fam. Cionids. 3. fam. Rhodnsomida . 4. fam. Aseidiidae. 5. fam. Curellascidiidae. 6. fam. Coreflids. / a) >:ms protostigmates y surnuméraires. è fam. floliju!id;e. "° f stolidultranrhiata . . . (tous à norab. r. tr. de trémas) b) avec protostig- mates surnumé- • raires. 1. fam. Bolrjllida. 2. fam. (îjnandrorarpida' . 3. fam. Pelonaïnids. 4. fam. Bolteniidï. 5. fam. Stjelida;. 6. fam. Cjnlbiid*. Les autres bases de la classification des Tuniciers que propose M. Ch. Julin sont : d'une part, la présence ou l'absence d'un abdomen ; d'autre part, pour les formes polyzoïques, le mode de bourgeonnement. M. le D r Herlant présente une larve dispermique de Rana fusca, âgée de 54 jours. « Pour saisir l'intérêt des préparations exposées, il est néces- saire de rappeler en quelques mots les caractères très spéciaux que présente le développement des œufs dispermiques de Gre- nouille (1). La fécondation artificielle étant faite de telle sorte que deux spermatozoïdes pénètrent simultanément à l'intérieur de l'œuf, l'un d'eux seulement s'unit au pronucléus femelle; l'autre reste isolé au sein du vitellus. Autour de chacun de ces deux noyaux (amphicaryon d'un côté, monocaryon mâle de l'autre) se développe un puissant système d'irradiations, qui les sépare définitivement l'un de l'autre, en leur assignant une (1) Cf. M. Herlant, Recherches sur les œufs di- et trispermiques de Grenouille (Arch. Biol., XXVI, 1911). Toutes ces expériences ont été faites dans le laboratoire de M. le professeur Bkachet, à l'Université de Bruxelles, qui a lui-même publié plusieurs travaux sur la polyspermie expérimentale chez les Amphibiens (Arch. Entwlckmechan, XXX, 1910 et Arch. Zool. exp. (VI, 1910). 70 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 partie bien délimitée du protoplasme, qui sera leur sphère d'action ou « énergide spermatique ». Amphicaryon et mono- caryon mâle vont se diviser synchroniquement et assurer la segmentation de l'œuf ; mais cette segmentation ne changera rien à l'état de choses résultant de la répartition primitive du protoplasme de l'œuf en une énergide purement spermatique et une autre énergide contenant au contraire l'amphicaryon. Il en résulte que chez l'œuf segmenté d'abord, chez l'embryon ensuite, existent deux régions bien déterminées; dans l'une, toutes les cellules contiennent un monocaryon ; dans l'autre, elles possèdent toutes un amphicaryon. Les rapports que pré- sentent entre elles ces deux régions sont l'image exacte de ce qu'étaient les rapports des deux énergides spermatiques lors de la fécondation. Dans certains cas particulièrement intéressants, et dont les préparations exposées montrent un exemple idéal et vraiment schématique, le plan de symétrie bilatérale de l'œuf fécondé (qui devient ultérieurement le plan de symétrie de l'embryon et de l'adulte) coïncide avec la ligne de démarcation séparant l'une de l'autre l'énergide spermatique accessoire (à monoca- ryon mâle) et l'énergide spermatique principale (à amphica- ryon). Il en résulte la disposition remarquable qu'on peut observer sur les coupes. Toute la moitié gauche du corps ren- ferme les noyaux issus de la division de l'amphicaryon. Toute la moitié droite, au contraire, renferme ceux qui dérivent directement du monocaryon mâle: ils sont plus petits de moitié, sont contenus dans des cellules elles-mêmes plus petites (con- formément à la relation caryoplasmique de R. Hertwig) et de l'ensemble de ces petites cellules résultent des organes natu- rellement moins développés que ceux de l'autre moitié du corps, en quelque sorte bâtie selon d'autres mesures. Au point de vue physiologique, cette disposition anatomique entraîne les plus curieuses conséquences. Les muscles du côté à amphicaryons se contractant plus éhergiquement que ceux du côté opposé, la progression en ligne droite est impossible chez ces larves, qui exécutent perpétuellement des mouvements de manège, toujours dans le même sens pour chaque individu. Ce n'est là qu'un exemple, car les anomalies observées sont très diverses et soulèvent de nombreuses questions du même genre ». SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 71 « M. Herlant fait ensuite la démonstration de quelques pré- parations montrant le mécanisme cytologïque de la parthéno- genèse fcraumatique chez la Grenouille. On sait que Bataillon a découvert une méthode permettant d'obtenir très aisément le développement parthénogénétique de l'œuf d'Amphibien, grâce à l'action superposée de l'excita- tion produite par la pénétration d'un lin stylet et de l'inocula- tion de traces de sang ou de lymphe entraînées par celui-ci à l'intérieur du protoplasma ovulaire. La piqûre simple et sans inoculation suffît, ainsi que je l'ai montré (1), à assurer la divi- sion du noyau de l'œuf, mais non la segmentation proprement dite. L'axe du fuseau mitosique édifié par le monocaryon femelle est trop court par rapport à la distance qui le sépare de la membrane cellulaire, qui doit servir de point d'appui au cloisonnement : celui-ci ne se fait pas, ou reste incomplet. L'effet de l'inoculation est précisément de ramener cette dis- tance à une longueur moindre, permettant à une mitose, même trop courte, de provoquer une segmentation efficace. Les pré- parations présentées sont destinées à montrer les étapes du processus très compliqué qui aboutit indirectement à ce résultat et permet aux œufs parthénogénétiques de poursuivre leur développement, parfois jusqu'à la métamorphose. On verra en premier lieu un corps étranger, de nature indé- terminée (leucocyte, caillot de fibrine ?), amené au sein du pro- toplasme par le stylet, dont le passage reste marqué par une trace pigmentée et une véritable cicatrice. Dans le voisinage immédiat de cet élément se sont formés deux petits centres d'où partent des irradiations qui se perdent dans le protoplasme environnant. Fonctionnellement et par tous leurs caractères physiologiques, ces formations peuvent être considérées comme de véritables centrosomes cle néo-formation. Ils sont doués d'une activité intense et, d'une préparation à l'autre, on pourra suivre le développement des irradiations qui les entourent et envahissent des zones de plus en plus étendues du protoplasme de l'œuf : par leur individualité puissante, chacune de ces zones irradiées représente une « énergide accessoire », sous- trayant à l'influence de « l'énergide femelle » développée autour du noyau des territoires importants de l'œuf piqué. Mais leur effet le plus essentiel est que cette énergide femelle entrant en repos au moment même où l'activité des énergides (1) M. Herlant. Etude sur les bases cytologiques du mécanisme de la parthéno- genèse expérimentale chez les Amphibiens {Arch. Biol., XXVIII, 1913). \^ 72 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 accessoires est a son apogée, celles-ci refoulent la première et, finalement, le noyau se trouve fortement rapproché de la mem- brane de l'œuf. Sa mitose se trouve désormais dans des condi- tions mécaniques assurant son efficacité complète au point de vue de la segmentation; celle-ci se poursuit avec plus ou moins de bonheur, selon que la présence des énergides accessoires trouble plus ou moins l'individualité dynamique de l'œuf ». M. Winïrebert présente les coupes en série d'embryons de Truite à l'éclosion qui lui ont permis d'édifier sa description, faite à l'Assemblée générale. M. Benoit-Bazille fait la démonstration du microrama et présente l'appareil, construit, par M. Stiassnie. MM. Julin et Robert montrent des préparations de Phaïlu- sia mamillata, atra et fumigata, se rapportant à leurs recherches sur l'appareil hypophysaire des Phallusiidées. * * * Le même jour, 28 février, à 8 heures du soir, a lieu, au res- taurant Ghampeaux, le banquet annuel. Y assistent : MM. de Beauchamp, G. Blanchard, R. Blanchard, M me Bil- LIARD, MM. BlLLIARD, CHATTON, GlÉiMENT, M me DAUTZENBERG, MM. Dautzenberg, Debreuil, M me A. Dollfls, MM. A. Doll- fus, Cadeau de Kerville, Goûts, M me Jeannel, M. Jeannel, M lle Julin, MM. Julin, Lucet, Nafilyan, E. Perroncito, Petit, Pluche, Beyckaert, M me Robert, M. Robert, M me Simon, MM. Simon, Trouessart, M ffie Vignal, MM. Vignal, Vlès, \piie Wintrebert, MM. Wintrebert, Yung. A l'heure des toasts, M. Dautzenberg prend la parole en ces termes : « Mesdames, Messieurs et chers Collègues, Après avoir débuté parmi les jeunes membres de notre Société, me voici maintenant relégué dans le clan des anciens. C'est évidemment à ce titre, bien plus qu'à mes mérites, que je dois l'honneur que vous m'avez fait de me désigner pour présider notre 21 e Assemblée générale. Bien que je n'appartienne pas à la phalange de nos membres fondateurs, qui est encore représentée ici même par MM. Blan- SÉANCE DU 20 FÉVRIER 10 I 5 73 chard. A. Dollfus, Petit et Simon, voilà déjà trente ans que mon nom ligure sur la liste de nos membres. Cette période, respectable, m'a permis d'assister à une grande partie de l'évo- lution de notre Association et d'admirer comment notre secré- taire général honoraire a su détendre nos intérêts et accroître, aussi bien à l'étranger qu'en France, le prestige de la Société zoologique. Aussi, suis-je certain d'être l'interprète de vos sen- timents unanimes en exprimant à M. le D r Raphaël Blanchard notre bien vive satisfaction de le voir occuper cette année le fauteuil présidentiel. Nous manquerions à tous nos devoirs si nous n'adressions également tous nos remerciements à notre secrétaire général M. Robert, qui, s'inspirant des meilleures traditions, remplit ses fonctions délicates avec autant de dévouement que de com- pétence. Vous savez que notre Société compte aujourd'hui 38 ans d'existence. Or, loin de décliner elle rajeunit tous les ans ! Ce phénomène semblerait anormal si nous ne constations qu'il est dû à un apport constant d'éléments nouveaux et jeunes, qu'elle s'assimile sans la moindre difficulté. Il n'y a donc aucune raison pour qu'elle vieillisse jamais et je vous propose de boire à sa santé et à sa prospérité perpé- tuelles ». M. R. Blanchard prononce l'allocution suivante : Eloge des zoologistes amateurs. « Mesdames, Mes chers Collègues, Notre président d'honneur, M. Dautzenberg, dont vous con- naissez tous la grande modestie, \ient de nous dire sa surprise de présider ce banquet. Nous sommes également surpris, mais non pour la même cause; nous sommes étonnés qu'il n'ait pas été appelé plus tôt à la présidence de notre Assemblée géné- rale. Il est, comme il l'a dit, l'un des plus anciens membres de notre Compagnie, mais, qu'il ne s'y trompe point, ce n'est pas à titre d'ancienneté que le Conseil l'a choisi. Nous avons voulu, en effet, lui témoigner l'estime exceptionnelle que nous ins- pirent, ainsi qu'à tous les zoologistes, les travaux considérables auxquels son nom reste attaché et qui sont d'autant plus dignes de notre admiration que, chacun le sait, ils sont le résultat d'un labeur continu, surajouté à des occupations profession- nelles déjà fort absorbantes. 74 SÉANCE DU 2G FÉVRIER 1914 Vous connaissez, mes chers collègues, les nombreux mémoires que notre éminent président d'honneur a publiés sous les aus- pices de la Société; ils donnent à nos volumes une grande importance et suffiraient déjà pour assurer à leur auteur une notoriété légitime. Mais qu'est-ce que cela, en comparaison de ces monographies ornées de planches magnifiques, par les- quelles il a fait connaître les récoltes incomparables tirées du fond des mers par S. A. S. le Prince de Monaco ? Dans l'im- posante et luxueuse série des travaux résultant des pêches de l'Hirondelle et de la Princesse Alice, la part qui revient à M. Dautzenberg est l'une des plus considérables; elle fait de lui l'un des malacologues les plus savants qui aient jamais existé. Depuis de longues années, j'ai le grand plaisir de connaître M. Dautzenberg et de fréquenter sa maison. Sa famille est très nombreuse, puisqu'il n'a pas moins de onze enfants; sachant cela, vous croyez peut-être que le premier étage de son hôtel de la rue de l'Université est occupé par leurs apparte- ments ? Quelle erreur est la vôtre ! Ce vaste espace est consacré presque entièrement à la plus belle collection malacologique qui se puisse voir. Pour vous donner une idée de son impor- tance exceptionnelle, je vous dirai tout de suite qu'on n'y compte pas moins de trente mille huit cents espèces actuelle- ment décrites, appartenant à la faune actuelle et représentées souvent par de nombreux exemplaires, sans parler de nom- breux spécimens dont l'étude n'est pas encore faite et qui doivent servir aux publications de demain. L'importante col- lection du Journal de Conchyliologie se trouve annexée à ce musée admirable et contribue à hu donner une valeur qu'on ne saurait estimer. Je demandais à M. Dautzenberg comment s'était révélé en lui le goût de la malacologie. « Je ne saurais dire, me répondit- il, car tout enfant je collectionnais déjà les coquilles ». L'his- toire de Draparnaud est toute semblable. Sa mère, qui eût voulu le voir se livrer à des occupations plus positives, se désolait de son penchant pour les coquillages. En levant les bras au ciel, en signe de désespoir, elle exprimait son amer- tume en ces termes : « Aqèu enfant ayma trop las caragaou- las ! » Cet enfant aime trop les coquillages. Le goût de Dra- parnaud a résisté aux objurgations maternelles et a finalement abouti à la publication, en 1803, d'un important ouvrage, paru après sa mort, l'Histoire naturelle des Mollusques terrestres SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 75 et fluviatiles de la France. Ce qu'il advint du penchant irrésis- tible de M. Dautzenberg pour les mômes animaux, je vous l'ai dit déjà : las caragaoulas sont de nobles bêtes, puisqu'elles suscitent de tels enthousiasmes, qui honorent grandement la science française. En célébrant ce soir AI. Dautzenberg, au risque de mettre sa modestie à une rude épreuve, je ne puis nf empêcher de vous faire remarquer qu'il est le type par excellence de ces savants très utiles et souvent très illustres que le public appelle des amateurs. A cette expression s'attache parfois quelque idée de critique, mais je n'ai pas besoin de faire remarquer ici qu'une telle signification est très loin de notre pensée et que nous saluons avec respect et reconnaissance les amateurs, puis- qu'il n'y a pas d'autre mot, qui contribuent d'une façon si brillante au progrès de la zoologie. Je n'ai qu'à jeter les yeux autour de cette table pour en trouver ici, et non des moindres. Voici d'abord AI. Eugène Simon, membre fondateur de notre Société. Elu président en 1882, président d'honneur en 1911, correspondant de l'Académie des sciences en 1909, il a par- couru tous les degrés auxquels puisse aspirer un zoologiste français. A l'âge de 10 ans, Victor Hugo, ce génie précoce, faisait paraître son premier roman, Han d'Islande. A ce même âge, Al. Simon publiait chez Roret, en 1804, une Histoire naturelle des Araignées, ornée de 207 figures. Depuis lors, c'est une suite ininterrompue de notes, de mémoires, cle volumes, dans lesquels il décrit des collections sans nombre d'Araignées, de Scorpions, de Phalangides, de Solifuges, en un mot d'Arach- nides de tout ordre, à l'exception des Acariens. Les collections qui servent de base à ces remarquables travaux ont été recueillies dans le monde entier par de nombreux explora- teurs et par AI. Simon lui-même dans le sud de l'Afrique, dans l'Amérique intertropicale, ailleurs encore. Au Venezuela, il se prend de passion pour les Oiseaux-Alouches; il en constitue aussitôt une très riche collection, leur consacre des travaux, et le voilà qui devient la première autorité du monde, en ce qui concerne ces Oiseaux, comme il l'est depuis longtemps pour les Arachnides. Voici maintenant notre ami Gadeau de Kerville. Il a con- sacré de magnifiques ouvrages à la faune et aux vieux arbres de la Normandie, il a rapporté d'abondantes récoltes de divers voyages en Orient et il vient récemment de créer près de Rouen, 76 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 19 1 \ dans une de ses propriétés, un laboratoire souterrain, pour l'étude de l'adaptation des animaux de la surface à la vie dans les ténèbres. F.n outre de ces beaux travaux, il s'est fait con- naître comme poète et, si je ne craignais d'en dire trop, je ferais allusion à d'autres productions littéraires et artistiques qu'avec un soin jaloux il ne révèle qu'à ses seuls amis. Je devrais dire aussi quelques mots de notre ancien prési- dent feu M. Jules Vian, qui avait rassemblé une magnifique collection d'oiseaux d'Europe; j'en ai parlé longuement dans mon discours présidentiel du 13 janvier dernier (1). Je puis donc passer maintenant à deux de nos confrères, qui ont constitué, eux aussi, des collections incomparables, tant par l'achat de collections déjà célèbres que par l'apport considé- rable de nouveaux matériaux, recueillis à leur instigation dans toutes les parties du monde. Je fais allusion aux deux frères Oberthur, de Rennes, dont la grande maison d'imprimerie est connue de chacun. L'un d'eux, Charles, étudie les Lépidop- tères; l'autre, René, s'adonne aux Coléoptères. J'ai eu la rare bonne fortune de visiter longuement, sous leur aimable et savante conduite, le vaste pavillon qu'ils ont fait construire dans leur parc pour abriter leurs richesses entomologiques. Le mot richesses n'est guère expressif pour qualifier de sem- blables trésors, avec lesquels aucun musée ne pourrait être mis en parallèle. C'est un véritable éblouissement des yeux, une vraie confusion de l'esprit que d'être admis à contempler ces séries magnifiques d'espèces des plus rares et souvent inédites, qui sont là représentées par 50, 100 individus et souvent davan- tage. Les variations de la couleur ou de la forme montrent ici les transitions insensibles qui conduisent, par tous les degrés, d'un extrême à l'autre. De telles leçons de choses parlent mieux à l'esprit que toutes les théories; elles permettent de juger à leur vraie valeur les opinions contradictoires qui ont si vive- ment passionné les naturalistes, à l'heure où le transformisme préoccupait tous les esprits. N'est-ce pas aussi parmi les amateurs qu'il faut ranger notre cher collègue et ami M. Alluaud, ainsi que sa vaillante femme ? De leurs nombreux voyages en divers points de l'Afrique, dont les derniers revêtent le caractère de véritables explorations non exemptes de danger, ils ont rapporté des col- lections d'une inestimable valeur. Avec la collaboration du D r Jeannel, qui l'accompagnait dans son dernier voyage au (1) Ce Bulletin, p. 12 et 13. SÉANCE DU 20 FÉVRIER 1914 77 massif du Ruwenzori, M. Alluaud a entrepris la publication d'un grand ouvrage in-quarto centralisant tous les travaux élaborés d'après ses récoltes. Un tel monument lui fera le plus grand honneur et perpétuera son nom. Je voudrais pouvoir encore célébrer comme ils le méritent mis deux collègues, le D r Félix Joisseaume et Adrien Dollfus. Tous deux sont membres fondateurs de notre Société, tous deux ont. été présidents. Le premier a su ravir à la profession médicale assez de temps pour rédiger d'excellents travaux de malacologie, dont il puisait les éléments dans sa très impor- tante collection, enrichie encore par plusieurs voyages à la mer Rouge. Le second s'est consacré à la publication de la Feuille . Le premier article de la cinquième paire cf offre quatre soies. Cette espèce, bien décrite par Giesbreciit, sous le nom d'oli- gochacta et par Sars, 1907, vit dans les eaux salées ou sau- màtres. Elle a été mentionnée par Ganu sur la côte (nord de la France) et dans les eaux saumâtres de Test, N. hibernica G. S. Brady, 1880. M. Richard, a capturé cette petite espèce au bois de Bou- logne (Paris). Je l'ai prise à l'étang des Miroirs, en face du château historique d'Hardelot (Pas-de-Calais) le 1 er août 1911. Les articles de la troisième paire cf (branche interne) 3unt très inégaux, le premier, sans soie, est petit. Pas de soie à l'article basilaire (br. i.) de la quatrième paire (cf, ç>). Cinquième paire cf, article basilaire avec cinq soies ou appen- dices. Les Canthocamptus, pris dans leur acception la plus large, à la façon de Lilljeborg, au nombre déjà de plus de soixante- dix espèces, offrent un palpe mandibulaire de deux articles généralement. Il est parfois monoarticulé (C. hirticornis, C. pygmœus Sars). Enfin, chez d'autres il est réduit à un petit mamelon cilié (C lybicus Richard, C. alpinus (Keilhack)- Il n'y a pas de lobes bien définis à la branche externe du palpe maxillaire. La troisième paire est transformée chez les cf. Il y a trois articles à la branche externe de la première paire de pattes, deux seulement dans les espèces réduites du sous- genre Mesochra (C. alpinus). Jamais trois articles à la br. i. de la quatrième paire. Canthocamptus mi m tus 0. F. Millier, 1776 et 1785. (staphyUnus). Trois articles à la branche interne de la première et de la deuxième paire de pieds. L'article basilaire du rameau interne SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 99 de la première paire est allongé et plus long que les deux premiers réunis de la branche externe. Opercule anal armé de dents simples (de 10 au moins; dans l'espèce voisine, C. staphylinoïdes, Pearse en figure 5). La cinquième paire cf offre deux aiguillons au premier article. La cinquième paire Q offre six soies (la troisième, comptée de l'extérieur à l'intérieur, étant la plus longue). Commun en France. M. Richard l'a cité de diverses régions (Toulouse, Puy-de-Dôme, Allier, Aisne, Somme, Abbeville, pèches de M. Moynier de Villepoix). Il existe à Amiens. Je l'ai pris à Paris même. M. Cuevreux l'a récolté au Croisic. M. Moniez à Lille et en Normandie. M. Blanchard dans les Hautes-Alpes (plateau de Cristol). Dans le Boulonnais il est très commun d'octobre à mai (en Suède, Lilljborg le cite en juin), dans les petits étangs, les maré- cages, les pièces d'eau claires et herbeuses, les fossés. A Montreuil, dans les marécages de Neuville, il abonde par- fois. A l'étang de l'Abbaye (Samer) il accompagne deux autres espèces, le C. lucidulus et le gracilis. Partout dans les environs, à Doudeauville, à Parent y (Mare rouge), à Camiers, etc. C. lucidulus Rehberg, 1880. (pro minuto, Claus). Le premier des trois articles de la branche interne de la pre- mière paire de pieds est plus court que les deux premiers de la branche externe. Trois articles à la branche interne de la deuxième paire de pattes natatoires (très rarement deux, variété décrite par Mrâzek, 1893). Opercule armé de dents bifides ou bipartites. Cette espèce a été signalée par M. Moniez à Lille, par M. Richard à Vichy, à Paris, par M. Labbé à Laval, par MM. Blanchard et Richard clans les Hautes-Alpes (lac du Rosé). Chez les exemplaires du petit étang de l'Abbaye, à Samer, c? et Q, en juillet et août, les dents de l'opercule étaient courtes et presque bipartites. A Enquin (P.-de-C.) (février 1914) dans un petit fossé en com- munication avec la Course, une petite colonie, en un seul point, au milieu des plantes aquatiques, avec des dents normales, allongées, bifides. 100 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 G. horridus Fischer, 1860. On rapporte maintenant à l'espèce tant discutée de Fischer le C. northambricus de Brady, bien connu. Gomme les deux suivants, trispinosus et Wulmcri, il a : trois articles à la branche interne de la première 'paire de pieds, deux articles à la branche interne de la deuxième paire de pieds et l'article terminal de cette branche offre trois soies latérales internes. La furca privée de dents, sauf une, grande, sétiforme, accom- pagnant la soie inféro-marginale externe, ressemble à celle du trispinosus. Mais la cinquième paire de pieds suffit alors à différencier les deux espèces. Chez le c? l'article basilaire a quatre soies. Chez la Q l'article basilaire en a six (la troisième est la plus longue). Sous ce nom, le D r Moniez a indiqué un Canthocamptus trouvé dans le Nord; mais l'espèce n'était pas identifiée à Tépoque de sa note. Elle existe à Paris : étang du bois de Boulogne et dans les environs, étang des Vaux de Cernay. Je l'ai reprise encore à Hardelot (marécage herbeux clans les dunes, près de la mer, localité détruite), puis à Saint-Omer, dans les marais de Clair- marais, où elle n'était pas rare, en août 1913. C. trispinosus Brady, 1880. Très facile à reconnaître. Trois soies à la branche accessoire des antennes. Trois soies à l'article basilaire de la cinquième paire Ç>. Cinquième paire Q - cf*. Pris à Neuville-seus-Montreuil (Pas-de-Calais), dans les divers marécages, peu profonds et très herbeux, fin août 1911 et sep- tembre 1913. Lilljeborg indique des conditions analogues sur fonds de boue, aux environs d'Upsal en particulier. C. Wulmeri n. sp. Cette espèce dépasse un peu mm . 8 sans atteindre la taille de C. minutus 0. F. Muller ; le mâle est plus petit. Le céphalothorax est assez long (chez le cf il peut atteindre le Vs de la longueur du corps); il est parsemé de dessins très SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 10J caractéristiques, variables suivant les régions, ici plus ou moins linéaires et transversaux, vers la base. Epaississements cuticulaires, assez marqués vers la région dorsale pour pouvoir être représentés sur une coupe verticale (d'avant en arrière) Fig. 1. — Canthocamptus Wul- meri. — se p. 9, br. i. Fig. 2. — Canthacamptus Wulmeri. — i e p. d, jeune. par une ondulation très nette de la surface. Là, ils s'anasto- mosent assez irrégulièrement, au niveau de l'œil, formant de petites rosaces, etc. (1). (1) Dans un prochain travail cette espèce sera décrite plu» longuement avec de nombreuses figures. 102 SÉANCE DU 2G FÉVRIER 1914 Le bord postérieur des segments du corps est fortement cré- nelé (sauf le sixième chez la Ç, fusionné avec le suivant). Chez le cf, les segments 7, 8, 9 sont doublés d'une rangée d'épines, parallèle au bord postérieur, en dessous du corps. Chez la femelle adulte de même, mais ici il y a une interrup- tion à la face ventrale, dans le prolongement des organes géni- taux femelles, dont l'ensemble est très compliqué. Le sixième article présente ici deux soies de chaque côté de ces organes. L'interne fine et longue paraît lisse, l'externe est plus épaisse et longuement ciliée (elles seront figurées ulté- rieurement). Chez le mâle, au lieu des trois pointes ou soies des deux espèces précédentes, il n'y en a plus que deux. L'opercule anal est multidenté comme chez les espèces affines, horriclus, etc. La furca, au contraire, présente une grande différence avec elles, par ses nombreuses dents épineuses. Ici, l'épine qui accompagne la soie inféro-latérale externe est petite. La soie dorsale en a trois dans son voisinage, plus ou moins rapprochées d'elle, suivant les individus. La soie supéro- latérale externe, variable un peu de place, est flanquée d'une dent de chaque côté de sa base, g . Chez le d 1 l'interne n'est pas constante. Il y en a un bouquet de quatre, souvent, sur le bord inféro- interne de la furca, près du bord saillant, à ce niveau, du dixième segment, plus longues chez le cf que chez la Q. 11 y a encore parfois des dents vers l'angle supéro-externe et chez la femelle au moins, une série courbe de 4-6 dents inégales, vers le sommet de la furca, dans le prolongement de la soie inféro-latérale externe. La grande soie du sommet atteint au moins les % de la lon- gueur du corps (parfois les %, cf mesuré). La soie apicale externe, la plus petite des deux longues soies, va aux % de la grande soie. La soie interne a une base élargie, renflée, légèrement con- tournée et ramenée vers la grande soie chez la femelle. Les antennules, normales chez la femelle, avec le même nombre de soies (32) que chez toutes les espèces précédentes, seront étudiées et figurées chez le cf. La branche accessoire des antennes a quatre soies, comme chez le gracilis. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 19ii 103 Pattes : première paire -, les autres | sauf chez le mâle |, à la troisième paire. Il y a trois soies latérales internes au deuxième article de la branche interne des deuxième et troisième paires. Dans les deux sexes, l'article basi- laire de la branche interne de la qua- trième paire de p. présente une longue soie ciliée (fig. 2; 4 e p. d. chez un mâle jeune). Cette soie existe chez les C. decoratus (von Daday) et gracilis. Elle manque notamment chez les trispinosus et pi- losus (van Douwe) cf, Q chez Zschokkei cf et le pygmaeus Sars. cf, ç>. Le bord externe, au lieu de sept épines (fig. 2), en présenterait neuf chez un être adulte. Le deuxième article de la cinquième paire Q avec ses cinq aiguillons barbe- lés (fig. 3), vue dorsale) est encore à noter chez cette espèce. On voit les bords hérissés de dents. La pointe la plus grande est entre deux moyennes. Chez le cf, ce deuxième article offre également cinq aiguillons, le plus grand étant le quatrième, et le plus petit au sommet, au dedans de lui. Cette espèce est caractérisée par la sculpture du céphalothorax, par la forte crénulure des segments, par les rames caudales, par les deux aiguillons du sixème segment chez le cf, par le deuxième article de la cinquième paire de pieds chez les deux sexes, par la soie ciliée de l'article basilaire de la quatrième paire (r. i.). Elle se rapproche des C. horridus, pilosus et trispinosus par les caractères généraux de la deuxième paire de pieds, etc. Elle est probablement apparentée avec le C. [ontinalis Reh- berg, espèce mal décrite : le premier article de la cinquième paire de pattes, ayant les soies presque disposées de la même façon. Du reste, la disposition et la taille de ces six soies se Fig. 3. — Canthocamptus Wulmeri. — 5 e p. 2e art., face dorsale. 104 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 retrouve chez aloisianus Brehm et chez cuspidatus Schmeil, bien différents sous d'autres rapports. Fig. 4. — Catithocamptus Wulmeri. — 5« p. face ventrale. Cinquième paire o : Wulmeri f-— — - — — . 1 *• V o (la 4* est la plue longue) fontinalis^— — — - 4 4(3 puis I ) aloisianusî 5 (4 et -') cuspidatus f— - b (3') Dans ces quatre espèces, les soies les plus longues du pre- mier article sont les deux internes. Trouvé à diverses reprises à Samer (Pas-de-Calais) dans un fossé tour à tour inondé et asséché, au pied des collines du Boulonnais, sur la route de Samer à Parenty (à Longuerecque), SÉANCE DU 26 FÉVRIER 191 1 LOB en compagnie d'une Cypris, très proche parente du virons, la C. Lilljeborgi, (Xllijdra viridis et d'Entomostracés vulgaires. G. gracilis Sars, 1802-3. Très facile à distinguer, au moins des espèces européennes, car la cinquième paire a les soies du decoratus. Q * C? 5 Mais les pattes de la deuxième paire ont chez ce dernier trois soies à la branche interne (2 e art.) et chez le gracilis il n'y a qu'une soie (type de Sars) ou deux (exemplaires de l'Europe centrale). Samer (étang de l'Abbaye), vivant sur le fond où sont accu- mulés des débris végétaux (Lemna, etc.). En Suède dans les mômes conditions. C. Lilljeborgi Boeck, 1864. Deux articles à la rame interne de la première paire de pieds, le premier article plus long que la branche externe. Sept articles aux antennules et l'opercule n'est pas denté. France : côte (Ganu). M. Sars place à côté de cette espèce, dans les Mesochra (deux articles à la br. i. de la première paire de pieds), le C. parvus Scott (Mesochra pygmaea Clans, non Sars), évidem- ment voisin, mais qui a trois articles à la br. i. Gela suffit : Comme Schmeil, je laisse cette espèce et les suivantes dans les Canthocamptus. C. Zschokkei Schmeil, 1893. Deux soies au deuxième article (elles existaient chez Lillie- borgi) de la deuxième paire br. i., d, Q. Antennules de huit articles. Opercule denté (cf, 7 — Q, 3). Cinquième paire cf ? (2 chez Lilljeborgi). O D France : Pyrénées-Orientales ;La Preste-les-Bains), grotte de Sainte-Marie, Graeter, 1910. G. pygmaeus Sars, 1802-3. Une seule soie au deuxième article de la deuxième paire (b. i.); quatrième paire (b. i.) sans soie au premier article. Opercule denté (Q, 9 — cf, 5). 106 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Palpe mandibulair.e mono-articulé. Cinquième paire cf l. France : Pyrénées-Orientales (La Preste) Graeter, forêt de Fontainebleau (cf, ç sont apparus en captivité, en hiver, dans un peu d'eau rapportée de la forêt fin 1888). S. G. Mesochra. G. alpinus Keilhack, 1909 (sub. maraenobiotus). Opercule non denté. Troisième paire g, r. i., deuxième art. avec 2-3 épines au bord externe. Quatrième paire cf, au rameau interne, une petite soie suit- terminale, externe. France : Alpes du Dauphiné, lac de la Fare (massif des Grandes-Rousses). OBSERVATIONS ET CORRECTIONS CONCERNANT DIVERS CRYPTOCEPHALUS GEOF. PALÉARCTIQUES PAR Maurice PIC Dans le Coleopterorum Catalogus (pars 53), partie traitée par M. H. Clavareau et récemment parue, j'ai relevé un certain nombre d'erreurs, dont plusieurs synonymies erronées plus ou moins fantaisistes; en voici quelques-unes, accompagnées d'ob- servations nécessaires. En publiant les renseignements suivants, mon but n'est pas de critiquer mais simplement d'être utile aux entomologistes travailleurs. Cryptocephalus granularis Sufr. — Je me demande pourquoi Clavareau a porté Cr. granularis Sufr. comme var. de C.melano- cephalus Sufr., au lieu de noter plutôt, ce qui est plus logique, et suivant les auteurs, Cr. granularis Sufr. comme variété ou ab. de C. melanocephalus Sufr. C. coryli var. ou ab. Benoiti Pic. — Le G. Denoiti Pic a été noté à tort comme synonyme de C. coryli L. (1), naturellement (1) C'est là une de ces synonymies que je qualifie de fantaisistes et contre lesquelles on ne saurait assez mettre en garde les jeunes entomologistes. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 107 sans la vérification des descriptions originales dont la consul- tation ne laisse aucun doute pour la séparation des deux noms, C- coryli L. ayant été décrit avec les élytres immaculés, tandis que la var. Benoiti Pic a été attribuée aux exemplaires ayant une petite macule noire numérale, modification d'ailleurs exis- tante pour le sexe c? également. En outre, je considère que ma var. semiconnexus est différente de la var. temesiensis Sufr. Cr. primarius v. inexternus Pic. — La variété inexternus Pic se rapporte à Cr. imperialis F. = primarius Har. et non à Cr. imperialis Laich. (bistripunctatus Germ.) ; par contre, le Cr. imperialis Laich. possède la var. posticeinstitutus Pic que Glavareau a noté, à tort, comme ab. de C. ilicis 01. Le Cr. Manueli Tappes (ex description) n'est certainement pas synonyme pur et simple de Cr. primarius Har., c'est au moins une variété très intéressante et rarissime de cette espèce à colo- ration noire presque complète. Cr. transversalis Sufr. — La bibliographie de Cr. pustulipes Mén. est à modifier, le nom de rufotibialis Pic se rapportant à une sous-espèce (et non à une aberration). Ge nom de rufo- tibialis Pic a été porté deux fois et noté, en outre, à C. trans- versalis Sufr. (loc. cit., p. 191). Cr. bohemius Drap. — Le nom de Bôhmi Pic (pour C. bohe- mius Drap.) doit se confondre avec le nom de Bôhmi Germ., qui est une variété, non un synonyme pur et simple, de G. bo- hemius Drap., suivant la note que j'ai publiée (Echange, XXV, 1909, p. 186). Cr. terolensis Pic. — Cette espèce a été primitivement décrite sous le nom de terolensis (Echange, XXIV, 1908, p. 82), nom corrigé postérieurement (loc. cit., p. 91) en teruelensis, et non pas en terulensis, comme l'a inscrit Glavareau. Si M. Glava- reau admet qu'un nom corrigé fait double emploi avec celui tout d'abord publié et incorrect, à mon tour je dois mettre le nom de terulensis Clav., nec Pic, en synonymie de C. terue- lensis Pic. Cr. bistripunctatus v. posticeinstitutus Pic. — La variété posticeinstitutus Pic se rapporte à C. bistripunctatus Germ. et non à C. ilicis 01., comme elle est notée (p. 155 du Catalogue Clavareau). Cryptoccphalus bipunctatus v. immaculatipennis Pic. — Le nom de cautus Weise se rapporte conjointement à deux dessins différents (Weise, in Naturg. Ins. Deutschl, VI, p. 119), c'est- à-dire aux variétés, ou aberrations, A (élytres immaculés), ou B 108 SÉANCE DU 20 FÉVRIER 1914 (élytres avec une macule numérale noire) de cet auteur (Naturg. Ins. Deutschl. VI. p. 166) , c'est pourquoi j'ai donné à la variété A. le nom de var. immaculatipennis et à la var. B. celui de var. subimmaculatus (ex Pic, in Y Echange, XVI, 1900, p. 62) et ces deux noms donnés par moi doivent prévaloir. D'après cela, le Catalogue de Glavareau (p. 135) doit être modifié ainsi qu'il suit : Ab. immaculatipennis Pic. cautus Weise (ex parte). Ab. subimmaculatus Pic. cautus Weise (ex parte). Pour être plus complet, Clavareau aurait pu inscrire encore le nom de immaculipennis Weise (Catalogus Col. Europ., 1906, p. 542) en synonymie de immaculatipennis Pic. Cr. Mariœ M. R. (signatus 01.) v. Ravouxi Pic. La var. Ravouxi Pic a été portée à tort par Clavareau comme aberration de C. interruptus Sufr. = 5-punctatus Scop. ; elle est décrite (Echange, XXVII, 1911, p. 139) comme variété de signatus; en réalité c'est donc une variété de C. signatus 01. = Mariai M. R. Cr. viltatus F. — L'aberration, ou variété, digoniensis Pic n'est pas synonyme de l'ab. negligens Weise et s'en distingue par la bordure latérale jaune des élytres émettant un rameau dans la direction de la macule médiane jaune, caractère d'ailleurs donné dans la description primitive (Echange, XVI, 1900, p. 69) (1) et que voici : « Une étroite fascie claire part du bord extérieur et se dirige vers la tache postérieure claire. » La variété, ou aberration, digoniensis Pic marque le passage entre les ab. negligens W. et lolharïngus Pic. Cr. minutus F. - - A la page 151 du Catalogue Clavareau, j'ai relevé une grave erreur de composition, le C. minutus F. étant mis comme synonyme de C. fuscipes Clav. (obscuripes Fairm., de Madagascar) au lieu d'être porté à Cr. fuleus Goeze, espèce paléarctique commune. Cr. corsicus Pic. — C. corsicus Pic n'est pas une espèce, mais seulement une variété de C. ocellatus Drap., d'après Sainte- Glaire Deville (Catalogue Corse, p. 375). Dans le Coleopterorum Catalogus (p. 53) j'ai, en outre, relevé un certain nombre d'omissions qui feront plus tard l'objet d'un article spécial. (1) Sans cloute l'auteur du catalogue ne s'est pas donné la peine d'examiner sérieusement la description. SÉANCE DU 2G FÉVRIER 1914 109 NOTE SUR LA RÉGÉNÉRATION DES PATTES ET DE LA QUEUE CHEZ LE PROTÉE ANGUILLARD (PROTEUS ANGUINUS LAUR.) PAR Henri GADEAU DE KERVILLE J'ai l'honneur de montrer à l'Assemblée générale six Protées anguillards vivants provenant d'un petit lot de ces Batraciens modèles que j'ai reçu, à la fin de janvier 1911, d'Adelsberg (Autriche). Pour faire des expériences de régénération, j'ai coupé, le 6 mars 1911 : la patte antérieure gauche d'un individu, la patte antérieure droite d'un autre, la patte postérieure gauche d'un autre, la patte postérieure droite d'un autre, l'extrémité des deux pattes antérieures d'un autre, la partie terminale de la queue de deux autres. Puis, le lendemain, j'ai mis ces sept Protées dans un des aquariums de mon laboratoire de spéléobiologie expérimentale, à Saint-Paër (Seine-Inférieure). L'un des deux individus auxquels j'avais coupé la partie terminale de la queue est mort une quinzaine de jours après; les six autres sont restés dans cet aquarium jusqu'au 23 février 1914, soit pendant trois ans. La régénération des parties amputées ne s'est faite que d'une manière très incomplète, ou même ne s'est pas effectuée. A la place des pattes et des extrémités des pattes coupées il ne s'est reformé que de petits moignons, .sans trace de doigts, et la queue n'a reformé qu'une courte partie terminale. Pourtant, ces six Protées, restés bien vivants, étaient dans des conditions de milieu semblables à celles où ils vivent normale- ment. En effet, du 7 mars 1911, lendemain du jour de l'ampu- tation, jusqu'au 23 février 1914, ils sont demeurés dans un milieu complètement obscur et dans des eaux dont la température n'a varié que de 6° à 9° centigr. Il est fort probable que la régénération des pattes et de la queue, qui s'effectue très bien chez certains Batraciens urodèles, 10 110 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 par exemple chez les Tritons et les Axolotls, se ferait mieux chez les Protées, s'ils étaient clans des eaux moins froides que celles où vécurent mes sujets en expérience. Un zoologiste de grande valeur, M. Paul Kammerer, a publié, dans les Archiv fur Entwicklungsmechanik der Organismen, de Wilhelm Roux (1912, XXXIII e vol., 3 e et 4 e cah., p. 349 et 4 pi.), un mémoire intitulé : « Expérimente ùber Fortpflanzung, Farbe, Augen und Kôrperreduction bei Proteus anguinus Laur., zu- gleich : Vererbung erzwungener Farbverânderungen, III. Mittei- lung ». Des faits de régénération sont mentionnés dans ce remarquable travail. LE MIGRORAMA NOUVEL APPAREIL POUR L'EXAMEN DES PRÉPARATIONS MICROSCOPIQUES PAR H. BENOIT-BAZILLE Le nouvel appareil que j'ai l'honneur de présenter à la Société zoologique de France a été imaginé et construit par M. Stiassnie dans le but de réaliser le desideratum qui lui a été exprimé à différentes reprises par des professeurs et des directeurs de musées scientifiques (1) de posséder un appareil permettant l'examen microscopique d'un certain nombre de préparations, sans qu'il soit nécessaire, ni même possible, de manipuler directement, soit ces préparations, soit le microscope lui-même. Le microrama réalise et au delà ces deux conditions. Ses caractéristiques sont les suivantes : Il est constitué extérieurement par une armoire mesurant 50x45x25 cm. et renfermant toute la partie mécanique et la partie optique, sauf l'extrémité antérieure du tube porte-ocu- laire du microscope qui fait saillie hors de l'armoire et deux boutons molletés situés le long d'une des faces latérales de l'appareil et dont le mode d'emploi sera décrit plus loin. La partie optique comprend deux objectifs interchangeables et un oculaire fixe, le tout porté par un tube en tous points (1) Des microramas sont actuellement installés dans divers établissements, notamment à Paris, à l'Ecole supérieure de pharmacie, au Musée d'hygiène de la ville, à l'étranger, dans divers Musées d'hygiène de Belgique. SÉANCE DU 26 FÉVRIER 191 i 111 semblable au tube du microscope composé, mais placé horizon- talement. Les préparations, au nombre de 28, au maximum, sont fixées au moyen de valets sur une platine circulaire de 38 cm. de diamètre, percée de 28 trous circulaires cle 20 mm. de diamètre permettant d'examiner les objets par transparence, au moyen d'une source lumineuse artificielle quelconque, de préférence une lampe électrique à incandescence. Cette lampe se place derrière un verre dépoli, encastré dans la paroi postérieure de l'armoire, clans l'axe même du tube du -in;. ,, Fig. 1.— Le Microrama. microscope; elle est rendue invisible et protégée contre les chocs possibles par un carter métallique qui la recouvre. La rotation de la platine, qui est placée verticalement, s'opère à la main au moyen du bouton molleté inférieur; elle amène 112 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 successivement devant le tube optique toutes les préparations et commande, en même temps, la rotation d'un disque plein, placé en avant de la platine, parallèlement à celle-ci ; sur ce disque sont gravés, à la périphérie, les nombres 1 à 28. Les deux disques tournant synchroniquement, il en résulte qu'à un numéro déterminé apparaissant dans une ouverture circulaire existant au-dessous et à gauche de l'oculaire (sur la ligure on y lit le n° 14) correspond toujours le même trou de la platine, exactement placé dans l'axe de l'appareil optique. Il suffît donc de fixer devant l'appareil la liste numérotée des préparations qu'il renferme pour permettre à l'observateur de connaître le nom de l'objet qu'il examine. La mise au point se fait au moyen du bouton molleté supé- rieur, dont la rotation, dans un sens ou dans l'autre, rapproche ou éloigne l'objectif de la préparation ; un dispositif spécial limite ces deux mouvements de telle façon que jamais l'objectif ne puisse toucher la préparation, ni le tube être séparé du microscope. Le changeur d'objectifs est constitué par une glissière sur laquelle se meut une coulisse portant les deux objectifs et actionnée du dehors au moyen d'une tige qu'il suffît soit de tirer à fond, soit de pousser à fond pour obtenir un centrage parfait des objectifs. Bien entendu, le microrama ne permet pas l'emploi des objectifs à immersion et, dans la série des objectifs à sec, il est préférable de ne pas dépasser le n° 5 de la série Stiassnie, ce qui représente un grossissement maximum d'environ 400 dia- mètres. Le microrama s'ouvre à la partie supérieure seulement au moyen d'un panneau mobile à charnières muni d'une serrure; il peut donc, sans danger, être laissé sans surveillance : excep- tion faite de l'éventualité qui, pratiquement, n'est pas à envi- sager, du bris de l'armoire elle-même, il est impossible, même avec l'esprit le plus malveillant, de pouvoir détériorer soit les objectifs ou les préparations, soit la partie mécanique. Nous pensons que le microrama à sa place marquée dans les expositions et musées scientifiques, où il peut contribuer à l'instruction du public et faire aimer les études microscopiques en général, et, en particulier, ce qui nous intéresse plus directement, la zoologie microscopique. Il nous semble, en effet, qu'il serait aussi intéressant et utile de mettre le grand public à même de se rendre compte de la SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 113 structure d'un parasite invisible à l'œil nu, d'une trompe ou d'une patte de Mouche, par exemple, que d'exposer à ses regards un Papillon piqué ou le squelette d'un Dinosaurien. Le microrama nous semble également appelé à rendre de réels services dans les centres d'études, depuis les Lycées jus- qu'aux Universités. Les élèves ont bien entre les mains un certain nombre de préparations microscopiques classiques faciles à remplacer en cas de bris, mais s'agit-il de leur montrer des sujets crime certaine rareté ou d'une préparation difficile, le professeur ou le chef de travaux pratiques est dans l'obligation de faire voir à chaque élève, individuellement, la préparation — quelquefois unique - - faisant partie de sa collection personnelle ou de celle de rétablissement. Ici, plus encore que lorsqu'il s'agit du public, il serait utile de pouvoir, sans craindre que des préparations soient brisées par des observateurs maladroits ou négligents, mettre les étu- diants à même d'examiner et étudier à loisir des sujets rares rentrant dans le cadre de leurs études. Voilà, pour nous en tenir aux sciences naturelles, quelques applications du microrama ; mais le champ de celles-ci peut devenir presque aussi vasle que celui du microscope lui-même. Ouvrages offerts. Pic (M.). - - Habitats et synonymies de divers Coléoptères du nord de l'Afrique (Ibid.. p. 255-256). Id. — Le mélanisme chez divers Cryptocephalus paléarctiques (Tr. 2 d Entomologie. Congress, 1912, p. 215-247). Id. — Les Silis du Tonkin et de la Cochinchine (Bull. Soc. Ent. France, 1913, p. 163-164). Id. — Neue Anthicidœ aus Afrika (Deutsche ent. Zeitschr., 1913, p. 377-382). Id. — Nouveaux Coléoptères anthicides (Bull. Soc. Zool. France, XXXVIII, 1913, p. 137-139). Id. — Observations sur divers Anobiides (Bull. Soc. Ent. France, 1913, p. 343-344). Id. — Quelques détails sur les mœurs et la coloration du Pytho depressus L. (Ibid., p. 205-207). Id. — Une nouvelle espèce de Malacoderme de l'Inde (Bec. Indian Mus., VIII, 3, 1913, p. 199). 114 SÉANCE DU 26 FÉVRIER 1914 Porter (Carlos). — Bibliografla chilena de herpetologia i batra- cologia (Bol. Mus. nac, 1913, 8 p.). Id. — Notas para la zologia economica de Chile (Bevist. chilena, nat., 1912, p> 22-23 et 1913, p. 98-99). Roffo (A. H.). — Distomatosis humana (Buenos Aires, in-8°, 1913, 30 p., 7 pi.). Sauvage (H. E.). — Catalogue de Reptiles jurassiques du Boulonnais [Bull. Soc. Acad. Boulogne, V, 1913, 12 p.). Id. — Noms boulonnais donnés à certaines espèces et variétés in- connues d'animaux et de végétaux (lbid., IX, 1913, 9 p.). Imp. OBERTHUR, Rennes-Paris (884-14). Séance du 10 ma m 1914. PRÉSIDENCE DE M. R. BLANCHARD, PRÉSIDENT. MM. Germain, * Jourin et Roule s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. M. X. Raspail remercie du prix L. Petit qui lui a été attribué. M. Rabaud remercie de son admission. La Société reçoit une circulaire concernant la « Première Exposition internationale d'Insectes vivants, de Poissons d'or- nement et d'Oiseaux de volière ». qui se tiendra au Jardin d'acclimatation, du 6 au 21 juin 1914, sous les auspices de la Société nationale d'acclimatation de France, la Société zoolo- gique de France, la Société entomologïque de France, la Société Aquaria, la Société d'aquiculture et de pèche, les Sociétés d'ornithologie de Belgique, la Ligue française pour la protection des Oiseaux, etc. Elle comprendra, dans la section des Insectes, les classes suivantes : Insectes terrestres et aquatiques d'Europe et exotiques vivants; autres Articulés indigènes ou exotiques vivants ; les Insectes dans l'art et la mode ; les industries des Insectes ; les Insectes dans l'industrie, la médecine, l'alimen- tation ; l'enseignement appliqué à l'entomologie : ouvrages, tableaux, etc. ; collections dlnsecies les plus remarquables ; insectariums et pièges à Insectes. Dans la section des Poissons d'ornement, des classes de : Poissons d'ornement exotiques d'eau tempérée, indigènes d'eau froide ; Mollusques ; plantes aquatiques ; Reptiles ; matériel d'élevage ; les êtres aquatiques dans la décoration ; peintures et dessins de plantes et animaux aquatiques ; ouvrages ayant trait à la classification et à l'élevage des Poissons, Reptiles et Plantes. Dans la section des Oiseaux de volière, des classes d'Oiseaux vivants au plumage brillant, Oiseaux utiles vivants d'Europe ; les Oiseaux et la mode ; pro- tection des Oiseaux ; les Oiseaux dans l'art décoratif ; Oiseaux naturalisés, groupes éthologiques ; types disparus. Il sera organisé un concours d'Oiseaux parleurs le dernier dimanche de l'exposition. Adresser la correspondance à M. le président n 116 SÉANCE DU 10 MARS 1914. du Comité d'organisation de l'exposition, 8, place de la Concorde. « The Mera publications », St. Albans (Herts.), Angleterre, demandent l'échange avec les publications de la Société. (Ren- voyé au Conseil.) MM. C. Cépède et G. de la Baume-Pluvinel, présentés à la précédente séance, sont élus membres. M. Charles Pérard, vétérinaire sanitaire de la Seine, aux Abattoirs de la Yillette, à Paris, est présenté par MM. Chatton et E. Regnard. M. Armand Thévenin, maître de conférences à la Faculté des sciences de Paris, président de la Société géologique de France, demeurant 15, rue Joseph-Bara, à Paris (6 e ), est présenté par MM. Hérouard et Robert. M. L. Petit, aîné, est délégué pour représenter la Société au 52 e Congrès des Sociétés savantes. « M. de Beauchamp offre à la Société, au nom de l'auteur, un travail de M. l'abbé Godon sur les Amphipodes d'eau douce du nord de la France, dont il fait ressortir l'intérêt faunistique : les recherches de l'auteur lui ont permis en effet de découvrir dans cette région, en apparence uniforme et trop défrichée. 10 espèces aquatiques de ce groupe (en plus de 2 espèces terrestres). Or la Siissicasserîauna Deutschlaniïs n'en indique pour toute l'Alle- magne sensu lato que 9, dont il faudrait déduire pour la com- paraison avec la France 2 ou 3 formes résiduelles propres aux grands lacs voisins de la Baltique. Les données chorologiques et éthologiques relatives à chaque espèce sont très précises ». Le prof. E. Bugnion présente un travail intitulé « Les yeux des Insectes nocturnes », fait à Ceylan et à Lausanne, avec la collaboration du D r N. Popoff : « De même que les yeux des Chats, Chiens, Ruminants, Hiboux brillent dans la nuit, quand on les éclaire à distance au moyen d'une lampe, les yeux de certains Insectes émettent eux aussi une luminosité particulière. Les yeux d'un grand Scarabé de Ceylan (Onjctes rhinocéros) brillent dans l'obscurité, quand on les éclaire obliquement, comme deux rubis du plus beau rouge. Le même phénomène s'observe chez Xylotrupes gedeon, Calharsius molossus, Copris SÉANCE DU 10 iMARS 1914. 117 repertus et chez les Papillons nocturnes. Les yeux des Sphinx donnent une belle luminosité rouge, ceux de certains Bombyx un reflet jaune d'or. Ce n'est pas que les organes visuels de ces Insectes émettent une phosphorescence comparable à celle qui émane du Ver luisant ; la lumière colorée renvoyée par la rétine provient d'un phénomène de réflexion. Il s'agit toutefois d'une propriété vitale en rapport avec la structure de l'œil et aussi avec son état physio- logique. On constate, par exemple, que les yeux d'un Oryctes plus ou moins souffreteux, affaibli par la captivité et par le jeûne, ne brillent plus que faiblement. Il en est de même si la rétine a été fatiguée par une lumière trop vive. C'est ainsi que (d'après Kûhne, 1877) les yeux du Sphinx atropos, exposés pen- dant quelques instants à la lumière du magnésium, perdent momentanément leur pouvoir réflecteur. Il faut placer l'Insecte dans l'obscurité et le laisser reposer pendant deux ou trois heures pour que les rétines recouvrent peu à peu leur pouvoir initial. Ce dernier fait s'explique par la présence dans la rétine des Insectes d'une substance particulière (erythropsine. xanthop- sine) qui, comparable au pourpre rétinien des Mammifères, est continuellement consommée par l'acte même de la vision. Cette substance, d'un caractère instable, se montre nettement dans l'œil de YOryctes, sitôt que la cornée a été détachée. La rétine qui est logée dans une cupule chitineuse d'un noir brillant (faisant peut-être l'office d'un miroir concave) paraît d'une jolie teinte rose tirant sur l'orange, rappelant la couleur de l'éosine. Cette teinte, très caractéristique, disparaît aussitôt si l'on expose la rétine au soleil ou encore si on la plonge dans le choroforme ou l'alcool. Les dispositions spéciales aux ^eux des Insectes nocturnes ont été étudiées : Parmi les Lépidoptères : chez Deilephila Euphorbiœ, Satiirnia Pernyi, Lasiocampa quercus, Phlogophora meticulosa. Parmi les Coléoptères : chez Oryctes rhinocéros. Nous avons, à titre de comparaison, examiné encore les organes visuels d'un Lépidoptère diurne (Vanessa antiopa). Voici, résumés en quelques mots, les principaux résultats de cette étude : Les yeux des Insectes nocturnes offrent plusieurs particula- rités qui leur sont propres. Nous citerons entre autres : 1° L'épaisseur plus grande de la rétine ; 118 SÉANCE DU 10 MARS 1914. 2° La division des rétinules en deux segments de grandeur inégale : le segment étroit, superficiel, atteignant parfois une longueur et une minceur extraordinaires ; le segment épais, profond, généralement plus court ; 3° La disposition des segments épais en une palissade régu- lière et très serrée ; 4° La présence entre les segments épais de pinceaux tra- chéens à direction longitudinale, remplissant entièrement leurs interstices ; 5° La faible quantité de pigment contenu dans les cellules ; 6° La mobilité plus grande des granules pigmentaires ; 7° La présence en quantité plus forte d'une substance colorée infiltrant d'une manière diffuse les éléments rétiniens. De ces divers caractères le plus frappant est l'arrangement des pinceaux trachéens qui remplissent les interstices des réti- nules dans le fond de l'œil. La présence de ces pinceaux a été constatée d'une manière très nette chez Deilephila, Saturnia, Lasiocampa, Phlogophora, Oryctes (genres crépusculaires et nocturnes), tandis que la même formation est absolument absente chez Vanessa (genre diurne). Or les yeux qui possèdent des pinceaux trachéens étant préci- sément ceux qui donnent lieu au phénomène du « reflet lumi- neux », nous sommes en droit de conclure que lesdits pinceaux jouent le rôle d'un tapetum ou miroir réflecteur. Les Insectes nocturnes disposent d'un tapetum rétinien com- parable au tapetum choroïdien des Mammifères. Ce fait étant acquis, la présence des autres dispositions peut, semble-t-il, s'expliquer comme suit : L'épaisseur plus grande de la rétine, la division des rétinules en deux segments, un étroit et un épais, seraient en rapport avec 1' « impressionabilité » de la rétine. Ces structures auraient pour effet de permettre aux rayons réfléchis dans le fond de l'œil d'impressionner une deuxième fois les éléments récepteurs sur une hauteur plus grande, soit, en d'autres termes, avec plus d'intensité. La diminution du pigment s'explique plus aisément encore. Le rôle des granules pigmentaires étant d'absorber les rayons lumineux aussitôt qu'ils ont impressionné les cellules visuelles, il est clair qu'une rétine fortement imprégnée de ces granules rendrait la réflexion à peu près impossible. Or, ce n'est pas seulement la faible quantité des granules pigmentaires qui caractérise les yeux nocturnes, c'est encore la distribution de SÉANCE DU 10 MARS 1914. 119 ces granules. La rétine étant très épaisse, les cellules inter- calaires s'étendant dans toute la hauteur de celle-ci, de la basale à la zone des cristallins, la migration du pigment s'effectue dans ces derniers éléments d'une manière bien plus complète. C'est dans les yeux des espèces nocturnes que les faits si intéressants observés par Exner (1889) et Micheline Stefanowska (1890) trouvent leur application la plus belle. Un fait particulièrement frappant lorsqu'on examine des coupes d'yeux empruntées à des Insectes nocturnes (surtout à des Sphingides tués et fixés entre 8 et 10 heures du soir) est que le fond de l'œil est, tant dans les cellules visuelles que dans les éléments intercalaires, presque entièrement privé de pigment. Cette absence du pig- ment dans le fond de l'œil, surtout au moment où la rétine est accommodée en vue de la vision nocturne, explique le fait bien connu de l'éblouissement produit par les lampes sur les Sphinx, Bombyx, Noctuelles et les Insectes nocturnes en général. La rétine étant (en suite du manque de pigment) trop vivement impressionnée par la lumière, l'Insecte est ébloui et se jette contre la lampe sans plus savoir où il va. Les Insectes diurnes sont, comme on sait, beaucoup moins exposés à ce genre d'accidents. La couleur si particulière du reflet lumineux, différente sui- vant les espèces (tantôt d'un beau rouge rubis, tantôt d'un brillant jaune d'or), s'explique par la présence de la substance colorée spéciale (érythropsine, xanthopsine) qui infiltre les éléments. Nous savons déjà que lorsque ladite substance est altérée en suite d'un état pathologique ou par une exposition de quelques secondes à la lumière du magnésium, le reflet lumineux perd sa couleur propre et n'apparaît plus que faiblement. Quant à l'utilité du tapetum, l'idée la plus plausible est .que, réfléchis par le réseau trachéen, les rayons renvoyés du tond de l'œil impressionnent une deuxième fois- les cellules visuelles. La vision dans la demi-obscurité serait, grâce à cette réflexion, notablement renforcée (Exner 1889). Un résumé de ce travail a été publié clans : Comptes rendus de l'Association des anatomistes, 15 e réunion (Lausane), 1913 ; un mémoire détaillé relatif aux Insectes nocturnes paraîtra dans les Archives dAnatomie microscopique, 1914. » « M. Semichox fait remarquer que, d'après ces recherches, les particularités des yeux nocturnes de ces Insectes sont parallèles à celles des veux de \ ertébrés : les bâtonnets des Vertébrés sont 120 SÉANCE DU JO MARS 1914. d'autant plus longs et la quantité de pourpre rétinien d'autant plus grande que. l'animal est plus nyctalope. Les yeux décrits par M. le professeur Bugnion sont en outre remarquables par la longueur du segment rétinulien qui se trouve entre la partie proximale du cône et la limite distale des rhabdomes. Le fait que les cônes sont éloignés de la partie sensorielle de la rétine a pour conséquence d'augmenter la profondeur de l'œil, et comme celui-ci est disposé en éventail, le rapport de la surface des cornées au nombre des éléments récepteurs se trouve plus grand que celui qu'on trouve pour les yeux de beaucoup d'In- sectes diurnes chez lesquels le fond des cônes est bien plus rapproché des rhabdomes et où, par conséquent, la lumière doit être admise en moins grande abondance. » Ouvrages offerts. Bugnion (E.) et N. Popoff. — Les yeux des Insectes nocturnes (C. R. Ass. Anatom., XV, 1913, p. 242-264). Godon (Abbé J.). — Les Crustacés Amphipodes des eaux douces de la région du nord de la France (Mém. Soc. Emulation Cambrai, LXVIT, 1912, 19 p.). Dalmon (H.). — Un parc national en forêt de Fontainebleau (Roanne, Souchier, 1914, in-8°, 19 p.). Thomas (Ph.). — Essai d'une description géologique de la Tunisie, 3 e partie. Stratigraphie des terrains cénozoiques (Paris, imp. Nation., 1913, in-8°, p. 733-912, fig. 114-173). SÉANCE DU 10 MARS 1914. 121 RHOPALURA PELSENEERI G. et M., VAR. VERMICU- LICOLA VAR. NOV., ORTHONEGTIDE PARASITE DE TETRASTEMMA VERMICULUS Qtfg. PAR Maurice CAULLERY. J'ai trouvé, à "Wimereux, l'été dernier, un Orthonectide dans un Némertien où on n'en avait signalé jusqu'ici aucun. Je crois intéressant de résumer ici mes constatations, bien qu'elles soient incomplètes, en raison de la rareté des Orthonectides. L'hôte est une espèce très bien caractérisée et commune sur nos côtes, Tetrastemma vermiculus Qtfg.; c'est une forme courte, dont les deux yeux situés d'un même côté sont réunis l'un à l'autre par une bande pigmentaire rougeâtre (1). Le corps est d'une couleur vert clair ; il est légèrement étranglé en arrière de la région cépha- lique. L'individu infecté a été trouvé sur le bord d'un cris- tallisoir contenant des touffes de Bugula, recueillies aux Roches-Bernard (dans le port en eau profonde de Boulogne), à la marée du 4 septembre 1913, qui était très forte. En examinant ce Némertien sous le microscope, j'y ai vu par transparence de très nom- breux Orthonectides tous sem- blables entre eux. Observations in vivo. — Examiné hors de l'hôte, d'où on le fait sortir par dilacé- ration, cet Orthonectide se montre de forme sensiblement cylindrique; l'extrémité anté- J. r. — t£&± 2. FlG. 1. Individu de lih. pelseneeri, var. vermi- culicola, d'après le vivant. G = 480. — 2. Un embryon à la fin de son déve- loppement (fixât. Bouin: color. gly- chémalun). G = 1800. — r, organe réfringent (appareil de perforation?). (1) Cette bande, sur l'exemplaire observé, est plus foncée que ne l'indiquent les figures de Joubin (Faune de France, Némertiens) et de BOrger (Nemertinen, Fauna und Flora Neapel). 122 SÉANCE DU 10 MARS 1914. rieure est toutefois un peu plus étroite. Un individu adulte (fig. 1), dessiné à la chambre claire, mesure 105 jj. de longueur sur 25 ;j. de largeur maximum. Le revêtement ciliaire est con- tinu, dirigé vers l'avant et à l'extrémité antérieure, puis transver- salement et enfin en arrière. Les cellules ectodermiques sont disposées par bandes annulaires régulières alternativement minces et un peu plus renflées vers l'intérieur. Elles renferment des granules blanchâtres, assez réfringents, très fins, dessinant sur l'animal une série de bandes transversales qui ont l'appa- rence de pigment blanchâtre. Ces granules m'ont semblé s'al- térer assez vite et disparaître quand l'animal séjourne dans l'eau de mer. 11 est assez difficile de compter exactement ces bandes, parce que, vers les extrémités, elles sont plus ou moins coales- centes. J'en ai distingué 12 à 13, non compris les extrémités. Tout l'intérieur de l'animal est rempli par la masse génitale . on aperçoit 25 à 30 corps sphériques, de 10 à 12 ;x environ de diamètre, sur chacun desquels on aperçoit une vésicule un peu oblongue r, nettement plus réfringente que le reste et qu'un observateur non prévenu considérerait comme le noyau d'un ovule. En réalité ces sphères sont des embryons. Observations sur matériaux fixés et colorés (frottis et coupes). — Une partie du Tetrastemma a été fixée au liquide de Bouin, coupée et colorée au glychémalum. Sur les coupes, on reconnaît que les Orthonectides sont situés dans le parenchyme du Némertien, entre les caecums du tube digestif qui sont très nombreux et pressés les uns contre les autres. Peut-être y en a-t-il aussi dans l'épithélium même de ces diverticules. Tous les individus renfermaient des embryons à divers stades du développement. On ne distingue pas les limites des cellules; les noyaux apparaissent comme de petites masses chromatiques. Aux stades avancés, on distingue une paroi ectodermique et une masse interne de cellules particulièrement dense dans l'hémi- sphère postérieur de l'embryon. La vésicule réfringente r, observée in vivo, est placée dans la région antérieure et fait saillie à la surface, en un point qu'on peut considérer comme le pôle antérieur de l'embryon. Elle est en réalité formée de deux parties : l'une basilaire, l'autre superficielle conique et divisée en deux moitiés symétriques par une cloison axiale (fig. 2, r). SÉANCE DU 10 MARS 1914. 123 * * * Ces différentes données fixent nettement la nature de l'Ortho- nectide en question. Il est très voisin de l'espèce que Mesnil et moi avons décrite sous le nom de Rhopalura pelseneeri (1) et qui est parasite d'un Némertien de l'anse de Vauville (Tetrastemma flavidum). Ce dernier Orthonectide a les mêmes rapports avec son hôte. Son évolution, qui nous avait d'abord en partie échappé, est devenue claire pour nous quand nous avons connu le développemenl des ovules de Rhopalura ophio- com;i\ l'espèce parasite cTAmphiura squamata (2). Rh. pelseneeri est une forme hermaphrodite, qui s'autoféconde et dont les ovules se développent en embryons dans l'organisme maternel, comme chez tous les Orthonectides, mais, dans le corps même de L'hôte, avant rémission du parasite au dehors. L'organe réfringent et saillant que Mesnil et moi avions noté sur les embryons et Figuré dès 1901 est sans doute, comme nous l'avons dit plus tard, un appareil de pénétration à l'aide duquel la larve devenue libre fait effraction clans un hôte nouveau. L'Orthonectide de Tetrastemma vermicnlus se comporte absolument de la même façon. L'unique Némertien infecté que j'aie observé ne contenait que des parasites à des phases avan- cées de leur évolution; chez tous, les ovules étaient déjà fécondés et en voie de développement. Je n'ai donc pas pu constater l'her- maphrodisme ; mais il ne fait pas de cloute, étant donné ce qu'on sait des autres espèces, et il est confirmé indirectement par l'absence de mâles. La ressemblance entre les parasites de T. flavidum et T. ver- miculus est si grande que la seule question à se poser est celle de leur identité spécifique. En comparant les mesures et dessins pris dans les deux cas, je relève les différences suivantes. L'Orthonectide de Boulogne semble plus petit (I05u.x25u. pour un individu renfermant des larves mûres) que celui de Vauville (120-150 u, x 30 u,). Le nombre des bandes pigmentaires diffère légèrement (13 au lieu de 10). Des embryons munis de l'appareil de pénétration (?) dessinés à la chambre claire avec les mêmes objectif et oculaires, (1) Caullery et Mesnil. Recherches sur les Orthonectides. — Arch. anat. micr., IV, 1901, p. 405 et seq., pi. x, flg. 32-33, pi. XI, flg. 29-31 et 34 (formes o" et o"' du mémoire) (2) Cf. Caullery et Mesnil, l. c. Post-scriptum. p. 464. — Caullery et Layallée. C. 7?. Soc. Biol., LVII, 1905, p. 265; Arch. Zool. exp. (4), VIII, 1908. -- MESNIL et Caullery. C. B. Soc. Biol., LVII, 1905, p. 428. 124 SÉANCE DU 10 MARS 191 1. montrent une différence de diamètre correspondante dans un rapport de 5 à 6. D'autre part, chaque espèce d'Orthonectide est généralement cantonnée dans un hôte rigoureusement déterminé. La seule exception à cette règle serait Rhopalura Metchnikovi G. et M. trouvée à la fois dans Spio martincnsis Mesn. et Tetrastemma ilavidum. * * * Je crois donc sage de conclure que T. vermiculus Q. héberge un Orthonectide très voisin de Rh. pclseneeri, sinon spécifi- quement identique, se comportant absolument de même quant à ses rapports avec l'hôte et à sa propre évolution. En raison des quelques différences signalées ci-dessus (nombre des bandes pigmentaires, taille de l'individu et de ses embryons), je propose de distinguer cet Orthonectide comme une variété : Rh. pelseneeri G. et M., var. vermiculicola n. var., ce nom rappelant l'hôte où on le trouve. SÉANCE DU 10 MARS 191 'i. 125 SUR UNE NOUVELLE PINCE AUTOMATIQUE A RESSORT "AUTOPINCE GÉPÈDE" pour la technique micrographique et les divers travaux de laboratoire. PAK Casimir CÉPÈDE La manipulation des objets délicats, comme les lamelles de verre employées dans la technique micrographique, est rendue très difficile aujourd'hui que nous exigeons des épaisseurs de verre de plus en plus faibles pour nos préparations micros- copiques. Cependant la technique des frottis et des coupes sur lamelles — (méthode de Hertwig) (1) - - s'étend de plus en plus à cause des avantages signalés qu'elle présente sur celle des préparations sur lame ou slides. Ceux que la routine rend moins prompts à adopter les méthodes nouvelles, môme quand elles leur apparaissent supérieures à celles qui leur sont fami- lières, aiment à trouver cette manipulation des lamelles de verre extrêmement coûteuse par le bris considérable de ces objets si fragiles. Certes — à l'exagération près — il est incontestable que manipulant dans les mêmes conditions lames et lamelles, un « travailleur » brisera plus de ces dernières que des premières. J'ai remarqué, au cours de mes recherches, que le passage des lamelles porte-frottis ou porte-coupes d'un récipient de la série dans l'autre avec des pinces ordinaires ou avec des pinces à serrage automatique très volumineuses dans le genre des pinces Cornet (Cat. Cogit, n° 1032), ou Debrandt (Cat. Cogit, n° 1368), causait la perte de nombreuses préparations souvent précieuses. J'ai tâché de créer, pour la manipulation de ces objets délicats, une nouvelle pince peu volumineuse, bon marché, d'un trans- port facile et d'un aspect élégant. Et c'est ainsi que j'ai conçu le modèle d' « Autopince » dont je vais donner ici la description accompagnée de figures. L'application de ce système nouveau de pinces à ressort à des mors très divers me fera décrire sous peu une série (1) Cette méthode devient précieuse dans le montage biplan que j'ai créé et qui permet l'examen aux plus forts grossissements des deux faces d'une préparation quelconque : objet entier, frottis, coupe. Cf. Cépède. Nouveau montage des préparations microscopiques permettant l'étude des deux faces aux plus forts grossissements et supprimant les procédés spéciaux d'emballage (C. H. Ac. Sci., CLXI, p. 683, 3 mars 1913). 126 SÉANCE DU 10 MARS 1914. (Tautopinccs pour divers usages micrographiques ou chi- rurgicaux. Le simple examen des ligures permet en effet de com- prendre combien il est facile, par le seul changement des mors, de transfor- mer une même auto- pince en plusieurs pinces de systèmes différents : autopince hémostatique, auto- pince de dissection, autopince pour aci- des, etc. * * FlG. 1. FlG. 2. FlG. 3. L'autopince représentée en grandeur d'exé- cution et munie de sa bague de fixation. Coupe de l'autopince. Le ressort n'a pas été coupé. On voit les deux mors de l'autopince sectionnés sur toute leur longueur. Etude de la conformation de l'autopince : on suppose que le tube, les mors, etc., sont transparents pour laisser voir toutes les pièces de l'instrument : 1° l'axe terminé d'un côté par le bouton cylindrique, de l'autre par la bille sphérique; 2° le ressort; 3° les mors de l'autopince ; 4° la tigelle ; 5" le capuchon protecteur des mors. L'autopince se compose essentielle- ment : 1° D'un système de mors m dont l'élasticité assure le pincement automa- tique de l'objet à saisir. La force de ces mors peut varier selon les objets à pincer (faible pour des lamelles ou ob- jets très fragiles, plus grande pour l'hémostase). A l'état de repos les deux mors sont au con- tact (fig. 2). 2° D'une tigelle cylindrique axiale t terminée par une bille sphérique b et SÉANCE DU 10 MARS 1914. 127 montrant au voisinage de la cheville d'assemblage c une fente / permettant de la laisser passer. 3° D'un ressort r qui s'applique d'une part sur le bord du cylindre porte-mors et, d'autre part, sur la base intérieure du bouton terminal j3. Il fait revenir celui-ci à sa position première quand ce bouton a été introduit dans le tube d'ébonite, de fibre ou de métal T pour obtenir, par action de la bille b sur les mors m, l'écartement de ces derniers. 4° D'un capuchon C qui protège la pince quand on veut l'avoir en poche. On la fixe alors à l'aide d'une bague analogue à celle qui maintient les stylographes auxquels mon « autopince » ressemble beaucoup extérieurement (fig. 1). Fonctionnement. — La meilleure façon de tenir l'autopince pendant les manipulations consiste à la saisir comme un crayon trop court dont l'extrémité n'écrivant pas viendrait se placer contre la saillie que fait à la base de l'index le 2 e méta- carpien sur la face palmaire de la main. Pour ouvrir les mors, fléchir les 3 premiers doigts. La pression de la protubérance métacarpienne antérieure déjà mentionnée sur le bouton fi pousse la bille b qui écarte les mors. L'objet est pincé alors qu'on cesse la pression et on peut transporter la préparation saisie dans l'autopince comme on manipule un crayon ou un stylo- graphe. Pour laisser tomber la préparation, on presse sur le bouton fi: aussitôt l'autopincement cesse; la lamelle tombe. Démontage. — Pour démonter l'autopince, il suffit de presser avec une petite tige (épingle, aiguille, etc.) sur la partie amincie de la cheville r; celle-ci se dégage du côté opposé et aussitôt l'autopince est démontée. Montage. — On remet les diverses pièces comme l'indiquent les figures 2 et 3, on place la cheville et l'autopince est remontée. (Laboratoire de zoologie de la Sorbonnc, février 1914. 128 SÉANCE DU 10 MARS 1914. CONSIDÉRATIONS MORPHOLOGIQUES SUR PHYLLOPUS TURQUETI QUIDOR 1906, COPÉPODE PÉLAGIQUE ANTARC- TIQUE RÉCOLTÉ PAR LE " FRANÇAIS". PAR Casimir CÉPÈDE Le genre Phyllopus a été créé en 1883 par Brady (1) pour un seul spécimen qui est sûrement une q . Dans son travail paru dans le journal de la « Marine Biological Association», avril 1904, p. 124, Wolfenden (20) dit que l'exemplaire décrit par Brady était un mâle. C'est une erreur inexplicable sur laquelle Andrew Scott (18) a déjà attiré l'attention, car Wolfenden décrit le mâle dans ce même rapport. I. G. Thompson (19) semble être le premier auteur qui donne une étude du mâle ; mais selon A. Scott il identifie à tort son espèce avec le type du genre : Phyllopus bidentatus Brady 1883. Parran (6) (1908, p. 83, pi. IX, fig. 5 et 6) qui, dans son rapport antérieur {A list of the Marine Gopepoda of Ireland, part. II. — Pélagie species, p. 29) l'avait confondue aussi avec Phyllopus bidentatus Brady, en fait le type d'une nouvelle espèce : Phyllopus Helgœ. La description du mâle donnée par lui, sous le nom de P. bidentatus, dans le rapport précité (1905) est exactement celle que Thompson (1903), Wol- fenden (1904) et van Breemen (2) (1908) donnèrent sous ce même nom du mgJe du Phyllopus Helgœ Parran (1908). Quidor (13) (1906) semble ignorer les mémoires de I. G. Thomp- son (1903), de Wolfenden (1907), de Parran (1905), de G. 0. Sars (16) (1905) quand il dit, dans sa diagnose générique de Phyllopus, qu'il tire des descriptions de Phyllopus bidentatus et de Phyllopus Turqueti : « La cinquième paire de pattes ne comprend qu'une rame externe à trois articles. Son article terminal est denté chez la femelle et porte trois longues épines chez le mâle » (p. 4). Et nous ne pouvons croire qu'il s'agisse là d'un lapsus, car dans la description de sa nouvelle espèce : P. Turqueti, il dit encore, p. 6 : « La cinquième patte, aussi bien chez le mâle que chez la femelle, est dépourvue de rame interne. La rame externe comprend trois articles... Les cin- quièmes pattes du mâle reposent par leur extrémité sur l'orifice génital (fig. 4). Le premier article de la rame externe est seul SÉANCE DU 10 MARS 1914. 129 Fig. ". /3. — Antenne antérieure de Phyllopus bidentatus Brady. 9 (cT ? selon Brady, 1883, pi. v). Le numérotage des articles antennaires a été ajouté pour rendre plus claire la démonstration morphologique. Fig. ,5. — Mandibule de Phyllopus bidentatus Brady (selon Brady, l. c, pi. v, fig. 8). Fig. 12 /S — Cinquième paire de pattes de P. bidentatus Brady, 9 (c? ? selon Brady, l. c, pi. v, fig. 12). Fig. 13 /3. — Angle postérieur du cinquième segment céphalothoracique et vue latérale de l'abdomen de Phyllopus bidentatus Brady, 9. L'abdomen a 4 segments dont le numérotage a été ajouté ici (d'après Brady, l. c, pi. v, fig. 13). Fig. U /3. — Vue antérieure de l'abdomen du même (d'après Brady, 1883, pi. v, fig. 14). Fig. 15 /S. — Epine terminale de l'une des pattes natatoires du même (d'après BRADY. 1883, pi. V, fig. 15), Fig. 16 /3. — Rostre de Phyllovus bidentatus Brady (d'après Brady, 1883, pi. v, fig. 16). 130 SÉANCE DU 10 MARS 1914. visible latéralement. Il porte, ainsi que le second, une courte FlG. 10 w. FlG. 19 Q. FlG. 13 G. Cinquième paire de pattes de Metridia princegs Giebrecht, 9 (d'après Wol- FENDEN, 1911, pi. XL, flg. 10). Cinquième paire de pattes de Phyllopns Tuiqueti Quidor, d (d'après A. Quidor, 1906, pi. v, flg. 19). Cinquième patte droite de Metridia Gerlachei Giesbrecht, 9 (d'après GtKSBRECHT, 1902, pi. I. flg. 13). épine latérale (lig. 19); le troisième, replié en avant, se termine par trois longues épines divergentes. » Si nous nous reportons au travail de Brady (1883), nous constatons que l'auteur anglais a, comme nous le disions plus haut, décrit avec doute comme c? un spé- cimen femelle. Le texte de Brady (1) montre avec quelle hésitation l'auteur a tenté d'attribuer un sexe à son Phyllopus bidentatus : « One spécimen only of this animal was seen, and in the anticipation of further spécimens being available, was unfortunately only very imperfectly exa- mined. The size of the first abdominal somite led me to suppose that the spéci- men described was a female; the carac- ters of the anterior antenna and fifth feet, however, are rather those of the maie. » Avant l'apparition des travaux du début de ce siècle précédemment cités, il était aisé, en consultant les « Gymnoplea » de Giesbrecht (10) de corriger l'erreur de î c. FlG Cinquième patte thora- cique droite de Mclridiii Gerlachei Giesbrecht, 9 Exemplaire provenant des récoltes du « Pour- quoi-Pas ? ». Plankton 775. Dessin de l'auteur, c. cl. SÉANCE DU 10 MARS 1914. 131 Brady. Giesbrecht répète, en effet, ce qu'il avait dit en 1892 (8) : « cf unbekannt » (1). Dans sa diagnose du genre Phijllopus Brady (2), Gies- brecht (10) (1898) signale encore la serrature du bord distal do l'exopodite de p 5 g : « 5 B mit 3-gldr. Exp., ohne Enp.; 2 Gl. des Exp. mit dicker, langer Innenrandborste, 3 Gl. verkûrzt, am distaien Rande gezàhnelt » (3). De tout cet ensemble d'observations morphologiques et systé- matiques, il résulte qu'une étude attentive du Phijllopus Turqueti Quidor s'imposait. C'est cette étude que nous donnons ici, grâce à l'anatomie et à la morphologie comparées, car nous n'avons pu observer les matériaux sur lesquels est basée la description de ce Copépode. Retenons simplement, de cette discussion, pour nous guider dans cette longue étude, les données systématiques suivantes : Les espèces du genre Phijllopus sont aisément reconnaissables à la structure de la cinquième paire de pattes dans les deux sexes. La cinquième paire de pattes de la q a un basipodite à deux segments et un exopodite triarticulé. Aucune trace d'endopodite ne s'observe à aucune des pattes sexuelles. Le segment terminal de l'exopodite est foliacé; son sommet est très épais et irrégu- lièrement denté (fig. 12 Q). La cinquième paire de pattes du cf est bien développée et préhensile. L'exopodite de chaque patte sexuelle est biarticulé. La patte gauche seulement montre un endopodite lamelliforme rudiment-aire. * * * Dans son étude des Copépodes de la première mission antarc- tique française dirigée par M. le D r Charcot, A. Quidor (13) (1906) a décrit sous le nom de Phijllopus Turqueti n. sp., d'après deux spécimens de cette espèce, qu'il considère comme représentant les deux sexes (cf et q) deux Copépodes recueillis, en surface, dans le voisinage de l'île Booth-Wandel, par le D r Turquet, naturaliste de l'expédition du « Français ». Quidor, — rapprochant sa description de celle que Brady (1883) donna du Phijllopus bidentatus du « Challenger ». recueillie au sudest- de Buenos-Ayres, à une profondeur de 4.850 m. et repré- (i) Giesbrecht und Schmeil, 1898, Copepoda, Gymnoplea (m « Das Tierreich », 1898, p. 124). (2) P. 124. (3) Je souligne : C. C 12 132 SÉANCE DU 10 MARS 1914. sente par un seul exemplaire femelle et de l'étude que le regretté W. Giesbrecht (7) (1889-1892) fit d'un autre spécimen femelle, récolté près de l'Equateur, au sud-est des îles Galapagos, à une profondeur de 1.800 mètres, - voit dans cette découverte de P. Turqueti Quidor une nouvelle preuve de « l'affinité de la faune abyssale des régions équatoriales avec la faune australe de surface. » * * Malheureusement, et l'objet du présent travail est de le dé- montrer, le Phyllopus Turqueti Quidor 1906 n'est pas un Phyllopus; il n'appartient même pas à la famille des Arieteliidœ de G. 0. Sars (1903) qui compte le genre Phyllopus Brady 1883 au nombre de ses membres. N'ayant pu faire de nouvelles observations sur les échantillons qui ont servi à établir le Phyllopus Turqueti, notre tâche, pour donner à ce Copépode la place systématique qui lui convient, a été excessivement pénible, comme on va le voir. DlAGNOSE DÉ LA FAMILLE DES ARIETELL1D.E G. 0. Sars, 1903. Les représentants de la famille des Arieteliidœ ont tous un corps relativement robuste et non déprimé. Le céphalothorax est, en général, divisé très nettement au niveau de son premier segment thoracique, lequel est bien séparé du céphalon. La région céphalique frontale est plus ou moins prolongée ventra- lement et porte deux appendices tentaculaires. Les deux der- niers segments thoraciques sont unis entre eux. L'abdomen, relativement court, est composé de quatre seg- ments CHEZ LA FEMELLE et COMPTE CINQ SEGMENTS CHEZ LE MÂLE. Les rameaux furcaux, bien définis, courts, présentent quelques soies apicales très allongées. Les antennes antérieures (antennules de certains auteurs), sont relativement courtes, moins allongées que chez les Hete- rorhabdidœ, et souvent plus courtes que chez les Metridiidœ; dans certains cas (Paramisophria Scott 1897, Phyllopus Brady 1883) elles sont très courtes ; le nombre des articulations est extrêmement réduit: l'antenne gauche est en général plus longue que la droite : chez le mâle, elle est imparfaitement géniculée et sa partie terminale, très courte, est biarticulée. Les antennes postérieures (antennes de certains auteurs) ont leur rameau interne (endopodite) plus long que l'externe (exo- podite); elles possèdent un nombre limité de soies au sommet. SÉANCE DU 10 MARS 1914. 133 Les pièces buccales ressemblent assez à celles de la famille voisine : les Heterorhabdichv. Le palpe mandibulaire, toutefois, n'a souvent aucune trace de rameau interne (endopodite); les maxillipèdes postérieurs sont plus robustes et montrent leur portion terminale réfléchie. Les quatre premières paires de pattes sont relativement courtes et trapues avec leurs deux rameaux triarticulés et moins inégaux que chez les Heterorhabdidœ et les Metridiidœ. La cinquième paire de pattes n'est natatoire dans aucun des deux sexes; le rameau interne y est extrêmement réduit ou totalement absent. * * * Le simple examen de l'abdomen du Phyllopus Turqueti Quidor montre qu'il ne peut s'agir d'un membre de la famille des Arietellidas. Quidor (1906) donne, en effet, de l'abdomen du Phyllopus Turqueti cf et g la description suivante : « L'abdomen comprend trois anneaux (1). Le premier est une fois et demie aussi long que le second et deux fois plus long que le troisième. Il est renflé sur sa face ventrale et porte l'orifice génital (fig. 2, 3, 4, 5). Les branches de la furca sont légèrement plus longues que le dernier segment. Chaque branche porte latéralement, aux deux tiers de sa longueur, une soie très courte et six soies inégales sur son bord postérieur. La soie interne, la plus longue, est trois fois aussi longue que la furca. Les deux branches de celles-ci, très rapprochées chez la femelle (fig. 2), laissent entre elles, chez le mâle, un espace égal à leur largeur (fig. 5). » * * * Gomme on le voit, et ainsi que l'avait senti Qltdor lui-même, pour faire entrer son Copépode, dont l'abdomen n'a que trois segments, dans le genre Phyllopus Brady 1883. il faudrait. comme l'a fait Quidor (13), modifier la diagnose générique de Phyllopus. Aussi a-t-il changé les caractères de l'abdomen comme suit : « Abdomen comprenant trois (2) ou quatre (3) anneaux, dont le premier, plus long que les autres, est renflé sur sa face ventrale et porte l'orifice génital » (4). il) Souligné par moi : C. C. (2) Quidor (1906), Inc. cit., p. 3. (3) Brady (1), 1883, Phyllopus bidentatus-, Giesbrecht (7) (1889-1892); Farran (5) (1905); FARRAN (6) (1908); WOLFENDEN (20) (1904); WOLFENDEN (21) (1911). (4) Quidor (13), 1906. p. 4. 134 SÉANCE DU 10 MARS 1914. Mais le genre Phyllopus ainsi compris pourrait entrer à la fois dans trois familles différentes si on ne considérait dans la diagnose de Quidor que le sexe femelle : les Arietellidœ (abdomen à quatre segments), les Metridiidas (abdomen à trois segments), et les Helerorhabdidœ (abdomen q à trois ou quatre seg- ments). Mais il ne peut être incorporé à aucune de ces familles si, comme l'a dit Quidor, le cf et la g ont tous deux un abdomen à trois segments, comme il l'a observé chez son Phyllopus Turqueti. * * * La question ainsi posée, il est facile de sentir qu'une erreur d'observation ou d'interprétation s'est glissée dans le travail sur les Gopépodes du « Français » (13). L'examen de la figure 19, très schématique il est vrai, fait penser immédiatement à la cinquième patte femelle d'une Metridia et plus spécia- lement à celle d'une Metridia Gerlachei Giesbrecht 1902, d'une Metridia princeps Wol- fenden 1911 ou d'une Metridia longa Lubbock 1854. Malheureusement l'auteur n'a pas étudié la deuxième patte de son Copépode; l'en- dopodite si caractéristique, avec son premier segment crochu (fig. 2 G.), lui aurait fait penser tout de suite à une Metridria ou à un Pleuro- mamma (= Pleuromma), ces deux genres, si étroitement alliés, constituant à eux seuls la famille très limitée des Me- tridiidas (15). On sait, d'autre part, que Metridia et Pleuromma possèdent tous deux un pouvoir luminescent; mais, tandis que les Metridia produisent la lumière par tout leur corps, Pleuromma possède FIG. 2 c. Dessin du crochet caractéristique de l'en- dopodite des Metridiidae (p. 2). Bord externe de l'article basilaire (B«.) et du premier article de l'endopodite de Me- tridia Gerlachei 9 montrant les dent? et crochets caractéristiques x 660. Dessin de l'auteur ad nat. c. cl. SÉANCE DU 10 MARS 1914. 135 un bouton latéral droit luminescent au point de séparation du céphalon et du premier segment thoracique. Comme ce bouton, bien développé, manque d'après les dessins de Quidor, nous pensons qu'il ne peut s'agir de Pleuromma. Les flg. 17 et 18 rappellent de très près ce qu'on observe chez Metridia Gerlachei Giesbrecht 1902. Etude de l'antenne. — L'anatomie de l'antenne antérieure de P. Turqueti ne répond aucunement à celle que nous connais- sons chez les divers autres Phyllopus connus jusqu'ici. L'antenne antérieure des Phyllopus est relativement courte (cf. Phyllopus bidentatus Brady, Phyllopus impar Farran, Phyllopus helgse Farran); les segments basilaires et les segments terminaux de ces antennes ne ressemblent en rien à ce qu'a figuré Quidor (1906) de l'antenne antérieure de P. Turqueti. Fig. 8 Q. — Portion nasale de l'antenne de Phyllopus Turqueti cf , selon A. Qui- dor x 117. Fig. 9 Q. — Extrémité de l'antenne anté- rieure de Phyllopus Turqueti d 1 , selon A. Quidor x 117. Fig. 9 G. — Portion basale de l'antenne de Metridia Gerlachei 9, selon Giesbrecht. Les segments basilaires avec ces denticules si bien dévelop- pés au bord externe sont caractéristiques des Metridiidœ; on ne voit pas ces denticules à ceux des antennes de divers autres Phyllopus (fig. 7jS). De plus, les segments terminaux figurés par Quidor sont nettement ceux de Metridiidse et particulièrement de Metridia femelle avec le segment terminal (25 e ) très court portant une longue soie terminale flanquée de deux soies très courtes et 136 SÉANCE DU 10 MARS 1914. minces, suivant l'avant-dernier segment (24 e ) très long, mon- trant -h son bord distal une très longue soie latérale opposée à la courte soie qui orne ce bord du côté opposé. Chez les Metridia mâles s'ajoute, avec une longueur relative des segments considérés absolument analogue, une soie sensorielle renflée terminale laté- rale au dernier segment (24 e ) du même côté que la longue soie qui a été signalée au bord distal de l'avant-dernier segment de la fe- melle, soie qu'on retrouve chez le mâle, avec les mêmes situation et proportions (fig. 4 G). Chez les Phyllopus, nous avons une lon- gueur relative aux deux segments terminaux (23 e et 24 e ) absolument différente et dont la figure de Bra- dy lui-même, auquel s'est référé ■•. \ Fig. 4 C. Segments distaux de l'antenne antérieure de Me- tridia Gerlachei Ç. — Dessin de l'auteur à la chambre claire d'après un spécimen admira- blement fixé de la deuxième mission antarc- tique française. Station 775. x 360. — Cette figure est, aux détails près, la symétrique de celle que Quidor a donnée de l'antenne anté- rieure de son Phyllopus Turqueti d. fig. 9 Qu, p. 135 du présent travail. Fig. 3C Portion basilaire de l'antenne droite de Metridia Ger- lachei d 1 x 60. Des- sin de l'auteur , ad. nat. c. cl. Quidor, donne une idée très précise. Les figures de Parran et de Giesbrecht viennent confirmer cette importante constatation anatomique. SÉANCE DU 10 MARS 1914. 137 Fig. Md. Ktude de la mandibule. - - La mandibule telle que l'a figurée Quidor n'est référable ni à un Arietellida* ni à un Metridiidse. Chez les premiers, on n'observe souvent pas d'endopodite au palpe mandibulaire, bien que chez Phyllopus, Brady en ait très nettement figuré un chez son P. bidentatus (fig. 8/3). On ne peut expliquer la figure 12 de Quidor qu'en supposant que l'endopo- dite du palpe mandibu- laire s'est superposé sur la partie masticatrice de la mandibule; cette superpo- sition explique seule la présence de soies sur le bord de cet appendice man- dibulaire. Mais comme le nombre des soies figurées par l'auteur est sûrement in- férieur à celui de celles qui existaient chez le Gopépode ob- servé, il devient difficile de voir dans cette figure le dessin précis d'une mandibule de Metridia. Re- portons-nous à la description de la mandibule de P. Turqueti : «Une mandibule vigoureuse à quatre dents (fig. 12) porte six soies latérales , une soie terminale, et présente un palpe externe à deux ar- ticles terminé par une touffe de soies courtes et denses. » Toutefois l'étude détaillée que j'ai faite du bord interne masti- cateur de cette pièce buccale ne laisse pas de doute sur l'iden- -s.e 3 FIG. p4 c. Quatrième patte de Metridia Gerlachei Giesbrecht 9 x 60. Dessin de l'auteur ad. nat. c. cl. Fig. p4 C. Extrémité du 3 e article de l'exopodite de la 4 e patte de Metridia Gerlachei 9. Des- sin de l'auteur x 500. 138 SÉANCE DU 10 MARS 1914. tification à Metridia Gerlachei de notre Copé- W^ v pode (fig. Md). Cette description insuffisante, sûrement inexacte, ne nous apporte aucun renseignement nouveau; elle a été établie sur la figure 12 déjà critiquée. L'anatomie de la quatrième patte que je donne dans la figure ci-dessus comparée à la figure (17 Qu) que Quidor a donnée de cet appendice ne laisse subsister aucun doute sur l'homologation de Phyllopus Turqueti Quidor 1906 et de Metridia Gerlachei Gies- brecht 1902. Les détails de la patte donnés dans mes figures p4c et p4 ex 3 permettent patte ae la 4e paire du une comparaison minutieuse et certaine avec Phyllopus Quidor, d'ap. Quidor. 1 l'illustration de Quidor. Etude sur le dernier segment thoracique. — La fig. 7 de Quidor nous confirme dans l'idée que son Phyllopus est une Metridia. Il y décrit, en effet, « deux soulèvements coniques dus à l'hypoderme qui vient affleurer à la surface externe dans la région postérieure du dernier segment thoracique. » 7 Q* Fig. 7 Q. Vue latérale du dernier segment thoracique de Phyllopus Turqueti Qui- dor, selon A. Quidor, x 87. »9-S Fig. 5 c. Vue latérale du dernier segment thora- cique (th 5) de Metridia Gerlachei 9. — Dessin de l'auteur, ad cam. lue x 120, d'après le même spécimen provenant des récoltes de la deuxième mission antarc- tique française. Station 775. J'ai étudié en détail l'anatomie de Metridia Gerlachei Giesbrecht 1902 et précisé nettement la forme des soulèvements que Quidor a esquissés dans sa figure 7 (fig. 5 c). SÉANCE DU 10 MARS 1914. 139 Etude de l'abdomen. - Nous avons vu que les Metridiidœ fe- melles ont un abdomen trisegmenté. L'abdomen figuré par Quidor (1906) répond exactement à cette règle. Une simple FIG. 6 c. Partie dorsale des derniers seg- ments thoraciques et vue de profil de l'abdomen de Me- iridla Gerlachei 9. Dessin de l'auteur à la chambre claire, x 40. FIG. 4 Q. Abdomen, quatrième et cinquième pattes de Phyllopus Turque ti d, selon Quidor, x 22. Fig. 5 Q. Vue dorsale de l'abdomen de Phyllopus Titrqueti cf. selon Quidor, x 22. comparaison entre les figures 4 Q, 5 0, 6 G, les premières repro- duisant celles de Qltdor, les deuxièmes l'abdomen d'une Metri- dia g, rend tout texte absolument inutile. Considérations faunistiques. Un autre fait qui devait surprendre les faunistes, c'est l'absence du Phyllopus Turqueti Quidor des matériaux pourtant si beaux et si nombreux des expéditions de la « Siboga » (18) et de la « Deutsche Sûdpolar Expédition » (21), comme aussi des maté- riaux de la deuxième mission antarctique française que j'étudie depuis deux ans, où je l'ai recherché en vain. CONCLUSIONS L'étude anatomique et morphologique du Phyllopus Turqueti Quidor que nous avons faite nous montre que : 140 SÉANCE DU 10 MARS 1914. 1° le spécimen décrit comme c? est une femelle. 2° le spécimen décrit comme Q doit être un stade copépodide. 3° ce Gopépode n'est pas un Phyllopus; ce genre appartenant à la famille des Arietellidœ, l'abdomen de la q de Phyllopus (Ex. : P. bidentalus Brady, P. impar Farran, P. helgœ Farran) a quatre segments et non trois comme le Gopépode de Quidor. 4° l'abdomen trisegmenté, l'antenne antérieure, les pattes natatoires, la cinquième patte de ce Gopépode le définissent comme un Metridiidœ et spécialement comme une Métridia ; 5° L'analomie du Phyllopus Turqueti Quidor est celle de Métridia Gerlachei que j'ai rencontrée en abondance dans les matériaux de la deuxième mission Charcot ; 6 9 le Phyllopus Turqueti Quidor 1906 (13) n'est autre que la Métridia Gerlachei Giesbrecht 1902 (11) ; 7° le nom de Phyllopus Turqueti Quidor 1906 doit donc être rayé de la systématique, tombant en synonymie avec Métridia Gerlachei Giesbrecht 1902. (Laboratoire de zoologie, Paris, Sorbonne, 24 février 1914). INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1883. Brady (G. Stew.). — Report on the Copepoda obtained by H. M. S. Challenger, during the years 1873-1876 (août 1883, in-4°, 142 p., 55 pi.). 11)08. Breemen (P. J. van). — a Copepoden » (Nordisches Planktôn, Siebente Lieferung, n° VIII). 1913. Cépède (C). — Nouveau montage microscopique permettant l'étude deux faces aux plus forts grossissements et suppri- mant les procédés spéciaux d'emballage (C. R. Ac. ScL, séance du 3 mars 1913). 1913a. Cépède (C). Morphologie comparée et systématique des Porcellidiidse antarctiques (Bull. Soc. Zool. France, XXXVIII, n° 7, 29 août 1913). 1905. Farran (G. P.). — Report on the Copepoda of the Atlantic Slope off Counties Mayo and Galway (Ann. Rep. Fis h. Ireland, 1902-1903, Pt. II, App. II). 1908. Farran (G. P.). — Second Report on the Copepoda of the Irish Atlantic Slope (Fisheries, Ireland Sci. Investing., 1906, II, 1908). 1888-1892. 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Wolfenden (R. N.) (1902). — (( Notes on the Copepoda of the North Atlantic Sea and the Faroë Channel » (J. Mar. Biol. Ass., Plymouth, VII, n° 1, April 1904). 1911. Wolfenden (R. N.). - - Die marinen Copepoden : IL Die pela- gischen Copepoden der Westwinddrift und des Sudlichen Eismeers; mit Beschreibung mehrerer neuer Arten aus dem atlantischen Ozean; mit Taf. XXII-XLI und 82 Abbildungen im Text (Deutsche Siidpolar Expédition, XII, Zoologie IV Bd., Heft IV). Séance du 14 mars 1914 PRÉSIDENCE DE M. CAULLERY, VICE-PRÉSIDENT. M. R. Blanchard s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. M. Gépède remercie de son admission. M. J. de Payer invite les membres de la Société à venir visiter chez lui, jeudi 26 mars, à partir de 3 heures, 44, rue Pergolèse, l'exposition des travaux et collections de la première partie de la Mission arctique française. La maison Molteni fera à 5 heures la projection des photographies en couleur qui ont été rapportées de l'Arctique. MM. Pérard et Thévenin, présentés à la précédente séance, sont élus membres. LISTE DE NOMS GÉNÉRIQUES (TUNICIERS) proposés pour la liste officielle de noms zoologiques. Le secrétaire de la Commission internationale de la nomen- clature zoologique a reçu la communication suivante concernant les noms génériques des Tuniciers. Tous ceux que ce sujet intéresse sont invités à soumettre au secrétaire tous arguments pour ou contre la proposition en question. Selon les instruc- tions du Congrès international, le secrétaire doit faire connaître les propositions aux zoologistes au moins un an avant que la Commission ne prenne une décision sur l'acceptation, en raison de ses pleins pouvoirs de suspendre les règles. Selon les instructions du Congrès, une copie de cette note est envoyée simultanément, mais sans commentaires, aux publications suivantes : Bull. Soc. Zool. France, Monitore zoo- logico, Nature, Science, Zool. Anz. « Doliolum, Pyrosoma, Salpa, Cyclosalpa, Appendicularia et Frilillaria doivent être conservés .sans changement. « Les 12 zoologistes, soussignés, s'occupant de Tuniciers, sont d'avis d'accepter comme valables les 6 noms de genre de Tuniciers pélagiques précédents. Tous les zoologistes recon- naîtront que ces noms ont acquis pleinement droit de cité ; leur emploi n'a jusqu'ici jamais causé de confusion; ces genres sont des exemples courants en zoologie systématique, ils jouent un grand rôle dans l'embryogénie et occupent dans la géogra- SÉANCE DU 24 MARS 1914. 143 phie zoologique, l'étude du planktcn et fhydrogéographie une place importante. Leur changement causerait une grande perturbation. 1° Doliolum Quoy et Gaimard. 1834. — Doliolum a été établi par Otto en 1823 (N. Acta Ac. Leopold., XT, p. 313) pour un Pyrosome. probablement mangé par une Phronime. Doliolum a ensuite été bien décrit en 1834 par Quoy et Gaimard (Voy. Astrolabe, III, p. 599), et le nom est maintenant employé par tout le monde dans ce dernier sens. D'après les règles jusqu'ici admises, Doliolum devrait tomber en synonymie avec Pyrosoma, et, pour Doliolum. au sens actuel, il faudrait créer un nouveau nom. Le nom de la famille des Doliolidae devrait disparaître. 2° Pyrosoma Péron, 1804. — En 1804, Péron a décrit Pyrosoma (Ann. Mus. Paris, IV, p. 440), et, la même année 1804, Rory (Voy. îles Afr., I, p. 107, note) lui a donné le nom de Mono- phora. Il est difficile d'établir quel est le plus ancien de ces deux noms ; pourtant il paraîtrait résulter d'un passage de Quoy et Gaimard en 1824 (Voy. Uranie et Physicienne, p. 495) que le plus ancien est Monophora ; ils écrivent en effet : « Bory... avait donné le nom de monophore à un mollusque, qui depuis a été appelé pyrosome Péron ». Il est désirable de fixer pour toujours le nom de Pyrosoma. 3° et 4° Salpa Forskâl. 1775, et Cyclosalpa Blainville. 1827. - Ces deux noms de genre sont défendus par Iule en 1911 (Zool. ,4ns., XXXVIII, p. 585-589) et ont été adoptés par lui dans Das Tierreich (XXXVII, 1912 ; voyez aussi la note, p. 27, par P. E. Schulze). Nous croyons pouvoir nous contenter de ces indica- tions et nous permettons seulement de rappeler les notes contra- dictoires de Poche {Zool. Anz.\ XXXII. 1907, p. 106-109 ; XXXIX, 1912, p. 410-413). 5° Appendicularia Fol, 1874. — Appendicularia a été établi par Chamisso et Eisenhardt en 1820 (N. Acta Ac. Leop. X. (XI), p. 362, pi. xxxiv, fig. 4) pour une espèce arctique non recon- naissable. Fol, en 1874 (Arch. Zool. exp., III. notes, p. 49), a adopté ce nom de genre pour l'espèce tropicale Appendicularia sicula, qui est certainement distincte génériquement de l'espèce arctique, et depuis lors ce nom a été unanimement adopté dans ce dernier sens. Appendiculai ia devrait donc contenir une species incerta et, pour le genre Appendicularia contenant l'espèce sicula, il faudrait établir un nouveau nom. Le nom de l'ordre des Appendiculaires disparaîtrait. 6° Fritillaria Fol, 1874. — Quoy et Gaimard, en 1834 (Voy. Astrolabe, IV, p. 306), établissent le nom de Fritillaires (Fritil- 144 SÉANCE DU 24 MARS 1914. laria Huxley (1851, Phil. Tr. London, part 2, p. 595), Pritillaire C. Vogt (1854, Mém. Inst. gcnev., II, n° 2, p. 74), mais l'identi- Qent aussitôt avec Oikopleura Mertens, 1831. Pour sauver le nom de Fritillaria, Fol., en 1874 (Arch. Zool. exp., III, notes, p. 49), ïà employé dans un sens déterminé par lui, différent du sens primitif, et dans lequel il a acquis pleinement droit de cité. Fritillaria devrait tomber en synonymie avec Oikopleura el nécessiter une nouvelle appellation. » C. Apstein (Berlin), A. Borgert (Bonn), G. P. Farran (Dublin), G. H. Fowler (Aspley-Guise), R. Hart- meyer (Berlin), W. A. Herdman (Liverpool), .1. E. W. Ihle (Utrecht), H. Lohmann (Hamburg), W. Michael- sen (Hamburg), G. Neumann (Dresde), C. Ph. Slliter (Amsterdam), F. Todaro (Rome). Signé : C. W. Stiles, Secrétaire de la Commission. SUR TROIS ESPÈCES DE DEGEERIELLA NN PAR L. G. NEUMANN (de Toulouse). Dans son grand ouvrage sur les Pédiculines, Piaget (1) a compris dans le genre Goniodes Nitzsch quatre espèces qui sont loin de répondre à la diagnose de ce groupe et que l'on serait bien plutôt porté à rattacher au genre Degeeriella Nn. (= Nirmus Nilzseh). Les caractères des Goniodes ressortent, en effet, sous la forme suivante, d'après le tableau du genre que Piaget a donné (p. 7) : Antennes à cinq articles, différentes dans les deux sexes; chez le mâle, le premier article très développé, parfois avec un appendice ; le troisième toujours avec un appendice. Espèces larges, à corps arrondi ou ovale-allongé ; tempes généralement angulaires. Le dernier segment du mâle arrondi ou, dans un petit nombre de cas, formant deux pointes. Kellogg, dans ses Mallophaga (2) donne, pour Goniodes, des caractères génériques qui ne diffèrent, en aucun point impor- tant, du résumé fourni par Piaget. (1) E. Piaget', Les Pédiculines, 1880, pp. 261 et suiv. (2) V.-L. Kellogg, Mallophaga, Gênera Insectorum, dirigé par P. Wytsman, 66e fascicule, 1908. SÉANCE DU 24 MARS 1914. 145 Piaget a décrit son Goniodes spinosus exclusivement d'après le mâle, la femelle faisant défaut. Or, la description et la figure (pi. xxxi, fig. 7) du mâle montrent que ses antennes n'ont pas les caractères génériques ; ce sont aussi bien des antennes de femelle : le premier article n'est pas très développé et ne porte pas d'appendice ; le troisième, élargi à l'extrémité dans le texte, ne l'est pas dan^ la figure, et il est indubitable que, persuadé d'avoir affaire à un Goniodes, Piaget a cru y retrouver ce carac- tère générique essentiel. Deux autres espèces voisines, Goniodes complanatus Piaget et G. setosus Piaget, reposent exclusivement sur des femelles, les mâles seraient inconnus. Ces trois espèces proviennent de Tinûmus : la première, de T. iulius : la seconde, de T. obsoletus ; la troisième, de T. varie- gatus. Il semblait bien que Goniodes lipogonus Nitzsch se rapportait au même type et Piaget le soupçonnait d'être identique à son Gd. complanatus . Malheureusement la figure que Giebel en a donnée (1) est trop sommaire pour appuyer solidement ce rap- prochement ; la description ne renseigne pas avec plus de précision et Giebel dit, d'ailleurs, que les deux exemplaires étaient peu satisfaisants. Taschenberg (2) remarque que, parmi les espèces de Goniodes, il en est dont les tempes et l'occiput ne sont nullement saillants ni anguleux, mais bien arrondis comme chez les Nirnius, Docophorus et Lipeùrus, et chez lesquelles l'appendice du troi- sième article des antennes manque ou est à peine indiqué. Avec ces espèces, il forme un genre particulier (Strongylocotes). Il fait encore observer que les genres Goniodes et Goniocotes ne se distinguent que par la présence chez le premier, par l'absence chez le second, d'un appendice au troisième article des antennes. Les deux genres sont si voisins que, en l'absence de mâle, il est impossible de déterminer auquel des deux appartiennent les exemplaires femelles dont on dispose. Cette remarque si juste s'applique ailleurs qu'aux Mallophages et, en particulier, à plusieurs genres de Nématodes. Il serait évidemment plus logique de ne faire intervenir les caractères sexuels que pour l'établissement de sous-genres. On éviterait ainsi l'alternative si peu scientifique, ou de ne pas dénommer (1) C.-G. Giebel. Insecta Epizoa, 1874, p. 203. pi. xin. flg. 5. (2) O. Taschenberg, Die Mallophagen, Nova acta der Ksi. Leop.-Carol.-Deutscheu Akadernie der Naturforscher, xiv, n° 1, 1882, pp. 14 et suiv. 146 SÉANCE DU 24 MARS 1914. génériquement un lot sans mâle, ou de le nommer au hasard en attendant la rencontre des mâles. C'est ce qui est arrivé maintes fois pour des Lipeurus femelles qu'on a eu la mauvaise chance de mettre clans les Nirmus, et pour des Nirmus qu'on a nommés Lipeurus, et cela de la part de spécialistes éprouvés comme Giebel, Piaget, Taschenberg, Kellogg, etc. Sur ce point, une confusion instructive a été faite pour Goniodes lipogonus, établi par Nitzsch et décrit par Giebel, d'après deux femelles en mauvais état, recueillies en 1825 sur une dépouille sèche de Crypturus rufcscens. Or, Taschenberg, qui a repris l'étude d'une partie des matériaux de Nitzsch et Giebel, décrit de nouveau Goniodes lipogonus, et il trouve que l'espèce repose non sur des femelles, mais sur des mâles ; sa figure, plus complète et plus précise que celle de Giebel, le prouve en effet. Abstraction faite de l'erreur primitive de sexe, cette rencontre est une des meilleures démonstrations que l'on puisse désirer pour mettre en relief l'insuffisance du caractère tiré de l'antenne du mâle dans le genre Goniodes. On doit aussi en conclure que la forme lipogonus n'est pas un Goniodes. Pour sortir d'embarras. Taschenberg a employé le procédé simpliste et d'un usage si courant, qui consiste à « créer » un genre nouveau ; ce fut le genre Strongylocotes, réunissant les trois ou quatre espèces qui ne sont Goniodes ni Goniocotes, puisque les tempes ne sont pas anguleuses, mais dont le corps est large comme dans ces deux genres. Pour ce qui concerne la forme de la tête, il serait aisé de recueillir dans les Lipeurus et dans les Degeeriella (= Nirmus) des espèces affines de ces Strongylocotes, et c'est plutôt aux Degeeriella qu'il faudrait rapporter ces trois ou quatre Strongy- locotes, puisque ce sont des formes « homocères ». On peut aussi trouver dans les Degeerirlla des espèces à corps large : D. osymmetrica (Nitzsch), D. diseoeephala (Nitzsch), D. marginella (Nitzsch), I). paraboliceps (Piaget). D. quadrulata (Nitzsch), D. splendida (Kellogg); dans les Lipeurus : L. latus Piaget, L. brevis (Dufour), L. opimus Piaget. Il semble inutile d'insister sur la précarité du caractère générique tiré de la largeur ou de l'étroitesse de l'abdomen, bien que, en très* grande majorité, les Degeeriella et les Lipeurus aient le corps étroit. C'est plutôt dans la forme générale et dans les détails de la tête que l'on devrait chercher ces caractères. Le genre Strongylocotes n'a, d'ailleurs, pas été adopté et Kellogg a laissé dans les Goniodes les quatre espèces qu'il SÉANCE DU 24 MARS 1914. 147 réunissait. Ce sont: G. lipogonus Nitzsch, (i. spinosus Piaget, G. complanatus Piaget et G. setosus Piaget. Pour les raisons données plus haut, je trouve plus logique de les rapporter aux Degeeriella, et c'est sous ce nom générique (pie j'en parlerai dans ce qui me reste à en dire. Les quatre espèces ont un caractère commun, bien vu par Taschenberg : il consiste en ce que le premier segment de l'abdomen ne fait pas de saillie latérale, est confondu avec le deuxième ou n'est indiqué par des sutures qu'à la face dorsale; le deuxième segment est remarquablement long. Je ne connais Deg. spinosa que par la description de Piaget; mais j'ai examiné des préparations qui me permettent de ren- seigner sur Deg. complanata, Deg. setosa et Deg. lipogona, le second disparaissant comme synonyme du troisième. Degeeriella lipogona (Nitzsch) Neumann. 1866. Goniodcs lipogonus N., C. Giebel, Zeitschrift fur die gesammten Naturwissensclwften, XXVIII, p. 388. 1874. Goniodes lipogonus N., C. Giebel, Insecta epizoa, p. 203, pi. xin, fig. 5. 1880. Goniodes setosus E. Piapet, Les Pédiculines, p. 263, pi. xxi, fig. 9. 1882. Strongylocotes lipogonus 0. Taschenberg, Nova acta d. K. Leop.-Carol.-Deutsch. Akad. d. \aturforscher, XLIV, p. 57, pi. i, fig. 9. J'ai dit plus haut sur quel matériel cette espèce a été établie. J'ai dit aussi que, pour Piaget, son Goniodes complanatus « est peut-être le parasite que Nitzsch a baptisé Gd. lipogonus ». Taschenberg, qui a vu les deux spécimens types de Gd. lipo- gonus et qui, dans ce que Giebel avait pris pour deux femelles, a reconnu deux mâles, dit nettement que la supposition de Piaget n'est pas fondée, que l'espèce décrite par Giebel est plutôt très voisine de Gd. setosus Piaget et qu'il est même pos- sible que c'en soit le mâle. Le mauvais état des deux spécimens ne lui permet pas de se prononcer et il se borne à en donner la description et un croquis. La collection Hyslop (appartenant à AI. le professeur R. Blanchard) comprend deux préparations étiquetées simple- ment « rufus Tinamou », et dont l'une est un cf. l'autre une g . Gd. setosus a été établi sur une g provenant d'un Tinamus variegatus du Musée de Leyde. La g de la collection Hyslop correspond exactement à la description et à la figure de Piaget. 13 148 SÉANCE DU 24 MARS 1914. Le c? de même origine correspond exactement à la description et à la figure de Taschenberg. Il faut donc conclure que Gd. setosus est la q de Gd. lipogonus ; que, par priorité, lipogonus est le nom scientifique, et que, par ce qui a été dit, l'espèce doit être dénommée Degeeriella lipogona (Nitzsch). Degeeriella complanata (Piaget) Neumann. 1880. Goniodes complanalus E. Piaget, Les Pédiculines, p. 262, pi. xxi, fig. 8. 1882. Strongylocotes complanatus 0. Taschenberg, Nova acta d. K. Leop.-Carol.-Deutsch. Akad. d. Naturforscher, XLIV, p. 56, pi. i, fig. 7. Parmi les trois espèces de ce petit groupe, celle-ci est bien caractérisée par la forme générale de la tête, par 1' « appendice » médian, foncé, rétrograde de la bande antennale. Cette espèce a été établie d'après une q recueillie sur un Tinamus obsoletus du Jardin zoologique de Rotterdam. La description en a été complétée par Taschenberg d'après un c? provenant de Tinamus rariegatus. J'en possède : 1° une Q recueillie par Gôldi, sur un Tinamus obsoletus ; 2° 3 cf et un jeune, réunis en une préparation étiquetée « 1888. P. S. de Magalhaes. Rio de Janeiro. Pou d'Oiseau »), faisant partie de la collection R. Blanchard ; 3° 2 cf et 3 q , en une préparation de la même collection, étiquetée « Oiseau de forêt (sorte de Râle). Bas Obispo. Panama ». Ces deux derniers lots, en pré- parations défectueuses, ont été remontés et leur identification devenue certaine ; ils proviennent très probablement de Tina- mous. Ils portent à croire que D. complanata est la forme la plus commune chez ces Oiseaux. LA FAUNE COPÉPODIQUE LIBRE DES RÉGIONS ANTARCTIQUES I. — Les espèces pélagiques PAK Casimir CÉPÈDE Depuis deux ans, j'étudie au laboratoire de zoologie de la Sorbonne les récoltes de Copépodes libres de la deuxième mis- sion antarctique française dirigée par le docteur J. Charcot. Ces récoltes m'ont été confiées par MM. les professeurs Bouvier et Joubin, du Muséum d'histoire naturelle, et furent effectuées par MM. Gain et Liouville, naturalistes de l'expédition. SÉANCE DU 24 MARS 1914. 149 Les conditions de travail excellentes dans lesquelles j'ai pu poursuivre ces longues recherches m'ont permis une étude très approfondie de ces beaux matériaux. Et je désire remercier publiquement ici MM. les professeurs Delage et Hérouard de la large hospitalité dont ils m'ont fait bénéficier avec la plus grande libéralité. J'associe dans ce témoignage de reconnais- sance mes collègues et amis du laboratoire de zoologie de la Sorbonne, en compagnie desquels le travail est un vrai plaisir. * * * J'ai accordé déjà à ces matériaux copépodiques de l'Antarc- tique deux notes qui ont transformé quelque peu, comme on va le voir, la liste des résultats acquis par la première mission antarctique française (Expédition du Français) et ceux de l'expédition antarctique allemande (Deutsche Sùdpolar Expé- dition) (1). Dans la présente note, je désire préciser la synthèse actuelle de nos connaissances sur la faune copépodique pélagique des régions antarctiques. Les résultats de la première mission antarctique française dirigée par le D r Jean Charcot, revus et critiqués par moi en ce qui concerne les Copépodes libres, se résument donc, après ma première note sur ce sujet et à la suite de la présente, comme suit (2) : RÉSULTATS DONNÉS PAR QUIDOR 1900 : (1) Calanus propinquus (Brady); [P.]. (2) Euchaeta antarctica (Giesbrecht); [P.]. (3) Harpacticus hrevicornis (O.-F. Muller); [L]. (4) Phyllopus Turqueti (Quidor); [P.]. (5) Porcellidium Charcoti (Quidor); [L.]. (6) Porcellidium affinis (Quidor); [L.]. RÉSULTATS ACQUIS APRÈS MES ÉTUDES CRITIQUES : (1) Calanus propinquus (Brady) [1883]; [P.]. (2) Euchaeta antarctica (Giesbrecht) [1902]; [P.]. (1) C Cépède. Morphologie comparée et systématique des Porcellidiidœ ant- arctiques (ce Bulletin, XXXVIII, n° 7, 29 août 1913, p. 204-211. C Cépède. Considérations morphologiques sur Phyllopus Turqueti Quidor, 1906, Coptpode pélagique récolté par le « Français » (ce Bulletin, p. 128). (2) P.] = pélagique; [L.] = littoral. 150 SÉANCE DU 24 MARS 1914. (3) Harpacticus brevicornis (O.-F. Millier) [1792]; [L.]. (4) Metridia Gerlachei (Giesbrecht) [1902]; [P.]. (5-6) Porcellidium Charcoti (Quidor) [1906]; [L.]. * * * Si nous comparons les résultats des diverses expéditions antarctiques antérieures à celles du Pourquoi-Pas, nous pou- vons établir pour les Copépodes libres le tableau suivant destiné à remplacer celui si complet, mais très légèrement inexact, dressé tout récemment par Wolfenden (1911), qui a pris en considération, sans les critiquer, les résultats de Quidor (1906) et Brady (1910). 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 COPEPODES OBSERVÉS Aetidius giesbrechti AlloiorJiabdus austrinus.. . . Alloiorh abdas médius.. Amallophora impar Amallophora magna Amallophora sùbbf'evicornis , Arietellus setosus Augàptilus antarcticus Augaptilus cornutus Bathycalanus marinms . . . . Bradyidius arma tus Calanus acutus. Calanus propinquus . ...... Calanus simillimus Calanus tonsus Chiridirlla atlantica Chiridius polaris Chirundina antarcticd. Cephalophanes frigidus Clausocalanus arcuicornis.. . Ctenocalanus vanus Corycaeus speciosus m 05 < + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + es w > o o 03 + + + + + + O H m + ce + + + SÉANCE DU 2'l MARS 1914. 151 COPEPODES OBSERVES « 23 Drepanopsis frigidus 24 Ectinosoma aMarcticum . . 25 Eucalanus elongatus 26 Euchaeta antarctica 27 Euchaeta austrina 28 Euchaeta similis 29 'Euchirella elongata 30 Euchirella rostromagna 31 Faroclla antarctica 32 Faroella minor 33 Gaidius major 34 Gaidius teuuispinus 35 Gaetanus antarcticus 36 Haloptilus ocellatus 37 Haloptilus spiniceps 38 Heterorhabdus loagicornis . . 39 Labidocera acutifrons 40 Lucicutia atlantica 41 Lucicutia uuritii 42 Lucicutia frigida 43 Lucicutia grandis 44 Megacalanus princeps .... 45 Mesogaidius intermedius .... 46 Mesogaidius maximus 47 Metridia curticauda 48 Metridia gerlachei 49 Metridia princeps 50 Microcalanus pusillus 51 Monstrilla conjunctiva 52 Oithona frigida 53 OitJiona similis 54 Oncaea conifera 55 Oncaea curvata ... 56 Oncaea notopus /. < S > u w H < a 03 < y > (/} X -< w o < > o o M O J W m < Q + + + + + + + + + + + + + + + + + + + 4- + + + 63 24 19 3 {Laboratoire de zoologie. — Paris, Sorbonne, 24 février 1914). INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1913. Cépède (C). — Morphologie comparée et systématique des Porcellidiidae antarctiques (Bull. Soc. Zool. France, XXXVIII, n° 7, 29 août 1913). 1914. Cépède (G). — Considérations morphologiques sur Phyllopus Turqueti Quidor 1906, Copépode pélagique antarctique récolté par « le Français » (Bulletin Soc. Zool. France, XXXIX, n° 3, avril 1914). 1902. Giesbrecht (W.). — Expédition antarctique belge « Belgica » Copepoden (49 p., 13 pi.). 1906. Quidor (A.). — Expédition antarctique française « Français ». Copépodes (18 p., 3 pi.). 1908. Wolfenden Norris. — Copepoda of the National Antarctic Expé- dition. Natural History (IV, Zoology, n° 8, British Muséum, 1908). 1911. Wolfenden Norris. — Die marinen Copepoden : II. Die pela- gischen Copepoden der Westwinddrift und des sudlichen Eismeers ; mit Beschreibung mehrerer neuer Arten aus dem atlantischen Ozeun; mit Taf. XXII-XL'I und 82 Abbildungen im Text (Deutsche Sùdpolar Expédition, XII, Zoologie IV Bd. Heft IV). SÉANCE DU 24 MARS 1914. 153 UNE TOURBIÈRE SOUS-MARINE GOMME MILIEU BIOLOGIQUE PAR P. DE BEAUCHAMP, Préparateur à la Faculté des sciences de Paris. On connaît, sur notre littoral de la Manche et de l'Océan, de nombreux exemples de tourbières actuellement couvertes par les eaux de la mer et accessibles seulement aux marées basses plus ou moins fortes; elles sont en général envisagées, bien qu'une certaine école géologique émette aujourd'hui des doutes sur ce point, comme la preuve d'un affaissement récent du littoral. Sur la côte N. du Finistère en particulier, des formations de ce genre sont très communes et ont été maintes fois signalées; je ne rappellerai ici que les données de Pruvot (1) relatives surtout à la région de Santec, et l'étude détaillée faite par Gayeux (2) d'une tourbière située près de la pointe de Primel. Un grand nombre sont portées sur la carte géologique au 80.000° de la région (feuille de Lannion, due à Barrois); mais, par une omission assez curieuse, celle sur iaquelle je voudrais aujourd'hui appeler l'attention n'y figure pas, bien que ce soit la seule visible de loin et sans fouilles. Je lui consacre, en appen- dice à mon ouvrage actuellement sous presse dont j'ai publié ici-même le résumé préliminaire, la présente note, parce que quelques-unes de ses particularités attireront peut-être l'atten- tion d'un géologue compétent, et parce qu'à ma connaissance les tourbières sous-marines n'ont jamais été envisagées au point de vue du substratum qu'elles offrent aux êtres vivants actuels. Or un milieu aussi restreint et aussi spécial, ouvert au peuple- ment à une date assez récente, nous fournit, par le simple inventaire des biotes qu'il renferme, de précieuses notions sur les causes de leur répartition. Sur la côte étendue de l'embouchure de la rivière de Morlaix à la pointe de Primel, à mi-distance entre celle-ci et l'anse de Terrénès à laquelle M. Zacus et moi consacrons d'autre part (1) G. Pruvot. Essai sur les fonds et la faune de la Manche occidentale (Arch. Zool. exp. (3), V, 1897). (2) L. Cayeux. Les tourbes immergées de la côte bretonne dans la région de Plougasnou-Primel {Bull. Soc. Géol. France (4), VI, 1906). I.V, SÉANCE DU 24 MARS 1914. une étude actuellement sous presse dans les Mémoires de la Société, s'ouvre vers le N.-VV. une petite baie relativement pro- fonde qui ne porte pas de nom particulier sur la carte marine. Elle est limitée à l'E. par la pointe Annalouesten, à l'W. par une saillie granitique beaucoup plus courte que complète l'écueil, rattaché à elle aux basses mers exceptionnelles, des Roches Jaunes. Gomme dans toutes les anses similaires, le fond en est occupé par une levée de galets presque droite qui la sépare d'un thalweg bas: le petit ruisseau insignifiant qui les traverse se perd dans la plage. Celle-ci s'étend en pente douce au-dessous des galets, formée d'un sable assez fin et uni, sans FlG. 1. Banc de tourbe de l'anse des Roches Jaunes; au sommet, touffes de Fucus platy- carpus Thur.; au premier plan, au-dessus du sable, morceau de bois en place. rochers saillants, sauf près des extrémités. Ce sable est très peu habité; on n'y remarque guère, même aux marées assez fortes, que des tortillons espacés d'Arénicoles, et, le long des rochers en question, des tubes sableux de Jolinstonia clymenoides Quatrefages. Ce Clyménien assez particulier, et commun dans ces conditions, remplace là les Hermelles auxquelles il se mêle à l'E. de Primel; de petits Tapes puïlaster (Montagu) sont parfois mêlés à ses encroûtements comme à certains autres. SÉANCE DU 24 MARS 1914. 155 Au-dessus de cette surface unie s'élèvent de véritables bancs de tourbe dure et craquelée, dont la saillie par rapport au sable atteint 70 à 80 cm. et qui portent à leur surface un revêtement, d'ailleurs assez maigre, de Fucus; la photographie ci-joint en montre suffisamment l'aspect de près. A l'inverse des autres tourbières de la région, qui sont enterrées sous le sable marin et ne se décèlent (pas toujours) à la surface que par quelques plaques sans saillie, celle-ci a donc été dénudée et sculptée par la mer, ce qui a permis l'implantation à sa surface des Algues dont nous reparlerons. Bien entendu, une partie, dont on ne pourra connaître l'importance que par des fouilles méthodiques, est néanmoins dissimulée de cette façon, et, d'autre part, l'étendue des parties saillantes doit varier assez rapidement par le fait de l'abrasion et de l'ensablement; il faut s'attendre à la trouver complètement modifiée d'ici quelques années. Dans l'état actuel des choses, tel que je l'ai noté le 14 sep- tembre 1913, il existe trois îlots principaux de tourbe visible. Le plus grand est situé dans la partie \V., il a à peu près 35 m. de long, dans le sens de la longueur de la plage, sur 16 m. de large; sa partie la plus basse se trouve à une hauteur, calculée d'après la méthode de Pruvot, d'environ 3 m. 60 ou 3 m. 70 au- dessus du des cartes marines; mais cette partie est ensablée et ne montre plus que de petites plaques grisâtres et sans saillie comme celles dont nous parlions tout à l'heure. La partie haute remonte à peu près à 1 m. 50 au-dessus, dépasse par conséquent la hauteur de 5 m. au-dessus du 0. Immédiatement à l'E. de cette masse s'en trouve une autre beaucoup plus petite, et vers le bout oriental de la plage une troisième légèrement inférieure comme taille à la première. Toutes sont à peu près au même niveau. Dans son ensemble, abstraction faite des plaques isolées en apparence qui lui sont certainement reliées au-dessous du sable, chaque tourbière se présente comme un plateau à surface supé- rieure sensiblement parallèle à la sienne, terminé par un rebord abrupt (phot.), mais creusé de rigoles et cuvettes sinueuses également à bords droits; tous les angles sont d'ailleurs arrondis et les parois gondolées, et l'on ne saurait mieux comparer l'aspect général qu'à celui des « lapiaz » et formes d'érosion analogues des plateaux calcaires. Des craquelures dans tous les sens partagent souvent la masse. Le sable peut s'amasser dans les creux, mais il ne couvre la surface que d'une couche imper- ceptible retenue par les filaments d'Algues dont nous allons 156 SÉANCE DU 24 MARS 1914. parler, suffisante néanmoins pour éclaircir la teinte par rapport au brun noirâtre des flancs dégagés. La tourbe elle-même est homogène et compacte dans toute l'épaisseur qui fait saillie sur le sable; je n'ai pu procéder à des fouilles qui révéleraient peut-être une alternance de lits sableux et tourbeux analogue à celle que décrit Cayeux de l'autre côté de la pointe de Primel. En tous cas, elle n'est pas elle-même mélangée de sable comme les couches supérieures de cette station. Les 10 ou 20 cm. superficiels ne renferment jamais de grosses inclusions ligneuses, mais offrent par place une structure feuilletée très nette; elle semble témoigner d'un dépôt de débris végétaux effectué dans une eau tranquille, car les fragments d'écorce et les grandes feuilles blanchâtres de Roseaux (Phragmites) qui la composent en grande partie sont tous étalés dans le plan horizontal. Comme autres conclusions, nous y signalerons de nombreux débris d'Insectes, des élytres de couleur brillante notamment, fort bien conservés. La partie sous-jacente paraît plus homogène, en dehors des morceaux de bois en fort bon état qu'elle renferme. On en voit un en place sur la photographie, mais il en est de beaucoup plus gros. J'ai mis à nu en un point une superbe bille longue de près d'un mètre sur environ 50 cm. de diamètre, couchée horizontalement, dont un flanc émergeait assez sur une paroi verticale pour que des Fucus s'y fussent accrochés. Son écorce était assez altérée, et à la partie supérieure la démarcation avec la tourbe amorphe et noire était surtout marquée par la teinte rouge très accentuée que possédait encore le bois dans toute son épaisseur. La chose est nettement visible sur un cliché auto- chrome que j'ai projeté devant la Société le mois dernier. Le reste de la pièce de bois était au contraire dans un parfait état de conservation, et l'échantillon que j'en ai gardé serait impos- sible à distinguer d'un débris contemporain de la même essence (1) desséché depuis quelque temps. Sa couleur rouge a persisté un peu pâlie, sa dureté est encore considérable et il flotte normalement sur l'eau. Je signale encore un fait intéressant qui serait à vérifier et à généraliser : il m'a paru que, si ces gros morceaux n'avaient pas subi de déformation sensible, toutes les petites branches isolées et les fruits (noisettes) qu'on rencontre également avaient subi un aplatissement très sensible dans le plan horizontal, qui semble indiquer une pression considérable exercée par des (1) Un examen histologique sommaire m'a montré qu'il s'agissait d'un Conlfère. SÉANCE DU 24 MARS 1914. 157 couches de sédiment aujourd'hui complètement disparues. Ceci ne doit pas étonner, car il existe non loin de là, dans l'arrière- fond de la baie de Terrénès notamment, des amas de sable et de galets, paraissant d'origine lluviale et récente, de plusieurs dizaines de mètres de puissance. En somme, bien que toutes ces inclusions soient bien connues dans les tourbières de la région (voir Gayeux), celle de l'anse des Roches Jaunes paraît exceptionnellement favorable pour l'étude paléozoologique et paléobotanique, et une étude approfondie en fournirait sans doute des données précieuses sur l'histoire pléistocène de la région. Passons aux biotes contemporains qui sont le sujet principal de cette étude. Les premiers qu'on aperçoive sont les Fucus, insérés, nous l'avons dit, sur le plateau supérieur et sur les parties saillantes des parois. Ils appartiennent exclusivement aux F. platycarpus Thuret et vesiculosus L. Je n'ai vu ni Peluetia ni Ascophyllum ; il faut dire d'ailleurs que la baie, largement ouverte en somme au vent dominant, représente une station assez exposée où ces biotes d'eau très tranquille ont le droit de manquer. Leurs frondes atteignent 20 ou 30 cm. de long, mais les formes plus jeunes sont abondantes, surtout sur le dessus. Ils témoigent, en tous cas, de la lenteur relative de l'abrasion de la tourbe. Les Entéromorphes filamenteuses forment des paquets par place, et surtout un gazon très ténu à la surface, qui retient des grains de sable. Dans les parties les plus basses apparaît le feutrage analogue, si caractéristique des rochers un peu ensablés, formé par la Floridée Rhodocorton lloridulum (Dillw.) et bordé à la partie supérieure suivant la règle par de petites frondes de Laurencia pinnati[ida (Gmehn) (voir ce Bulletin, p. 35). Dans les cuvettes qui gardent un peu d'eau s'établit un gazon plus développé de Cladophoracées. Sur les gros cailloux, en général arrondis en galets, qui jonchent çà et là la tourbière, on observe des Chthamales, des Patelles, des Actinia equina (L.); je n'ai jamais trouvé les uns ni les autres fixés sur la tourbe même. Enfin les plaques isolées en apparence, affleurant à peine la surface, sont entourées d'une couronne brunâtre de la Floridée membraneuse Porphyra laciniata (Lightf.) qui s'insère sur elles au sein môme du sable, comme le sont tous les rochers enterrés de la même façon sur cette plage et beaucoup d'autres. Nous arrivons aux animaux fouisseurs, dont les plus remar- quables sont, bien entendu, les Annélides Polychètes, d'une 158 SÉANCE DU 2\ MARS 1914. abondance aussi grande, malgré la compacité du milieu, que celle qu'elles offrent dans la vase des herbiers ou dans certains schistes pourris. Un coup de pioche dans la tourbe feuilletée de la surface la montre lardée, .parallèlement à ses strates, de galeries reliées et ouvertes au dehors par des trous perpendi- culaires, qui atteignent 7 ou 8 mm. de diamètre. Le tout est fréquemment doublé d'une mince couche de sable, et certains orifices (Jolinstonia, sans doute Pygospio) sont prolongés au dehors par des tubes sableux accolés à la tourbe comme on en observe le long des rochers voisins. L'inventaire des Annélides. pour lequel j'adresse tous mes remerciements à mes amis E. Regnard et I. Zaciis qui ont bien voulu revoir et compléter mes déterminations, a fourni les espèces suivantes : Nercis (Perinereis) cullfi$eva Grube. :V. 'Perinereis) Marioni Aud. et Edw. Eulalia viridis (Millier). Nem.atonere.is unicornis (Grube). Typosijllis proliféra Krohn. Pohjdora flava Claparede. Pygospio seticornis (OErstedt). Johnstonia clymenoides Quatrefages. Terebella (f^eprasa) lapidaria (L.). Ces Annélides ne se rencontrent que dans les 20-30 cm. super- ficiels, ne pénètrent pas plus loin. En dehors d'elles, la faune est relativement pauvre; des fragments concassés et laissés dans une cuvette d'eau de mer, où d'ailleurs aucune pourriture ne s'observe grâce aux propriétés antiseptiques de la tourbe, quoique les animaux n'y vivent pas longtemps, on ne voit guère sortir en quelque abondance que le Tanaïsacé Apseudes talpa (Mont.); en dehors de lui je n'ai observé qu'un petit Prostoma [Ném.] et quelques Ostracodes que je n'ai pas eu le loisir de déterminer. Faisons remarquer en passant la totale absence dans les mor- ceaux de troncs, même affleurant la surface, des espèces perfo- rantes {Teredo, Limnoria) qui envahissent en quelques mois toute pièce de bois récent immergée dans l'eau de mer. On doit sans doute l'attribuer aussi à 1'împrégnation par les matières h u iniques. Quels sont les caractères généraux de cette faune? Aucune des espèces qui la composent n'est spéciale, ni même très rare. Apseudes est une forme banale dans les herbiers sablo-vaseux comme dans les Gystosires; parmi les Annélides on peut dis- SÉANCE DU 24 MARS 1914. 159 tinguer deux groupes : celles qui se rencontrent surtout dans des agglomérations formées par d'autres êtres vivants, Moules, Hermelles, Algues calcaires (Nereis Marioni (1), Eulalia viridis, Nematonereis unie omis...), et celles qui hantent de préférence les interstices des blocs et les fentes du rocher en décomposition (Nereis cultrifera, Terebella lapidaria, Johnstonia clyme- noides...). Encore ces deux catégories sont-elles mal séparées entre elles et vis-à-vis des herbiers, comme le montre l'étude détaillée que Zachs et moi publions d'autre part sur les petits herbiers, situés à un niveau comparable à celui de notre tour- bière, de l'anse de Terrénès, où se retrouve un bon nombre de leurs constituants; un rapprochement entre les deux faciès est intéressant, mais montre la pauvreté beaucoup plus grande du présent en espèces, sinon en individus. En somme, les conditions qui ont « séduit » les espèces immi- grantes lors du lotissement assez récent de cette « place vide » sont sans doute les suivantes : substratum très résistant vis-à-vis des flots, mais facile à perforer dans certaines directions, comme les schistes pourris, spongieux et retenant l'humidité à marée basse comme les vases couvertes d'herbier, renfermant des particules organiques assimilables comme celles-ci et les asso- ciations encroûtantes (2). Par contre, la compacité relative de la masse a dû décourager beaucoup d'espèces du sable et de la vase, et probablement les principes chimiques qui l'imprègnent en éloigner d'autres. Le niveau est d'ailleurs trop élevé, ce qui implique des variations étendues de température et de salinité même dans le sein de la tourbe, pour que l'association si variée des petits animaux qui s'observe dans les feutrages ou les encroûtements d'Algues un peu plus bas ait pu se constituer. (1) Cette espèce, identique à la Nereis lovqipes de S* Joseph, a été signalée par Regnaed {Mém. Soc. Zool. France, XXVI, 1913, p. 106, sur des échantillons de cette provenance. Elle n'était connue dans la région que des blocs d'Hermelles. (2) Je dirai ailleurs que j'attribue l'abondance considérable du Sipuvculus pudus L. en un point très limité de la plage de Locquémeau, alors qu'il est très clairsemé sur le reste de celle-ci et les plages analogues, aux particules tourbeuses qui se mêlent au sable à cet endroit. 160 SÉANCE DU 24 MARS 1914. LES GISEMENTS DE TOURBE SOUS-MARINE MILIEUX BIOLOGIQUES PAR Casimir CEPEDE. Les intéressantes observations que M. de Beauchamp vient de présenter à la Société zoologique de France sur la faune et la flore des tourbières sous-marines bretonnes me remettent en mémoire celles que j'ai rassemblées moi-même sur les tourbières du Boulonnais et du Galaisis. Je remercie M. Gaullery, prési- dent de séance, de m'en avoir demandé la rédaction. Ces tourbières ou forêts sous-marines du Boulonnais et du Galaisis s'observent en divers points de la côte. En particulier, elles existent au sud de Boulogne jusque vers la Canche, et il n'est pas rare de trouver à la côte des galets de tourbe souvent perforés par des Pholades ou des blocs assez volumineux arra- chés au fond marin par les Ilots, comme à Dannes-Camiers ou à Equihen notamment. Au nord de Boulogne, nous citerons d'abord quelques gisements : Celui du Casino de Wimereux, situé à la base du perré de protection de cet établissement, et dans lequel j'ai récolté à plusieurs reprises des noisettes, noircies par la fossilisation, mais admirablement conservées; Celui de l'Hôtel de la Manche, beaucoup plus dans la mer, et où j'ai vu à maintes reprises des troncs ou des branches latérales très grosses couchées sur la tourbe ou sur la glaise wealdienne (ou aptienne) sous-jacente; Celui de la Poinle-aux-Oies, situé en face du laboratoire de Wimereux et débordant au nord et au sud l'ancien perré de protection du laboratoire. La construction du mur en gradins système de Murait au sud et celle de la digue de Wimereux- Ambleteuse au nord ont masqué en assez notable partie ce beau gisement géologique pléistocène; Celui de Wissant, situé en face de la plage du même nom et dans lequel j'ai noté encore des noisettes rappelant celles que j'ai rencontrées dans les autres gisements. J'étudierai successivement l'âge de ces forêts « sous-marines », les quelques fossiles que j'y ai observés, les débris d'industrie SÉANCE DU 24 MARS 1914. 161 humaine qu'ils renferment et qui permettent de les dater, et les organismes actuels qui s'y sont établis depuis l'envahissement de la mer et que nous pouvons y noter aujourd'hui. Age de ces forêts sous-marines. — Les débris que j'ai observés dans ces gisements me permettent de penser qu'ils sont contemporains les uns des autres. Ce point est important à préciser, car les travaux de H. Rigaux (1) sur les tourbières de Wissant ont montré à cet observateur de très beaux instruments en bronze et des poteries très bien conservées qui les classent, selon l'auteur, comme beaucoup plus récentes que celles du Boulonnais. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette chronologie des dépôts. A ce point de vue, la forêt sous-marine de la Pointe-aux-Oies est de beaucoup celle que j'ai le mieux étudiée. Dans un travail antérieur (2), j'ai noté qu' « à la plage (Pointe-aux-Oies), dans un sondage en vue d'établir le perré de protection du laboratoire, j'ai trouvé au-dessus de la tourbe néolithique de la Pointe-aux- Oies, un os de Mammouth », un os de Cétacé, « en com- pagnie d'autres ossements de Vertébrés et de coquilles d'eau douce (Succinées), de carapaces d'Ostracodes et de coquilles terrestres (Hélix nemoralis). Ces fossiles étaient sur la berge de l'antique rivière qui s'étendait entre la Bassure de Baas et la côte actuelle ». La présence d'un os de Cétacé que je n'ai pas cité dans cette note peut montrer qu'à ce moment la rivière avait déjà subi les incursions de la mer du Nord qui, on le sait, et Hamy (1899) (3) l'a bien précisé, formait antérieurement un golfe à l'ouverture septentrionale du Pas-de-Calais actuel où elle recevait les eaux de l'antique Liane, — grossie sur son par- cours par la Slack et le « Wasconengawla » des Romains, le Wimereux d'aujourd'hui, — et qui possédait un cours inférieur marécageux où se développaient les luxuriantes forêts aujour- d'hui submergées (4). « Juste au-dessus de ce niveau et à l'endroit même où le sable tourbeux, noirâtre de la berge, assez riche en humus et mon- (1) Rigaux {H.). La plage de Wissant au point de vue archéologique (Ann. Soc. Gêolog. du Nord, XXVIII). (2) Cépède (C). Le début de la formation des Dunes du Bas-Boulonnais. Impor- tance de la Préhistoire pour la stratigraphie du Quaternaire (Bull. Soc. Acad. Boulogne, IX, 12 pages). (3) Hamy (E.-T.). Bou'ogne dans l'antiquité : 1. Le Boulonnais préhistorique (in : Boulogne-sur-Mer ci In région boulonnaise. Ouvrage offert aux Membres du Congrès de l'Assoc. française pour Vavancemenl des sciences, tenu à Boulogne- sur-Mer en 1899, p. 3). (4) Voir aussi à ce sujet l'intéressante carte des sondages de Renaud. 162 SÉANCE DU 24 MARS 1914. trant des coquilles terrestres d'eau douce, laisse la place au sable blanc, j'ai trouvé des débris de poteries sûrement postnéo- lithiques... ». Ces deux niveaux, tourbe néolithique et gisement à Gétacé et poteries postnéolithiqùes, étaient séparés par une grande épaisseur de sable vert qui donnait à l'eau d'infiltration de la dune une belle couleur glauque tirant sur le jaune. Hamy a noté l'existence de ces forêts sous-marines et mon appréciation de leur âge confirme exactement celle qu'il a don- née. « Cette forêt submergée, dit-il, est encore bien visible après les grands coups de vent de S.-O., à la Pointe-aux-Oies, par exemple, au nord de Wimereux et à Wimereux même. J'ai vu encore debout sur l'estran des troncs d'arbres énormes. Une forêt semblable couvre les approches de Wissant entre le Banc à Laine et le rivage ». Et le regretté collaborateur de de Quatrefages pour les Crama ethnica donna en 1888, dans la Revue d 1 Anthropologie (1), l'étude du crâne de l'Homme néanderthaloïde qui « a vécu en même temps qu'un Cheval et qu'un Bœuf, sur les bords de cette espèce de lagune, et la hache polie, caractéristique de la nou- velle période préhistorique (néolithique), ajoute-t-il, s'est parfois rencontrée dans les amas tourbeux au pied des arbres de la forêt sous-marine ». Dans son intéressante étude sur la géologie du Boulonnais (1899). Gosselet- (2) a signalé ces forêts littorales. « Dans plu- sieurs points de la côte boulonnaise, on trouve sur la plage des troncs d'arbres en place présentant encore leurs racines qui irradient autour du tronc. On peut les observer à l'embouchure du Wimereux et près de Wissant ». Mais réminent géologue, trompé par des apparences et n'ayant pas été aussi bien servi que nous par l'état des gisements, a dit à tort qu' « à Wimereux. les racines reposent sur du sable et sont recouvertes de sable. Il est probable que la faible couche de terre végétale sur laquelle l'arbre avait poussé a été enlevée par le retour de la mer ». En réalité, à Wimereux, à la Pointe-aux-Oies, comme à Wissant, les arbres reposent sur un lit tourbeux. Day (1866) a trouvé un os d'Aurochs rempli de sable avec coquilles fluviatiles (1) Hamy (E.-T.). Notice sur les fouilles exécutées dans le lit de la Liane en 1887 pour l'établissement du nouveau viaduc du chemin de fer (Rev. Anthro- pologie (3), III, p. 257-271, 1888). (2) Gosselet (J.). Aperçu général sur la géologie du Boulonnais (in : Boulogne- sur-Mer et la région boulonnaise, II, p. 442. Ouvrage offert aux Membres du Congrès de l'Assoc. française pour l'avancement des sciences, tenu à Boulogne-sur- Mer en 1899). séance du 24 mars 1914. 163 dans le gisement ^vjssantin (1). Dans une étude de la coupe donnée par Day (1866) (2), et rééfudiée successivemenf par Maurois 1880) (3) et par H. Rigaux (1899) (4), on constate, dit Gosselet. « sur l'argile aptienne, un banc de silex usés que Day considère comme identique à celui de Sangatte. bien que les silex y soient beaucoup moins roulés; puis une petite couche de sable vert correspondant peut-être aussi à celle de. Sangatte ». Au-dessus de ces dépôts la tourbe apparaît en deux lits super- posés séparés par une faible couche sableuse. Nous avons observé ce phénomène à la Pointe-aux-Oies et nos recherches ayant été faites sur des matériaux en place infirment certains des résultats de H. Rigaux et appuient partiellement l'interpré- tation des auteurs antérieurs. Dans le lit inférieur, de Om. 30 à m. 50 d'épaisseur, H. Rigaux n'a pu découvrir à Wissant aucun débris archéologique ; au contraire, il a rencontré dans le lit supérieur des restes de foyer de l'âge du bronze, de nombreux ossements, des coquillages et des poteries néolithiques. « Ces débris, dit Gosselet, retombant sur le banc tourbeux inférieur, ont été attribués à tort à ce dernier. Ces tourbes modernes de Wissant ne sont guère que du sable mélangé de matière tourbeuse ». Dans leur brochure extraite du « Livret-Guide publié à l'oc- casion du VIII e Congrès géologique international en 1900 », Mi nier-Chalmas et Pellat écrivent : « Forêt sous-marine de la Pointe-aux-Oies. N° 23 (III). Nous signalons encore la forêt sous-marine de la Pointe-aux-Oies où l'on compte (en 1900) une vingtaine d'arbres en place. On y trouve de nombreux silex taillés et des poteries de l'âge de la pierre polie (5). Cette forêt n'est visible qu'à basse-mer, lorsque les sables actuels ont été balayés par un coup de mer ». Souvent, au cours de nos bonnes conversations sur la préhis- toire de la région, Alfred Giard m'a déclaré que Rétencoirt, si passionné pour la biologie boulonnaise au sens le plus large, (1) Day (H.). On an ancient beach and a submerged forest near Wissant (Geolog. -!iihe Nomenclator zoologicus of S. H. Scudder. Compiled... by Charles Owen Waterhouse and edited by David Sharp. London, 1902, 8°. 16* 196 SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. d'animaux. Exemple : Trichina Owen, 1835, Nématode, est rejeté comme homonyme de Trichina Meigen, 1830, Diptère. Art. 35. — Tout nom spécifique est rejeté comme homonyme, quand il a été employé précédemment pour quelque autre espèce du même genre. Exemple : Tœnia ovilla Rivolta, 1878 (n. sp.), est rejeté comme homonyme de Tœnia ovilta Gmelin, 1790. Quand, par suite de la réunion de deux genres, deux animaux ayant le môme nom spécifique ou subspécifique se trouvent rap- prochés dans le même genre, le nom spécifique ou subspécifique le plus récent doit être rejeté comme homonyme. Les noms spécifiques de même origine et de même signification seront considérés comme homonymes s'ils ne se distinguent les uns des autres que par les différences suivantes : a. L'emploi de a?, œ ou e, comme cœruleus, cœruleus, ceruieus; oz, i et y, comme chiropus, cheiropus ; c et k comme microdon, mikrodon ; b. L'aspiration ou la non-aspiration d'une consonne, comme oxyryncus, oxyrhyncus ; c. La présence ou f absence d'un c devanl t, comme autumnalis, auclumnalis ; d. Une consonne simple ou double : litoralis, littoralis ; e. Par les désinences ensis et iensis dans un nom géogra- phique, comme timorensis, timoriensis. Art. 36. — Les noms rejetés pour cause d'homonymie (1) ne peuvent pas être employés de nouveau. Les noms rejetés pour cause de synonymie (1) peuvent être employés de non veau, dans le cas de restauration de groupes supprimés par erreur. Exemple: Tœnia Giardi Moniez, 1879, a été supprimé comme synonyme de Tœnia ovilla Rivolta, 1878 ; on a reconnu ultérieurement que Tœnia ovilla était préoccupé (T. ovilla Gmelin, 1790). Tœnia ovilla, 1878, est donc supprimé comme homonyme et ne peut plus jamais être employé ; c'était une dénomination mort-née, qu'on ne peut ramener à la vie, même si l'espèce passe dans un autre genre (Thysanosoma). Le nom spécifique Giardi Moniez 1879, qui avait été supprimé comme synonyme, devient valable, grâce à la suppression de l'homonyme Tœnia ovilla Rivolta, 1878. Recommandations. — 11 est bon d'éviter l'introduction de noms génériques nouveaux qui ne diffèrent de noms génériques déjà The Zoological Record, XXXVIII (et suiv.). Being records of zoological literature relating chiefly to the year i90t (et suiv.). London, 1901 (et suiv.) 8°. — Index to names of new gênera, and subgenera. Register zum Zoologischen Anzeiger. Herausgegeben von J. V. Cartjs. Jahrgang 1-10 (1878-1887), 11-15 (1888-1892), 16-20 (1893-1897), 21-25 (1898-1902). Leipzig, 1889, 1893, 1899, 1903, 8°. SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. 197 employés que par la terminaison ou par de légères variations ortho- graphiques pouvant prêter à confusion ; toutefois, s'ils sont déjà introduits, on ne doit pas les rejeter pour ce seul motif. Exemples : Ficus, Pica; Polyudus, Polyodon, Poiyodonta, Polyodontas, Polyo- dontùs. La même recommandation s'applique aux noms spécifiques dans les limites d'un même genre. Exemples : necator, necatrix ; {urcigera, jurcifera ; rhopalocephala, rhopaliocephala. Si le radical d'un nom géographique donne lieu en latin à deux ou plusieurs dérivés, on ne doit pas employer plus d'un de ces noms dans un même genre ; toutefois, s'ils sont déjà introduits, on ne doit pas les rejeter pour ce seul motif. Exemples : hispanus, liispanicus ; moluccensis, molucanus ; sinensis, sinicus, chiuensis ; ceylonicus, zeylanicus. La même recommandation s'applique aussi aux autres mots déri- vés d'un même radical et ne différant entre eux que par la désinence ou par un simple changement orthographique. APPENDICE A. — Il est très désirable que toute proposition d'un nouveau groupe systématique soit accompagnée d'une diagnose à la fois individuelle et différentielle, écrite en allemand, anglais, fran- çais, italien ou latin. Cette diagnose doit indiquer dans quel musée le type a été déposé et quel numéro d'ordre il y porte. Il est recommandé, dans les descriptions publiées d'une nou- velle espèce ou d'une nouvelle sous-espèce, de ne désigner et dénommer qu'un seul spécimen comme type, les autres spéci- mens examinés par l'auteur en même temps étant des paratypes. B. — Pour les travaux publiés dans une autre langue, il est très désirable que l'explication des ligures soit traduite dans l'une des cinq langues énumérées ci-dessus. C. — Le système métrique des poids et mesures et le thermo- mètre centigrade de Celsius doivent être seuls adoptés. L'unité de mesure adoptée en micrographie est le micron ou millième de millimètre (0 mm 001), représenté par la lettre grecque p.. D. — L'indication du grossissement ou de la réduction est très désirable pour l'intelligence d'un dessin. Elle s'exprime en chif- fres, et non en mentionnant le numéro des lentilles à l'aide desquelles l'image a été obtenue. E. — L'indication de l'agrandissement ou de la réduction d'un objet est ordinairement linéaire. On l'exprime en la faisant pré- céder du signe de la multiplication, dans le cas d'un agrandis- sement, et par une fraction, dans le cas d'une réduction. Exem- ples : x 50 indique que la figure est agrandie 50 fois ; 1/50 indique qu'elle est réduite de 50 fois. 198 SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. S'il est utile de spécifier que l'agrandissement est linéaire, en surface ou en volume, on peut ajouter comme exposant un chiffre indiquant la puissance : Exemples : x 50 1 indique l'agrandissement linéaire ; x 50 2 indique l'agrandissement en surface ; x 50 3 indique l'agrandissement en volume. F. — Transcription des mots grecs. Le tableau suivant indique la manière dont les mots grecs doivent être transcrits. ^ = e (Ûoc/SSs) — Hyalea, non Hyalaea *i = e (netp-/jv/i) — Pirena, non Pirina Désinence ri = a (neiprjv/]) — Pirena, non Pirene e= th {rrfi-Jz) — Tethys, non Tetys i = i (j3«/£'l»ç) — Balia, non Balea x = C («7T7roxpy;vv}) — Hippocrena, non Hippochrenes ?= X (Uvoi) — Xenus, Xenophora P = r (nrîpdv) — Pterum » = y (££*) — Hybolithus, non Hibolites n s'appliquera à indiquer, au moyen des caractères ci-dessus, le plus exactement possible, la prononciation locale, sans pré- tendre d'ailleurs à une reproduction complète .des sons que l'on aura entendus. 200 SÉANCE DU 28 AVRIL 1911. Décisions diverses du Congrès se rapportant à la nomenclature. Proposition Brauer Le professeur Brauer (Berlin) fait la proposition suivante (1) : « On ajoutera aux régies de la nomenclature, l'article suivant, après l'art. 31 : Des exceptions à la loi de priorité sont admises : 1° Quand un nom de genre ou d'espèce devrait être transporté à un autre genre ou à une autre espèce existants ; 2° Quand un nom a été employé pour un genre pendant 50 ans, •jusqu'à 1890, dans les travaux scientifiques, tels que monogra- phies, catalogues scientifiques, etc. ; 3° Quand le nom le plus ancien, conformément à la loi de priorité, n'a pas été admis pendant 20 ans dans la systématique scientifique. Chaque exception doit être soumise à la Commission interna- tionale de nomenclature. Celle-ci doit publier chaque cas et en même temps le soumettre à l'examen de l'une des sous-commis- sions de spécialistes, qui sont nommées par le Congrès et ont le droit de se compléter. D'après la décision des sous-commissions, la Commission internationale de nomenclature doit rendre un arrêt, le publier et, en lui faisant connaître l'avis des sous-com- miissions, le soumettre à l'approbation du prochain Congrès. » Cette proposition est adoptée à l'unanimité des membres pré- sents (de la section de nomenclature). Propositions Stiles Sur le rapport de M. G. W. Stiles, secrétaire de la Commis- sion de nomenclature, la section de nomenclature du Congrès adopte à l'unanimité moins une voix la motion suivante : <( Il est décidé que, si un zoologiste s'aperçoit qu'un nom géné- rique ou spécifique, publié comme nouveau par un auteur vivant, est en réalité un homonyme et par suite non valable d'après les articles 34 et 36 des règles de la nomenclature, le devoir du zoologiste en question, au point de vue de la bien- séance professionnelle, est d'avertir du fait ledit auteur et de lui donner ainsi la facilité de proposer un autre nom (2) ». (1) 1X« Congrès international de zoologie, tenu à Monaco du 25 au 30 mars 1913 (Rennes, Oberthùr, 1914), p. 831. (2) Extrait du rapport de M. C W. Stiles au nom de la Commission de nomen- clature, l. C, p. 872. SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. 201 « Comme la coutume, très répandue, de faire paraître les tirés à part avant la publication originale, donne lieu à une confusion très inutile de la nomenclature, le IX e Congrès international de zoologie exprime sa désapprobation de cette coutume et de- mande aux éditeurs de la faire cesser ; Les éditeurs sont priés dp donner pour chaque édition d'une publication la date exacte (année, mois, jour) de ladite édi- tion » (1). « La Commission propose unanimement au Congrès l'adoption des résolutions suivantes : 11 est décidé que plein pouvoir est donné à la Commission internationale de nomenclature zoologique, agissant au nom du Congrès, de suspendre les règles, dans l'application à un cas donné, si, à son avis, la stricte application des règles doit amener clairement plus de confusion que d'uniformité, pourvu que, au moins un an auparavant, il ait été publié dans deux au moins des périodiques suivants : Bulletin de la Société zoologique de France, Monitore zoologico. Nature, Science (N. Y.), et Zoolo- gischer Anzeiger. que la question est posée de suspendre les règles dans ce ras particulier, de façon qu'il soit possible aux zoologistes, en particulier aux spécialistes pour le groupe en question, de présenter des arguments pour ou contre la suspen- sion proposée ; pourvu aussi que le vote de la Commission en faveur de la suspension soit unanime : et pourvu enfin que, si le. vote de la Commission en faveur de la suspension est émis à la majorité des 2/3 de la Commission entière mais non à l'una- nimité, la Commission soit invitée à soumettre le cas au prochain Congrès international. Il est décidé que, si un cas est soumis au Congrès, comme il vient d'être dit, par un vote à la majorité des 2/3 de la Commis- sion, mais non un vote unanime, le président de la section de nomenclature aura le devoir de choisir une commission spéciale de trois membres, composée de un membre de la majorité et un de la minorité de la Commission sur cette question, et un ancien membre de la Commission qui n'ait exprimé publiquement aucune opinion sur le cas considéré ; cette commission spéciale reverra la proposition qui lui sera faite, et son avis, qu'il soit exprimé à la majorité des voix ou unanime, sera définitif et sans appel, en ce qui concerne le Congrès. (1) Ibid., p. 876. 202 SÉANCE DU 28 AVRIL 1914. 11 est décidé que le pouvoir susdit se rapporte en premier lieu et spécialement au cas de noms de stades larvaires et au transfert de noms d'un genre ou d'une espèce à un autre genre ou espèce » (1). Toutes ces propositions ont été adoptées à l'unanimité moins quatre voix à la séance plénière du 29 mars. Vœu de M. R. Blanchard. « Le neuvième Congrès international de zoologie, siégeant à Monaco et réuni en séance plénière ; Considérant le préjudice dont les auteurs peuvent être victi- mes, au point de vue de la propriété de leurs découvertes et de leurs travaux scientifiques, par suite de l'habitude qu'ont les éditeurs de donner aux ouvrages publiés par eux, au cours du second semestre de l'année, la date de l'année suivante ; Emet le vœu que les maisons d'édition abandonnent cet usage et donnent à toute publication scientifique la date exacte de son apparition, non seulement quant à l'année, mais aussi quant au mois et au jour ; Recommande ce vœu à l'attention des éditeurs, des syndicats de librairies et notamment, pour Paris, au Cercle de la librairie. » Ce vœu est adopté à l'unanimité (2). Vqsu déposé par M. L. Mangin. « Les soussignés, considérant la nécessité de mettre en har- monie la nomenclature des groupes limitrophes entre les ani- maux et les végétaux, émettenl le vœu qu'une Commission mixte soit créée, composée de zoologistes et de botanistes, pour étudier et proposer les résolutions relatives à une entente entre les biologistes sur les questions de nomenclature générale. L. Mangin, Muséum, Paris ; G. B. de Toni, Université de Modène ; Achille Forti, Vérone ». (Renvoyé à la Commission de nomenclature) (2). (1) Extrait du Rapport supplémentaire de M. C. W. Stiles, ibid , p. 890. (2) Séance plénière, l. c, p. 67. (3) L. C, p. 831. Séance du 12 mai 1914. PRÉSIDENCE DE M. R. BLANCHARD, PRÉSIDENT. M. Bouvrain, présenté à la précédente séance, est élu membre. M. le comte R. de la Vaulx, licencié ès-sciences naturelles, demeurant 2, avenue de Villars, à Paris (7 e ), est présenté par MM. Robert et Vlès. M. L. Petit, aîné, annonce que les Martinets sont arrivés dans la région de Paris le 28 avril. Il fait observer que les Hirondelles sont fort peu nombreuses cette année, ce qui doit tenir à la destruction qu'on en fait dans certains pays. AI. Menegaux. - - Dans le midi on commence à réagir : des condamnations ont été prononcées pour chasse au lacet. De même, dans l'Afrique occidentale française, des décrets pour la protection des animaux ont été rendus et la chasse n'est plus permise que moyennant des permis fort coûteux. Par contre on continue à détruire le Flamand en Camargue et dans la région d'Aigues-Mortes. Il serait désirable que la Société émette un vœu pour la protection de cet Oiseau dans le Gard et les Bouches-du-Rhône. M. Petit annonce la constitution d'un Comité d'ornithologie économique au ministère du Commerce. M. Menegaux donne quelques détails sur cette institution et sur les intentions du gouvernement tunisien au sujet d'expériences d'élevage. M. Petit demande l'échange du Bulletin de la Société avec le Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Loir-et-Cher (renvoyé au Conseil). MM. Blanchard, Caullery, Dautzenberg et Petit déplorent l'état lamentable de plusieurs musées d'histoire naturelle de province. D'autres sont au contraire fort beaux, tels ceux de Blois, Lille, Marseille, Nantes, Nîmes, Rouen, etc. M. Germain. — Il est regrettable que les conservateurs cons- ciencieux n'aient, le plus souvent, personne pour les aider dans la besogne matérielle d'étiquetage et de rangement. M. Menegaux. — Il est fâcheux aussi que Ton n'exige aucune garantie de compétence des conservateurs des musées de pro- 17 201 SÉANCE nu 12 MAI 1914. vince. On en vient à dissuader les collectionneurs do léguer des collections à leur ville. Du moins M. Menegaux a-t-il conseillé à deux de nos collègues de déposer en même temps, chez un notaire, une rente, destinée d'une façon formelle à faire venir chaque année un préparateur du Muséum, pour vérifier la collection et la remettre en ordre. M. Petit. • - Il serait désirable qu'une pareille méthode soit généralisée et que tous les musées de province fassent venir, une ou deux fois par an, des préparateurs du Muséum de Paris, pour revoir leurs collections. La Société pourrait émettre un vœu en ce sens. SUR DIAZONA GEAYI n. sp., ASCIDIE NOUVELLE DE LA GUYANE, ET SUR LA RÉGÉNÉRATION ET LE BOURGEON- NEMENT DE DIAZONA. PAR M. CAULLERY I Le regretté voyageur F. Geay avait rapporté d'une mission à la Guyane française, en 1902, et déposé au laboratoire de mala- cologie du Muséum, un échantillon volumineux et assez énigma- tique, qui me fut communiqué, en 1908, sur l'opinion, émise par moi, que ce devait être une Synasciclie ; effectivement il s'agissait d'une Diazona en régénération. Dans son état actuel, conservée dans l'alcool, c'est une masse compacte, de couleur brun rougeàtre assez clair (cf. terre de Sienne brûlée assez diluée), en forme de disque épais, assez comparable à un fromage de Gruyère, sauf les dimensions plus petites. Le contour n'est pas régulièrement circulaire, mais à peu près elliptique (les axes mesurant 13 et 19 centimètres), l'épaisseur est de 7 cm. 5 (1). La surface est assez brillante, tout à fait lisse, avec quelques reflets irisés. Les couches périphé- riques de la tunique commune, plus denses, forment comme une cuticule; à la section, l'ensemble offre à peu près la résis- tance de la chair d'une pomme ou d'une poire approchant de la maturité. Sous la surface, on distingue des corps opaques allongés (mesurant de 8 à 10 mm.), et espacés les uns des autres; (l) Le volume approximatif est donc l dc , 5, ce qui est considérable pour une Ascidie composée. SÉANCE DU 12 MAI 1914. 205 ce sont les ascidiozoïdes. H n'y en a pas clans la profondeur, qui esl formée entièrement de cellulose, parcourue en tous sens par les ramifications nombreuses des prolongements vascu- laires, issus de l'extrémité inférieure des ascidiozoïdes et entourés sur tout leur parcours d'une auréole dense de cellules tunicières. Sur l'une des faces planes du connus, vers le bord, existe un orifice en forme de boutonnière, ayant 15 mm. de longueur et conduisant dans une cavité qui a environ 2 cm. de profondeur. Cet orifice me paraît accidentel, soit qu'il ait été produit par un animal qui s'abritait là, soit plutôt qu'il indique la trace du corps auquel était fixé le connus et autour duquel celui-ci s'est développé. Les ascidiozoïdes sont tous en voie de régénération et sont à peu près réduits à la région abdominale; l'anse intestinale est noyée dans un épais manchon de mésenchyme, bourré de gra- nulations de réserve. A leur extrémité supérieure, se régénère un thorax, dont la branchie est plus ou moins reconstituée. Sur certains ascidiozoïdes, ce n'est encore qu'un court moignon sessile (fig. 2 A), où on distingue souvent les cavités branchiale et atriale, l'endostyle, mais pas encore de trémas ni d'orifices siphonaux; sur la plupart, la régénération est plus avancée et la région branchiale néoformée, sessile, ou plus ou moins pédi- culée, montre déjà l'ébauche d'une vingtaine de rangées de trémas encore à l'état de petites perforations circulaires ; rien n'indique que ce nombre de rangées soit définitif; il est, comme on sait, notablement plus élevé chez Diazona violacea Sav. Une colonie unique, à cet état, ne permet pas de formuler une diagnose complète et précise. Cependant, en comparant cette pièce aux colonies de D. violacea que j'ai entre les mains, j'y constate des différences de structure dans la tunique, dans l'aspect des tubes qui la parcourent, dans le faciès général, différences qui, jointes à la provenance de l'échantillon, me décident à la regarder, au moins provisoirement, comme une espèce distincte. Je lui donnerai le nom de Diazona geayi n. sp. (i). (1) C'est la première fois, à ma connaissance, qu'une Diazona est signalée dans la partie américaine de l'Atlantique Je n'ai d'autre renseignement sur la prove- nance de cet échantillon que le libellé de l'étiquette (Mission Geay, Guyane, 1909, n« 3275). M. JouBiN, que je remercie de m'avoir confié cette Ascidie, m'écrit que, Geay n'ayant jamais fait de récoltes marines au large, la Diazona en question a dû être trouvée à la côte ou dans un filet de pêcheur. A Xaples, les Diazona sont fréquemment ramenées dans les filets traînés sur les fonds à Posidonies. 20G SÉANCE DU 12 MAI 19 M. II A l'occasion de l'examen de D. geayi, j'ai fait quelques obser- vations sur la régénération dans ce genre d'Ascidies. J'en avais précédemment fait, très sommairement, sur un connus de D. viola cea dragué pendant la campagne du Caudan (1) et que M. Kœhler a eu l'amabilité de me communiquer à nouveau. En outre, je me suis servi de trois connus de la même espèce que m'a procurés la Station zoologique de Naples ; deux sont en régénération, le troisième est à l'état normal et les thorax des divers ascidiozoïdes font, sur la masse commune où sont plongés les abdomens, des saillies individualisées, atteignant 25-30 mm. de hauteur. La régression et la régénération, qui surviennent chez Diazona, dès qu'elle se trouve placée dans des conditions défavorables (2), ont été étudiées surtout par Ant. Della Valle (3). J'y ai fait moi-même allusion, à propos de l'exemplaire du Caudan. Enfin, je suis d'accord avec Della Valle, pour reconnaître, avec certitude, des Diazona en régénération, clans les Ascidies du Japon, décrites par Oka (4), sous le nom d'Aphanibranchion. Suivant la description de Della Valle, la régression d'une colonie normale se manifeste par un affaissement progressif des digi talion s des connus renfermant les thorax des ascidiozoïdes; elles disparaissent peu à peu, comme si les organes s'y liqué- fiaient en perdant leur transparence. La colonie se recouvre d'une croûte continue, livide, mucilagineuse, qui se détache à la façon d'une eschare, laissant à découvert une surface nouvelle de consistance normale. Il reste, à l'intérieur, des masses jaunes, oblongues, constituées par les abdomens des anciens individus et dans lesquelles s'est accumulé, en quantités énormes, un tissu mésenchymateux, bourré de réserves. Ce tissu est, selon toute vraisemblance, formé des débris phago- cytés de la région branchiale; mais ces phénomènes d'histolyse, qu'il serait très intéressant d'étudier avec précision, in vivo et (1) Caullery (M.). Ascidies composées, in : Résultats scientifiques de la cam- pagne du Caudan (p. 389-390) (A nu. Univ. Lyon, 1896). (2) Des phénomènes de même ordre sont connus chez une Ascidie non bour- geonnante, voisine de Diazona, Rhopalea neapolitana; j'en ai été témoin moi-même à Naples. Il faut en rapprocher aussi la régression subie fréquemment par les Distaplia, mais ici elle frappe la totalité du corps des ascidiozoïdes et pas seule- ment le thorax, etc.. (Cf. Caullery, Contribution à l'étude des Ascidies com- posées, Bull. Sci. France-Belgique, XXVII, 1895). (3) Bendic. Aec. Napoli, XXIII, 1884 (p. 23-26) et Alti. Ace. Napoli, (2), XII, 1908 (p. 41-48, pi. v). (4) Annot. zool Japon., V, 1906 (p. 253-265, pi. xm). SÉANCE DU 12 MAI 1914. 207 sur des matériaux fixés ad hoc, ont été complètement négligés jusqu'ici. A l'extrémité supérieure de ces masses, ou plutôt près de cette extrémité (cf. fig. 2 A, II), mais sur la face où est placée infé- rieurement le cœur, se forme peu à peu un moignon trans- parent, qui devient le thorax nouveau. Ce sont des Diazona à cet état (Ju'Oka a appelés Aphanibranchion; c'est aussi celui du connus de D. fjeayi. Gomment se reconstituent les divers organes dans cette régénération ? Della Valle a donné de ces processus une description succincte. Daprès lui, le nouveau sac branchial résulterait d'un élargissement de l'extrémité supérieure de la partie restante de l'œsophage. J'ai indiqué, au contraire (l. c, 1896), que les cavités branchiale et atriale nouvelles provenaient des tubes épicardiques de l'individu ancien. Je n'ai donné alors aucune figure et malheureusement n'ai pu retrouver cette année aucun de mes anciens documents. Des coupes que j'ai faites dans un individu de D. geayi encore tout à fait au début de sa régénération, me confirment dans mon interprétation précédente (v. fig. 1, A-D). --//. A.. M. C. D. Fig. 1. — (A-D). Quatre coupes transversales dans la région supérieure d'un individu de D. geayi au début de sa régénération. Ces coupes, non consécutives, avoisinent le niveau où l'œsophage o s'abouche avec les tubes épicardiques e, e> ; b, future cavité branchiale; p, p>, future cavité péribranchiale; r, rectum primitif; r', son extrémité nouvelle en régénération. G. = 100. Vers l'extrémité supérieure de l'abdomen, les tubes épicar- diques e, normalement à paroi très mince, s'épaississent ; les cellules s'y colorent intensément, les noyaux y offrent des caryocinèses. L'œsophage o, s'abouche à la fois avec les deux 208 SÉANCE DU 12 MAI 1914. tubes qui font leur jonction (flg. 1 B). La cavité unique 6, qui résulte de celle-ci, s'élargira pour former la cavité bran- chiale, et déjà forme des diverticules p, ébauches des cavités péribranchiales. L'œsophage contribue à former Tune des faces de la cavité branchiale et, en particulier, se continue par le nouvel endostyle. L'œsophage ancien prend donc une certaine part à la formation cle la branchie nouvelle, mais la portion la plus considérable dérive des tubes épicardiques (1). Le rectum ancien r bourgeonne une partie nouvelle r' (fig. 1, G et D), qui s'abouchera dans la cavité atriale. Je n'ai pas cherché l'origine de l'appareil neuro-hypophysaire. L'ensemble de ces processus se présente comme clans la régénération chez les Aplidiens (cf. Gaullery, l. c % ., 1895) et, d'une façon générale, dans la morphogenèse du thorax, au cours de la blastogenèse, chez les Aplidiens, Distomiens, etc.. Les viscères de la région abdominale (anse digestive, cœur, appareil épicardique) passent directement de l'individu primitif à l'individu complété par un nouveau thorax. Ge qui précède se rapporte à la régénération proprement dite, consécutive à la dégénérescence du thorax des ascidiozoïdes. Mais, dans certaines circonstances, les phénomènes précédents se compliquent d'une multiplication des individus. L'abdomen, après dégénérescence du thorax, se fragmente en plusieurs tronçons, disposés en file et dont chacun forme un ascidiozoïde nouveau. C'est le seul mode de blastogenèse qu'on ait observé jusqu'ici chez Diazona et on ne l'a que très incom- plètement suivi. Della Valle, parmi les nombreuses colonies qu'il a eues entre les mains, a décrit (1884) et figuré (1908, pi. v) divers exemples de ce processus, mais il n'a pu en obtenir tous les stades, et n'a pas, en particulier assisté au tronçonnement des abdomens; il a vu seulement des ascidiozoïdes en régéné- ration, disposés en iïle, cle tailles diverses et parfois très petites, et que l'on peut considérer avec certitude comme résultant de la fragmentation d'un même individu primitif. La colonie de D. violacea draguée par le Caudan était à un état où des phénomènes de ce genre venaient de s'accomplir et, en 1896, j'y avais fait une rapide allusion que je n'avais pas (1) La cavité branchiale reste longtemps en communication à sa base avec les tubes épicardiques. SÉANCE DU 12 MAI 1914. 209 développée, le matériel étant insuffisant et conservé de façon défectueuse (en particulier il ne pouvait plus être électivement coloré). L'anse digestive se conservant dans la simple régénération et, manifestement aussi dans les tronçons résultant de la fragmentation d'un abdomen, chacun de ceux-ci renferme initialement deux tubes isolés — provenant, l'un de l'œsophage, l'autre du rectum primitifs ; j'ai considéré comme à peu près évident que ces deux tubes devaient se soucier par leur extrémité inférieure, pour reconstituer une anse digestive en l). Si le tube digestif de ces bourgeons n'est pas néoformé, il ne me paraît pas possible d'admettre une autre hypothèse. Mais j'avoue n'avoir pas constaté les phases diverses du processus. Della Valle, qui n'a pas pu davantage y réussir, insiste 1908) sur l'intérêt qu'aurait cette constatation précise. étant donnée la singularité même du processus, tout à fait diffé- rent de ce qu'offrent les autres Synascidies. Je n'ai pu retrouver mes documents de 1896, mais j'ai rencontré, dans le même connus, divers individus, résultant nettement d'un fractionne- ment d'abdomen et, entre autres, deux (fig. 2 A) qui, par leur position relative et leur taille, proviennent manifestement d'une division de ce genre. Examinés in toto, ils diffèrent déjà l'un de l'autre ; chacun offre à sa partie supérieure une région branchiale en régéné- ration; le tube digestif est complètement masqué, même après éclaircissement, par le tissu mésenchymateux qui l'enveloppe. Le supérieur, I, se termine intérieurement par une portion assez allongée, transparente, qui n'existe pas chez l'autre (II). Chez II, le tissu de réserve forme nettement une masse en U bien fermé en bas, tandis qu'il constitue deux fourreaux parallèles, mal réunis intérieurement, chez I. Le prolongement vasculaire inférieur de I est plus grêle que celui de II, comme s'il était de formation plus récente. J'ai coupé complètement, en série, cet ensemble cle deux blastozoïdes et ai pu avoir ainsi une idée précise des organes, en particulier du tube digestif. Or, II montre, vers le quart supérieur de son œsophage, l'estomac primitif e, avec sa différenciation complète ; tandis que cet estomac manque chez I, où l'on voit seulement, vers le bas de la branche descendante de l'anse digestive, une dilatation qui semble bien être un début de différenciation d'un estomac nouveau s. 210 SÉANCE DU 12 MAI 1914. Le cœur n'est pas situé de la même façon dans I et II. Il est beaucoup plus bas dans I, et localisé dans la portion régénérée, tandis qu'il remonte nettement au niveau de l'anse digestive de II, ce qui est sa place ordinaire. Je ne trouve d'ovaire différencié que clans II; par contre la musculature longitudinale est beaucoup plus forte dans I. Fig. 2. — A. Deux individus (I et II) de D. violacea en régénération, dessinés à la chambre claire, dans leur position normale dans le cormus (ils ont été coupés en série transversalement et ont fourni 13 lames; les numéros et les traits horizontaux indiquent les portions de la pièce comprises sur les diverses lames), b, branchie en régénération; e, estomac de II; z, estomac en voie de différen- ciation dans I. G. = 5. Justaposition des anses intestinales de I et II, pour montrer que leur ensemble forme une anse intestinale semblable à celle d'un individu normal (fig. 2 C); v, rectum. B Bref, il y a des différences nombreuses dans la structure des divers organes des individus I et II. Si l'on admet qu'ils résultent de la division transversale d'un abdomen primitif, si, d'autre part, on place bout à bout (fig. 2 B) les deux anses intestinales, en considérant les deux extrémités de celle de I et l'extrémité SÉANCE DU 12 MAI 1914. 211 supérieure de celle de II comme des portions nouvellement régénérées, on obtient une anse totale qui a la composition et les proportions de l'anse digestive d'un individu adulte normal (fig. 2 G); l'estomac e tombe bien à la même place. Sans donner aux considérations précédentes la valeur d'une preuve formelle, je considère comme très probable que les deux individus I et II résultent bien de la division transversale d'un abdomen primitif et qu'après cette division chacun a gardé comme anse digestive, les fragments de l'anse primitive situés à son intérieur; il me semble en découler nécessairement que ces deux fragments isolés de celle de I ont dû se souder l'un à l'autre inférieurement. Tout en regrettant de ne pouvoir donner de démonstration plus complète, je considère que le fait précédent confirme l'interprétation que j'ai formulée en 1896. Je ne méconnais pas le caractère très exceptionnel de ce processus dans la blasto- genèse des Tuniciers. Il serait extrêmement intéressant d'étu- dier dans leurs détails, sur un matériel frais, abondant et qu'on fixerait spécialement, l'ensemble des phénomènes de dégéné- rescence, de régénération et de bourgeonnement présentés par les Diazona, les données acquises actuellement ne constituant qu'un cadre général. SUR LA PERMÉABILITÉ OSMOTIQUE DE LA COQUE DES ŒUFS DE SÉLACIENS (Note préliminaire). PAR E. PEYREGA. Présentée par M. F. Vlès. On sait que l'embryon de Roussette est enfermé clans une coque rigide et épaisse qui présente des fentes, au nombre de quatre : deux au bout large de l'œuf et deux au bout plus étroit. Ces fentes alternent d'une face à l'autre ; les deux fentes du gros bout n'étant pas sur une même face de la coque, et les fentes de la même face, celle du gros bout et celle du petit bout étant dans le prolongement l'une de l'autre. Moreau (1) en donne une description, assez sommaire d'ailleurs. (1) Moreau. Histoire naturelle des Poissons de France, 1S81 (3 vol.). 212 SÉANCE DU 12 MAI 19 H. Il y a lieu de se demander si ces fentes qui, chez les embryons déjà avancés, paraissent largement ouvertes et font assez faci- lement communiquer la cavité avec l'extérieur, sont fonction- nelles dans des stades plus jeunes, où elles sont moins appa- rentes et paraissent à peu près complètement obstruées. Il n'est pas improbable, en tous cas, que d'autres facteurs puissent intervenir pour remplir ou compléter les fonctions d'échange, et la structure de la coque elle-même n'est peut-être pas négli- geable à ce point de vue. Dans le but de me rendre compte de la valeur des échanges qui peuvent être attribués à la surface de la coque, j'ai tenté, d'abord à la Sorbonne en collaboration avec M 1Ie Mantoux, et ensuite toute seule, au laboratoire de Roscoff, de réaliser quelques expériences d'osmose avec ce matériel. Ces expériences ont eu pour éléments la construction d'osmomètres de divers types, dans lesquels un morceau de coque servait de membrane osmotique. Dans tous les modèles employés, le morceau de coque était fixé à un tube, par l'inter- médiaire d'un raccord de robinet en cuivre, dans lequel une vis serrait très fortement la membrane ; des garnitures de cuir, également comprimées par la vis, assuraient une étanchéité complète sur les bords. Le raccord de cuivre était adapté au tube de verre ou à un récipient quelconque par un tube de caoutchouc, et le fout était soigneusement paraffiné. Le liquide employé dans la série d'expériences que nous rapportons ici a été une solution de Na 01 remplissant le compar- timent supérieur A de l'osmomètre, mise en rapport avec de l'eau distillée, remplissant le compartiment inférieur B. Une série de dosages ont été effectués jour par jour en prenant, à l'aréomètre, la densité des deux liquides en présence, et en se reportant, pour la teneur en sel, aux tables usuelles (1) de densités des solutions de Na Cl. On constate que la membrane se laisse traverser dans les deux sens ; elle est loin de se comporter comme une membrane semi-perméable type, qui ne serait traversée que par le solvant. On peut voir que, chaque jour, la densité de la solution salée A diminue, en même temps que le niveau de A s'élève dans le tube par apport d'eau distillée. D'un autre côté, la densité de B augmente par apport du sel descendu de A et qui traverse la membrane, tandis qu'il y a perte d'eau ; au bout d'un certain temps, on arrive à une densité à peu près égale en A et en B, et l'équilibre osmotique complet peut s'établir. (1) Recueil de constantes publiées par la Société française de physique, 1913. SÉANCE DU 12 MAI 1914. 213 Dans la plupart des cas, cet équilibre a été assez long à être obtenu ; il peut même être dépassé, à la fin de l'expérience, par suite de Ja superposition de phénomènes divers plus compliqués qui peuvent relever de la filtration. toto X ._ „.-*' ^ __ , 10]S 1000 r" J 10 3.0 30 40 Jcrars — >- Fig. 1. — Courbe du phénomène osmotique. Dans cette expérience la coque a dû se laisser traverser par une valeur moyenne de O gr. 3 d'eau et gr. 03 de sel par centi- mètre carré et par jour. Ces chiffres approximatifs paraissent d'ailleurs sujets à variations avec les échantillons de coque. A titre d'exemple, voici les vitesses de passage dans quelques autres expériences TENEUR EN SEL DIFFÉRENCE de hauteur initiale des deux liquides DENSITÉ A le 2° jour. DENSITÉ A le 5" jour DIMINUTION DE DENSITÉ du 2 e au 5" jour. ( Expér. I lOo/o] Expér. IL... ( Expér. III ('). 29 cm 9 23 cm o 1061 1054 1050 1051 1047 1026 10 7 24 (Expér. IV i M. ( Exper. V 1087 1105 1061 1092 26 13 (1) Expériences communiquées par M'ie MANTOTJX. La coque employée avait été nettoyée au xylol et il est possible que cette manipulation explique les parti- cularités du fonctionnement de cette membrane. 214 SÉANCE DU 12 MAI 1914. Toujours est-il que, autant que l'on peut conclure des sels aux gaz, le passage osmotique de gaz à travers la coque est, d'après les conditions des expériences précédentes, loin de paraître une chose invraisemblable ; une nouvelle série de recherches permettra d'ailleurs de trancher la question. JOURS DENSITÉ A DENSITÉ B VOLUME B TEMPÉRATl'RE Solution initiale : 10 gr. NaCl. pour 100 ce de solution Volume initial 200 ce. 1 1060 0999 200 19° 2 1053 1001 20 3 1046 1004 186 20 4 1040 1006 178 19 5 1037 1010 176 19 6 1034 1010 175 15 8 1030 1014 18 9 1026 1014 172 19,5 10 1023 1016 171 19 14 1021 1017 170 19 19 1021 1018 18,5 20 1021 1019 170 18,5 21 1020 1019 18.5 23 1018,5 1019 170 18,5 26 1018 1019 18,5 28 1017,5 1019 170 19,5 32 1017,5 1019 19 36 1018 1021 168 19 41 1018 1021 19 Ouvrages offerts Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Loir-et-Cher (Blois, 1910, in-8°, 427 p.). Comité d'ornithologie économique fondé sous le patronage du ministre du Commerce. Statuts (8 p.). Modigliani. — Viaggio del Dott. Elio Modigliani in Malesia. Riassunto générale dei résultat i zoologici (Genova, 1909, 55 p.). Mohler (J. R.). — Texas or Tick fever (U. S. Dep. o\ agricult. Farmers bull, 569 (1914, in-S°, 24 p.). Ramson (B. H.). — Cysticercus ovis, the cause of Tapeworn cysts in Mutton (.7. agricult. research, I, n° 1, p. 15-57, pi. II-IV). Séance du 26 mai 1914. PRÉSIDENCE DE M. CAULLERY, VICE-PRÉSIDENT. MM. R. Blanchard et Liouville s'excusent de leur absence. La Société reçoit l'avis que, lors de la « Panama-Pacific inter- national Exposition, » il y aura à San-Francisco, du 20 février au 4 décembre 1915, 226 Congrès et Conférences et que M. James A. Barr est nommé directeur des Congrès. M. le président adresse les félicitations de la Société à M. Nibelle, élu député de la Seine-Inférieure, et à M. Germain. récemment nommé officier de l'Instruction publique. Al. le comte R. de la Vaulx, présenté à la précédente séance, est élu membre. M. L. Petit, aîné, se met gracieusement à la disposition de ses collègues pour leur donner des leçons de taxidermie ou des indications pour la conservation des animaux. M. le pré- sident lui adresse de vifs remerciements. NOTE SUR LA VASCULARISATION DE LA PEAU CHEZ L'EUPROGTE DES PYRÉNÉES : TRITON (s. g. EUPROCTUS ASPER) DUGÈS PAR R. DESPAX. Chez tous les Batraciens, tant Anoures qu'Urodèles, la peau est très richement vascularisée, disposition qui permet aux téguments de jouer le rôle d'un véritable organe respiratoire. L'importance de cette respiration cutanée, comparée à celle de la respiration pulmonaire ou bucco-pharyngée, a été très diver- sement appréciée par les auteurs. Les uns, tels que F. Edwards, Paul Bert, Claude Bernard, accordent aux échanges respiratoires cutanés une importance égale, ou presque, à celle des échanges pulmonaires. D'autres, tels que Dissard, tout en admettant que la respiration cutanée 216 SÉANCE DU 26 MAI 1914. joue un grand rôle, plus particulièrement en milieu humide, accordent la prépondérance à la respiration pulmonaire. D'autres enfin, comme Mahcacci, estiment que l'importance attribuée à la respiration cutanée doit être rapportée à la respiration bucco-pharyngée, c'est-à-dire à celle qui a lieu dans la région buccale et œsophagienne du tube digestif ; en ces régions les capillaires sanguins affectent souvent dans leurs rapports avec i'épithélium de la muqueuse des dispo- sitions particulières. Camerano étudiant la respiration chez les Urodèles apneumones arrive à refuser toute importance à la respiration cutanée et il admet que seule la respiration bucco- pharyngée remplace la respiration pulmonaire chez ces Urodèles normalement privés de poumons. Toutefois Bethge dans une étude comparée du système circulatoire de Salamandra, Triton et Spelerpes se refuse à admettre les conclusions de Marcacci et de Camerano ; criti- quant d'une part les expériences de ces auteurs, s'appuyant de l'autre sur des considérations anatomiques, il estime, avec vraisemblance, semble-t-il, que la vascularisation de la peau, chez Spelerpes tout au moins, doit favoriser d'actifs échanges respiratoires, échanges dont le rôle ne peut être négligeable. C :S Fig. 1. — Coupe de la peau de l'abdomen d'un Euprocte des Pyrénées. C. C, capillaires au voisinage d'une glande G. (demi-schématique). Ocul. Leitz 3, obj. pantachromat. Leitz 15 mm . Projection sur le plan de la table. L'étude histologique des téguments chez l'Euprocte des Pyrénées (Triton asper Dugès) m'a montré des relations très particulières s'établissant entre les capillaires sanguins et répithélium épidermique. Ces relations, ne peuvent que faciliter encore la respiration cutanée. Chez ce Triton, l'épaisseur des téguments est relativement plus grande que chez les autres espèces du même genre que j'ai examinées (T. marmoratus Latr., T. palmatus Schneid.). L'épiderme, dans les régions où il est le plus épais, compte en plus du stratum corneum, composé en général de deux couches de cellules, quatre à cinq couches superposées de cellules épithéliales. Les noyaux de la couche la plus profonde de I'épithélium épidermique sont SÉANCE DU 26 MAI 1914. 217 ovales, à grand axe dirigé perpendiculairement à la surface de la peau, ceux JUIN 191 'i Ce vœu, mis aux voix, est adopté à l'unanimité. La Société décide qu'il sera soumis à Al. le ministre de l'agriculture et qu'un vœu similaire, demandant qu'un arrêté préfectoral interdise tout de suite la chasse du Flamant et le dénichage de ses œufs, sera adressé aux préfets des Bouches-du-Rhône et du Gard. M. le président exprime les regrets de la Société au sujet de la mort de M. A. Maës. M. Petit annonce que notre regretté collègue a légué au Muséum sa riche collection ornithologique. MM. Picard et Rosen, présentés à la précédente séance, sont élus membres. A propos de la communication de M. Cépède sur l'euryhali- nité de Nereis diversicolor, M. Gaullery fait observer que cette espèce vit surtout dans les estuaires, dans la région du Bou- lonnais. « Sa présence dans la station indiquée par M. Cépède semble devoir s'expliquer par les infiltrations d'eau douce que cet auteur y signale. » M. Vlès remarque que les animaux résistent en général mieux à la dessalure qu'à la sursalure de l'eau. Ainsi les Con- volula peuvent vivre dans l'eau très peu salée, tandis qu'on ne peut les accoutumer, même progressivement, à l'eau de la Méditerranée. M. Dautzenberg. - - Cardium edule, Sijndesmia tcnuis, vivent dans les marais salants du Groisic. G. edule en particulier y pullule, mais il y subit des modifications, analogues à celles qu'il éprouve dans l'eau dessalée. M. Cépède. - Harpacticus fulvus peut survivre dans l'eau dont le sel se précipite. M. Issel a observé que, dans ce cas, il passait à l'état de vie ralentie; si l'on ajoute progressivement de l'eau distillée, l'animal revient à la vie active. Il s'adapte plus facilement encore à l'eau douce. A ces divers milieux corres- pondent d'importantes variations morphologiques. M. Blanchard rappelle ses observations dans les chotts d'Al- gérie. Dans les fossés voisins de Touggourt les Arlemia salina pullulent, en compagnie de Monas Dunali (= Dunaliella salina Dunal). Dans l'eau très salée, le Crustacé devient plus court ; ses soies diminuent, ainsi que l'avait déjà constaté M. Schimke- vitch dans le sud de la Russie. M. Semichon. — Monas dunali subit aussi des modifications. A Concarneau, où des cultures en ont été faites systématique- SÉANCE DU 23 JUIN 1914 263 iiicni pour la nourriture des alevins de Poissons, M. Semichon a constaté qu'une culture rouge de cette espèce, laite dans l'eau sursalée, reste rouge dans l'eau de mer ordinaire au soleil, mais que si la lumière n'est [tas très vive, il se produit au bout de quelque temps une race verte, qui ne redevient pas rouge si l'on augmente la teneur en sel de la solution. Hàrpacticus fulvus éprouve aussi des changements de taille et de couleur et dans l'eau trop dessalée on n'en peut plus obtenir de cultures indé- linies. M. Petit aine rend compte de son excursion dans le Dau- phiné. Au Bourg-d'Oisans il a constaté la présence de plusieurs couples d'Hirondelles de rochers (Clielidon rupestris), espèce assez peu commune, bien que déjà signalée en Savoie. Il a visité les musées d'Annecy et de Grenoble sous la conduite de leurs conservateurs, MAI. Le Roux et Le Rerolle. Ces deux musées sont fort beaux et admirablement entretenus, malgré la modicité dérisoire de leur budget. A Thones, M. Petit a constaté les ravages faits sur les Vaches par VHypoderma bovis. Ai. Blanchard. — On cherche à organiser la protection des bestiaux contre ce parasite. Notre vice-président, M. Lccet, est actuellement chargé de faire des conférences dans les centres d'élevage pour vulgariser les procédés propres à enrayer la pro- pagation du parasite, qui cause surtout des dommages au cuir. AI. Dautzenberg annonce qu'il a trouvé 12 Alarginelles sé- nestres dans 3 kilogrammes, soit environ lu. 000, de ces ani- maux, ce qui fait une proportion de 1 sur 1.300 environ. Al. Cépède a obtenu d'un marchand du Boulonnais 3 Hélix aspersa sénestres, ce qui représente un pourcentage de 1 sur 175.000 individus. Les enfants du Boulonnais chassent cet Escargot et le recueillent surtout en hiver, sous les Lycium barbarum, où il hiverne. Ai. Dautzenberg a reçu d'un restaurateur de Joigny 4 Hélix pomatia sénestres sur 400.000 échantillons. Alais la proportion des individus sénestres varie beaucoup avec les localités : ils sont relativement moins rares dans la région de La Rochelle, par exemple. 264 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 SUR UN SPARIDÉ NOUVEAU DE MADAGASCAR APPARTENANT AU GENRE PACHYMETOPON PAR le D r Jacques PELLEGRIN. Dans diverse» communications antérieures (i) j'ai déjà donné la description de plusieurs espèces nouvelles et fourni une longue liste de Poissons marins ou d'eau douce rassemblés à Madagascar par les soins du Gouvernement général et envoyés au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Cette note, qui fait suite aux précédentes, contient la description d'une espèce marine des plus intéressantes, appartenant à un genre peu connu de la famille des Sparidés. Pachymetopon gibbosus nov. sp. La hauteur du corps est comprise un peu plus de 2 fois dans la longueur sans la caudale, la longueur de la tête 3 fois 3/4. Il existe une gihbosité nuchale très nette, placée juste en avant de la nageoire dorsale (2). L'œil est élevé, médian, son diamètre est contenu 3 fois 1/2 dans la longueur de la tête, 1 fois 1/3 dans l'espace interorbitaire qui est légèrement convexe, 1 fois 1/2 dans la longueur du museau. Le maxillaire est visible et arrive jusqu'au-dessous de la narine postérieure. Les lèvres sont peu développées, l'inférieure est largement interrompue. Les dents de la série externe sont tranchantes, triangulaires, sans talon horizontal postérieur, au nombre de 27 à la mâchoire supérieure, de 24 à la mâchoire inférieure, elles sont suivies d'une large bande de petites dents à sommet plus ou moins pointu, devenant parfois légèrement granuleuses sur les côtés et disposées sur 4 rangées en haut, 3 en bas (3). Le préorbitaire est un peu plus (1) D>" J. Pellegrin. Sur une Athérine nouvelle des eaux douces de Madagascar (Bull .Soc. Zool France, 1914, p. 46). D r J. Pellegrin. Sur un Athérinidé nouveau de Madagascar appartenant au genre Bedolia {ibid., p. 17S). Dr j. Pellegrin. Sur une collection de Poissons de Madagascar (ibid., p. 221). (2) Cette gibbosité est étroite et à bord supérieur légèrement tranchant. (3) Il semble qu'il y ait des traces de très petites dents coniques sur le vomer et les palatins, caractère qui rapprocherait ce Poisson de Pimelepterus, mais l'état de conservation du type, fixé d'abord au formol, ne permet pas de se prononcer avec certitude. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 205 long que haut et nu ainsi que l'espace interorbitaire. Il y a i rangées d'écaillés sur la joue, autant sur le préopercule dont le limbe est nu, le lobe postérieur droit, l'angle arrondi, à peine denticulé. L'interopercule est recouvert d'écaillés, l'opercule d'autres un peu plus volumineuses, mais bien moins grandes que celles des flancs. Les branchiospines sont longues, au nombre de 19 à la base du premier arc ; la pseudobranchie est très développée. Il y a 6 rayons branchiostèges. Les écailles légè- rement ciliées sont au nombre de 03 en ligne longitudinale, 8/18 en ligne transversale, 20 autour du pédicule caudal. La dorsale, continue, est composée de 11 épines reçues dans un fourreau écailleux, la cinquième, la plus longue, faisant la moitié de la longueur de la tête, et de 12 rayons mous. L'anale est formée de 3 épines, la troisième à peine plus longue que la seconde et faisant environ le tiers de la longueur de la tête, et de 10 rayons mous. La dorsale et l'anale molles sont à moitié recouvertes de petites écailles. La pectorale atteint juste l'origine de l'anale et fait 1 fois 1/2 environ la longueur de la tête. La ventrale mesure les 5/0 de la longueur de la tète, elle débute sous la troisième épine de la dorsale et finit bien avant l'anus ; son épine, assez faible, fait les 2/3 du rayon adjacent. Le pédicule caudal est 1 fois 1/2 plus long que haut. La caudale est entière- ment recouverte de minuscules écailles ; elle est échancrée, à lobes arrondis. La coloration est uniformément gris violacé, les nageoires sont plus foncées, sauf la caudale qui est de la teinte du corps. D. XI 12; A. III 10; P. 15; V. I 5; Sq. 8/03/18. N° 14-16. Coll. Mus. Fort-Dauphin : Gouvernement général de Madagascar. Longueur : 207 + 50 = 257 millimètres. Ce Poisson me semble pouvoir rentrer dans le genre Pachy- metopon à cause de sa dentition et des écailles qui recouvrent une partie des nageoires dorsale et anale et toute la caudale. Il présente également certains caractères communs avec les Crenidens et les Pimelepterus. C'est donc une forme de tran- sition fort intéressante. Le type du genre Pachymelopon, le P. grande Gunther (1), provient du cap de Bonne-Espérance, bien que dans sa descrip- tion pjimitive Gunther ne mentionne pas l'habitat. L'espèce signalée ici s'en sépare surtout par ses écailles beaucoup plus (1) A. Gunther. Cat. Fish. Brit. Mus., I, 1859, p. 424. 266 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 grandes (Sq. 8/63/J8 au lieu de 11/88/22). Gùnther indique bien aussi sur le spécimen monté décrit par lui une protubérance large et arrondie, mais située entre les yeux, non en avant de la dorsale comme chez notre sujet. Steindachner (1) a fait connaître sous le nom de Pachyme- topon Gùntheri une seconde espèce également du cap de Bonne-Espérance et dont la formule de l'écaillure (Sq. L3/70/22 se rapprocherait davantage de celle décrite ici. Toutefois, d'après Gùnther (2), cette forme ne serait probablement pas séparable du Pochymetopon grande. Quant au Pachymetopon squamosum Macleay et Alleyne (3), de Nouvelle-Guinée, toujours d'après Gùnther, ce n'est autre que le Pimelepterus cinerascens Forskâl. (1) Steindachner. S. B. Ak. Wien., LX, 1S69, p. 135. (2) A. Gùnther. Note on Pochymetopon and the Australian Species of Pimele- pterus (Ami. Nat. HiSt. (5), XVIII. 1886, p. 367). (3) Macleay et Dr Alleyne. P. Llnn. Soc . N. S. Wales, 1876, I, p. 275, pi. ix. flg. 1. SUR L ÉTHOLOGIE DE NEREIS {HEDISTE) DIVERSICOLOR O.-F. M. (A propos d'une critique faunistique du professeur Gaullery)- PAR Casimir CÉPÈDE INTRODUCTION Les formations littorales tourbeuses du Boulonnais ne sont pas comparables au point de vue faunistique au gisement tour- beux dont P. de Beauchamp nous a donné une intéressante description et qu'il a étudié près de Boscoff(l). Et cela parce que, malgré la communauté de dénomination, les gisements boulonnais dont j'ai fait mention ne se présentent pas dans les mêmes conditions géographiques que le gisement des environs de Roscoff qu'il a étudié. A la suite de la publication de ma communication qui a suivi celle de de Beauchamp (2), le professeur Gaullery a adressé une (1) P. de Beauchamp. Une tourbière sous-marine comme milieu biologique (Bull. Soc. Zool. France, séance du 24 mars 1914, XXXIX, 3, p. 153-159). (2) C Cépède. Les gisements de tourbe sous-marine, milieux biologiques (Bull. Soc. Zool. France, séance du 24 mars 1914, XXXIX, 3, p. 160-167). SÉANCE DU 23 JUIN 1914 267 courte note sur ce sujet : « A propos des formations littorales tourbeuses du Boulonnais » (1) dans laquelle il dit : « Je suis assez surpris de l'indication de Nereis diversicolor Millier dans la station où la signale M. Gépède et qui est franchement marine. Cette Nereis est, en effet, une espèce d'estuaire, qu'on trouve dans la partie terminale de la rivière de Wimereux et qui surtout était abondante autrefois dans les eaux saumàtres du Vieux Port, avant qu'il ne fût comblé. Ce sont d'autres espèces de Nereis qui vivent en général à la grève proprement dite ». M. le professeur Caullery voudra bien m'excuser si je trouve ici que sa surprise est injustifiée. J'espère que les documents contenus dans cette note et la suivante nous en fourniront la démonstration. Cette étude aura pour effet de préciser l'éthologie de cette intéressante Annélide. Elle montrera, en outre, que je sais depuis longtemps quelle stricte rigueur doit être apportée dans la détermination des espèces citées dans les travaux faunistiques ou iloristiques. Elle montrera, de plus, que la définition précise de l'éthologie des espèces n'est pas moins importante à fixer d'une manière très exacte chaque fois qu'on aborde l'étude des associations biologiques. J'ai écrit, en collaboration avec ma femme, et sur un sujet analogue à celui qui nous occupe ici : « De plus en plus, il faudra... en Diatomo'logie pure ou floristique ne plus se contenter de dresser des catalogues comme ceux que nous trouvons encore dans des traités récents où il n'est rien dit du « gîte » de la Dia- tomée, mentionnée le plus souvent par de vagues indications comme celles indiquées plus haut [Licmophora commuais Gru- now, Pas-de-Calais, ou encore : Licmophora communis Grunow, Wimereux], et il devient nécessaire de consigner très exacte- ment LES DOCUMENTS ÉTHOLOGIQUES DONNANT UNE INDICATION PRÉCISE DE L'HABITAT DE LA DlATOMÉE OBSERVÉE (2). )) * * Dans son intéressante synthèse de la faune annélidienne du Pas-de-Calais (1889), Malaquin (3) n'a presque rien dit des gites (l) M. Caullery. Ce Bulletin, XXXIX, 4, séance du 4 avril 1914, p. 180. (2 L. et C Cépède. Nouvelle contribution à l'étude des Diatomées marines du Pas-de-Calais. Diatomées marines littorales et benthiques du Boulonnais. Leur importance dans la batbynémie des animaux marins comestibles (Bull. Soc. acadé- mique Boulogne-sur-Mer , IX, 1912, 22 pages). (3) Malaquin (1889-1890). Les Annélides polycbètes du Boulonnais (Rev. biol. S'ord France, II, p 387). 268 SÉANCE DU 23 JUIN 191 ï de VHediste diversicolor O.-P. Millier. Cette absence de docu- ments géographiques locaux ne doit pas nous surprendre dans un travail de synthèse faunistique comme l'est celui de réminent professeur de Lille. Il dit, en effet : « Subgenus Hediste Malni- gren. Hediste diversicolor O.-P. Millier. Cette Néréide est assez abondante; elle se rencontre dans le sable vaseux. Sa taille est de 6 à 10 centimètres, avec 80-00 segments. Océan Atlantique. Mer du Nord. » * * * Je ne reviendrai pas en détail sur les citations bibliographiques des travaux de Giard que j'ai données textuellement dans mon précédent travail sur ce sujet. Toutefois, je tiens à montrer que le gisement signalé par A. Giard devant la rue des Dunes et celui que j'étudie sous le nom de gisement de Wimereux, devant l'hôtel de la Manche, et que ma femme et moi avons déjà cité dans un travail antérieur, n'est qu'un seul et même gisement. Et ainsi se trouve confirmée, par les observations antérieures mêmes de mon très regretté maître Giard, mon observation très précise mise en doute par M. Caullery. Donc Hediste diversicolor O.-P'. Millier est bien la même Anné- lide que j'ai trouvée récemment dans la tourbe de Wimereux et que bien avant moi Giard (loc. cit.) a signalée du même gisement. * * * Georges Bohn, dont les beaux travaux éthologiques ont tant contribué aux progrès cle la psychologie animale, a consacré un magnifique mémoire aux « Attractions et oscillations des ani- maux marins sous l'influence de la lumière », qui nous apporte de très intéressants documents sur la bathynémie et l'éthologie de VHediste diversicolor. Si des observations positives, précises, avaient besoin d'être confirmées, comme semble l'indiquer la critique de M. le pro- fesseur Caullery. qui n'est pas basée sur une observation de contrôle, nous aurions recours au chapitre que mon excellent ami G. Bohn consacre à VHediste (1). Je copie textuellement : « Les Hediste diversicolor sont des Annélides qui, au point DE VUE BIOLOGIQUE, OFFRENT CE GRAND INTÉRÊT DE POUVOIR SUP- (1) G. Bohn. Travaux du groupe d'études de psychologie zoologique. Attrac- tions et oscillations des animaux marins sous l'influence de la lumière. Recherches nouvelles relatives au phototactisme et au phototropisme, chapitre II : les Hediste diversicolor, p. 57. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 269 PORTER DES VARIATIONS CONSIDÉRABLES DANS LA SALURE DE L'EAU. » HABITAT. — Ces Annêlides vivent dans les estuaires sau- mâtres. Au pied du château du Guildo (estuaire de l'Arguenon, Côtes-du-Nord), on les trouve dans la vase à des niveaux diffé- rents : 1° dans des endroits recouverts à chaque marée par une épaisse couche d'eau marine; 2° sous des nappes d'eau sau- mâtre peu profondes, se tarissant plus ou moins à chaque marée ; 3° dans des ruisseaux d'eau douce où l'influence de la mer se fait peu sentir. Près du pont d'Ambleteuse (embouchure de la Sl'ack, Pas-de-Calais), on les trouve dans du sable vaseux, à une certaine distance du lit de la rivière, sable qui n'est recou- vert par la mer que quand la marée est assez forte et, par consé- quent, qui se dessèche pendant les périodes de morte eau. Ils habitent des galeries qui viennent s'ouvrir perpendiculairement à la surface, mais qui deviennent sinueuses dans la profondeur et forment des réseaux variés. » * * * Dans sa thèse de Paris (1), Fage (1906), qui a étudié la néphridie de notre Nereis, ne dit rien de sa distribution géogra- phique, point de la biologie de celte Annélide trop éloigné de son sujet. * * * Ehlers (2) disait déjà dans son beau travail de 1868, p. 556 : « Die Art [Nereis diversicolor G. -F. Millier) ist in der Ost- und Nordsee weit verbreitet; die von mir untersuchten Exemplare stammten von Helgoland (R. Leuckart), Norderney (Metzger) und von Kiel (Hensen) ; in der Ostsee findet sie sich noch bei Greifswald, dann in den dànischen, skandinavischen und englischen Kusten; wie weit sie nach Xorden und Siiclen geht, ist noch nicht festgestellt. Die Thiere sind Kiistenbewohner, welche auch ini wenig salzigen Wasser ausdauern, daher ihre weite Verbreitung in der Ostsee. Herrn Dr. Metzger in Norden verdanke ich die Mittheilung, dass, wenn im Sommer dem Meereswasser der Zutritt in die friesischen Moore geôffnet wird, (1) Fage (Louis). 1906. Recherches sur les organes segmentaires des Annêlides polychètes (Thèse Paris, 1906, p. 261-411, 2 pi. doubles). (2) Ehlers. Die Borstenwurmer (Annelida Chaetopoda), ' l or vol. avec 24 pi. 1864-1868, p. 556. 270 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 dièse Art damit weit hinein ins Land zieht und hier ausdauert, bis durch die Regengûsse im Herbst das Moorwasser versûsst wird; wenn dann in den Mooren der Salzgehalt unmerklich geworden ist, liegen die abgestorbenen Thiere auf den Boden o des sùssen Wassers. » * * * Dans l'intéressante étude qu'il consacre, tout récemment, aux Nereis de Roscoff (1), Emile Regnard (1913) donne, dans son paragraphe de la répartition de cette Annélide. des indications qui concordent avec celles des auteurs que je cite ici et avec les miennes propres. « Nereis diversicolor, écrit-il, est une espèce d'eau saumàtre. Je la trouve en extrême abondance, habitant des galeries en forme d'U, dans la vase et le sable vaseux constituant les bords du ruisseau qui coule derrière la digue de Per-Haridy, dans des endroits recouverts de végétation phanérogamique. De là, elle accompagne le ruisseau sur le sable de l'anse de Per-Haridy et s'étend d'abord de part et d'autre jusqu'à 30 mètres environ, les individus les plus éloignés étant les plus enfoncés. Dans les sinuosités du ruisseau, elle est plus abondante sur le bord situé du côté de la digue. » Ces animaux peuplent ainsi une bande continue jusqu'à 350 ou 400 mètres de la digue, endroit où la bande s'amincit et se termine en pointe enserrée par du sable à Arénicoles, avec au contact un léger mélange de ces deux Vers. Mais les N. diver- sicolor reparaissent par places dans tous les ilôts formés par le ruisseau, et quelquefois en grande abondance, jusqu'à un kilo- mètre de la digue, endroit où elles disparaissent pour faire place définitivement aux Arénicoles. » Je l'ai trouvée aussi, ajoute-t-il, en très grande quantité dans les bancs de vase du lit de la Penzé que j'ai exploré du viaduc au village de Penzé. Je l'ai retrouvée partout sur le parcours. M. le professeur Pruvot (1897) n'ayant signalé dans le lit de cette rivière que la N. cultriiera que je n'ai pas trouvée dans ce parcours, je pense que cette dernière espèce remplace N. diver- sicolor en aval du viaduc, mais je n'ai pu constater le fait, faute de temps. Les échantillons recueillis contenaient des produits sexuels. La répartition géographique de cette espèce est très (1) Reg.nard (Emile). Contribution à l'étude des Nereis de la région de Roscoff. Mémoire présenté à ia Faculté des sciences de Paris. Diplôme d'études supé- rieures n» 159 {Mém. Soc. zool. France, XXVI, p. 72-111, 1913). SÉANCE DU 23 JUIN 1914 271 étendue clans les eaux saumàtres de l'Euro])!'. D'autre part, de Saint-Joseph (1898) signale sa présence dans des marais salants. C'est donc surtout une espèce adaptée aux variations de SALURE. » * * Dans sa thèse (1), Auguste Michel dit, p. 12, qu'il « conserve vivante depuis 8 mois, clans I'eau douce, une Hediste diversicolor entière ». Plus loin, le même auteur précise l'éthologie de cette Annélide. 11 écrit, p. 29 : « par contre Hediste (Nereis) diversicolor... peu exposée à l'incursion d'animaux chasseurs dans son habitat spécial (sable vaseux de l'embouchure des rivières, alternati- vement couvert d'eau douce et d'eau de mer), s'autotomise moins facilement. » * * Dans le paragraphe qu'il consacre à Nereis diversicolor, l'illustre de Quatrefages (2) ne dit rien de l'euryhalinité de celle Annélide. Mais il signale l'habitat en commun de celte Nereis qui explique l'observation faite en captivité par Aug. Michel (loc. cit.. p. 12). d'après laquelle « des individus, même en très petit nombre, réunis dans un même vase, ne tardaient pas à se rejoindre et à s'enserrer jusqu'à entraîner la gangrène ». ce qui était une « difficulté imprévue » pour Michel. Cette constatation a déjà été faite par O.-F. Muller d'abord, par OErsted ensuite. « Les habitudes sociales si remarquables que Mùller avait signalées dans sa Néréide et que OErsted a constatées également chez la sienne, dit de Quatrefages, ne me semblent laisser aucun doute sur la justesse du rapprochement proposé par ce dernier naturaliste. Cette Annélide, en effet, est peut-être la seule qui se creuse des galeries en commun et forme, principalement sous les pierres, des masses enchevêtrées, que Muller compare à des pelotons de la pâte de ménage, qu'on désigne en Allemagne par le nom de Nudel. » * * * Je n'ai pu consulter encore les travaux de Max Schultze (1856) (3). de MalmgrÉn (1867) (4). de von Marenzeller (1874- (1) Michel (Auguste). Recherches sur la régénération chez les Annélides (thèse de Paris, 1898). 2 de Quatrefages. Histoire des Annelés, 1865, I, p. 508 et sqq. 3) Max Schultze. Ueber die Entwickelung von Arenicola piscatorum nebst Bemerk. ûber die Entwickl. anderer Kiemenwùrmer. Halle. in-4°, 1856, p. 2. (4) Malmgren. Annulât a polych.eta, 1867, p. 49, pi. IV, fig. 28. 272 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 1879) (1), de Levinsen (1882) (2), de Schrôder (1886) (3), que j'étudierai en détail dans une prochaine note. Je n'ai pu me pro- curer aussi le travail d' O.-F. Mûller où il a créé l'espèce (1771) (4), non plus que son autre mémoire de 1776 où il en parle encore (5). Je n'ai pas encore parcouru le travail d'OEnsTED (6), comme aussi ceux de Johnston (7-8), de Rathke (9) et de Prey ei Leuckart (10). J'y reviendrai. * * * Dans sa thèse si intéressante « Sur la respiration des Anné- lides » (11), J. P. Bounhiol (1902) signale Nereis irrorata et » Nereis diversicolor comme types construisant dans le sable et dans les vases à Zostères de véritables tubes (12) ». Et, dans le chapitre VI qu'il consacre aux « Relations de l'activité respiratoire des Annélides avec quelques milieux respi- rables anormaux », Bounhiol pense immédiatement à utiliser pour ses recherches la remarquable Nereis diversicolor. Quand il veut étudier les espèces qui sont « dans la nature, parfaitement adaptées à l'eau saumâtre et même à l'eau sursalée (marais salants) pour voir si « ces adaptations avaient comme conséquence une modification durable de l'activité respiratoire », c'est encore tout naturellement à l'intéressante Nereis diversi- color qu'il s'adresse. Tl cite d'ailleurs, lui aussi, le beau travail de Perronnière auquel chacun se réfère désormais pour étudier l'éthologie des organismes marins supralittoraux. Il dit : « M. Cx. Perronnière a rencontré au Groisic des espèces adaptées (1) von Marenzeller. Zur Kenntn. der Adrlat. Armel. (S. B. Akad. Wien., LX IX, 1S74, p. 60, et pi. vu, fig. 3) et aussi Sùdjapanische Annel. {Denkschr. Akad. Wien., XLI, 1879, p. 14). (?") Levinsen. Syst. geog. Oversigt over de Nordiska Annul. {Vidensk. Meddels. for 1882. Copenhague, 1883, p. 236). (3) Schroder. Anatomisch-histologische Untersuchung von Nereis diversicolor. Rathenow, 1886, in-8o. (4) 0. F. Mûller. Die bunte Néréide. Von Wiirmern des siissen und salzigen Wassers. Copenhague, 1771, in-4°, p 164, pi vi. (5) 0. F. Mûller. Prodromus zoolog. dan . 1776, p. 217. (6) Œrsted. Annulât, danic. Consp., 1843, p. 23, fig. 66, 68 et 73. (7) Johnston. Miscell. zool., Ann. nat. hist.. V, 1840, p. 170. (8) Johnston. Catalogue. 1S65, p. 147. (9) Rathke. Beitrâge zur Fauna Norwegens. Verh. der K. Leop. Carol. Ah. d. Naturf., XX, I, 1843, p. 161, pi. VIII. fig. 6-S. (10) Frey et Leuckart. Beitrâge zur Kenntn. wirbell. Thiere., 1847, p. 156. pi. Il, fig. 10-12. (ll)J.-P. Bounhiol. Recherches biologiques expérimentales sur la respiration des Annélides polychètes (Thèse de la Fac. des Se. de Paris, 1902, 132 p.). (12) Loc. cit., p. 70. Séance du 23 juin 1914 273 à l'eau saumâtre ou à l'eau sursalée et ayant subi de ce lait dos modifications anatomiques appréciables; ce sont, du reste, les mômes animaux qui s'adaptent avec le plus de facilité dans un sens et dans l'autre (Nereis diversicolor) » (1). Je passe sur les détails si intéressants de ces expériences minutieuses consignées p. 82, 83. Je me contenterai de dire que l'espèce qui a « fourni les résultats les plus complets est la Nereis diversicolor qui possède une plasticité remarquable et s'adapte très rapidement, en douze jours dans le cas actuel, à l'eau douce pure où elle continue à vivre aussi bien que dans l'eau ordinaire », comme l'indiquent, au point de vue respira- toire, l'intéressant tableau et le graphique qui l'illustre que J. P. Bounhiol donne à la page 83 de son mémoire. On voit, en effet : « que le coefficient respiratoire reprend dans l*eau douce la valeur qu'il avait dans Terni de mer, après être passé par une série de valeurs intermédiaires ». Ajoutons qu' « après l'expérience, l'auteur a longtemps conservé les ani- maux dans l'eau douce aérée comme d'habitude. Ils avaient creusé des galeries dans le sable et y vivaient fort bien » (2). Et Bouhniol considère bien nettement Nereis diversicolor comme une Annélide marine supralittoraie quand il dit, en par- lant de Nephthys Hombergi qu'il considère comme capable de s'adapter à l'eau saumâtre : « Je n'ai pas pu vérifier si cette adaptation était parfaite et durable. Il aurait fallu, pour cela, prolonger les expériences pendant un temps considérable. Cela est certain pour la Nereis diversicolor que l'on rencontre parfai- tement et complètement adaptée sur les côtes basses dans les lagunes saumàtres à l'embouchure des rivières (3) ». Quant à I'eau sursalée, Bounhiol a expérimenté sur les mêmes animaux et a supposé que « la plasticité adaptative pourrait s'exercer chez eux dans un sens comme dans l'autre ». L'expérience a vérifié cette prévision, mais d'une façon générale, comme chez Ferronnière « l'adaptation dans l'eau sursalée a été moins parfaite que dans l'eau saumâtre ». Et là, Bounhiol donne quelques réflexions éthologiques intéressantes : « Il faut, sans doute, chercher la raison de ce phénomène dans la rareté relative des milieux sursalés dans la nature et clans l'extrême rareté de leur faune. Les marais salants, qui sont le type des eaux sursalées, ne renferment que quelques espèces particuliè- (i) Loc. cit., p. ai. (2) Loc. cit.. p. 84. (3) Loc. Cit., p. 86. 27 i SÉANCE DU 23 JUIN 1914 rement résistantes et tolérantes connue la Nereis diversicolor que M. Perronnière y a rencontrée avec quelques légers chan- gements morphologiques. Il n'y existe guère d'autres Annélides. L'adaptation de la Nereis diversicolor a dû être, du reste, très longue et très lente. » Je considérerais plus volontiers l'eau sursalée comme une sorte de milieu desséché chimiquement. Et de môme que les espèces aériennes résistent difficilement dans les lieux desséchés physiquement (par la chaleur solaire et volcanique, ou la per- méabilité très grande des sables, etc.), de même les espèces aquicoles ne pourraient pas résister à une salure exagérée qui est une sorte de « dessiccation chimique », l'eau des solutions devenant de plus en plus rare et dépassant lte degré permettant aux échanges osmotiques entre l'être et le milieu de se produire. Autrement dit, je serais assez tenté d'établir un double paral- lèle entre cette « hyperhalobiose » (1) des Nereis et autres ani- maux aquatiques euryhalins (Harpacticus fulvus notamment), supportant des sursalures considérables, les animaux d'eau douce pouvant supporter la dessiccation du milieu (Rotifères) et les organismes aériens susceptibles de subir une déshydratation considérable de l'air comme les Insectes Ténébrionides dont je parle plus loin. En somme, pour être explicite, je comparerais assez volontiers Nereis diversicolor adaptée aux eaux sursalées à ces Ténébrio- nides des régions méridionales (Pimelia, Akis, etc.) ou des régions sableuses (les Opatrum sabulosum, Phylan (Olocrates) (jibbus, Microzoum tibiale des dunes sèches du Boulonnais). Et il serait même intéressant d'étudier l'adaptation possible de ces mêmes Ténébrionides à l'air humide, si cela n'a déjà été fait. Je déclare n'avoir jamais fait de recherches bibliographiques sur ce sujet; mais, a priori, il semble qu'il y ait un parallèle biologique à établir entre ces animaux aériens d'une part et les animaux marins que nous étudions ici d'autre part. Et je n'en veux pour preuve que la biologie des Blaps, ces hôtes somno- lents de nos caves humides et des boulangeries. A mon avis, 1' « hyperhalobiose » n'est qu'une forme particulière de l'anhy- drobiose. Mais revenons aux Nereis : « Aucune des autres espèces de la zone littorale élevée, dit Bounhiol, ne se trouve exposée à des augmentations brusques de salure comparables aux dimi- nutions subites survenant à la suite des pluies violentes. Vis- Ci) Huperhalobiose :ù-nip = sur; oc/e? = sel; /3's; = vie. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 275 à-vis de la nécessité de vivre en eau plus ou moins saumâtre, ces animaux possèdent une plasticité qu'ils peuvent mettre immédiatement en jeu, dès que cette nécessité se présente, et l'expérience a mis parfaitement cette propriété en évidence. » « Mais la nécessité de vivre en eau sursalée ne se présente jamais inopinément pour eux dans la nature et, de ce côté, leur élasticité organique n'est pas exercée. Pour la manifester expé- rimentalement dans ce sens, il aurait fallu des périodes de temps considérables et des transitions très nombreuses dans la succession des milieux nouveaux. » « AUSSI, DANS UNE SÉRIE RAPIDE DE MILIEUX SURSALÉS, SEM- BLABLE A LA SÉRIE DES MILIEUX SAUMÂTRES, IL FAUT S'ATTENDRE A TROUVER LES ANIMAUX UN PEU RÉTIFS ET INTOLÉRANTS EN DEHORS de Nereis diversicolor (1). » Suivent les belles expériences dont les résultats (tableau et graphique) montrent : « l'existence chez Nereis diversicolor d'une accoutumance assez rapide a l'eau sursalée, jusqu'à LA concentration correspondant a une réduction des 6/10 DE l'eau de mer ordinaire ». Et, ajoute Bounhiol, « il est possible, il est même probable que si, à partir du moment où une certaine intolérance a commencé à se manifester, j'avais pu insister longtemps sur l'eau d'une certaine concentration avant de passer à une concentration légèrement plus élevée, je serais arrivé à reculer les limites de cette intolérance et à obtenir une adap- tation plus complète (2). » L'auteur revient sur l'adaptation à l'eau douce (p. 93) et à l'eau sursalée (p. 94); dans le premier cas, il signale la « tolé- rance PARTICULIÈRE A UNE SALURE MINIME QUI PEUT ALLER JUSQU'A l'eau douce pour la Nereis diversicolor », et, dans le second, il déclare qu' « expérimentalement, il n'y a guère d'adaptation possible que pour la Nereis diversicolor ». Il y revient, p. 98, et dit que « dans l'eau sursalée, à part la Nereis diversicolor, toutes les espèces asphyxient rapidement dès que la concentra- tion correspond à une réduction de 3/10 du volume primitif ». 11 en reparle, p. 107 : « Dans l'eau sursalée, il n'y a guère que la Nereis diversicolor dont l'adaptation soit certaine et durable. » Enfin, concluons avec Bounhiol (3) : « Les espèces de la haute zone littorale, qui sont exposées à des changements brusques de salure, présentent vis-à-vis de ces perturbations du milieu (1) Loc. cit., p. 90. (2) Loc. cit., p. 92. (3) LOC. Cit., p. 126. 276 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 respirable, une certaine élasticité adaptative. Le coefficient respi- ratoire, après quelques oscillations, manifeste une tendance très nette à reprendre sa valeur ordinaire. L'animal, au bout d'un certain temps, respire dans le nouveau milieu comme dans l'an- cien; LES LIMITES DE CETTE ADAPTATION SONT TRÈS ÉTENDUES CHEZ certains types (Nereis diluer sic olor), vis-a-vis de l'eau saumâtre COMME VIS-A-VIS DE L'EAU SURSALÉE. » (Laboratoire de zoologie, Sorbonne, 23 juin 1914). L'EURYHALINITÉ DE NEREIS {HEDISTE) DIVERSICOLOR O.-F. M. (A propos d'une note récente du professeur Caullery). PAR Casimir CÉPÈDE La présente Note peut être considérée comme la suite natu- relle de la précédente, parue ici-même (1), en réponse à la cri- tique formulée par M. le professeur Caullery (2) au sujet d'un travail que j'ai fait paraître antérieurement dans ce même Bulletin (3). La longueur du texte m'a obligé à scinder en deux cette réponse. * * Le regretté baron de Saint-Joseph signale Nereis diversicolor O.-F. Muller, de Villers, sans indication éthologique (4), dans sa liste faunique. Dans ses recherches sur les Annélides du Croisic (5), le même auteur signale Nereis diversicolor O.-F. Muller dans sa liste faunique du Grand-Trait et des marais salants. (1) C Cépède. Sur l'éthologie de Nereis (Hediste) diversicolor O. F. M. A propos d'une critique faunistique du professeur Caullery {BuU. Soc. zool. France, séance du 23 juin 1914, XXXIX, p. 266). (2) Caullery. A propos des formations littorales tourbeuses du Boulonnais (Bull. Soc. zool. France, XXXIX, 4, séance du 14 avril 1914, p. ISO). (3) C Cépède. Les gisements de tourbe sous-marine, milieux biologiques {Bull. Soc. zool. France, séance du 24 mars 1914, XXXIX, 3, p. 160-167). (4) Baron de Saint-Joseph. Les Annélides polychètes des côtes de France (Mancne et Océan) Ann. Sci. nat. Zool. (8), V, p. 211, 1898). (5) Loc. cit., p. 218. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 277 Plus loin (I), il la signale comme « trouvée au Croisic clans le sable non loin des marais salants dans le Grand-Trait » et à la page suivante il dit : « M. le professeur Henneguy a bien voulu m'en remettre plusieurs qu'il a ramassés dans les marais salants » et il ajoute : « La N. diversicolor s'accommode donc bien aux différents degrés de salure de l'eau ».. D'ailleurs, de Saint-Joseph (1906) mentionne encore Nereis dvuersicolor O.-F. Millier de la Méditerranée dans sa liste, p. 147 (2). Et plus loin, il signale Nereis diversicolor O.-F. Muller comme « assez abondante dans les mares d'eau saumàtre à la plage de la Napoule, près de l'embouchure de la Siagne ». Il a fait quelques observations expérimentales sur l'euryhalinité de ces Nereis. Les voici : « En plaçant sans transition 6 de ces N. diver- sicolor d'eau saumàtre dans de l'eau de mer et 6 clans l'eau douce, aucune d'elles ne meurt. Au premier moment, celles qui sont transférées dans l'eau de mer se montrent très actives et semblent rentrer dans leur élément naturel. Quant à celles qui sont transférées dans l'eau douce, elles sont languissantes et ne se remettent qu'au bout de 2 heures. Les deux lots vivent plu- sieurs jours, celui d'eau douce paraissant à la fin mieux résister que l'autre ». Et, en bas de page, il montre que ces recherches ont été ins- pirées par la belle thèse de Ferronnière sur laquelle nous reviendrons en détail à la fin de cette note. Il dit, en effet : « Voir sur le passage de la N. diversicolor de l'eau saumàtre à l'eau de mer et de l'eau de mer à l'eau douce, les intéressantes observations de M. Ferronnière clans ses Etudes biologiques sur les zones supralittorales de la Loire-Inférieure [Bull, de la Soc. des Se. nat. de l'Ouest de la France, t. XI, 1901, p. 22'i-228) ». * * * Sur les conseils du regretté de Saint-Joseph, jetons un coup d'œil sur la belle thèse de Georges Ferronnière, vrai modèle de travail éthologique sur les zones supralittorales. Nous allons y trouver les renseignements les plus précieux sur la question qui nous occupe et les preuves les plus frap- (1) Loc. cit., p. 295. (2 Baron de Saint-Joseph. Les Annélides polychètes des côtes de France (Océan et Côtes de Provence) (Ann. Sel. nat. Zool. (9), III, p. 147, 1906). 22 278 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 pantes de l'excessive EiiijYiiALiNiTÉ de la Nereis (llcdiste) diver- sicolor O.-P. M. * * En effet : Présence dans la mer. Ferronnière (1901) a trouvé « en certains points vaseux de Saint-Goustan (baie du Croisic en dehors de la jetée), ainsi qu'à l'entrée d'anciens marais salants, la Nereis diversicolor ». Et dans le tableau qu'il donne à la page suivante sur la distribution des espèces (1) il cite cette Annélide « un peu au-dessous des grandes marées de morte-eau » et « à la limite des marées de morte-eau dans du gros sable un peu vaseux ». Ces deux loca- lités rappellent étonnamment, quant au niveau bathymétrique, celle de Wimereux où j'ai signalé la Nereis diversicolor. Ce même auteur trouve encore Nereis diversicolor dans les prés salés, à l'est de la gare sur un fond vaseux; dans les étiers et les vasières des marais salants du traict du Croisic (2). Il la retrouve dans la vase du fond du traict où elle remplace N. cul- trifera et N. irrorata. Et comme conclusion bio-éthologique con- cernant N. diversicolor, Ferronnière dit : « Nereis diversicolor est, comme Clitellio arenarius, une espèce qui habite en maints endroits, au sommet de la zone littorale, lorsque l'eau y est SUJETTE A DES CHANGEMENTS DE SALURE (3) ». Et il montre qu'il y a ici, comme pour Clilellio arenarius, « un fait de descente de la faune supralittorale, à la faveur des conditions de milieu, telles que la variation de la salure suivant la saison, qui se rapprochent des conditions normales des localités supralitto- rales ». « Nous aurons souvent l'occasion de rappeler ce fait que, DÈS QU'UN MILIEU DEVIENT ANORMAL, FOND DE BAIE, MARAIS OU ESTUAIRE, ON OBSERVE UNE SORTE DE DESCENTE DE LA FAUNE LITTO- RALE, MIEUX ACCLIMATÉE AUX CONDITIONS DÉFAVORABLES (4) ». Dans l'eau stagnante des parcs aux Huîtres, parmi une faune très pauvre, Ferronnière a trouvé le 19 août 1899 : « Nereis diversicolor dans les endroits les plus éloignés de l'entrée des parcs et plus sujets que les autres aux changements de SALURE (5) ». (1) Loc. cit., p. 20. (2) LOC. Cit., p. 35. (3) Loc. cit., p. 43. (4) Loc. cit., p. 44. (5) Loc. cit., p. 47. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 279 Et d'autres Huîtres achetées à Nantes et de localité inconnue, fournissent à l'auteur des Nereis diversicolor (1). Au nord de la chapelle du Crucifix, assez bas « aux endroits que la mer atteint à peu près à toutes marées, on trouve, dit Ferronnière, dans le sable et sous les pierres Nereis diversi- color dans les endroits nettement vaseux (2) ». 11 retrouve cette Annélide sous les pierres, en masses com- pactes, dans les prairies à Vaucheria Thureti et à Chœtomorpha implexa. Elle « y creuse un réseau inextricable de galeries. Ce fait est général pour toutes les faunes adaptées à un milieu défa- vorable (3) ». Ferronnière retrouve cette Nereis diversicolor, le 18 août 1898, dans « un vivier très peu profond (en quelques endroits, seule- ment, il atteint 65 cm.), ancienne vasière de marais salant, ne recevant l'eau de mer qu'aux marées un peu fortes et commu- niquant avec la plage par un canal fermé par une vanne et situé à l'entrée du traict du Croisic, à l'ouest de la chapelle de Saint- Goustan (4). Il la retrouve « dans la rade de Lorient où elle est très com- mune et habite les points les plus éloignés de la mer (5) ». En résumé, cette première partie nous « caractérise Nereis diversicolor comme une forme que nous retrouverons dans les eaux saumâtres ou sursalées ». Et le traict du Croisic où nous la rencontrons est un golfe profond où la grande quantité de vase n'est pas la seule cause de l'appauvrissement de la faune : il faut y ajouter les changements de salure, le grand calme des eaux si défavorable à l'aération du milieu (6). * * * Présence dans les marais salants. Dans son excursion du 2 septembre 1898 « dans les marais salants situés derrière la gare du Croisic, après un temps chaud et sec favorisant l'évaporation », Ferronnière a trouvé, dans la (1) Loc. cit., p. 47. (2) Loc. cit., p. 48. (3) Loc. Cit., p. 49. (4) Loc. cit., p. 51. (5) Loc. cit., p. 51. (6) Loc. Cit., p. 54. 280 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 zone où les Atriplex cessent et où apparaissent les Fucus vesi- culosus, avec ou sans vésicules, Fucus haïtiens, F. platycarpus et F. ceranoides, à rameaux gonllés ou non, sous les pierres, comme Annélides, « de très nombreux Nereis diversicolor per- çant la vase de leurs galeries (1)... »; à la partie tout à fait inté- rieure de l'étier, dans le chenal central, ou il reste toujours un peu d'eau vivent... sous les pierres, des Nereis diversicolor, toujours à grand nombre (2) ». Parmi les animaux remarquables des vasières, l'auteur cite, sur les bords avec « quelques Hemi- tubifex salinarum non mûrs, de très nombreux Nereis diversi- color (3) ». Dans son excursion du 11 septembre 1898, Ferronnière trouve dans les marais salants situés derrière la plage Valentm et qui étaient en pleine activité... « des Nereis diversicolor habitant jusque dans les gobiers ; mais elles paraissaient malades, et leur corps coloré de rouge ou de vert était opaque, comme celui des Palaemon rectirostris attaqués par Thelohania octospora-, peut- être étaient-ils atteints de la même maladie (4) ». Dans son excursion du lt janvier 1899, le même auteur, par- courant les marais salants situés derrière la gare du Croisic, trouve que Hemitubifex salinarum remontait dans les chaulfoirs et se trouvait à peu près dans tous, y compris clans les œillets et qu' « il en était de même des Nereis diversicolor qui étaient alors en bon état et très nombreux, mais semblaient engourdis dans leurs galeries comme s'ils hivernaient (5) ». Dans son excursion du 18 mars 1899 dans ces mêmes marais compris entre la plage Valentin et la gare du Croisic, « les Nereis diversicolor étaient très nombreuses et de toutes tailles ; mais pas plus qu'en janvier, il n'a pu trouver d'Heteronereis (6) ». Dans son excursion du 26 juillet 1899, où il a exploré les vasières de marais salants, vastes et profondes, dont la salure n'est pas très forte et la communication avec le traict peu ouverte, Ferronnière retrouve Nereis diversicolor (7). Dans son excursion du 2 août 1899, Ferronnière retourne dans les marais visités en mars et qui sont en pleine activité ; il retrouve dans l'étier le Nereis diversicolor et dans la vasière (1) Loc. cit., p.. 5S. (2) Loc. cit., p. 59. (3) Loc. cit., p. 60. (4) Loc. cit., p. 61. (5) LOC. cit., p. 61. (6) LOC. cit., p. 6'2. (7) LOC. Cit., p. 62. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 281 du marais du Roi, observe, vivant dans l'eau, des Nercis diver- sicoïor; il les retrouve dans les gobiers des alentours (1). « Dans les phares situés à Test du marais du Roi, Ferron- nière a trouvé de nombreuses Nereis diversicolor malades, avec la tête surtout déformée et parfois comme décomposée ; les antennes et les tentacules étaient presque tous attaqués par la décomposition ou même disparus; le corps était, de couleur rose saumon opaque, probablement attaqué par une Sporidie ana- logue à celle des Palaemon, et peut-être la même ; en tous cas ces animaux, dont beaucoup étaient de grande taille, se tenaient tous en grand nombre à la surface de la vase, rampant ou nageant en tous sens ». . Perronnière a observé, au môme endroit, semblable phéno- mène en 1897, et depuis l'a constaté en beaucoup d'endroits ; c'est donc dans les phares, semble-t-il, que se trouve la limite d'extension dans l'eau sursalée, de cette Annélide. « Nous ver- rons, ajoute-t-il, dans la troisième partie de ce travail, que, dans in milieu dépourvu de germes infectieux de cette nature, Nereis diversicolor peut continuer a vivre presque jusqu'au POINT OÙ LE CHLORURE DE SODIUM SE PRÉCIPITE » (p. 64). Dans son excursion du 13 août 1809 aux étiers avoisiuant la gare du Pouliguen, Ferronnière a trouvé Nereis diversicolor (p. 65). Dans celle du 1(3 août 1899, il trouve encore « dans les vasières des marais salants situés derrière la gare clu bourg de Ratz, Nereis diversicolor » (p. 65). Dans ses excursions du commencement de septembre 1899, après quelques pluies abondantes, il a retrouvé dans ces marais situés au nord du marais du Roi, clans « un étier et une vasière, bien vivante, Nereis diversicolor dans la boue de la vasière et à l'embouchure du ruisseau du marais clu Roi » (p. 66). Le 27 avril 1900, après quelques jours de grand soleil « qui commençaient à faire perdre aux marais salants leur salure d'hiver, quoiqu'ils ne fussent pas encore, tant s'en faut, prêts à fonctionner », Ferronnière a « trouvé dans les vasières, situées au nord de la plage Valentin... de très nombreux Nereis diver- sicolor... Dans les points où il y avait des suintements d'eau douce... il y avait aussi, quelle que soit l'importance du suin- tement d'eau douce, de très nombreux Nereis diversicolor .. » (P- 67). (1) Loc. cit., p. 63-64. 282 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 Dans sa deuxième excursion du 5 mai 1900 aux marais salants situés derrière la gare, Ferronnière a « pu constater le régime d'été de mieux en mieux établi... L'étier contenait Nereis diver- sicolor... La vasière contenait Nereis diversicolor (p. 70). En résumé, la Nereis diversicolor se trouvait : 1° Dans les étiers des marais salants ; 2° Dans les vasières clés marais salants pendant le fonction- nement (4° à 7° Baume) : 3° Dans les gobiers pendant le fonctionnement (7° à 8° Baume); 4° Dans les phares pendant le fonctionnement (17° à 18° Baume) (p. 71-72). Nous avons vu dans la. note précédente l'importance de la constatation suivante de Ferronnière : « Cette faune des marais salants a également des points de ressemblance avec celle des eaux saumâtres et même douces du voisinage », quand nous avons étudié l'intéressante thèse de J.-P. Bounhtol (1902). Et Ferronnière nous redit (1) : « Nous devons considérer les marais salants comme des étangs à salure variable suivant les saisons, et même, quoique en une moindre mesure, dans la même saison. La faune sera obligée, soit de changer plusieurs fois dans l'année, soit de posséder une très grande résistance aux difiérences de milieu ». Présence dans les eaux saumâtres. Ferronnière rappelle que Mendthal (1889) n'a rencontré dans le Frisches-Haffs (2) qu' « une seule espèce marine : Nereis diversicolor (3) ». A Test du marais du Roi, Ferronnière a étudié la faune d'une (( mare en communication temporaire avec les marais » qui est « la nnppe d'eau saumâtre la plus importante et la plus intéres- sante de cette région ; elle se trouve entre le Croisic et le bourg de Batz; elle est, d'une part, alimentée par des sources, tandis que, de l'autre, elle n'est séparée des marais salants que par une très mince levée d'argile de 30 cm. d'épaisseur au plus, basse, et au-dessus de laquelle passe l'eau douce quand elle monte plus haut qu'à l'ordinaire. La salure de cette mare est très variable suivant les points (côté de la source ou côté du marais), suivant la profondeur (l'eau de mer, dans ce milieu (1) Loc. cit., p. 57. (2) Mendthal. Untersuchungen ùber die Mollusken und Anneliden des Frisch- Haffs (Schriften der Phys Ges. in Kôvigsberg, XXX, 1889). (3) Ferronnière. Loc. cit., p. 93. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 283 tranquille, reste an fnnd tandis que l'eau douce surnage), et surtout suivant les saisons; l'été, en effet, l'évaporation s'y fait vite et la source ne donne que très peu, ce qui augmente la salure; de plus, le moindre accident survenu au mince barrage fait entier brusquement l'eau du marais en quantité très appré- ciable. A la fin de juillet 1900. Ferronnière a pesé l'eau de la surface aux deux extrémités de la mare; elle marquait près de rentrée 3°5 B., et à peine 2°5 B. à l'extrémité la plus éloignée : c'est là, selon l'auteur, le maximum de salure qu'atteint la mare. En hiver, en revanche, et au printemps, la source donne beau- coup, et, si le barrage est en bon état, l'eau devient presque absolument douce sur toute la surface et se maintient à un niveau plus élevé que celui du marais salant ». Dans cette si intéressante station, le 16 août 1899, Ferronnière trouve Nereis diversicolor, très commune, quand « le barrage est en bon état, la source donnant très peu et la salure de l'eau ayant augmenté à cause de l'évaporation » (1). Au commencement de septembre 1899, quand « l'évaporation continue » il retrouve Nereis diversicolor dans les « endroits les plus rapprochés du marais (2) ». Dans son excursion du 27 avril 1900. le barrage étant en mauvais état et faisant communiquer la mare avec le marais salant, Ferronnière rencontre des « Nereis diversicolor, nom- breux et jeunes » (3). Et il conclut, de l'étude de ce milieu particulier, que « cette mare présente deux faunes bien tranchées, correspondant à ces deux états extrêmes : eau douce et eau de mer... et qu'à la seconde appartient Nereis diversicolor... Ces deux faunes se mélangent et certaines espèces, même, semblent vivre en tous temps dans la mare ; telles sont : Palaemon rectirostris, Nereis diversicolor » (4). Il termine ce chapitre par cette phrase, si intéressante pour nous : « Cela montre combien la formation d'une faune stable, à aspect marin, dans les mares de reliquat, est difficile à réa- liser, étant donnés les brusques changements que Von observe dans la densité; quelques rares espèces, telles que Nereis diversicolor... sont capables d'y résister... » (5). (1) Loc. Cit., p. 97. (2) LOC cit., p. 98. (3) Loc. cit., p. 98. (4) Loc. cit., p. 99. (5) LOC. Cit., p. 100. 284 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 Lorsqu'il étudie les mares saumâtres et d'eau douce de la région, comme le « marais du fond du port de Lorient », Ferronnière trouve que « cède mare, qui reçoit un très faible filet d'eau, possédait, comme le reste de ce coin du port, une faune et une flore marines avec Ulva lactuca, Pelvetia canali- culata, divers Fucus, Hydrobia ulvœ, Nereis diversicolor (1), Carcinus mœnas, Lygia océanien, etc.. Plus tard, 12 septembre 1898, Ferronnière retrouve notre Annélide dans le « ruisseau du marais du Roi », dans une eau légèrement saumâtre (2) (max. 2°5 B à l'embouchure, été et mer basse) : Nereis diversicolor s'acclimate « à des eaux faiblement salées », et il ajoute : « Nous avons déjà vu Nereis diversicolor vivre dans la mare peu salée située à l'est du marais du Roi et l'expérience nous montre qu'il s'adapte aussi facilement a l'eau douce qu'a l'eau sursalée » (3). Dans son excursion, au Léguer, du 27 août 1898, Ferronnière retrouve Nereis diversicolor aux « bords du lit du ruisseau, en aval du pont, à travers la zone supralittorale. La mer y remonte presque à chaque marée » (4). Et les 5, 8 et 10 octobre 1898, il la retrouve « au fond de la baie en aval du pont où passe la route et aussi à 50 mètres en aval du pont » (5). Présence dans la Basse-Loire Au cours de plusieurs excursions faites entre la petite jetée du Vieux Saint-Nazaire, presque à l'emplacement de la nouvelle entrée du port, et le débarcadère situé à l'entrée du premier bassin, Ferronnière a observé : 1° Dans le sable vaseux : Nereis diversicolor (6). 2° Plus bas, du côté regardant la haute mer, dans la vase : A 7 , diversicolor. 3.° Dans les prés salés de Méan, dans les prairies de Scirpus, Juncus, etc. : N. diversicolor (6). 4° « Sur les pierres de la zone supralittorale », entre l'ancienne entrée du port et la jetée de Saint-Nazaire : A', diversicolor (6). (1) Loc. cit., p. 100. (2) Loc. cit., p. 104 : « Marais saumâtre : l°-2<> B : Nereis diversicolor... Eau plus salée 2°5 B : Nereis diversicolor ». (3) Loc. cit., p. 105. (4) Loc. cit., p. 107. (5) Loc. cit., p. 108. (6) Loc. cit., p. 112, 113, 114. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 285 A Donges (excursion du 9 septembre 1898). il trouve encore Nereis diversicolor (tableau) (1). A Paimbœuf, au point n° 1 : jetée du bas-Paimbœuf et balise, au bout du quai Eole, près du Calvaire, ii signale encore Nereis diversicolor. Il la retrouve au point n° 4, sur une « grève de sable vaseux et de vase pure en amont de l'estacade », au point n° 0, « dernier quai du haut Paimbœuf, en amont, où « les Nereis diversicolor sont très communs (2) ». En remontant un peu la Loire et en passant sur la rive droite, on trouve un point intéressant : Lavau. Ferronnière y trouve Nereis diversicolor aux points : n° 1 : pointe des Carrières; n° 1 : môle en avant du bourg de Lavau où « Nereis diversicolor existe encore en abondance » au moment où la faune marine diminue de plus en plus. Ce sera la station la plus en amont dans la Loire de notre Annélide. Pendant cette montée en Loire, les Nereis diversicolor ont un habitat de plus en plus profond parce que la salure superficielle est beaucoup plus faible que celle du fond (3). Et Ferronnière a très justement insisté sur ce fait intéressant de balancement entre la géonémie et la bathynémie de cette espèce. Il dit : « les Nereis diversicolor, de Saint-Nazaire à Lavau, ont une limite supérieure d'extension de moins en moins élevée (4) ». Et le tableau de la page 126 donne une idée gra- phique très nette de la distribution de notre Nereis dans la Loire. Dans ses « Conclusions relatives à la basse Loire, » Ferronnière dit, en parlant de la seconde section, caractérisée par l'abondance des dépôts vaseux et par la diminution progressive de la salure de l'eau et s'étenclant de Saint-Nazaire-Mindin à la tète de l'île de la Maréchale : « Elle possède une faune marine de plus en plus réduite à mesure qu'on s'avance vers l'amont. Cette faune EST COMPOSÉE D'ESPÈCES ACCLIMATÉES A L'EAU PRESQUE DOUCE ET en particulier de Nereis diversicolor (5). » Et dans son chapitre « Résumé et conclusions (6) », Ferron- nière conclut « que la formation des faunes saumâtres a lieu de la même façon que celle des faunes d'eaux sursalées... Nous (1) Loc. cit., p. 115. (2) Loc. Cil., p. 116-117. (3) Loc. cit., p. 118-119. (4) Loc. cit., p. 125. (5) Loc. cit., p. 128. (6) Loc. cit., p. 131-132. 286 SÉANCE. DU 23 JUIN 1914 avons vu s'opérer, là encore, dans la faune marine, une sélection dont les résultats ont été, sur bien des points, semblables à ceux de la sélection qui provient de la zone supral'ittorale. Dans les eaux courantes où les passages existent entre l'eau douce et l'eau de mer, nous avons vu cette faune plonger, repoussée par l'eau douce qui surnage. Nous avons vu certaines espèces MARINES S'ACCLIMATER A DES SALURES PLUS OU MOINS RÉDUITES ATTEIGNANT AINSI DES LIMITES D'EXTENSION PLUS OU MOINS AVANCÉES vers la mer : Nereis diversicolor est un bon exemple de ces ESPÈCES )) (1). * * * Je passe sur les expériences concernant la dessiccation où Ferronniers a souvent cité Nereis diversicolor, p. 179 notam- ment. * * * Dans ses expériences sur le « passage de l'eau de mer a l'eau douce », Ferronnière nous apporte de précieux documents sur la résistance de Nereis diversicolor à l'immersion dans l'eau douce. C'est, de toutes les Nereis, celle qui résiste le mieux à l'immersion brusque en eau douce. Des Nereis diversicolor mises en expérience le 18 septembre 1898, provenant des eaux saumâtres de Donges, et une autre mise en expérience le 18 mars 1899, conservée tout l'hiver dans l'eau de mer, résistent à l'immersion brusque dans l'eau douce pendant 3 jours, alors que N. pelagica a une résistance variant de 2 minutes à 1 h. 20, que N. Dumerili a une résistance variant de 5 à 7 minutes et que N. longipes a une résistance de 1 h. 15 à -'. h. 55 (2). Une autre Nereis diversicolor, plongée le 18 août 1898 dans l'eau douce et prise à la pointe du Croisic, dans Teau de mer d'un vivier, n'y vécut que quelques heures (3). Les détails de ces expériences sont relatés p. 224-228, et les conclusions biologiques auxquelles elles ont conduit l'auteur au point de vue si intéressant des éléments sexuels méritent d'être citées ici. A ce sujet, je dois rappeler auparavant une phrase de de Saint-Joseph (1888) qui mérite d'attirer notre attention, car (1) Loc. cit., p. 132. (2) Loc. cit., p. 207 et 216. (3) Loc. cit., p. 217. SÉANCE DU 23 JUIN 1914 287 elle est pleine de promesses pour celui qui étudierait le déve- loppement de l'espèce euryhaline qui nous occupe ici. « Schultze dit que les larves de la Nereis diversicolor, en sortant (sans doute par les organes segmentaires) du corps de la mère (où les œufs auront été probablement fécondés), sont couvertes de cils vibra- tiles », p. 259. Et Mendthal n'a-t-il pas dit que « Nereis diver- sicolor est hermaphrodite ? » Cf. Saint-Joseph. 1898. p. 298. « Il est possible d'acclimater cette espèce (Nereis diversicolor) à l'eau douce, même les échantillons pris dans Veau de mer normale ». Ils s'accoutument également à la nouvelle nourriture (Algues vertes) et régénèrent normalement leurs anneaux amputés. Une immersion brusque amène la mort lente sans enkystement ni autotomie, sans même production de mucus; mais si l'animal est mis dans l'obscurité, il peut résister même à une immersion brusque clans l'eau douce, car il s'enkyste alors et entre à l'état de vie latente. La mort ne survient que lorsqu'on le remet à la lumière. En somme, pour cette espèce, un changement brusque de milieu n'est pas suffisant pour provoquer l'enkystement ou la vie latente, quoiqu'il amène ordinairement la mort. Celle-ci n'arrive donc, en ce cas, que lentement, sans réaction. Mais si une autre cause (par exemple l'absence de lumière) amène la vie latente, la mort est retardée d'autant. Quant à l'acclimatation progressive, elle a lieu très facilement et n'entraîne même pas la cessation de la régénération ni sa modification en quoi que ce soit. Le seul résultat défavorable qu'amène l'acclimatation (au moins lorsqu'elle est aussi rapide que celle qui fait le sujet de l'expérience du 18 août 1898 au 15 mars 1899), est la stérilité ». Perronnière est cependant « fondé à croire qu'une accommodation plus lente et surtout dans des conditions de milieu plus favorables, ne l'aurait pas amenée ». « L'immersion brusque dans l'eau douce, d'ailleurs, même clans i'<>bscurité, amène la résorption des éléments génitaux, dont l'obscurité seule n'avait pas empêché la formation. x C'est donc là le premier résultat du changement de milieu d'eau douce à l'eau de mer, celui qui atteint les espèces les plus euryhalines » (1). (1) LOC cit., p. 228; voir aussi p. 263, 264, 265, 266. 288 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 Présence dans l'eau douce. Ferronnière (1), après avoir cité ses expériences, dit que : « Mendthal (1889) a signalé la présence de Nereis diversicolor dans le Frisches Haft's (2), avec une faune purement d'eau douce. Cette espèce s'avance, d'ailleurs, dans la mer Baltique jusqu'à rentrée du golfe de Finlande (Revel et Port-Baltique, d'après Koschenikov) (3); nous avons vu, plus haut, à plusieurs reprises, combien elle est euryhaline. » (( Enfin (4), Ostrooumof (1897) signale, à l'embouchure i\o> fleuves de la Russie méridionale (mer Noire et mer Caspienne)... Nereis diversicolor. » Passage de l'eau de mer a l'eau sursalée. Je passe rapidement sur les expériences de laboratoire des- tinées à constater le passage brusque ou graduel de Nereis diversicolor de l'eau de mer à l'eau sursalée relatées dans le tableau p. 314 de Ferronnière. Et je citerai très rapidement les observations de l'auteur sur les « variations de la durée de résistance suivant les espèces » où il constate Nereis diversicolor dans la « faune des vasières pendant l'automne, l'hiver et le premier printemps (pas plus de 4° Baume) », dans la « faune des vasières pendant le fonction- nement (4° à 7° Baume) », clans la « faune des gobiers pendant le fonctionnement (7° à 8° Baume et au-dessus) », dans la « faune des phares pendant le fonctionnement (jusqu'à 17° et 18° B.), où elles sont malades, et le résumé des observations (p. 319) d'après lequel Nereis diversicolor peut vivre dans une eau dont la salure varie « de 1° B. a 17° B. », ce qui nous donne, en densité, « de 1,005 à 1.130 ». Dans ses « Conclusions sur la faune des eaux sursalées » (5), Ferronnière dit : « On remarque tout de suite, en lisant ces lignes [copiées en ce qui concerne N. diversicolor], que la plu- part des espèces qui résistent le plus à l'eau salée sont aussi des espèces qui résistent à l'eau douce », et que dans les étangs des (1) LOC. cit., p. 267. (2) Mendthal, loc. cit., v. ante. (3) Koschenikov (Kojevnikov). Faune de la Baltique orientale. Congrès inter- national de zoologie, Xlie session, Moscou, 1892. (4) Ostrooumof. Recherches hydrobiologiques sur les embouchures des fleuves de la Russie méridionale ; communication préliminaire (en russe). Bull. Aç. St-Pétersbourg (5), VI, 1897. (5) Loc. cit., p. 320. SÉANCE DU 23 JUIN 101'. 289 Bouches-du-Rhône, « N. Dumerili semble jouer le même rôle que N. divcrsicolor dans les nôtres. C'est donc, comme noire espèce, une forme très euryhaline ». Je passe sur les « expériences d'immersion brusque dans l'eau sursalée et d'acclimatation artificielle » (1), retenant seulement que par évaporation lente de l'eau de mer Nereis diversicolor supporte près de i,23 comme densité (2). Et j'arrive à l'intéressant paragraphe consacré à 1' « Adaptation avec ou sans modifications » (3), où nous constatons les résultats suivants des expériences précédentes : « Nereis divcrsicolor RÉSISTE TRÈS LONGTEMPS A L'EAU DE MER SURSALÉE, Ct les animaux de cet habitat ont comme caractères distinctifs des appendices un peu plus courts que ceux des individus de Veau de mer normale. » Passons aussi sans nous arrêter aux expériences sur le photo- tactisme consignées p. 367 ou p. 381, ou sur les considérations sur la nage (p. 399), et pour bien montrer que les Nereis diver- sicolor sont normalement des espèces marines, de la zone supra- littorale, constatons avec Ferroxxière que « les Nereis diversi- color de l'eau saumâtre s'acclimatent bien plus difficilement a l'eau sursalée que les animaux marins qui sont leur souche, et même meurent lorsqu'on les plonge brusquement dans l'eau de MER PURE (4). )) (Laboratoire de zoologie, Sorbonne, 23 juin 1914). (1) LOC. Cit.. p. 322-3-23, p. 330, § 2, § 4, § 6, p. 335, p. 336, p. 337, p. 340, p. 341. (2) LOC. Cit., p. 323. (3) LOC. cit., p. 349. (4) LOC. Cit., p. 406. Ouvrages offerts. Chevreux (E.). — Crustacés Ampliipodes. Voyage de Ch. Alluaud et Jeannel en Afrique orientale (Paris, 1913, in-8°, 22 p.). Id. — Sur quelques Ampliipodes pélagiques nouveaux ou peu con- nus provenant des campagnes de S. A. S. le Prince de Monaco (Bull. Inst. Océanogr., n° 291, 1914, 9 p.). Dautzenberg (Ph.). — Liste des Mollusques rapportés de la Nou- velle-Zemble par M. Serge Ivanoff (J. Conchyl., LIX, 1911, p. 297-310). Id. — Sinistrorsités et dextrorsités tératologiques chez les Mol- lusques Gastéropodes (Bull. Soc. Zool. France, XXXIX, 1914, p. 50-59). 290 SÉANCE DU 23 JUIN 1914 Id. et A. Bavay. Description de coquilles nouvelles de l'Indo- Chine (7 e suite) (J. Conchyl., LX, 1912, p. 1-54, pi. MI). Id. et L.-J. Bouge. - - Les Pleurotomidés de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances [Ibid., LXI, 1913, p. 123-214). Id. et P. Durouchoux. -- Les Mollusques de la baie de Saint-Malo {Feuille nalural, 1913, p. 1-64, pi. I-IV). Id. et H. Fischer. — Sur quelques types de Garidés de la collection de Lamarck au Muséum de Paris {J. Conchyl., LXI, 1913, p. 215-228, pi. VII). Id. et L. Germain. — Bécoltes malacologiques du Dr. J. Bequaert dans le Congo belge (Rev. Zool. afric, IV, 1914, p. 1-73, pi. I-IV). Man (J.-G. de). — Note sur quelques Crustacés Décapodes Bra- chyures terrestres et d'eau douce appartenant au Musée civique de Gênes {Ann. Mus. Genova, VI, 1914, 17 p., 2 pi.). Massalongo (B.). — Endocrinopatologia e patogenesi délia osteoar- tropatie croniclie progressive (Riforma medica, XXX, 1914, 44 p.). Imp. Oberthur, Rennes-Paris (2346 -14). Séance du 7 juillet 1914. PRÉSIDENCE DE M. R. BLANCHARD, PRÉSIDENT. MM. Cépède et Neveu-Lemaire s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. M. Picard remercie de son admission. M. Alph. Dubois remercie des félicitations qui lui ont été adressées, à l'occasion de la manifestation faite en son honneur. « Die deutsche entomologische Gesellschaft » demande rechange de la Deutsche entomologische Zeitschrift avec le Bulletin de la Société (renvoyé au Conseil). M. Vayssière adresse les statuts de la « Société de pathologie végétale » qui a tenu sa première séance le 1 er mai 1914. Le ] ^résident en est M. L. Mangin, le vice-président M. Bouvier, le trésorier M. Caustier. Al. le président donne quelques ren- seignements sur la nouvelle Société, dont il indique le but et les moyens d'action. M. P. Ra.mbaud écrit : « Le 11 juin dernier, vers 11 heures, j'ai, en compagnie de plusieurs de mes élèves, rencontré un exemplaire de Lézard ocellé, de 20 à 25 cm. de longueur ; nous avons eu tout le loisir de le reconnaître : il se chauffait au soleil, sur le versant nord de la vallée des Yaux-de-Cernay, à 60 km. environ au N.-O. de la forêt de Fontainebleau. La région des Vaux-de-Cernay est d'ailleurs formée des mêmes sables et des mêmes grès que .cette forêt. » M. le président adresse des félicitations au secrétaire général qui vient d'être nommé officier de la Couronne d'Italie. M. Secques annonce la prochaine apparition des tables des publications de la Société, dont il a bien voulu se charger. 11 se met à la disposition de ses collègues, pour leur rapporter les matériaux, se rapportant à leurs recherches, qu'il pourrait se procurer au cours de son prochain voyage dans l'Argentine, le Chili et l'Uruguay. 23 292 SÉANCE DU 7 JUILLET 191 '( M. Pellegrin, offrant son récent ouvrage sur les Poissons du Tchad dont il décrit 66 espèces, expose les caractères généraux et les rapports de la faune ichthyologique de ce lue. A ce propos, M. R. Blanchard rappelle de façon humoristique une discussion qui s'est élevée jadis, à la Société de biologie. entre A. Giard et lui, à propos d'une erreur de dénomination commise par inadvertance au sujet d'un Barbus, provenant d'une rivière voisine de Hammam-Meskoutine. A propos de la communication de M. Page sur la détermi- nation des Gobius par les papilles sensorielles, M. Semichon montre que la disposition des poils sensoriels des Pucerons peut être employée d'une manière analogue. Ouvrages offerts. Buen (Odôn de). Kl IX. Congreso internaçional de zoologia (Monaco, marzo de 1913) (Bol. r. Soc. espanola hist. nat., 1914, p. 259- 270). Fondation ophtalmologique A. de Rothschild. Bulletin des travaux (t. II, Paris, Masson, 1914, 192 p., 15 pi.). Pellegrin (D r J.). — Les Poissons du bassin du Tchad (Paris, E. Larose, 1914, 154 p., 11 pi.). Sollaud (E.). — Nouvelles observations sur les Crevettes du genre Campylonotus Bâte (= Anchistiella A. M.-E.), type d'une nouvelle famille de Carides : les Campylonotidae {Bull. Mus. Paris, 1913, n° 4, 6 p.). Id. — Becherches sur l'ontogénie des Caridca; relation entre la masse du vitellus nutritif de l'œuf et l'ordre d'apparition des appen- dices abdominaux (C. R. Ac. Sel, CLVIII, 1914, p. 971). SEANCE DU 7 .[I [LI-ET l!»l i '.".»:; DÉDOUBLEMENT DU GENRE NEMATODIRUS STRONGYLIDJE) PAR M. NEVEU-LEMAIRE. Les Strongies comprennent actuellement un si grand nombre d'espèces qu'il est devenu nécessaire de subdiviser la famille des Strongylidœ en plusieurs sous-familles et de démembrer la plupart des anciens genres. Looss, Ransom, Railliet et Henry ont ainsi remanié durant ces dernières années la classilication de ces Nématodes. Le genre Nematodirus, créé par R\nsom (1) en 1907 est un de ceux qui rentrent dans la sous-famille des Trichostrongylinœ établie par Railliet et Henry (2) en 1910. Ces derniers auteurs (3), en étudiant les diverses espèces du genre Nematodirus appartenant à la collection d'Alfort, ont montré qu'il existait entre certains types, d'assez grandes diffé- rences morphologiques pour justifier la division du genre Nematodirus en deux sous-genres. Ils conservent à l'un de ces sous-genres le nom de Nematodirus, dont le type est Strongylus filicollis (Rudolphi, 1802) et donnent à l'autre le nom de Mecis- tocirrus, ayant pour type Strongylus digitatus von Linstow, 1906. Voici, d'après ces auteurs, les caractères de chacun de ces sous-genres : 1. — Sous-genre nematodirus Ransom, 1907. « Corps capillaire, longuement effilé dans sa partie antérieure; extrémité céphalique munie d'un léger renflement vésiculeux souvent strié en travers ; tégument rayé par 18 arêtes longitu- dinales assez nettes ; pas de papilles cervicales apparentes. Bourse caudale bilobée, à côtes d'égale importance ; les posté- rieures' séparées, sans tronc commun ; les antérieures dédou- blées ; la pointe des antérieures externes à égale distance des antérieures et des moyennes. Spicules grêles, longs d'au moins (1) U. S. Department nf Agriculture. Bureau of Animal Inclustry. Circulai- 116, October 4, p. 4, 1907. (2) Bull. Soc. Path. exot., III, no 5, p. 311, 1910. (3) Id., V, no 1, pp. 35-39, 1912. 294 SÉANCE DU 7 JUILLET 191 'i 500 (x (et au plus du 1/12 du corps). Queue de la femelle tronquée et nmcronée ; vulve vers le 1/3 ou le 1/4 postérieur du corps ; vagin très court. OEufs ellipsoïdes, grands, à coque plutôt épaisse, segmentés au moment de la ponte ; l'embryon se développe à l'intérieur de la coque et y subit deux mues ; après Fig. 1. — Figure demi-schématique représentant l'appareil génital femelle de Nematodirus filicollis grossi environ 30 fois. F, œsophage; G, intestin; H, anus; I, ovaires; J, utérus; K, œufs; L, ovijecteurs; M, vagin; N, vulve. quoi il est apte à rentrer directement dans l'organisme sans phase de liberté dans le milieu extérieur. - - Habitat : ordinai- rement le duodénum des Ruminants. » Type : Nematodirus (Nematodirus) filicollis (Rudolphi, 1802). SÉANCE DU 7 JUILLET 191 i 295 2. - Sous-genre mecistocïrrus Railliet et Henry, 1912. « Corp? cylindrique plus atténué en avant qu'en arrière ; extrémité céphalique munie d'un léger renflement vésiculeux strié en travers ; tégument à 18 arêtes longitudinales peu apparentes ; papilles cervicales, très nettes. Bourse caudale FiG. 2. — Figure demi-schématique représentant l'appareil génital femelle de Mecistocirrus Mgitatus grossi environ 30 fois. F, œsophage; G, Intestin; II. anus; I, ovaires; J, utérus: K, œufs; L, ovijecteurs; M, vagin; X. vulve. bilobée, à côtes moyennes dédoublées, très développées ; les antérieures externes, à pointe rapprochée des antérieures. Spicules grêles, très longs, au moins le 1/6 de la longueur du 290 SÉANCE DU 7 JUILLET J914 corps (3 mm. 5). Queue de la femelle pointue; vulve presque immédiatement en avant de l'anus ; vagin long. OEufs ellip- soïdes, en segmentation au moment de la ponte. - - Habitat : ordinairement la caillette des Ruminante (Asie). » Type : Nematodirus (Mecistocirrus) digitatus (von Linslow, 1906). Au cours de recherches sur l'anatomie de ces Nématodes, nous avons eu l'occasion de comparer les deux types précédents et nous avons remarqué des différences telles, notamment dans la conformation de l'appareil génital femelle, que, non seule- ment l'opinion de Railliet et Henry nous paraît justitiée, mais que nous croyons nécessaire d'établir deux genres abso- lument distincts. Les figures ci-jointes montrent d'une façon très nettes les caractères anatomiques de chacun de ces genres, auxquels nous conservons les noms des sous-genres correspondant. Chez Nematodirus filicollis (fig. 1), qui reste le type du genre Nematodirus, la vulve est située vers le tiers postérieur du corps, le vagin est très court ; les ovijecteurs sont bien déve- loppés ; l'un des. utérus se dirige vers la partie postérieure du corps, l'autre vers la partie antérieure et ces utérus ne ren- ferment qu'un petit nombre d'œufs volumineux, le diamètre de chacun occupant le diamètre entier de l'utérus, de sorte que les œufs sont situés bout à bout et ne sont jamais juxtaposés ; de plus les ovaires sont courts : l'antérieur se dirige vers l'extré- mité céphalique en droite ligne parallèlement au tube digestif ; le postérieur, dirigé d'abord d'avant en arrière, décrit une anse au niveau de l'extrémité caudale, puis se dirige d'arrière en avant pour se continuer avec l'utérus correspondant. Chez Mecistocirrus digitatus (fig. 2), type du nouveau genre Mecistocirrus, la vulve est située à la partie postérieure du corps, un peu en avant de l'anus, le vagin est très long ; les ovijecteurs sont peu développés ; les deux utérus sont situés côte à côte, se dirigeant vers la partie antérieure du corps et renferment un assez grand nombre d'œufs, petits par rapport aux dimensions de l'animal ; les ovaires, qui font suite aux utérus, sont longs, cheminent parallèlement entre eux, en décrivant des circonvolutions autour du tube digestif. , En un mot le genre Mecistocirrus diffère beaucoup plus du genre Nematodirus que les genres Ostertagia ou Trichoslron- gylus par exemple ; il doit donc sans aucun doute eu être séparé SÉANCE DU 7 .11 IU.F.T |!H î 291 DESCRIPTION D'UN BARBEAU NOUVEAU DE L OGOOUE PAR le D r Jacques PELLEGRIN. Cette note est consacrée à la description d'un Poisson nouveau de la famille des Gyprinidés, appartenant au genre Barbus. Le spécimen type provient du pays des Adoumas (Ogôoué) et a été recueiili en 1883, par la mission de l'Ouest africain dirigée par M. Jacques Savorgnan de Brazza ; il faisait partie des belles collections ichtyologiques remises au Muséum en 1886 et qui a fourni déjà tant de types curieux et intéressants dont j'ai donné à diverses reprises la description. Barbus labiatomimus nov. sp. La hauteur du corps est contenue 3 fois 1/4 dans la longueur sans la caudale, la longueur de la tête 3 fois 2/3. Le museau est obtusément pointu, contenu 2 fois 2/3 dans la longueur de la tête ; le diamètre oculaire est compris 4 fois 1/3 dans la longueur de la tète, 1 fois 2/3 dans l'espace interorbitaire. Les lèvres sont extrêmement développées, mais l'inférieure seule est prolongée en un lobe triangulaire, à peine inférieur en longueur au grand diamètre de l'œil. Il y a 2 barbillons de chaque côté, l'antérieur est aussi long que l'œil, le postérieur est compris 1 fois 1/4 dans le grand diamètre de celui-ci. Les écailles à stries parallèles ou même légèrement convergentes, sont au nombre de 31 en ligne longitudinale ~i en ligne transversale, 2 entre la ligne latérale et l'origine de la ventrale, 12 autour du pédicule caudal. La dorsale, à bord postérieur très concave, est nettement plus près de l'occiput que de l'origine de la caudale et comprend 4 rayons simples et 9 divisés; le dernier rayon simple est fort, droit, osseux sur ses 2/3, non clenficulé postérieurement ; sa partie osseuse ne faisant que les 3/5 de la longueur de la tète. L'anale comprend 3 rayons simples et 5 rayons divisés et arrive juste à l'origine de la caudale. La pectorale, pointue, fait les 5/6 de la longueur de la tète et n'atteint pas la ventrale. Celle-ci débute un peu en arrière de l'origine de la dorsale et n'arrive pas à l'anus. Le pédicule caudal esl 1 lois 13 aussi long que haut. La caudale 208 SÉANCE DU 7 JUILLET 191 'i est très profondément fourchue, à lobes égaux, un peu pins longs que la tête. La teinte est brun clair sur le dos, la base de chaque écaille plus foncée, - - jaune doré sur les flancs et le ventre ; les nageoires sont grisâtres. Il n'y a pas trace de maculatures. D. IV 9 ; A. III 5 ; P. 1(3 ; V. 8 : Sq. 4^/31/4%. N° 86-395. Coll. Mus. - - Pays des Adoumas (Ogôoué) : Mission de l'Ouest africain (J. de Brazza). Longueur : 245 + 75 = 320 millimètres. Cette belle espèce, rappelle tout à fait l'aspect du Barbus (Labeobarbus) Idbiatus Boulenger (1) de la rivière Mathoiya (Tana), district du Kénia (Afrique orientale anglaise), avec laquelle elle présente les plus grands rapports. Comme chez cette dernière, les lèvres sont excessivement développées, toute- fois il n'y a pas de lobe triangulaire à la lèvre supérieure, il n'en existe qu'à l'inférieure. Les principales différences résident dans la position de la dorsale qui est située plus près de l'occiput que de l'origine de la caudale, et non à égale distance, dans le rayon osseux de la dorsale qui est moins développé, droit au lieu d'être courbé. Par ailleurs les nombres des rayons des nageoires et de l'écaillure sont absolument comparables. Le Barbus labiato- mimus présente aussi des affinités avec le Barynotus ou Barbus Compinei Sauvage (2) aussi de l' Ogôoué et qui n'est connu que par le type monté, mesurant 730 millimètres et en assez mauvais état de conservation. Chez celui-ci les lèvres sont fortes, mais il n'y a pas de lobe triangulaire à l'inférieure, le corps est plus allongé, l'œil plus petit, l'anale plus courte, le rayon osseux de la dorsale présente en arrière quelques traces de denticulations et il y a 10 rayons mous et non 9 ; enfin on compte 10 écailles autour du pédicule caudal au lieu de 12 (3). (1) boulenger. P. Zool. Soc. London, 1902, il, p. 223, pi. xvn, flg. 1, et Cat. Fresh-water Fisli. Africa, II, 1911, p. 55, flg. 34. (2) Sauvage. Bull. Soc. Philo/n. (7), III, 1878, p. 102 et N. Arch. Mus. Paris (2), III, 1880, p. 51, pi. i, flg. 4; Boulenger. Cat. Fresh-water Fish. Africa, II, 1911, p. 53. (3) Ce dernier caractère n'est pas pour moi très important, car une partie du pédicule caudal a peut-être disparu au montage. De même sur le vivant la forme de la caudale était certainement nettement fourchue, à lobes pointus, égaux, et tout à fait différente de celle dorinée sur la figure de Sauvage. SÉANCE DU - Il II.I.KT |î)| 'i 299 SUR LE GOBIUS MINUTUS PALLAS ET QUELQUES FORMES VOISINES PAR Louis FAGE, Docteur ès-sciences, naturaliste du Service scientifique des pêches. Au fur et à mesure que les méthodes employées en systéma- tique se font plus rigoureuses, et depuis que les taxonomistes, non c( m lents d'une description rapide faite le plus souvent sur des échantillons conservés et peu nombreux, s'attachent aussi à donner une définition biologique de l'espèce en étudiant sa manière d'être, ses variations, son évolution, on s'aperçoit que les formes les plus communes, celles qu'on pourrait croire les mieux connues et les mieux définies, deviennent parfois des plus incertaines, des plus litigieuses et nous offrent encore d'étranges surprises. Quelques faits empruntés à l'ichthyologie la plus récent' 1 montrent bien tout le profit qu'on doit attendre d'une étude l;nil soit peu soigneuse des Poissons même les plus vulgaires. C'est H. M. Kyle (1913) qui, analysant les captures de Pleuro- nectes faites par l'expédition danoise en Méditerranée, constate que VArnoglossus Grohmanni des auteurs, espèce toujours abondante dans le chalut des -pêcheurs, n'est point l'animal décrit par Bonaparte (1837), mais une espèce encore innommée qui s'appellera A. Thon Kyle. C'est Johs. Schmidt (1913) qui, étudiant le matériel également récolté par lui à bord du « Thor » (plus de 3.000 stades postlarvaires), montre les différences pro- fondes que présente le prétendu Gadiculus argenteus de l'Atlantique avec l'espèce méditerranéenne pour laquelle ce nom avait été proposé par Guichenot (1840). C'est moi-même 1911) qui rends au Capelan son ancienne appellation de Gadus capelanus Risso en montrant que cette espèce, certainement une des plus communes de notre littoral méditerranéen, avait été jusqu'ici confondue à tort avec le Gadus minutus O.-Fr. .Millier. C'est Odôn de Buen et moi-même 1908 qui trouvons une espèce nouvelle, VAphya Ferreri, confondue à tort avec VA. minuta (Risso), parmi les Poissons faisant l'objet d'une pèche régulière aux îles Baléares. 300 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 Ces .quelques exemples qu'il serait facile de rendre plus nombreux suffisent à nous convier à une précision plus grande dans nos descriptions et à un contrôle sévère des diagnoses qui nous sont proposées, surtout, peut-être, de celles qui servent à nos déterminations de chaque jour. Il semble qu'un contrôle de ce genre doive s'exercer à propos du Gubius mimitus qui cependant doit compter, sans aucun doute, parmi les Téléostéens qui ont sollicité le plus longuement l'attention des zoologistes. La variabilité des caractères les plus souvent invoqués, les différences sexuelles que présentent les individus, l'existence de formes en apparence très voisines (G. microps Krôyer, G. pictus Malm., etc.) et surtout l'état d'indécision où se trouve la systématique des Gobius en général, expliquent assez les difficultés qu'ont rencontrées les différents auteurs pour caractériser nettement cette espèce et le zèle qu'ils ont apporté à les résoudre. Guitel (1892) a parfaitement analysé les opinions émises à ce sujet par ses devanciers. Sans revenir sur cet historique, auquel nous n'aurions rien à ajouter, nous nous bornerons à signaler que depuis le travail de notre savant collègue de Rennes, Holt et Byrne (1901), Ed. Bollenger (1911), Le Danois (1913), ont consacré au G. minutus et à ses formes affines des notes importantes dont les conclusions en partie contradictoires invitaient à de nouvelles recherches. La question en effet ne semble toujours pas résolue de savoir si, d'accord avec Collett (1874), Smit (1892), Ed. Boulenger (1911), le G. minutus est une espèce bien, définie, nettement distincte des G. microps et pictus, ou si, au contraire, conformément à l'avis de Heincke (1880), Holt et Byrne (1901), Le Danois (1913), ces deux dernières espèces, ou tout au moins le G. microps, ne sont que des formes locales, des variétés d'un 67. minutus extrêmement polymorphe, auquel il faudrait aussi rattacher un G. Guiteli Le Danois abondant à Roscoff. En ce qui concerne la Méditerranée, la confusion est pire encore : à tel point que Kolombatovic (1891), auquel on doit, cependant de nombreux travaux sur les Gobiidés, est incapable de se reconnaître dans les descriptions des auteurs et n'hésite pas à proposer les noms nouveaux de G. affinis et de G. ferru- gineus pour les formes antérieurement appelées par lui 18851 G. rhodopterus et G. minutus. Dans un récent mémoire L. Sanzo (1911), s'inspirant d'un principe analogue à celui qui avait permis de classer naturel- SÉANCE 1)1' 7 JUILLET 191 5 301 h' ment les Scopelidés d'après la disposition des organes lumi- neux, s'est efforcé d'appliquer à la systématique des Gobiidéi une nouvelle méthode basée sur la disposition des papilles cutanées. Les résultats obtenus, se rapportant à 17 espèces méditerranéennes, ont été remarquables : non seulement ces papilles, que l'auteur appelle après Schultz, organes cyathi- l'ormes, affectent une disposition constante pour chaque espèce, mais les variations de ce caractère se sont montrées parfaitement coordonnées et susceptibles de mettre en évidence les affinités des espèces entre elles. Une telle méthode valait d'être appliquée au cas litigieux du G. minutus. On trouvera dans le mémoire de Sanzo la technique, très simple, appropriée à ce ce genre d'investigations et que nous avons fait subir, sans y rien changer, aux animaux qui font i'objet de ce travail. Ceux-ci proviennent de sources diverses. Les G. minutus examinés ont été recueillis par le « Thor » dans le Pas-de-Calais, au cours des croisières danoises dirigées par le D r J. Schmidt, auquel nous devons aussi les G. Kneri capturés en Méditerranée. Le D r E. W. Holt a eu l'amabilité de nous envoyer également quelques G. minutus pris en Irlande dans la baie de Calway. Les G. microps nous ont été obligeamment envoyés de Roscoff par notre collègue Le Danois qui nous a aussi pourvu en G. Guiteli et piclus de même provenance. Nous si tînmes heureux de proiiter de l'occasion pour renouveler au I) 1 Schmidt, au D r Holt et à notre collègue Le Danois, tous nos remerciements. Enfin une série assez nombreuse de G. microps, capturés par nous en Méditerranée, dans le golfe du Lion, à l'embouchure des étangs saumàtres de La Nouvelle, est venu compléter notre matériel. L'étude de la distribution générale des papilles cutanées dans le g. Gobius et les complications croissantes de ce système sont traitées dans le mémoire cité plus haut de manière à nous éviter d'y revenir. Nous nous bornerons donc à donner à ce sujet les indications indispensables à la parfaite intelligence des pages qui vont suivre. Ces organes sensitifs - - dont le rôle nous est encore inconnu - comprennent chez les Gobiidés, outre un système de pores particulièrement volumineux dans la région céphalique et réunis par des canaux muqueux, toute une série de petites papilles, généralement indiscernables sans l'emploi des réactifs, et distribués sur les points du corps les plus variés depuis le 302 SEANCE Df 7 JUILLET 101 'i bout du museau jusqu'à L'extrémité caudale. Nous distinguerons avec Sanzo les séries suivantes : 1° Stries préorbitaires situées en avant de l'œil et comprenant chez les formes qui nous intéressent un groupe médian et une groupe latéral ; 2° Séries sous-orbitaires longitudinales et transversales dis- posées sur la joue et au-dessous de l'œil ; 3° Séries préoperculo-mandibulaires comprenant une double rangée de papilles accompagnant le bord inférieur de la man- dibule jusqu'au menton ; 4° Séries operculuires divisées en 3 branches, une transversale et deux horizontales ou obliques ; 5° Séries oculo-scapulaires, nombreuses et courtes, répandues depuis le bord postérieur de l'œil jusqu'à l'aisselle de la pectorale; 6° Séries dorsales antérieures ou occipi- tales, également nombreuses et s'étendanl jusqu'à la naissance de la première dorsale; 7° Séries du tronc comprenant toutes les papilles disséminées le long du corps jus- qu'au pédicule caudal ; 8° Séries de la nageoire caudale au nombre de trois chez tous les Gobius étudiés à ce point de vue, et disposées en éventail sur le limbe de la nageoire. Chacune de ces séries a reçu une lettre distinctive, l'ensemble constituant une notation très utile que nous respecterons rigoureusement. Voici quelle est l'exacte distribution de ces différentes séries chez les quatre Gobius que nous avons examinés. Gobius minutus Pallas (fig. 1 et 2). Séries préorbitaires. — La série médiane interne (r) se compose d'une quinzaine de papilles décrivant une ligne sinueuse qui aboutit en avant au niveau de l'orifice de la narine antérieure ; la série médiane externe comprend deux groupes, un groupe antérieur (s 11 ') formé de 3 rangées transver- sale parallèles très rapprochées et dont l'antérieure, la plus longue (8 à papilles), borde la lèvre supérieure; un groupe postérieur (s) longitudinal partant du foramen muqueux à 7 rangées ventrales proprement dites, les deux premières [ht et lv') étant les mieux développées. Ces séries ventrales ne se rencontrent pas normalement au delà de l'anus. Séries de la nageoire caudale. - - Ces séries sont, connue chez la plupart des autres Gobiidés, au nombre de 3 (/c, le', le"). Telle est la disposition des papilles cutanées chez le G. mi- nutus adulte ; mais chez les jeunes ou seulement chez les immatures on observe quelques particularités que leur cons- tance rend utiles à signaler. La série sous-orbitairc h se continue sans interruption en avant par la partie postérieure oblique de la troisième série longitudinale c, à laquelle aboutissent les quatre séries transversales antérieures. Parmi les séries trans- 306 SEANCE DU 7 .11 ILLET 191 'i versales postérieures, deux ou trois se prolongent au-dessous de la série (/. On note enfin que la série dorsale antérieure n est généralement ininterrompue sur la ligne médiane. A la taille de 50 mm. les papilles ont déjà la situation qu'elles occupent chez l'adulte. La disposition des papilles dermiques assigne au G. minutus une place à part parmi ceux étudiés à ce point de vue. 11 s'en distingue au premier coup d'œil par le grand nombre et l'impor- tance des séries sous-orbitaires et des séries latérales du tronc. En ce qui concerne les séries scus-orbitaires, on voit que non seulement les longitudinales a, fr, c et d prennent un dévelop- pement remarquable, mais aussi que les transversales y sont de beaucoup plus nombreuses que chez l'une quelconque des espèces jusqu'ici décrites. Pour ces dernières on en compte 6 au maximum et chez le G. minutus une douzaine environ. Quant aux séries latérales du tronc, seul le G. quadrimaculatus est à cet égard mieux pourvu ; nous avons montré, en effet, qu'il existe au moins six rangées ventrales (lv) et que celles-ci sont précédées de quelques rangées plus courtes situées avant l'in- sertion des nageoires ventrales : les séries médianes sont de plus au nombre de 3 dans la région antérieure et de 4 dans la région postérieure, séparées seulement par l'intervalle de deux écailles. Enfin, le G. minutus est jusqu'à présent la seule espèce chez laquelle on observe un dédoublement de la série préoper- culo-manclibulaire interne (i). Malgré ces caractères bien spéciaux, c'est parmi les Gobius pourvus de deux séries longitudinales symétriques (r, s) sur la région dorsale du museau et dont les séries e et i sont circons- crites au sillon préoperculo-mandibulaire qu'il convient de placer le G. minutus. Dans ce groupe (11° gruppo de Sanzo), il dépasse en complication le G. Canestrinii Ninni qui en occupait le sommet. C'est cependant chez cette espèce qu'on voit se dessiner nettement, pour la première fois, quelques séries sous-orbitaires transversales partant de la série a et qui prennent une si grande importance chez le G. minutus. Nous reviendrons d'ailleurs sur la position systématique de cette espèce et sur ses affinités quand nous aurons étudié la distribution des papilles cutanées des quelques formes voisines. Mais nous devons dire dès maintenant que ces papilles sont exactement disposées de même façon chez le G. minutus typique et chez sa variété Guiteli, qui ne paraît d'ailleurs différer du type que par quelques traits assez fugaces de coloration. SÉANCE Dl 7 JUILLET 101 i 307 Le G. minutus esl 1res commun dan- les mers du nord ei l'Atlantique, mais je ne sais s'il se trouve réellement en Médi- terranée : il ne m'a jamais été donné de l'y rencontrer et Quelques raisons me l'ont supposer que les nombreux auteurs qui signalent sa présence abondante dans la Méditerranée occi- dentale, dans l'Adriatique, ont eu vraisemblablement affaire au G. microps Krôyer qui lui est très semblable au premier coup d'œil. 11 existe en tout cas en Méditerranée un G. Kneri Steind. qui semble intermédiaire entre le G. Canestrinii et le G. minutus et qui mérite d'être examiné au point de vue spécial qui nous occupe. Gomus Kneri Steindachner (fig. 4). Cl. Borsieri 1904 a donné une excellente description de cette espèce donl les nombres (D 1 . 6 ; D 2 . 9-10 ; A. 9. L. lat. 58-61) ; L. tr. 13-15) rappellent ceux du G. mi nul us, mais qui s'en dis- lingue par ses proportions, sa taille moindre et aussi par sa livrée. La distribution des papilles cutanées montre qu'en effet ces deux espèces appar- tiennent bien à un même groupe, seules leurs séries sous-orbitaires et préoperculo- mandibulaires présentent des différences nettement accusées d'ailleurs suffisantes pour ser- vir de base à une détermina- tion précise. Gomme toujours les séries sous-orbitnires se montrent les plus caractéristiques. La série a est à peu près semblable à celle du G. minutus, mais la série b est beaucoup plus courte. Elle se compose tout au plus d'une vingtaine de papilles et s'arrête en avant à l'aplomb du tiers postérieur de l'œil, coupant seulement les rangées transversales postérieures. Elle est donc très largement séparée de la série c. La portion antérieure de la série , le" sont normales. La description qu'on vient de lire, et l'examen des figures qui l'accompagnent montrent que ce G. microps est identique au G. ferrugineus de Kolombatovic (1891), le même que cet auteur avait précédemment nommé G. minutus. Les quelques divergences qui subsistent entre notre description et celle que Sanzo donne de cette espèce sont de faible importance. Il est donc acquis que le G. microps existe en Méditerranée. Il y est même abondant dans l'Adriatique ; les exemplaires étudiés par 310 SÉANCE Dl 7 JUILLET l ( .»l i l II ffv Sanzo proviennent, je crois, du golfe de Naples, et dans Je golfe du Lion, c'est l'espèce qu'on prend le plus communément auprès des étangs saumâtres du littoral. Le G. microps diffère ainsi profondément du G. minutus et il suffit d'un simple examen de la disposition des papilles der- miques pour éviter toute confusion entre ces deux espèces ; nous allons voir, par contre, qu'il est très proche voisin du G. pictus. Gobius pictus Malm. (fig\ 5). Afin d'éviter les répétitions, nous nous bornerons à noter pour chaque série les points sur lesquels le G. pictus diffère du G. microps, la physionomie d'ensemble étant donnée par les ligures Séries préorbitaires. — La série r n'a généralement que 2 papilles situées au-dessus du foramen a ; de même, dans la série s, le groupe s'" f\ \ ^ xr«f/\ es * formé d'une seule papille. Séries sous-orbitaires. - — La série a a deux tronçons très inégaux, l'antérieur représenté par 10 à 1 1 pa- pilles aboutit en arrière à une série transverse de 2 à 3 papilles, le pos- térieur n'est représenté que par une seule papille au devant du fora- men a. La série d est composée cle trois groupes très voisins, le groupe antérieur comprend un amas de petites papilles disposées sur deux ou trois rangs, le groupe médian a au plus deux papilles, et le groupe postérieur en compte une douzaine. Les séries transversales sont plus courtes, mais disposées de même façon que chez le G. microps. Séries oculo-scapulaires. - - A noter seulement que les séries q et y peuvent manquer toutes deux ou séparément. Séries dorsales antérieures. - La série n a 5 ou 6 papilles ; la série g est divisée en 3 parties comprenant respectivement d'avant en arrière 1, 2 et 3 papilles ; la série m débute un peu en arrière de la série g. Fig. 5. — G. pictus vu en dessus. SÉANCE nr 7 JUILLET iO| \ n il Séries latérales du tronc. Entre Iv cl fo' on compte 2 rangées médiane Itm, et avant /»• se trouvent quelques rangées au- dessous de l'insertion des pectorales. Fig. 6. — No 1 G. ruthensparri, no 2 G. quagga, n° 3 G. pictus, no 4 G. microps, no 5 G. Canestrlnii, n° 6 G. XneH. no 7 G- tunniins Las n°s 1. 2 et 5 d'après L. SANZO. Il existe donc une affinité très étroite entre le G. microps et le G. pictus : mais parmi les différences que présentent, au point de vue de la distribution des papilles, ces deux formes, il en 312 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 est d'assez importantes pour légitimer l'identité spécifique do chacune d'elles. Tandis que chez le G. microps la série sous- orbitaire a compte au moins 20 papilles, on n'en trouve plus que 10 à 11 chez le G. pictus qui sous ce rapport est plus voisin du G. quagga Heck. Ce caractère et celui tiré de la présence de séries ventrales antérieures It, suffisent à distinguer nette- ment nos deux espèces. Le G. piclus est propre aux mers du nord. 11 est aboiid;ml sur les côtes de Cornouaille, dans la mer d'Irlande et dans la Manche, aux environs de Roscolï. L. Sanzo a justement insisté sur l'importance que présente la distribution des papilles cutanées des séries sous-orbitaires pour la distinction des espèces et la mise on évidence de leurs affinités. En utilisant ce caractère l'auteur a remis dans un môme groupe les G. ruthensparri Euphras., quagija Kolomh . ferrugineus Kolomb. (= microps Krôyer) et Canestrinii Ninni. d'est à ce groupe naturel qu'appartiennent aussi les différentes espèces que nous venons d'étudier et l'examen de la figure 6 est bien propre à montrer la manière parfaite dont elles com- plètent cette série. On assiste ainsi pas à pas à l'évolution graduelle de ce système sous-orbitaire dont les différentes étapes demeurent fixées chez autant d'espèces strictement délinies. Nous sommes donc à même de compléter de la façon suivante le tableau synoptique que Sanzo a donné pour la détermination des formes appartenant à ce groupe. Section A, deuxième groupe, deuxième sous-groupe. Deux paires de séries longitudinales de papilles sur la région dorsale du museau ; les deux séries e et i circonscrites au sillon préoperculo-mandibulaire ; au moins une série transver- sale sous-orbitaire de plus de deux papilles. 1. — Absence de séries transversales prenant naissance au- dessous de la série sous-orbitaire longitudinale a... 2 — Au moins une série transversale prenant naissance au- dessous de la série a, et plusieurs séries transversales inférieures bien développées 3 2. Série a nombreuse ; une seule série transversale au- dessous de la longitudinale b G. ruthensparri - Série a peu développée ; plusieurs séries transversales antérieures à celle située au-dessous de à... G. quagga SÉANCE DU 7 JUILLET 101 \ 313 3. Une seule série transversale, ou exceptionnellement deux, prenant naissance au-dessous de la série a 4 - Plusieurs séries transversales prenant naissance au- dessous de la série a 5 4. - Série a composée de 10 à 12 papilles et n'atteignant pas le foramen a ; au moins deux séries ventrales anté- rieures à Iv G. pictus - Série a composée d'au moins 20 papilles et atteignant le foramen a ; pas de séries ventrales antérieures à lv G. microps 5. - Série b très courte (16 à 20 papilles) ne coupant que trois ou quatre séries transversales postérieures ; série d simple dans toute son étendue ; série i non dédoublée dans sa partie antérieure 6 - Série b très longue (40 papilles environ) coupant sept à huit séries transversales postérieures ; série cl com- posée dans sa partie antérieure oblique de plusieurs rangs de papilles ; série i dédoublée antérieurement. G. minutus 6. - Série a n'atteignant pas le foramen oc ; séries transversales supérieures généralement réduites à trois ou quatre ; série q absente ; sur le tronc une seule série longitudi- nale de Uni ; pas de séries ventrales antérieures sous l'insertion des pectorales G. Canestrinii - Série a atteignant le foramen a ; au moins huit séries lon- gitudinales parallèles Uni ; plusieurs séries ventrales antérieures sous l'insertion des pectorales... G. Kneri INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1837. Bonaparte (C.-L.). -- Iconografia délia Fauna italica. Pesci. III, Roma. 1S08. Buen (0. de) et L. Fage. — Un nouveau Gobiidé méditerranéen du genre Aphya (Arch. zool. exp.). 1904. Borsieri (CL). -- Sulla presenza nell'Isola del Giglio del Gobius Kneri Steind. (Ann. Mus. Genova (3), I). 1911. Boulenger (Edw.). — Remarks on two species of Fishes of the genus Gobius (P. zool. Soc. London, 1910j. 1874. Colle it (R.). — Norges Fiske und Bemaerkninger an deren Udbredelse (Fork. Selsk. 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Sanzo (L.). - - Distribuzione délie papille cutanée e suo valore systematico nei Gobi [Mt. N'eapel, XX). 1892. Smitt. -- A History oî Scandinavian Fishes by Fries (Ekstrôm. Sundevall). SUR DEUX NOUVEAUX PALÉMONIDES, À DÉVELOPPEMENT CONDENSÉ, VIVANT DANS LES EAUX DOUCES DU TONKIN : LEANDER MANI n. sp. et COUTIERELLA TONKINEN - SIS n. g. n. sp. PAR E. SOLLAUD. La Faillie carcinologique des eaux douces de l'Indo-Chine a été fort peu étudiée jusqu'à présent ; les Crevettes de la famille des Palaemonidae, notamment, malgré leur extrême abondance et le rôle important qu'elles jouent dans l'alimentation des indigènes et des colons, ne sont presque pas connues. Pour remédier en partie à celte lacune, M. le résident supérieur du Tonkin a bien voulu faire adresser au Laboratoire de produc- tions coloniales d'origine animale, au Muséum, quelques repré- sentants des [ormes les plus communément pêchées dans le SÉANCE DU 7 JUILLET 191 'i 815 delta du fleuve Rouge. Ge1 envoi comprend trois espèces de Palémonides, appartenant à la sous-famille des Palaemoninae . Parmi elles figure un Palémon de grande taille, le Palaemon nipponensis de Haan, qui vit dans les eaux douces et saumâtres le long des côtes de la Chine et du Japon ; il est. paraît-il, l'objet d'une pêche active au Tonkin el se vend en grande quantité sur les marchés d'Hanoï (nom indigène : con tôm càng) ; son aire de distribution ne semble pas dépasser l'Annam vers le sud. Les deux autres espèces sont nouvelles et ont reçu les noms de Leander Muni n. sp. et Coutierella tonkinensis n. g. n. -p. Ce sont de petites Crevettes franchement et exclusivement d'eau douce, pondant de gros œufs, très chargés en vitellus, qui dénotent une ontogénie condensée ; elles pullulent aux environs d'Hanoï et constituent, avec différentes Caridines. les principaux éléments du fameux « mam tôm » tonkinois (1). Une description détaillée de ces deux formes devant être donnée ailleurs, je n'insisterai ici que sur un petit nombre de points, particulière- ment intéressants pour la morphologie comparée. Quelques femelles portant des œufs très avancés et tout près d'éclore, j'ai [mi me rendre compte de la structure de la première forme larvaire, dans chacune des deux espèces ; l'une d'elles, L. Mani, offre un type de développement inconnu jusqu'ici chez les PaLaernoninae. I. - - Leander Mani n. sp. La première espèce appartient au genre Leander Desmaresl : je la dédie au célèbre carcinologiste hollandais .1. <î. de Max. ;i i|iii nous devons de remarquables travaux sur les Crustacés décapodes de la région indo-malaise. .Signalons tout d'abord l'intérêt qui s'attache à la découverte d'un Leander dulçaquicole, se reproduisant au moyen d'omis de grandes dimensions, comme cela paraît être la règle pour tous les Palémonides adaptés d'une façon définitive à l'eau douce. On sait que la plupart des représentants du genre (dont les plus connus sont L. serratus Pennant et L. squilla L., si communs sur nos côtes) sont restés franchement marins ; un certain nombre d'espèces, surtout dans les régions intertropi- cales, semblent fréquenter de préférence les eaux saumâtres des lagunes ou des estuaires, et peuvent même remonter accessoi- (1) Le « mam tôm » est une sorte de pâte, obtenue en laissant macérer les Crevettes avec du sel, pendant un mois environ, dans une cuve fermée; il entre comme condiment dans la préparation de différents mets indigènes. HIG SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 rement dans les cours d'eau ; les quelques formes capturées en eau douce, toujours à peu de distance de la côte, appar- tiennent probablement toutes à cette catégorie (saut peut-être L. potitinga Pr. Muller, du Brésil). A ma connaissance, on ne peut guère citer, comme franchement dulçaquicole, en dehors du L. Muni, que le L. paucidens de Haan, du Japon, et peut-être cela n'est-il vrai que pour des colonies isolées de cette espèce (1). Les plus grands exemplaires de L. Mani atteignent de 40 à 42 mm. de longueur sans le rostre, de 52 à 54 mm. avec le rostre. Par tout un ensemble de caractères, cette espèce vient se ranger nettement dans un groupe bien naturel, le groupe du L. styLijerus, qui comprend : L. styliferus H. M.-Edw. (avec ses variétés carinatus et japonicus Ortmann), L. tenuipc.s Henderson et L. hastatus Aurivillius. Ces quatre formes se distinguent de leurs congénères par un « faciès » tout particulier, qui rappelle celui de certains Caridea primitifs, bathypélagiques, de la Famille des Hoplophoridae . l'abdomen est fortement comprimé, les antennes sont très longues, les pattes ambulatoires très grêles ; le rostre surtout a une allure bien caractéristique : il forme à sa base une crête dentée convexe (fig. I), et se continue par une portion dis- taie grêle, dirigée obliquement vers le haut, à bord supérieur inerme fig. I. - Rostre de Leanter Mani n. sp. (x 7). Qu mum de dentg plus petites et plus espacées que celles de la crête basilaire. La courte diagnose que je donne plus loin du L. Mani permet de le séparer facilement des trois autres espèces. La morphologie des appendices buccaux semble présenter, dans le genre Leander, une remarquable uniformité ; or, en examinant les maxillipèdes I de L. Mani, j'ai été frappé par un détail de structure, au premier abord de minime importance, qui rompt cette uniformité, et dont la signification est intéres- (1) De Man (1907) a décrit notamment deux femelles, capturées dans le lac Hakone (Japon), à 2400 pieds au-dessus du niveau de la mer, qui portent des œufs de grandes dimensions ; par contre, L. paucidens a été péché, dans diffé- rentes localités, en eau saumàtre ; il serait intéressant de rechercher si cette espèce présente des phénomènes de pœcilogonie comparables à ceux du Palae- monetes varians Leach. SÉANCE DU 7 JUILLET 1911 317 santé. Dans toutes les autres espèces, l'épipodite des maxilli- pèdes I est une lame membraneuse, grossièrement circulaire, divisée, par une profonde échancrure de son bord externe, en deux lobes à peu près elliptiques. Chez L. Mani, le lobe anté- rieur présente à son extrémité distale un processus triangulaire particulier (flg! II, B : t), dirigé vers l'avant, qui modifie com- plètement la forme générale de cet épipodite et le rapproche de celui des Palémons, où il existe constamment un processus triangulaire analogue, mais de plus grandes dimensions. La morphologie comparée et l'ontologie conduisent à regarder comme plus primitive la disposition réalisée dans le genre Palaémon; c'est donc par suite d'une régression graduelle de son lobe antérieur que l'épipodite a acquis, chez Leander, la forme qu'il offre actuellement dans la grande majorité des espèces. L. Mani marque une des étapes de cette régression et établi! un passage entre les deux genres. Fie II. A, Maxillipède I de Coutierella tonkinensis-, B. Id. de Leander Muni (face supérieure). Cox, coxopodite; Bas, basipodite; En, endopodite; Ex, exopo- dite; Ep, épipodite. D'autre part, il y a tout lieu de croire que le faciès particulier des quatre espèces groupées autour du L. styliferus marque, la persistance d'un état ancestral, les anciens Palémonides ayant dû être des Crevettes plus pélagiques et moins benthiques que les Palémonides actuels ; par suite, L. Mani semble bien pouvoir être considéré comme la forme la moins éloignée de la souche ancestrale commune de Leander et de Palaémon. Il est inté- ressant de noter sa présence dans la région indo-malaise, que H! 8 SÉANCE DU 7 JUILLET IQI'i les études de systématique et de ehorologie conduisent à regarder comme la patrie d'origine et le centre de dispersion de ces deux genres. Diagnose de Leander Mani n. sp. : Dimensions des plus grands exemplaires : 42 mm. sans le rostre, 54 avec le rostre. Rostre présentant à la base une crête convexe, armée de 9 à Il dents, dont I seule en arrière du bord orbitaire ; portion dis taie grêle, dirigée obliquement vers le haut, présentant seu- lement I ou 2 denticules près de l 'extrémité {formule rostrale : ""t 1 " 8 ]. Rostre dépassant légèrement le boni antérieur des scaphocérites chez les jeunes, ne le dépassant jamais de plus de ijS de sa longueur chez V adulte. Abdomen fortement comprimé. Bord postérieur du telson muni d'une forte pointe terminale médiane, plus courte que les épines articulées internes. Portion basilaire commune des flagelles externe et médian des antennules légèrement plus courte que l'article distal du pédon- cule (mesuré sur sa face dorsale). Lobe antériew de Vépipodite des maxillipèdes l présentant dans sa portion distale un processus triangulaire dirigé vers l'avant. Carpopodite des pâlies II plus long qw le méropodite ; pince un peu plus courte que le carpopodite, plus longue que le méro- podite ; paume elliptique, légèrement ovoïde, à peine plus large que l'extrémité distale du carpopodite, un peu plus courte que les doigts (égalant ou, le plus souvent, surpassant les 3/4 de leur longueur). Pattes ambulatoires grêles ; ces pattes étant étendues vers l'avant, celles de la troisième paire n'atteignent jamais le bord antérieur des scaphocérites. tandis que celles de la cinquième paire le dépassent constamment, à peu près de la longueur de leur dactylopodite . Nom indigène : Con tôm gao. . m Tî. — Coutierella tonkinensis n. g., n. sp. La deuxième espèce, à laquelle j'ai donné le nom de Coutie- rella tonkinensis, est une Crevette de plus petite taille, mesurant an maximum 27 mm. de longueur sans le rostre, 32 à 33 mm. avec le rostre. Elle est le type d'un nouveau genre, bien nette- ment caractérisé par la structure de ses appendices buccaux ; je me fais un plaisir de le dédier à M. le professeur II. Coutière, SÉANCE Dl 7 JUILLET 19i3 319 dont les beaux travaux sur les Caridea représentent la plus importante contribution apportée jusqu'ici à l'étude de la mor- phologie comparée de ce groupe. Coutierella appartient à la catégorie de ces petits genres isolés, monotypes ou oligotypes, tels que Allocaris Soll. (des environs de Pékin), Desmocaris Soll. (certains cours d'eau du golfe de Guinée), Pseudopulaemon Soll. (eaux douces de l'Uruguay i I des régions voisines) (1), représentés le plus souvent par une seule espèce, et contrastant singulièrement par là avec la riche lloraison de formes qui caractérise Leander et Palaemon. Tous les représentants de ces petits genres sont actuellement can- tonnés dans les eaux douces et se reproduisent au moyen de gros œufs, d'où sortent des larves très avancées .dans leur déve- loppement ; tous sont de petite taille et paraissent offrir un curieux mélange de caractères ancestraux et de caractères spéciaux, de sorte qu'il est difficile de dire que tel ou tel de ces genres est plus primitif ou plus évolué que tel autre ; on a l'impression qu'ils dérivent d'un ancêtre commun, sans doute marin et cosmopolite, dont quelques représentants ont été isolés depuis longtemps et ont dès lors évolué chacun dans une direct ion unique, avec une aptitude très peu marquée à se scinder en formes spécifiques distinctes. Coutierella s'écarte de tous les autres genres par la structure de sa maxille. J'ai essayé de montrer, dans la figure III. les transformations que peut subir cet appendice dans la sous- famille des Palaemoninae : la figure III A représente la maxille d'une larve de Leander serratus Pennant, à un stade mysis, et peut être considérée comme correspondant à peu près au type ancestral commun : de même que dans les formes adultes des Caridea primitifs (Iloplophoridae, Atyidae, etc.). coxopodite (Cx) et basipodite (Bs) portent chacun une lacinie interne munie de fortes soies, et chacune de ces lacinies est divisée en deux endites distincts ; mais, ici déjà, l'endite proximal de la lacinie coxopodiale est très réduit et ne porte plus de soies (2). Chez tous les Palémonides actuels, la lacinie coxopodiale disparaît à la fin des métamorphoses ; la lacinie basipodiale. (1) 11 faut y ajouter un nouveau genre, Geayella Soll.. de la Guyane, qui sera décrit prochainement. (2) Il semble y avoir là quelque chose de très particulier aux Palémonides : en effet, dans la généralité des Cari/Ira. c'est l'endite distal qui se réduit; souvent il perd ses soies, puis disparaît, tandis que l'endite proximal persiste, bien développé. 320 SÉANCE ])(' 7 .11 [LLET 11)1 't qui subsiste seule, s'allonge (à la fois vers l'axe médian du corps et vers l'avant) et peut dès lors évoluer suivant deux modes bien différents : Si l'on suit, dans L. serratus, les premières phases du déve- loppement postlarvaire, on voit que l'endite proximal se rétrécit peu à peu à sa base, comme s'il tendait à se séparer de la portion basilaire de la lacinie, et arrive à prendre une forme générale Fig. III. — La maxille chez les Palaemonidae. .1. Larve mysis de I, cumin serratus (Pennant): B, Coutierella tonkinensls Soll.; ('. Desmocaris trispinosus (Auri- villius); D, Leander scrutins (Pennant); E, Harpilius Gerlachei Nfobili; Cx, coxopodite; Bs, basipodite (Les barbnles des soies n'ont pas été dessinées). à peu près elliptique ; il en résulte que le bord postéreur de la lacinie, primitivement continu, présente, chez l'adulte, un angle rentrant très prononcé. C'est la disposition (figurée en D) la plus fréquemment réalisée chez les Palaemoninae (tous les genres autres que Coutierella et Desmocaris) ; il semble que l'on assiste au début de la régression graduelle, qui, chez d'autres Palémonides, a abouti à la disparition complète de l'endite proximal (c'est ce que j'ai constaté dans les genres Harpilius Dana [fig. III E] et Coralliocaris Stimpson, de la sous-famille SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 321 des Pontoniinae ; Galman (1909) a observé le même fait dans le genre Typhlocaris Calm. de la sous-famille des Typhlocaridinac). Chez Coutierella, l'endite proximal reste large à sa base, de sorte que le bord postérieur de la lacinie est continu, sans angle rentrant ; en outre, ce bord est muni d'une rangée de longues soies barbelées, très régulièrement disposées (fig. III #), dont on ne retrouve l'homologue nulle part ailleurs chez les Palé- monides, si ce n'est dans le genre aberrant Desmncaris Soll. (1911 a). La maxille de Coutierella semble en effet correspondre à l'une des étapes de l'évolution qui a abouti à la structure actuellement réalisée chez Desmncaris. Dans ce dernier genre, on trouve une grosse lacinie, qui, par sa forme générale (fig. III C), par la présence des soies analogues sur son bord postérieur, rappelle d'assez près celle de Coutierella ; elle en diffère par ce fait que les deux endites se sont complètement fusionnés, sur toute leur longueur, de sorte que la lacinie est simple. L'évolution de la maxille, chez Coutierella et Desmocaris. se fait donc suivant une direction toute différente de celle qui est suivie par les autres Palémonides, où la lacinie basipodiale semble devoir se réduire de plus en plus, et peut-être même disparaître (comme elle a disparu déjà dans les Crangonidés et quelques familles voisinesV L'existence, sur le bord interne de la maxille, d'une rangée de longues soies plumeuses, dont l'ensemble forme une large surface concave vers le haut et vers l'avant, doit être liée à des particularités éthologiques ; il est possible que, grâce à des mouvements spéciaux de la lacinie qui les porte, ces soies déterminent la production d'un courant d'eau, entraînant vers la bouche les particules alimentaires lies tenues dont se nourrit l'animal ; c'est de cette façon que fonc- tionnent les lacinies internes des appendices de nombreux Crustacés inférieurs. Les maxillipèdes I, chez Coutierella, sont également très carac- téristiques. On sait que, dans la plupart des Palémonides, la lacinie basipodiale est large, et contiguë à la lacinie coxopodiale sur presque toute sa longueur (fig. II B). Dans notre nouveau genre, elle tend à s'allonger dans le sens antéro-postérieur et à s'écarter de la lacinie coxopodiale (fig. II A) ; cette disposition rappelle un peu celle que j'ai décrite dans Allocaris Soll. (1911, p. 51, fig. 1), où les deux lacinies sont très largement séparées. En outre, la lacinie basipodiale présente sur sa face dorsale, chez Coutierella, un gros lobe saillant, muni de fortes soies, qui vient doubler en quelque sorte, sur une assez grande Ion- 322 SÉANCE DU 7 JUILLET 11)1 'i ~"^ " ^..•V,*-"'*' gueur, le bord interne proprement dit de l'appendice : ce n'est que chez D-esmocaris que j'ai pu observer l'ébauche d'un tel lobe accessoire. L'épipodite, où la séparation des deux Lobes est à peine indiquée sur le bord externe, ressemble à celui d'Allocaris.' Diagnose du genre Goutierella n. g. : Bord antérieur de la carapace muni de chaque côté d'une épine antennaire et d'une épine branchiostégiale. Mandibule dépourvue de pulpe. Bord postérieur de la lacinie de la maxille ne présentant pus d'angle rentrant, et muni cl une rangée de longues soies plu- trieuses. Lacinie basipodiale du maxillipède I présentant sur sa face dorsale un lobe saillant muni de fortes soies ; assez largement séparée de la lacinie coxopodiule. Diagnose de C. tonki- nensis n. sp. : Dimensions des plus grands exemplaires '27 mm. sans le rostre, 3'J à 33 mm. avec le rostre. Rostre droit, plus long que les pédoncules antennulaires, plus court que les scaphocérites. Dents :-^f, i dent en arrière du bord orbitaire. Bord postérieur du lelson concave, muni de 6 paires d'épines articulées. Portion busiluiie commune des flagelles externe et médian de Vantennule égalant, ou surpassant légèrement la longueur de V article distal du pédoncule (mesurée sur sa face dorsale). Longueur du méropoditc des pattes II égalant environ les 3 'i de la longueur du carpopodite ; pince plus courte que le carpo- podite et que le méropodite ; paume non ovoïde, sa plus grande largeur étant à la base des doigts; doigts plus courts que la paume. Nom indigène : Con tôm giong (s'appliquant probablement aussi à des Caridines). NI. — La première forme larvaire chez Leander Mani et Coutierella tonkinensis. Comme il est de règle dans les Palémonides, l'adaptation à l'eau douce a eu pour résultat, chez Leander Mani et chez FiG. IV. Rostre de Coutierella tonkinensis n. g. n. sp. (x 7). SÉANCE DU 7 JUILLET 191 'l 323 Coutierella tonkinensis, un accroissement très marqué du volume des œufs et une diminution corrélative de leur nombre. Tandis que. dans les formes marines ou les formes saumâtres imparfaitement adaptées à l'eau douce, les œufs sont très petits (0 mm. 5 environ, suivant leur grand axe) et pondus en grande quantité, chez C. tonkinensis ils mesurent, au début de la segmentation ' 86 _ 93 ~" . vers la fin de leur développement l'iyj Z i'h , et leur nombre, extrêmement réduit, varie, suivant la taille des femelles, de 10 à 25 ; les œufs de L. Mani ont des dimensions légèrement inférieures, et l'on peut en compter jusqu'à 95 dans une même ponte (1), chez les spécimens de grande taille. Comme clans tous les Palémonides à gros œufs, l'abondance du vitellus nutritif a déterminé, dans ces deux espèces, une condensation très marquée du développement : dès l'éclosion, la larve possède tous ses péréiopodes et tous ses pléopodes, déjà bien différenciés ; pour que la série des appendices soit com- plète, il ne manque plus que ceux de la dernière paire, les uropodes, qui n'existent encore qu'à l'état d'ébauches, visibles par transparence sous les téguments. Chez L. Mani, cette première forme larvaire est particulière- ment intéressante, car elle correspond à un type non encore signalé parmi les Palémonides. Dans les cas de développement condensé, connus jusqu'à présent dans cette famille, ou bien il n'apparaît plus du tout d'exopoclites sur les péréiopodes. qui onl alors d'emblée leur constitution définitive (c'est ce qui a été observé par Fr. Mùller chez Palaemon potiuna Pr. Milll. [1892 1. par moi chez Palaemonetes varians mesogènitor Soll. [1912], chez Palaemon Borellii Nobili, etc.), ou bien il n'en apparaît plus que deux paires, du reste assez réduites, aux péréiopodes I et II (c'est le cas du P. varians macrogenilor Boas, étudié par Paul Mayer [188H). La larve de L. Mani, au contraire, a conservé des exopodites, bien développés, sur les quatre premières paires de péréiopodes (2) ; elle est donc comparable aux stades mysis que traverse la larve pélagique des Palémonides à petits œufs, vers la fin de ses métamorphoses (3); par là, elle établit une transition (1) Comme il arrive souvent, ces œufs ont été très déformés par la pénétration du liquide conservateur, de sorte qu'il est difficile de donner des mesures exactes. (2) Même chez les Palémonides à développement dilaté, il n'apparait jamais d'exopodites aux péréiopodes V. (3) L'absence des uropodes la sépare cependant nettement des stades 7mjsis réalisés dans les formes à ontogénie dilatée ; on sait que, chez ces dernières, les uropodes apparaissent d'une façon très précoce (à un stade metazoea), avant les 25 324 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 entre les formes à métamorphoses complètes, éclosant au stade zoea (ou à un stade voisin) et celles où le type primitif de déve- loppement a été le plus altéré (4). C. tonkinensis, dont la pénétration dans les eaux douces s'est peut-être effectuée à une époque plus reculée, marque une étape plus avancée dans la condensation graduelle de l'ontogénie ; dans cette espèce, en effet, il n'apparaît plus que deux paires d'exopodites, aux péréiopodes I et II, et ceux de la deuxième paire sont déjà très réduits. C. tonkinensis présente donc un type de développement analogue à celui du P. varians macro- genitor des lacs d'Italie. pléopodes, par suite de l'intervention d'un facteur actuel (excitation locale) qui trouble l'ordre normal d'apparition des membres abdominaux; voir à ce sujet: E. Sollaud (1914). (4) J'ai constaté l'existence d'une larve du même type chez deux Palémons d'eau douce de l'Afrique occidentale : palaemon paucidens Hilgendorf et P. Sollaudi de Man. INDEX BIBLIOGEAPHIQUE 1909. Calman (W. T.). — On a blind prawn from the Sea of Galilée [Typhlocaris galilea g. et sp. n.) (Tr. Linn. Soc. London (2), XI [5], p. 93-97, pi. xix). 1907. Man (J. G. de). — On a collection of Crustacea, Decapoda E»nd Stomatopoda, chiefly from the Inland Sea of Japan [Tr. Linn. Soc. London (2), IX [11], p 387-454, pi. xxxi-xxxm). L881. Mayer (P.). — Die Metamorphosen von Palaemonetes variait? Leach (ML Neapel, II, p. 197-221, pi. x). 1892. Mûller (Fr.). — O camarâo preto, Palaemon potiuna [Arch. Mus. 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Ne m'occupant pas spécialement de Mollusques, je ne suis peut-être pas bien au courant du l'ait que j'ai l'honneur de signaler à mes collègues de la Société zoologique de France, mais, comme j'ai pu constater que les traités généraux d'histoire naturelle étaient muets sur la question cle la locomotion des Patelles, je me suis décidé à vous faire part de mes observations «(Lie je vous donne comme je les ai faites. M s'agit, en effet, cle la locomotion d'un Mollusque commun sur nos côtes océaniques, la Patelle (Patelin vulgata L.). Les traités de zoologie en parlant de ce Mollusque disent : ou bien qu'il vit fixé sur le rocher sans autre mouvement que celui de lever et baisser alternativement sa coquille conique, pour respirer et se nourrir, ou bien ne parlent pas du tout de loco- motion. Or il résulte cle mes observations personnelles, observations renouvelées et suivies sur les côtes de Bretagne pendant plu- sieurs années, que la Patelle se déplace et s'éloigne même parfois très loin pour un Mollusque de l'endroit où elle vil d'habitude (1). Voici comment il m'a été donné cle constater la chose. J'obser- vais depuis plusieurs jours des animaux marins qui vivaient fixés dans une flaque d'eau laissée par la mer dans l'intervalle qui sépare chaque marée. Les parois très élevées de cette flaque, parois qui se découvraient totalement à marée basse, étaient couvertes de Patelles, de Balanes et de Chthamalus. Gomme j'étais très probablement le seul à pêcher dans cette flaque qui était d'un accès difficile, les Patelles que je dédaignais étaient bien tranquilles; mais, un matin, je constatais sans y attacher autrement d'importance que plusieurs Pateiles avaient disparu de la paroi. Pensant que des pêcheurs les avaient peut-être prises, je n'aurais prêté que très peu d'attention à cet incident, (1) J'ai appris par la suite que des observations analogues avaient été faites, mais comme je ne les connais pas, je préfère donner les miennes sans en prendre connaissance, espérant que les deux observations se confirmeront ou se compléteront. 326 SÉANCE DU 7 JUILLET 101 'i si le lendemain je n'avais pas eu à constater avec stupéfaction que toutes les Patelles étaient revenues à leur place. Comme ce phénomène me paraissait extraordinaire, je résolus d'observer plus attentivement les Patelles, et pour qu'il n'y ait pas d'erreurs commises sur l'identité des animaux observés, erreurs cependant peu probables étant donné leur forme parti- culière et leur position au milieu des Balanes, je fis des marques à l'aide d'une pointe d'acier sur quelques-uns d'entre eux ; ces marques étaient des ronds, des carrés, des triangles, des traits, etc., et je les répétais sur le rocher au-dessus de chacun d'eux de façon à pouvoir les identifier facilement. Pendant les deux ou trois jours qui suivirent aucune des Patelles ne se déplaça, bien que la marée nie permit de les visiter deux fois par jour, mais le quatrième jour je pus cons- tater avec joie que quatre des Patelles marquées n'étaient plus là et en cherchant bien dans les environs, je finis par en découvrir .trois qui pâturaient tranquillement sur les Balanes à quelques mètres de l'endroit où elles vivaient ordinairement. Depuis lors, il me fut donné très souvent de voir les Patelles se déplacer et presque toujours je pouvais les retrouver sur les rochers environnants. Ces observations m'ont permis de constater, que les Patelles ne se déplaçaient cependant que dans des conditions atmosphé- riques particulières desquelles je ne les ai jamais vues s'écarter. La plus importante de ces conditions est surtout la pluie. En effet, je n'ai jamais vu les Patelles quitter le rocher lorsque le soleil le frappait, il fallait que le temps soit très couvert et sous la menace imminente de la pluie pour qu'elles se décident à le quitter. De môme, elles regagnaient toujours leur place avant que la mer ne vienne de nouveau les recouvrir. < >n peut déduire de ce fait que les Patelles ne voyagent pas lorsque la mer les recouvre, seulement cette assertion n'est qu'une supposition qui demande à être confirmée par des observations précises. SÉANCE IH 7 .11 ILLET 1914 327 SUR LA RÉGÉNÉRATION DES MEMBRES CHEZ LES REPTILES PAR G. BILLIARD. Depuis Pline tous les Naturalistes sont d'accord pour attri- buer aux Reptiles la faculté de régénérer certaines parties de leur corps après que ces parties ont été détruites. Duméril et Bibuon eux-mêmes dans leur magistral ouvrage « Erpétologie générale » (1), disent que les Reptiles et plus particulièrement les Lézards, possèdent la faculté non seule- ment de restaurer leur queue lorsqu'ils ont perdu cet organe fragile, mais encore celle de reconstituer leurs orteils où même leurs membres perdus dans un combat. D'autres naturalistes, Blumenbach entre autres, vont encore plus loin dans cette voie puisque, répétant les expériences de Pline, ils prétendent que les yeux des Lézards peuvent aussi se régénérer très rapidement lorsque ces organes ont été détruits. Je n'ai pas encore eu l'occasion de vérifier expérimentalement toutes ces assertions, mais ce que je puis affirmer, et c'est là que réside tout l'intérêt de cette note, c'est que s'il est vrai que la queue des Reptiles et plus particulièrement celle des Lézards repousse avec une facilité surprenante, il n'en est pas de même des membres et à plus forte raison encore moins des yeux. Pour les yeux, ce n'est qu'une supposition que je me propose de vérifier expérimentalement sous peu, malgré la répugnance instinctive que j'éprouve pour ces sortes de recherches sur des nui maux vivants, mais je crois utile de le faire quand même pour réfuter les assertions erronées, que tous les livres de zoologie reproduisent depuis trop longtemps, sans qu'aucune expérience sérieuse, à ma connaissance du moins, ne soit venue ni les confirmer ni les infirmer. Quant aux membres et aux parties de membres, ils ne repoussent certainement pas, ainsi que le prouve amplement le cas du Lézard vert (Lacerta viridis L.) que je vais vous sou- mettre. Ces erreurs grossières peuvent s'expliquer facilement si nous nous rappelons la confusion des Reptiles et des Batraciens dans (1) Erpétologie générale, I, p. 206. 328 SÉANCE DU 7 JUILLET 191 5 une classe unique, confusion qui persista dans les classifications jusqu'au commencement clu siècle dernier, ce qui fait que les propriétés de régénération d'organes et de membres, si intenses chez certains Batraciens Urodèles, ont été attribuées sans con- trôle à tous les Reptiles avec lesquels ces Batraciens avaient été confondus. Le Lézard que je présente vivant ce soir à mes collègues de la Société zoologique de France, démontre indubitablement, ainsi que le prouve la photographie ci-jointe, la véracité de mes observations sur la non régénération des membres amputés chez les Reptiles. Sa capture a eu lieu dans des conditions tout à fait parti- culières, desquelles découle du reste l'expérience involontaire faite sur ce Lézard. Je l'ai pris, en effet, dans la gueule d'un Chat, en juillet 191 3, à Pornichet. Ce jour-là le malheureux animal faisait bien piètre ligure et, sans mou intervention rapide, c'en était fait de lui ; néanmoins il était fort endommagé. La queue était sectionnée au ras du bassin qui était lui-même un peu rogné, la patte «*-_ . . 1 S , ) ~ ~3 ; *& y. % Fig. 1. — Lézard vert ayant régénéré sa queue. postérieure gauche coupée à la moitié du fémur ne tenait plus que par un lambeau de peau, quatre orteils sur cinq manquaient à la postérieure droite ainsi que quatre doigts de la patte anté- .rieure gauche ; vous voyez par cette description le triste état dans lequel se trouvait ce malheureux Lézard. Je ne croyais pas pouvoir le sauver, mais des lavages au cyanure de mercure ainsi que des cautérisations à la teinture d'iode empêchèrent l'infection de se produire, et, un mois après son accident, te SÉANCE DTJ 7 JUILLET 1914 329 Lézard complètemenl rétabli, mais infirme, présentait déjà un petit rudiment de queue, tandis que les plaies des orteils et de la patte se cicatrisaient complètement. Voilà maintenant plus d'un an que les membres et la queue de ce Lézard ont été sectionnés, voyons donc quelles ont été les régénérations. La photographie qui accompagne cette note représente l'état actuel du Lézard, il est donc facile de contrôler sur elle la nature des régénérations. Le membre amputé s'est simplement cicatrisé et le moignon n'a pas varié d'un millimètre depuis la cicatrisation ; il en est de même des orteils et des doigts qui sont restés dans le même état qu'ils étaient il y a un an. Si nous regardons la queue (et sur la photographie l'endroit du sectionnement est bien visible) nous constatons que cette ({iieue s'est accrue en un an, de la longueur du corps de l'animal. C'est la première fois que je constate un accroissement aussi rapide de cet appendice ; il semblerait donc que la faculté régé- nératrice est baucoup plus énergique lorsque la rupture se pro- duit très près du corps; j'avais déjà du reste constaté ce fait chez de nombreux Lézards, mais c'est la première fois que je le vois atteindre une pareille intensité. Je crois cette expérience suffisamment concluante, pour qu'on puisse affirmer désormais que si la queue des Lézards repousse avec la plus grande facilité, les membres au contraire ne repoussent jamais, puisque la queue de notre Lézard ayant pu reconstituer six centimètres en douze mois, les membres n'avaient pas varié d'un millimètre dans le même laps de temps. Du reste, j'espère encore garder ce Lézard qui est maintenant bien vivant, pendant plusieurs années, ce qui rendra l'expé- rience encore plus concluante. 330 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 DESCRIPTION DE DEUX [ESPÈCES NOUVELLES DU GENRE PILUMNUS LEACH ET D UNE JEUNE FEMELLE DU PIL. LONGICORNIS HILGD., DÉCOUVERTES DANS DES CO- QUILLES VIDES DE BALANES. PAR le D r J. G. de MAN, à lerseke (Hollande). Dans le n° 1 du Bulletin du Muséum national tf histoire naturelle, année 1913, j'ai publié une note « Sur une nouvelle, observation de Crabes habitant les coquilles vides des Balanes ». La grande majorité de ces Crabes appartenaient à l'espèce décrite en 1893 par M lle Rathbun sous le nom de Menippe con- vexa Rathb., mais aux exemplaires de cette espèce se trouvaient mêlés douze individus de petite taille, qui appartenaient à quatre autres espèces, c'est-à-dire à- deux espèces nouvelles du genre Pilumnus, au Pilumnus longicornis Hilgcl. et au Leptodius Voellzkowii Lenz. Je publie maintenant la description de ces espèces nouvelles et quelques observations sur le PU. longi- cornis. Le navire dont la coque était couverte de ces Balanes, était venu de Madagascar. Pilumnus Malardi de Man. (Fig. 1-1 f). Pilumnus Malardi J. G. de Man, /,. c, 1913, p. 11. Deux mâles et cinq femelles recueillis dans les coquilles vides des Balanes. Aucune femelle ne porte des œufs, le plus grand des sept exemplaires est une femelle dont la carapace est large de 10,25 mm. et probablement tous les exemplaires sont encore jeunes. Le bouclier céphalothoracique de cette espèce, que j'ai l'hon- neur de dédier à M. A. E. Malard-Duméril, à qui nous sommes redevables de la découverte de ces espèces, est assez fortement élargi : la plus grande largeur que l'on observe aux avant- dernières dents des bords latéraux, est en effet presque une fois et demie aussi grande que la longueur, mesurée sur la ligne médiane et sans l'abdomen, comme il résulte du tableau SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 331 des dimensions. Vue de côté, la carapace paraît assez fortement bombée d'avant en arrière, transversalement les régions gas- trique et cardiaque ne présentent qu'une très faible voussure, mais vers les bords latéro-antérieurs la surface est très déclive. Les bords latéro-postérieurs de la face supérieure de la cara- pace, qui sont un peu plus longs que les bords latéro-antérieurs, sont légèrement concaves ; ces bords latéro-postérieurs cepen- dant ne sont pas marqués par une ligne granulée, mais la face supérieure se courbe ici obliquement en bas vers les pattes ; une ligne unissant les dents postérieures des bords latéraux à la base clés pattes de la 5 e paire parait à peu près droite. La face supérieure de la carapace est légèrement lomenteuse et au milieu de ce duvet très court et grisâtre sont implantés par-ci par-là de longs poils jaunâtres et tlexibles ; ces longs poils se voient surtout au milieu de quelques bandes transversales d'un duvet plus long, dont la face supérieure de la carapace est ornée, Une telle bande transversale de plus longs poils existe juste en avant des lobes épigastriques ; à ses extrémités laté- rales, tout près des orbites, cette bande se dirige en arrière, longeant le bord sourcilier et se continuant jusqu'au milieu du bord supérieur des orbites. Parallèle à celle-ci, une autre bande transversale se voit sur la partie antérieure des régions proto- gastriques, traversant l'extrémité antérieure de la région rnéso- gastrique, et se continuant latéralement jusque sur la région hépatique. De cbaque côté de la carapace, on observe enfin encore une touffe de plus longs poils sur la région branchiale anté- rieure, justement en arrière de la région hépatique. Les sillons interrégionaux font presque tout à fait défaut, c'est à peine si l'on distingue, surtout chez le mâle, le sillon frontal qui sépare les lobes épigastriques peu développés et qui se bifurque en arrière pour enfermer la partie antérieure de la région mésogas- Lrique, ainsi que des traces des sillons qui bornent latéralement les régions protogastriques. Les régions gastrique et hépatique ainsi que les lobes épigastriques sont par conséquent assez distincts, mais les autres régions ne le sont pas. La distance des angles extraorbitaires (fig. 1) est un peu plus grande que la moitié de la plus grande largeur de la carapace ; ces angles ne sont pas dentiformes, pas du tout saillants. Les bords latéro-antérieurs (fig. 1) ne sont armés que de trois dents distinctes, mais entre l'angle externe de l'orbite et la première dent (fig. 1 a) le bord latéral est légèrement en saillie sous la forme d'un lobe arrondi et séparé de l'angle extraorbitaire : ce :;:« SÉANCE DU 7 JUILLET 101 ï lobe cependant est parfois très peu marqué ou manque tout à l'ait. La première dent se présente comme un lobe arrondi ou obtus, plus large que les deux dents suivantes, mais moins haut ou saillant. Les deux dents suivantes sont d'une forme Fro. I. — Pilumnus Malardi de Man; la femelle dont la carapace est large de 10,25 mm., x 4. plus conique, leur pointe se présente comme' un granule aigu ; la deuxième dent, a la pointe tournée en avant, tandis que son bord postérieur est fortement courbé ; la troisième dent, enfin, csl plus petite que la deuxième et dirigée latéralement en Fig. 1 a. — Pilumnus Malardi; partie antérieure de la carapace de cette femelle, x 8. dehors! Les dents antérolatérales sont légèrement comprimées de haut en bas, surtout la première dent lobiforme. La distance des angles internes des orbites est à peu près moitié aussi grande que la distance des angles extraorbitaires. Le iront (fig. 1 a) est très déclive et quadrilobé. Les deux lobes moyens, séparés par une large échancrure triangulaire et assez profonde, sont arrondis et plus avancés et beaucoup plus larges que les lobes externes, qui sont dentiformes, petits et séparés SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 333 par une petite échancrure des angles orbitaires internes. Les orbites sont à peu près circulaires, leur bord supérieur est granulé et présente sur sa partie externe deux petites lissures ; le bord intérieur de l'orbite est muni d'un très petit biatus ou tissure tout près de l'angle extraorbitaire, et son angle interne s'avance en un lobe proéminent, arrondi et granulé. La l'ace supérieure du iront, les bords des orbites, les dents antéro- latérales et la région hépatique sont distinctement granulés et quelques petits granules se voient aussi sur les lobes épigas- triques ; les granules sont petits, arrondis, espacés, les plus grands se trouvent sur la région hépatique. Tout le reste de la l'ace supérieure de la carapace semble être lisse. Toute la face inférieure de la carapace, ainsi que les pattes- mâchoires externes, semblent être tomenteuses, à l'exception de l'épistome. La région sous-hépatique est couverte de petits gra- nules assez serrés; de plus petits granules couvrent la région sous-branchiale, tandis que les régions ptérygostomiennes, adjacentes au cadre buccal, semblent être lisses. Les pédoncules oculaires sont courts et gros ; ils portent en- dessus quelques poils iongs et jaunâtres. L'hiatus orbitaire interne est assez large et rempli par l'article basilaire des antennes externes qui n'atteint pas le front ; le fouet antennaire est à peu près une fois et demie aussi long que l'orbite est large. L'épistome est lisse, son bord postérieur peu saillant au milieu. Alérognathe des pattes-mâchoires externes un peu plus large que long, à angle antéro- externe arrondi et saillant latéralement. Le sternum et l'abdomen du mâle sont lisses. L'abdomen (flg. 1 b) se compose de sept articles, l'antépénultième et le pénul- tième article sont de longueur égale et distinctement plus larges que longs, l'article terminal est un peu plus long, à peu près aussi long que large, à bords latéraux légèrement courbés, et un peu pointu. Pattes antérieures très inégales : chez le plus grand exem- plaire, la femelle (fig. 1), c'est la patte gauche, chez tous les autres exemplaires c'est la patte droite qui est la plus grande, liras de la grande patte très court et gros ; mesuré à sa face externe le bras paraît même un peu plus haut que long; bord Fig. i b. — Pilumnus Malardi ; abdomen du mâle, long de 8,2 mm., x 8. 334 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 : supérieur plus ou moins cristiforme et fortement courbé, puilu, denticulé et se terminant par une petite dent aiguë; une autre petite dent se voit à l'extrémité distale de ce bord, près de l'articulation carpienne. Tout en haut la face extérieure est granulée, mais au milieu et à sa partie inférieure elle semble être lisse ; bord inférieur arrondi, granulé. Face antérieure lisse, bord antéro-interne un peu granulé. Avant-bras ou carpe couvert de nombreux granules arrondis et assez serrés, lesquels sont à la face extérieure un peu plus grands que vers l'angle interne ; un sillon lisse se voit à la face extérieure, parallèle avec et auprès du bord antérieur qui s'articule avec la pince ; à l'angle interne il y a un tubercule ou dent aiguë, au-dessous et en avant de laquelle on aperçoit deux ou trois granules plus petits. La longueur horizontale de la grosse pince n'est, chez le nulle, qu'un peu plus petite que la largeur de la carapace, cette longueur mesurant 8/9 de la largeur, mais chez la femelle adulte cette pince est comparativement un peu plus petite, la longueur ne mesurant que 4/5 de la largeur de la carapace. Tant chez le mâle que chez la femelle la pince paraît un peu plus que moitié aussi haute (fig. 1 c et 1 e), chez les jeunes femelles juste moitié aussi haute que longue. La grosse pince est couverte en dehors et en dessus de nombreux granules co- fig. i c, i a. - puumnus niques assez serrés, jusque près du Malardi : grande et petite , , • ,. , n , , • . pince du màie, x k. Dor d intérieur arrondi qui est lisse et glabre, ne présentant que quelques petites ponctuations de grandeur inégale ; un petit nombre de granules existent sur la moitié supérieure de la face interne et bien dans sa portion moyenne, dont quelques-uns près du bord supérieur sont plus grands que les autres; tout le reste de la face interne est lisse. La longueur horizontale des doigts n'est que la moitié de celle de la paume, ils sont d'une couleur pâle brunâtre, sauf à la base qui présente la même couleur et les mêmes granulations que la paume ; tout le reste des doigts est lisse. Le doigt mobile qui est légèrement courbé vers la pointe, présente un faible sillon, muni de ponctuations, sur sa face externe et une rangée plus courte de ponctuations au côté interne de son bord supérieur. Les trois ou quatre dents du doigt immobile sont un peu plus grandes que celles de l'autre. SE VNCE IM> 7 JUILLET J9I 'l 335 Fig. le. — Pilumnus Malardi ■. grande pince de la femelle large de 10,25 mm., x 4. On aperçoit sur toute la partie granulée de cette patte un duvet très court, situé entre les granules, et au milieu duquel s'im- plantent de plus longs poils. Le bras et le carpe de la petite patte ressemblent à ceux de la grande. La longueur de la petite pince (fig. 1 d) ne mesure que trois quarts de celle de la grande et elle n'est pas encore moitié aussi haute que longue ; le doigt mobile est beaucoup moins oblique et les doigts ne sont qu'un peu plus courts que la paume. La face extérieure tout entière est couverte de petits gra- nules coniques assez aigus, de façon que le bord inférieur de la paume soit également granulé, surtout chez la femelle : 5 ou 6 granules plus grands se voient au côté in- terne du bord supérieur et, comme chez la grosse pince, la partie mi- toyenne de la face interne paraît de même granulée. Les doigts sont assez profondément sillonnés et l'on observe, au milieu du doigt immobile, une rangée dé granules qui se rapetissent vers l'extrémité du doigt. Les doigts ont la même couleur que ceux de la grosse patte, le doigt immobile présente 5 ou 6 dents bien distinctes, mais le doigt mobile ne paraît denticulé, et bien légèrement, que vers le bout. Comme l'autre pince, celle-ci est de même revêtue d'un duvet bien développé entre les granules, au milieu duquel s'implantent de plus longs poils. Les pattes ambulatoires sont également revêtues d'un duvet grisâtre et de plus longs poils, à l'exception de la face supé- rieure des pattes de la 1 re . 2 e et 3 e paire ; elles ne sont pas longues, ainsi par exemple, la longueur des pattes de la 3 e ou pénultième paire se rapporte à la largeur de la carapace comme 5 : 4. Les méropo- dites dont le bord supérieur est. très fine- ment denticulé le long de sa moitié distale (fig. 1 /), sont 2 fois 1/2 aussi longs que larges, comme les propodites, tandis que les doigt? sont un peu plus courts que les articles précédents. Le Pilumnus Malardi présente quelque ressemblance avec le PU. semilanatus Miers du « Prince of Wales Channel » (1), Fig. i /. — Pilumnus Malardi; patte am- bulatoire. X 4. (1) E. J. Miers. Report on the Zoological Collections made in the Indo-Pacific Océan during the Voyage of H. M. S. « Alert », London, 1884. p. 222, pi. xxn, fig. B. 3 4 9 0.25 9 7,2 7 5 5,6 4 3 2,9 2 2 5 3,5 336 SÉANCE DU 7 JUILLET 191 'l mais le bouclier céphalothoracique du PU. semilanatus est moins élargi et moins bombé, les granules des pattes anté- rieures sont moins nombreux et les autres pattes sont plus allongées. Le PU h m a h s (Parapilurhnus) quadridentatus de Man, de Pontianak (1) paraît également voisin du Malardi, par sa cara- pace aussi élargie et aussi convexe, mais le front est bilobé, la grosse pince est presque lisse et il y a encore d'autres différences. TABLEAU DES DIMENSIONS EN MILLIMÈTRES. 1 2 d* cf Largeur de la carapace 8,2 7.2 Longueur de la carapace, mesurée sur la ligne médiane et sans abdomen 5, fi 5 Distance des angles extraorbitaires 4,75 4,3 Distance des angles orbitaires internes 2,5 2,2 Epaisseur du bouclier céphalothoracique 4 3,5 Longueur de l'antépénultième article de l'abdomen 0.74 0,64 Largeur du bord postérieur de cet article 1, \ 1,2 — antérieur 1,15 1,04 Longueur du pénultième article 0,7 0,64 Largeur du bord antérieur de cet article 0,96 0.92 Longueur de l'article terminal 0.84 0,85 Longueur horizontale de la grande pince... 7.2 6,25 Largeur ou hauteur de cette pince 4 3.6 Longueur horizontale de la petite pince 5,3 5,75 Largeur ou hauteur de cette pince 2,5 2.25 Longueur des pattes de la pénultième paire. 10 Longueur des méropodites de ces pattes 3,1 Largeur — 1,26 Longueur des propodites 2.3 Largeur — — 0,96 Longueur des doigts 2 PlLUMNUS LONGICORNIS Hilgd. Pilumnus longicornis F. Hilgendorf. dans : Monatsberichte kôn. Akad. Wiss.. Berlin, 1878, p. 791 pi. i, fig. 8, 9. Une jeune femelle se trouvait dans la coquille d'une Balane, fixée sur le navire venant de Madagascar. Le bouclier céphalo- (1) J. G. de Man, dans : Zool Jatirb. Syst. VIII, 1895, p. 537, fig. b . 8 5 9 4,4 2,6 5,75 4,4 2.75 2 12,75 9 4 2,7 1,6 1,15 2,5 2.1 1 0,8 2,1 1,8 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 337 thoracique de cette femelle qui a perdu la petite patte anté- rieure gauche, présente sa plus grande largeur de 11,6 mm. à la dernière paire des dents antéro-latérales : l'exemplaire est donc encore très jeune, car. chez l'adulte, la carapace atteint, selon M. Hilgendorf, une largeur de 23 mm. Mesurée sur la ligne médiane, la carapace paraît longue de 8,5 mm., sans l'abdomen; la distance des angles orbitaires externes mesure 7,75 mm. et celle des angles orbitaires internes 4.25 mm. La carapace est épaisse de 6 mm. D'après la description originale la dent extraorbitaire serait faible, mais munie d'un long bord externe, les trois dents suivantes deviendraient graduellement plus fortes et plus pointues, de la première à la troisième. Chez notre, jeune femelle l'angle orbitaire externe est formé par un très petit granule aigu, non pas par une épine. La région sous- hépatique est granulée et deux ou trois granules sont un peu plus grands que les autres, mais une dent ou une épine ne s'y voit pas. Le bord externe de la dent extraorbitaire est de lon- gueur médiocre et granulé. La première des trois dents paraît légèrement plus longue ou large à sa base que la dent extra- orbitaire, la deuxième paraît un peu moins large et la troisième est la plus petite de toutes : la première dent se termine par un granule aigu et son bord externe est granulé, la deuxième et la troisième se terminent par une épine courte, dirigée en avant, tandis que leur bord externe est lisse. Cette différence de la description originale est probablement causée par la jeunesse de notre femelle. Les deux lobes médians du front sont arrondis et séparés par une fissure étroite ; les lobes externes sont fort petits, clenti- forines, tournés en dedans et séparés par une échancrure évasée des angles orbitaires internes qui sont arrondis. Le bord libre des lobes frontaux parait lisse, même à un grossissement de huit fois. Le bord orbitaire supérieur paraît finement granulé, surtout sa moitié externe. Bord orbitaire inférieur armé de granules aigus, à hiatus triangulaire et profond près de l'angle externe et à lobe interne assez avancé, obtus et granulé. Pour le reste la carapace s'accorde avec la description origi- nale et c'est aussi le cas avec la grande pince : la partie granulée de la paume est limitée par une ligne courant de l'articulation supérieure du doigt mobile à l'angle proximal du bord inférieur de la paume. Les granules sont assez obtus et disposés plus ou moins distinctement en séries longitudinales, la partie granu- leuse de la paume est aussi poilue. 338 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 Les pattes ambulatoires sont lisses et glabres en-dessus, ce n'est que le bord antérieur des articles qui paraît tomenteux cl poilu ; le bord inférieur des méropodites de la première pain' porte quelques granulations aiguës et aux deux paires suivantes ce bord paraît également un peu granulé. D'après M. Alcock fi) le PU. Ander sorti de Man se distin- guerait du PU. longicornis Hilgd. par sa carapace plus élargie, par le bord libre du front et le bord orbitaire supérieur lisses ou à peu près lisses, par les lobes moins saillants du front, par la fissure frontale moins large et moins profonde, par les lobes frontaux externes dentiformes et non pas spiniformes, par les angles extraorbitaires plus aigus et parce que la partie granulée de la grande pince serait plus large. J'ai devant moi la femelle de l'archipel Mergui, décrite dans mon travail de 1888 (2), dont la carapace héberge un Bopyride ; la carapace est à peu près large de 14,5 mm., mais il est impossible de la mesurer exacte- ment à cause de ce parasite et parce que la dernière dent antéro- latérale du côté gauche est cassée. La différence, en ce qui regarde la largeur relative, ne saurait cependant pas être grande : M. Hilgendorf, en effet, donne les nombres 23 mm. et 17 mm. pour la largeur et la longueur du bouclier céphalo- Ihoracique, tandis que la carapace du plus grand exemplaire du PU. Andersoni, décrit en 1888. était large de 18.75 mm. et longue de 13,5 mm., de sorte que le rapport entre ces nombres est presque égal chez les deux espèces. Chez le cotype du PU. Andersoni la fissure triangulaire qui sépare les deux lobes frontaux moyens, est comparativement plus large que chez la femelle du PU. longicornis et. tandis que le bord libre de ces lobes paraît, chez cette femelle, lisse, même à un grossissement de huit fois, il paraît distinctement granulé chez le cotype. Les dents antéro-latérales se terminent par des épines qui sont comparativement plus longues chez la femelle du PU. longi- cornis. La grande patte se trouve, chez les deux exemplaires, au côté droit et présente la même forme et les mêmes caractères chez l'un et l'autre. Ces deux espèces sont sans doute les plus voisines, mais il me paraît désirable que des exemplaires adultes soient comparés encore une fois pour pouvoir mieux constater les différences spécifiques. (1) Carcinological fauna of India, the family Xanthidae, Calcutta. 1898, p. 194. (2) J. Linn. Soc. London, XXII, p. 59 SÉANCE DU 7 JUILLET 191-1 339 Pilumnus truncato-spinosus de Man. (Fig. 2— 2d). Pilumnus truncato-spinosus, J. G. de Man, /. c, 1913, p. 11. Une seule femelle se trouvait dans la coquille d'une Balane, fixée sur le navire, venu de Madagascar. Le bouclier céphalotboracique présente sa plus grande lar- geur de 5,5 mm. aux dernières dents du bord latéro-antérieur : mesuré sur la ligne médiane il paraît être long, sans l'abdomen, de 4 mm., de sorte que la carapace ne paraît que modéré- ment élargie, n'étant que 1,375 fois aussi large que longue. La carapace (fig. 2) est distinctement bombée d'avant en arrière, transversalement elle ne paraît que faiblement voussée, mais elle s'abaisse distinctement vers les bords latéro-anté- rieurs. Le sillon frontal qui se continue jusqu'au bord anté- rieur, et sa bifurcation posté- rieure sont peu marqués, quoique discernables. Les bords sourciliers, qui sont épais et saillants, sont séparés en arrière, par un sillon pro- fond, des régions gastrique et hépatique. Le sillon transversal entre la région gastrique et la région cardiaque est bien marqué, on observe enfin un sillon semi-circulaire qui se dirige de la dernière dent antéro-latérale d'abord en avant, séparant le lobe hépatique de la région bran- chiale, mais qui se courbe ensuite en arrière, séparant cette région-ci de la région gastrique. Il n'existe pas d'autres sillons interrégionaux. La surface de la carapace est finement tomen- teuse et porte en outre quelques poils longs et jaunâtres sur la moitié antérieure ; ces poils s'implantent d'abord sur la région branchiale antérieure, tout en avant, le long du sillon semi- circulaire déjà décrit, une autre ligne transversale de ces poils se voit sur la région gastrique, au niveau de la région hépatique, et une troisième rangée, également transversale, est implantée sur le front, immédiatement en avant d'une ligne unissant les angles orbitaires externes ; la rangée frontale et la rangée gas- trique semblent être interrompues sur la ligne médiane. 26 Fig. 2. — Pilumnus truncato-spinosus de Man, femelle, x 4. 340 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 Le front (fig. 2 b) est formé par deux grands lobes déclives et arrondis, séparés par une fissure étroite et triangulaire; leur bord antérieur est finement crénelé et leur face supérieure est gra- nulée. Les lobes frontaux sont séparés par une échancrure évasée des angles orbitaires internés qui sont obtus et dont la distance mesure un tiers de la plus grande largeur de la carapace. La distance (3,8 mm.) des angles orbitaires externes qui sont assez aigus, mesure à peu près les deux tiers de la largeur de la carapace et est deux fois aussi grande que la distance des angles orbitaires internes. Les bords latéraux du front sont entiers, mais la partie moyenne et la partie externe du bord orbitaire supérieur, séparées l'une de l'autre par une petite fissure, sont finement tuberculées. Les bords latéro-antérieurs (fig. 2 a) sont armés de quatre dents, y compris la dent extra- -^ orbitaire, dont le bord externe est '> légèrement convexe et muni de 4 ou 5 tubercules. Les quatre dents du bord antéro-latéral diminuent régulièrement en grandeur et en largeur d'avant en arrière, de sorte que la dernière dent est la plus Fig. 2 a. Pilumnus truncato- petUe de touteg ]es dentg gont s/iuiosus ; moitié gauche de la r partie antérieure ae la carapace, comprimées de haut en bas. La 2 e , * 10 - la 3 e et la 4 e dent ont la pointe assez aiguë et dirigée en avant ; le bord externe de la 2 e et de la 3 e dent est courbé, tandis que leur bord antérieur présente deux on trois tubercules. On observe sur la région hépatique, un peu en dedans de la limite entre la 2 e et la 3 e dent, un gros tubercule conique, assez obtus, haut de 0,2 mm. et à peu près aussi large à sa base ; un plus petit tubercule se voit entre le gros et la base de la 3 e dent et deux autres égale- ment petits se trouvent en avant du grand tubercule. Pour le reste la face supé- rieure de la carapace semble être lisse. Les bords latéro-postérieurs sont une fois et demie aussi longs que les bords latéro-antérieurs, ils sont droits et arrondis. Le bord postérieur de la carapace est moins large que le front. I Fig. 2 b. — Pilumnus truncato-s-pinosus; région frontale, x 20. SÉANCE ni: 7 JUILLET 19l'i 341 Le bord orbilaire inférieur présente une assez grande fissure triangulaire tout près de l'angle orbitaire externe ; le bord est granulé et s'avance à l'angle interne en un grand lobe obtus et granulé. La région sous-hépatique est granulée, un seul granule conique paraît un peu plus grand que les autres ; la région sub- branchiale est de même finement granulée, mais la région ptérygostomienne, contiguë au cadre buccal, est lisse. Pattes-mâchoires externes lisses, mérognathe rectangulaire, à angle antéro-externe arrondi, mais non pas saillant. Bord antérieur du cadre buccal proéminent, arrondi sur la ligne médiane, taisant un angle droit avec l'épistome qui est lisse. Orbites un peu plus larges que hautes, hiatus orbitaire assez large. L'article basilaire des antennes externes n'atteint pas le front, ce n'est que le second article qui l'atteint ; le fouet n'est pas poilu et 2 fois aussi long que l'orbite est large. Les pattes antérieures (fig. 2) sont très iné- gales, la grande se trouve au côté droit. Bras de la grande patte court, un peu plus haut ou large que long, bord supérieur fortement courbé, finement denticulé et se terminant en une dent pointue ; une deuxième dent aiguë un peu plus forte à l'extrémité distale près de l'articulation carpienne. Face extérieure du bras finement granulée tout en haut, près des dents, le reste lisse. Bord inférieur arrondi avec quelques granules, face inférieure gra- nulée, de même que le bord antéro-interne. Avant-bras ou carpe (fig. 2 c) avec une petite dent aiguë à l'angle interne et portant en dessus une vingtaine de tubercules espacés de gran- deur inégale ; deux ou trois de ces tubercules 4ffî'*>*&ffiffl%kbJ à la face externe sont coniques, aigus, mais la plupart sont oblique - ment ou transversale- ment tronqués, de façon qiïils présentent en des- sus une surlace circu- laire et aplatie ; chez ces tubercules obliquement tronqués la face supérieure présente parfois en avant une pointe obtuse. Le plus grand de ces tubercules circulaires dont le nom de l'espèce est dérivé, présente un diamètre long de 0,34-0,35 mm. Fig. 2 c. — Pilumnw truncato-spinosus ; carpe de la patte droite vu en-des- sus, xio. Fig. -2 d. — Pilumnus truncato-spinosus grande pince, vue du côté externe, x 10. 342 SÉANCE DU 7 JUILLET 1914 La grande pince (flg. 2 d) est longue de 4 mm., aussi longue que la carapace sans abdomen, et haute de 2,2 mm. près de l'articulation des doigts ; les doigts ont une longueur horizon- tale de 1,5 mm., de sorte que leur longueur n'est guère plus grande que la moitié de la paume. En dessus et en dehors, la paume est armée de gros tubercules espacés et disposés en partie, sur la moitié inférieure, en séries longitudinales ; la plu- part de ces tubercules qui vers le bord inférieur deviennent plus petits, sont coniques et assez aigus, mais quelques-uns sur la moitié supérieure sont, comme sur le carpe, plus ou moins obliquement tronqués et aplatis. Sur la moitié inférieure de la paume il y a plusieurs petits granules situés entre les grands. Bord inférieur de la paume et du doigt immobile lisse, ponctué. Face intérieure de la paume granulée au milieu de sa moitié supérieure. Doigts d'un brun clair, sauf à la base. Doigt mobile très oblique, légèrement courbé, avec quelques tuber- cules coniques et quelques poils à sa base ; doigt avec deux ou trois rangées de ponctuations, mais non pas sillonné. Doigt immobile avec un seul sillon près de son bord inférieur, avec une série de petits granules coniques au milieu de sa face externe, située entre le sillon et les dents et étant la continuation - d'une série de tubercules palmaires, dents au nombre de cinq ou six, dont une au milieu est plus grande que les autres ; les quatre ou cinq dents du doigt mobile sont beaucoup plus petites. Entre les tubercules dont la patte est ornée, sont implantés de longs poils jaunâtres. La petite pince est longue de 3,3 mm. et haute de 1,46 mm., près de l'articulation des doigts, sa longueur est donc à peu près les 4/5 de celle de l'autre et cette pince est un peu moins que moitié aussi haute que longue ; les doigts sont longs de 1,4 mm., de sorte qu'ils ne paraissent que peu moins longs que la paume. Le carpe porte en dessus une douzaine de tubercules coniques et espacés, dont la plupart sont aigus, deux ou trois seulement étant obliquement tronqués. La paume est armée, au côté interne de son bord supérieur, de 4 ou 5 grands tubercules à pointe aiguë tournée en avant ; les nombreux tubercules de la face extérieure de la paume sont assez aigus, mais beaucoup plus petits que les grands tubercules du bord supérieur. Doigt mobile moins oblique que celui de la grande pince, distincte- ment sillonné, tuberculeux et poilu à sa base, avec le tranchant à peine denticulé ; doigt immobile avec quatre ou cinq dents sur la moitié distale du tranchant, mais avec la moitié proximale SÉANCE DU 7 JUILLET 191 i 31 3 presque entière ; au milieu de sa face externe, on observe la même rangée de tubercules aigus provenant de la paume que sur le doigt immobile de l'autre pince. Le carpe et la paume sont revêtus du même duvet et des mômes longs poils que chez la grande patte. Pattes ambulatoires de longueur médiocre ; ainsi sont, par exemple, celles cle la pénultième paire longues de 7 mm., un peu moins d'un tiers plus longues que la carapace est large. Les méropodites sont à peu près 2 t'ois aussi longs que larges : armés de très petites dents aiguës le long de leur bord antérieur, les propodites sont d'un cinquième plus courts que les méropo- dites et un peu plus que deux fois aussi longs que larges, les dactylopodites, enfin, sont aussi longs que les propodites. Les pattes ambulatoires sont tomenteuses et munies de longs poils. NOTE Au moment où les épreuves de ce fascicule ont pu être distribuées, la poste subissait déjà d'importantes perturbations et la plupart des auteurs étaient touchés par la mobilisation. D'accord avec le président de la Société, le secrétaire général a cru agir au mieux des intérêts do ses collègues en cherchant à faire paraître le plus tôt possible le pré- sent fascicule, sans avoir reçu les corrections des auteurs, que la guerre sépare de nous, ou qu'un devoir impérieux éloigne de leurs ('■Indes. Le secrétaire général. luip. Oberthur, Rennes-Paris i70o 14). Séance du 27 octobre 1914. PRÉSIDENCE DE M. CLÉMENT, MEMBRE DU CONSEIL. M. le professeur R. Blanchard, président, adresse la lettre s ti i vanle : « Monsieur le Secrétaire général et cher ami. Je regrette très vivement de ne pouvoir assister à notre séance de rentrée, d'autant plus que les tragiques événements de l'heure présente excitent dans le cœur de chacun de nous les sentiments de la plus ardente solidarité. Tout eu leur présen- tant mes regrets de n'être pas ce soir au milieu d'eux, je vous prie donc d'exprimer à nos collègues tous les vœux que je forme pour la conservation de leurs dis, de leurs gendres, de leurs neveux, qui participent aux glorieux combats où l'armée fran- çaise soutient héroïquement sa vieille réputation de bravoure devant l'ennemi et de. modération dans la victoire. Mon salut le plus cordial et le plus chaleureux s'adresse égale- ment à nos alliés les Anglais, les Belges, les Russes et les Serbe-. parmi lesquels nous comptons tant de collègues et d'amis. Nous partageons leurs espérances, nous nous réjouissons de leurs succès, nous ressentons vivement leurs deuils : nous ne for- mons plus avec eux qu'une seule grande famille, celle de la Civilisation et de la Fraternité, dont tous les membres se sont dressés d'un seul élan, parce que mus par un sentiment com- mun, contre le plus formidable assaut de la Barbarie que l'histoire ait jamais enregistré. L'heure est singulièrement grave et angoissante. Ce soir, nos rangs sont clairsemés et il en sera ainsi tant que durera la guerre, car tous nos jeunes collègues sont à l'armée, heur adresser nos encouragements serait leur l'aire injure, car ils sont braves et sont décidés à accomplir sans défaillance tout leur devoir; ils en connaissent l'étendue. Envoyons-leur du moins une affectueuse pensée et faisons des vœux pour qu'il- nous reviennent tous en bonne santé, ayant contribué par leur belle conduite à la victoire finale d'où va sortir une Humanité régé- nérée. Ht nous, les anciens, qui avons passé l'âge de l'action guer- rière, continuons notre œuvre, qui, pour modeste qu'elle soit, 3'l6 SÉANCE DU 27 OCTOBRE 1914 n'en contribue pas moins à la grandeur de la patrie : remettons- nous au travail. Veuillez croire, monsieur le Secrétaire général el cher ami, à mes sentiments affectueux et dévoues. » M. Gaullery s'excuse de son absence. M. le Ministre de l'instruction publique adresse le programme du :>:>' Congres des Sociétés savantes qui se tiendra à Marseille du 6 au 10 avril 1915. Les manuscrits destinés à ce Congrès devront être adressés avant le 31 janvier 1915 au 3 e bureau de la division de l'Enseignement supérieur, au ministère de l'Ins- truction publique. Les personnes désireuses de prendre pari aux travaux du Congrès recevront, sur demande adressée à M. le Ministre, une carte donnant accès dans la salle des séances. Des billets d'aller et retour à demi-tarif pourront être accordés à ceux qui en feront la demande au 3 e bureau de la direction de l'Enseignement supérieur, avant le in mais L915. Ils seront valables à l'aller, du 27 mars au 8 avril, au retour, du 10 au 19 avril. Parmi les sujets pouvant intéresser spécialement nos collègues, citons, dans la section des sciences : « 7° Etude des qualités biologiques des eaux, basée sur la. considération de la faune des Invertébrés et de la ilore, en vue de la pisciculture. 8° Etude de la faune et de la llore des étangs marins. - - 9° Per- fectionnement des méthodes de capture des animaux sous- marins et des méthodes de récolte des plantes marines. — 11° Applications de la photographie aux études biologiques. Appareils pour la photographie des animaux dans l'eau. — 19° Les maladies à Hématozoaires. - - 20° Du rôle des Insectes dans la propagation des maladies contagieuses. - - 20° Descrip- tion des Bryozoaires miocènes de la Provence. - 31° Mono- graphies relatives à la faune et à la More de la Provence. — 32° Etude géologique et biologique des cavernes (état actuel et vestiges préhistoriques). 33° Echanges de faunes entre la Méditerranée et l'Atlantique par le détroit de Gibraltar. 34° Rapprochements entre la faune et la llore de la Provence et celles de la Corse et de la Sardaigne. - - 35° Eléments introduits dans la faune et dans la flore provençales par les échanges inter- nationaux. — 36° La faune des petits Mammifères de Provence; ses variations depuis l'époque préhistorique. - 37° Les Pois- sons migrateurs de la Méditerranée; recherches des lois qui pré- sident à leurs migrations. 38° Modifications que peuvent apporter les engins traînants dans la composition de la faune actuelle piscicole. -- 39° Evolution et hôtes des Pucerons les plus SÉANCE DU 27 OCTOBRE 1914 347 nuisibles à l'agriculture. Leurs ennemis. 10° Les Champi- gnons parasites des Insectes. Leur utilité. » M. li Ministre de l'Instruction publique écrit, en réponse an vœu, émis par la Société, que la caisse des recherches scienti- fiques puisse être en partie affectée à la surveillance et à la conservation des collections des Musées : « Les statuts de la caisse des recherches scienliliques ne lui permettent pas de subventionner des collectivités ou des œuvres telles que celle qui fait l'objet du vœu émis par la Société zoologiqne .le France. Le rôle de cette caisse est strictement limité à l'attribution à des savants de subventions individuelles destinées à de- recherches originales e( déterminées. » M. le Ministre de l'agriculture écrit : « J'ai l'honneur de vous l'aire connaître que j'ai autorisé M. le Préfet des Bouches-du- Rhône, sur la proposition qu'il m'en a laite, à l'aire figurer le Flamant rose sur la lisle des Oiseaux qui sont dans ce départe- ment l'objet d'une protection absolue en tout temps. Le vœu émis par la Société zoolog'ique de France reçoit ainsi entière satisfaction. » M. le Président exprime les vifs remerciements de la Société au sujet de cette heureuse solution. M. Vlès écrit : « Eu campagne, sur les bords de l'Aisue. le 19 octobre 191',. Cher Moxsielr, Je vous envoie, pour alimenter en cas de besoin la séance du 27, une courte observation laite en campagne les scientifiques sont incorrigibles !) pendant cette formidable « Anabase » qui nous a ramenés, d'un seul élan, des environs de Provins à la bataille de l'Aisne. Il s'agit de la possibilité du vol à reculons chez la Guêpe. Cheminant à bicyclette sur une route, à petite vitesse et sans vent, je nie suis trouvé précédé par une Guêpe volant à reculons. L'Insecte, attiré par quelque débris de fruit adhérent à ma culotte (la culotte d'un zouave ramasse tant de choses en cam- pagne !), s'est maintenu au-dessus de mon guidon, à une vingtaine de centimètres de moi, tourné vers moi et immobile. par rapport à moi : il volait rigoureusement à l'envers, abdomen en avant, l'axe de l'animal étant absolument dans le sens de la progression. Le phénomène, qui s'est d'ailleurs reproduit plu- sieurs fois dans la journée, s'est poursuivi l'une des fois sur plus d'une dizaine de mètres, sur un espace et pendant un temps 348 séance nu 27 octobre 1914 relativement longs par conséquent; j'ai donc pu l'observer sans difficulté et à loisir (1). Ce petit fait, qui est peut-être déjà observé, paraît avoir une importance assez considérable au point de vue de la théorie du vol : la position relative des centres de poussée et de gravité, qui est fortement modifiée, et surtout le comportement asymé- trique des nervures de l'aile, dans l'attaque anormale du fluide par celle-ci, soulèvent une foule de problèmes de dynamique physiologique. On sait que de nombreuses expériences et théories (Pettigrew, Marey, Bull, etc.) ont tenté de relier la flexion expérimentalement constatée de la surface de l'aile, à la position particulière des nervures et à la résultante dynamique qui fournit la progression. Je ne vois pas bien comment ces théories s'appliquent ici. 11 serait extrêmement intéressant de faire des expériences systématiques pour enregistrer les posi- tions de l'aile dans ce vol à reculons, beaucoup plus difficile à comprendre (2). Je n'ai aucun moyen, bien entendu, de faire la bibliographie du problème; peut-être des faits analogues sont-ils déjà connus depuis longtemps. Je crois nie souvenir en tous cas que mon ami L. Bull a fait des expériences sur le départ à reculons de la Mouche, lorsqu'elle s'est posée devant un obstacle : mais il s'agit là d'une sorte de rétablissement qui dure un petit nombre de coups d'ailes avant la reprise du vol normal et qui est par conséquent très loin de l'équilibre dynamique constant réalisé sous mes yeux. Je m'excuse - - et pour cause - - de ne pouvoir assister à la séance : il y a peu d'espoir que la guerre soit finie avant le 27 ! Présentez mes meilleurs souvenirs aux membres présents à la séance, et croyez-moi, cher Monsieur, votre bien dévoué : Pred Vlès, Actuellement caporal au 4 e zouave, 11 e bataillon, 5 e armée. M. Fauré-Fremiet fait part que M. Vlès a été porté à bon lie du jour de sa division pour l'habileté avec laquelle, laissé en arrière pendant la retraite, il a su rejoindre les forces françaises et ramener les blessés dont il avait la garde. M. le Président lui adresse de vives félicitations. (1) La vitesse était faible (ordre du mètre par seconde), de sorte que la proue d'air précédant le cycliste en vitesse ne me semble pas intervenir ici d'une ma- nière efficace. (2) Il est intéressant de noter que, dans le vol à reculons tel que je l'ai observé à plusieurs reprises, la Guêpe a par moments une stabilité diminuée, qui se tra- duit par des embardées latérales. Le rondement est moins bon que dans le vol direct. SÉANCE DU 2 7 OCTO I ! I ! E 1914 3 19 M. de Beai champ, actuellement médecin-major de 2? classe au 15' territorial, près d'Epdnal, envoie à ses collègues ses excuses cl ses souhaits. M. Pellegrin, médecin aide-major de l re classe à l'ambulance n" i), groupe d'ambulances u" 5. éléments d'armée Sarrail, « adresse ses bons souvenirs à ses sympathiques collègues. » M. Goutière esl infirmier, pharmacien eu chef de l'hôpital toi, à Moulins (Allier). M. Ali i ai n annonce que M. Semichon est blessé cl fait pri- sonnier. M. le président exprime les vœux les plus ardents de tous pour son prompt rétablissement. M. Secoues dépose une protestation signée de MM. Alluaud, Clément, Fauré-Fre.miet, Petit, Secoues et Vignal, posant la question de l'attitude que doit prendre la Société en présence du manifeste des intellectuels allemands. Après quelques obser- vations de MM. Alluaud, Fauré-Fremiet et Robert, la question est renvoyée au Conseil. Ouvrages offerts. Chevrelx (Ed.). - Diagnoses d'Amphipodes nouveaux provenant des campagnes de la Princesse-Alice dans l'Atlantique nord. (Bull. Inst. océanogr. n° 296, 4 p.). Congrès des Sociétés savantes à Paris. Discours prononcés à la séance de clôture du Congrès, le samedi 18 avril 1014, par M. Ch. de la Roncièrc et M. Bienvenu-Martin, ministre de là Justice (Paris, Imp. Xat. 1914. 23 p.). Hugues (Albert i. -- Communication sur le Microps apiaster concer- nant le passage et le séjour de cette espèce dans le département du Gard en 1911 {Procès-verbaux de la Société zoologique de Genève, 19 mars 1912, p. 373). Id. — Eclosion ou émigration d'Hémiptères. - - Les Insectes dans le Gard en 1913 (Feuille Natural, 1914, p. 50-51). In. — Les Chiroptères du département du Gard (IX e Congrès inter- national de zoologie tenu à Monaco du 25 au 30 mars 1913. Rennes, Oberthûr, 1914, p. 477-483). Id. — Les Insectes dans le folklore du Gard (Feuille Natural, 1014. 1». 97-99). Janët (Charles). - - Note préliminaire sur l'œuf du Volvox globator (Limoges, Ducourtieux, 1914, 12 p.). Opinions rendered by the international Commission on zoological nomenclature. — Opinions 57 to 05 (SmUhsonian Institution, 1914, p. 131-169). Séance du 10 novembre 1914. PRÉSIDENCE DE M. CAULLERY, VICE-PRÉSIDENT. M. Caullery fait don à la Société de divers tirages à part et en particulier d'une note « Sur les Siboglïnidx, type nouveau d'invertébrés recueilli par l'expédition du Siboija (C. R. Ac. Sci., GLVIII, p. 2014, 29 juin 1914), au sujet de laquelle il ajoute les remarques suivantes : « J'attire l'attention des zoologistes sur cet organisme qui reste pour moi très énigma tique. Je n'ai pu le rattacher à aucun des groupes connus. C'est un Ver, au sens vulgaire du mot, habitant SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1914 351 un tube cylindrique très régulier, transparent, qui offre des annulations transversales serrées, analogues à celles des tubes de Rhabdopleura et en outre des bandes jaunâtres également transversales et équidistantes (fîg. 1). Ces dernières bandes pro- viennent évidemment ' d'une sécrétion surajoutée, après la construction du tube. Dans l'ensemble, ces tubes (qui mesurent parfois jusqu'à L00-120 mm. de long sur une fraction de mm. de diamètre) rappellent ceux de certains Ghétoptériens; je les avais considérés d'ailleurs, à un premier examen, comme apparte- nant probablement à un Phylhchaetopterus ou à un Telepsavus. L'étude du Ver m'a montré qu'il n'en était rien. Malheureuse- ment, outre que beaucoup de tubes sont vides, dans ceux qui étaient encore habités, une intense macéra'tion s'était produite et la plupart des échantillons étaient inutilisables. Quelques-uns seulement avaient une de leurs, extrémités (toujours la même) encore étudiable; ils m'ont fourni les faits consignés dans une note à l'Académie, que je résume ici en les accompagnant de la ligure, pour plus de clarté. Le corps du Ver se compose : 1° D'une courte région fortement musculaire, rappelant le gland d'un BalanogJossus (G. lig. I; coupes transversales fig. 4 et 5); sur ce gland s'insère dorsalement (?) un très long tenta- cule impair, souvent contracté en spirale et portant, sur toute sa longueur, suivant une génératrice, une frange bien fournie de barbules latérales (lig. 2). 2° D'un tronc cylindrique très allongé, dont la structure à des niveaux successifs est indiquée par les coupes transversales fig. 6-8. On y voit une paroi ectodermique épaisse, renfermant des glandes pluricellulaires g, très spéciales, disposées en files longitudinales (v. fig. 3), logées d'abord dans la paroi même (fig. 6-7), puis, plus en arrière, faisant hernie dans la cavité cen- trale v (fig. 8). Sous ce tégument, clans le gland comme dans le tronc, règne une musculature principalement longitudinale, et. au-dessous d'elle, on voit une vaste cavité centrale c, revêtue à sa périphérie de cellules qui constituent vraisemblablement un endothélium. Dans la portion médiane, on remarque des cavités distinctes v, limitées par une sorte de basale portant extérieurement des cel- lules assez nombreuses. Ces cavités v sont remplies de granula- lions qui résultent évidemment de la coagulation d'un liquide. Elles me paraissent appartenir à un système vasculaire. 352 SÉANCE DU LO NOVEMBRE L914 Cette structure (1) se conserve dans toute la partie «le l'animal que j'ai pu observer; mais ce n'esl qu'une fraction de la longueur totale : plus ou moins près du gland se manifestait, en effet, comme je l'ai dit déjà, une macération rendant tout examen impossible. A aucun niveau je n'ai pu apercevoir d'appareil digestif ni de bouche. Certains exemplaires étaient cependant, dans les par- Lies étudiées, dans un état de conservation qui exclut la possi- bilité que l'intestin ait disparu ihi l'ait de la macération. Les cavités v ne me semblent pas pouvoir être interprétées comme un tube intestinal, car, à leur périphérie, il n'y a pas trace d'épi- ItiéJium à l'intérieur de ta basale, et dans un état comme celui qu'indique la fig. (5, cet épithélium eût élé certainement au moins en partie conservé. Comme on le voit ces données sont incomplètes et très para- doxales. Mais, vu la provenance des matériaux, il a fallu m'en contenter. L'interprétation en est extrêmement difficile. Les portions manquantes eussent peut-être fourni des éclair- cissements décisifs. En fait, j'ai considéré comme antérieure l'extrémité bien conservée de divers individus. L'interprétation inverse, sans être a priori impossible, m'a paru extrêmement peu vraisemblable et n'iffrait pas d'ailleurs d'indications sur la position systématique de l'animal. Dans l'hypothèse adoptée, je n'aperçois pas qu'on puisse le faire rentrer non plus dans aucun des groupes auxquels on peut songer (Némertiens, Anné- lides, etc.). J'ai songé également à la possibilité que ce fût un fragment d'organisme, comme les Phénicures. en réalité organes déta- chés de Telhys. Mais je ne vois pas à quoi ces productions pour- raient appartenir. Les tubes sont des formations d'ordre très spécial, sécrétées évidemment par les tissus que j'ai eus sous les yeux. Le Siboga en a ramené beaucoup de plusieurs sta- tions (2), toutes abyssales. Ils semblenl nettement indépendants, connue ceux d'une Annélide. Ils étaient mélangés, dans cer- taines stations, à des tubes de Chétoptériens et à un petit Ammocharien également très abondant, Je n'ai pu trouver (1) Je laisse de côté ici certains détails, tel qu'un sillon médio-dorsal existant sur une portion du gland et auciuel aboutissent deux curieux arcs obliques de nature apparemment cuticulaire. — Sous l 'épithélium de la partie antérieure du gland, on observe une épaisse couche fibrillaire que je présume être de nature nerveuse (/<, fig. 4-5). — Enfin, dans la cavité centrale c, j'ai trouvé, chez certains individus, des ovules en voie de croissance. (2) Stations 48, 52, 208, 210-a, 212, 271, 295; profondeurs 462-2.0G0 m., fonds vaseux. SÉANCE DU 10 NOVEMBRE 1914 353 aucun indice qu'ils eussent été arrachés à un autre objef dont ils seraient seulement des expansions périphériques. Ton- n'avaieni pas d'ailleurs un aspecl identique, et il est possible que certains d'entre eux. possédant un diamètre et une taille un peu plus considérables, constituent une espèce spéciale. Je n'ai vu non plus aucune trace de ramification, ni rien qui indi- quai qu'il s'agit d'une colonie analogue à celle des Rhabdopleura. En d'autres ternies, autant que m'ont permis d'en juger les matériaux en ma possession, chacun de ces tubes m'a semblé appartenir à un organisme autonome (1). Dans ces conditions, sans me dissimuler les lacunes trou- blantes de ces constatations, j'ai cru utile de les publier et de les rapporter à un organisme particulier qui ne manquera pas d'exercer la sagacité des zoologistes, jusqu'à ce qu'on ait décou- vert (\r> matériaux plus complets. Je n'ai rien trouvé dans les publications antérieures des (aunes abyssales qui* pût lui être attribué. J'ai choisi, pour le nommer, le nom de Siboglinum (2), qui rappelle son aspect et ne suggère rien quant à ses affinités. » M. Robert présente les parties molles d'un Sphœrechinus granularis anormal, préparé par J. Jézéquel. C'est, pense-t-il, la première fois que l'on peut étudier en détail l'anatomie d'un Oursin anormal. Cet animal est entièrement construit suivant une symétrie par 4. Ouvrages offerts. Caullery (M.). - Labidognathus parasitions n. g., ri. sp. Cas nouveau d'endoparasitisme évolutif chez les Euniciens {C. II. Soc. BioL, LXXVII, 1914, p. 490-494). Id. - - La nature des lois biologiques (Rev. métaphys. ri morale, 1914, 27 p.). Id. - - Rhopalura pelseneeri C. et M., var. vermicuEcola var. nov., Orthonectide parasite de Tetrastemma vermiculus {Bull. Soc. Zool. France, XXXIX. 1914, p. 121-124). Id. — Sur Diazona geayi n. sp., Ascidie nom elle de la Guyane < t sur la régénération et le bourgeonnement de Diazona (Ibid., XXXIX. p. 204-211). (1) M. Max Weber (qui a dirigé l'expédition du Sibo/ja). auquel j'ai demandé s'il ne possédait aucune autre donnée à ce sujet, n'a pu me fournir ni matériaux ni renseignements supplémentaires. Les tubes en question avaient été étiquetés Anneliden, lors de la récolte et du tri général des collections. (2) De Siboga et /&» fil. Séance du Î3 novembre 1914. PRÉSIDENCE DE M, CAULLERY, VICE-PRÉSIDENT. M. Gaullery fait une communication sur un nouvel Eunicien, parasite interne chez un Térébellien. M. Petit aîné présente un Puceron qu'il a recueilli sur un Musa rapporté de Suisse. Le Secrétaire général annonce que, dans sa séance du 6 novem- bre dernier, le Conseil a décidé que les séances de la Société sont provisoirement limitées à une par mois, le - >e mardi à 5 heures après-midi. SUR LES HIRONDELLES ET LES MARTINETS PAR L. PETIT aîné. L'année dernière, j'ai signalé à- la Société le départ tardif des Martinets (Cypselus apus). J'ai constaté cette année que leur passage a été plus tardif encore. C'est le 20 et le 25 août que j'en ai vu deux vols très importants aux environs de Paris, à Blanc- Mesnil (Seine-et-Oise). Le mois d'août, ayant été assez beau a dû être favorable à leur station dans nos contrées. Il en a été de même des Hirondelles, dont le premier départ s'est effectué le 20 septembre. Un deuxième vol a été observé le 1 er octobre et j'en ai encore aperçu quelques-unes le li octobre. Ouvrages offerts. Gaullery. Sur le genre Pallasia et la région prostomiale des Sabellariens (Bull. Soc. Zool. France. XXXVIII, 1913, p. 198-203). In. - Sur les formes larvaires des Annélides de la famille des Sabellariens (Hermelliens) [Md,, XXXIX, 1914, p. 168-176). Id. — Sur les Siboglinidse, type nouveau d'Invertébrés recueilli par l'expédition du Siboga (C. 11. Ac. Sel, CL VIII, 1914, p. 2014-2016). Gaullery (M.) et F. Mesnil. - - Sur deux Monstrillides parasites d'Annélides {Bull. sci. France-Belgique (7), XLVlII, p. 15-29). IIerrera (A.-L.) Bulletin du laboratoire de Plasmogénie, n° 1 (mars 1914, 2 p., in-8°). A. Robert! - - Les Protozoaires, conférences de zoolôgîe faites à là Sorbonne, publiées par l'Association amicale des élèves et des anciens élèves de la Faculté des sciences de Paris (Au siège de l'Association, à la Sorbonne, 1, rue Victor-Cousin, 450 p., in-8°). SÉANCE DU 2'-i NOVEMBRE 1914 353 SUR LES POLYGHÈTES DU GENRE PRIONOSPIO MALMGR. PAR M. CAULLERY. J'ai trouvé dans les collections de Polychètes sédentaires du Siboga deux espèces appartenant au genre Prionospio. Leur étude m*a conduit à passer en revue ce qui a été précédemment publié sur ce genre et à en proposer la subdivision en deux sous-genres. Je résume ici quelques remarques à ce sujet en attendant la publication détaillée des matériaux de l'expédition hollandaise. Je ne considère pas les formes du Siboga comme des espèces nouvelles. Les échantillons sont malheureusement incomplets; ce sont des fragments antérieurs plus ou moins considérables et qui ont tous perdu leurs palpes céphaliqaes. On sait qu'il en est fréquemment ainsi. Malmgren (1867) et Claparède (1869), les deux premiers observateurs de ce genre l'ont décrit, en raison de cela, comme en étant dépourvu. G. 0. Sars (1873), puis Marion et Bobretzki (1875) ont complété nos connaissances sili- ce point et en ce qui concerne la structure de l'extrémité pos- térieure. 1. — La première espèce du Siboga est Prionospio steenstrupi Malmgren. Elle a été recueillie dans trois stations littorales (1) entre et 40 m. de profondeur. Par le nombre des branchies (quatre paires insérées sur les sétigères II-V) et leur disposition (première et quatrième paires longues et pennées, deuxième et troisième courtes et simples), par la structure générale de la région céphalique, par le rang d'apparition des soies en crochet encapuchonnées, à la rame ventrale des parapodes, je ne vois pas de différence avec les descriptions données par Malmgren (1867) et Langerhans (1880). Cependant, en raison de l'énorme distance des localités et de la différence d'habitat qui sépare les eaux froides de l'Islande et les eaux littorales de l'archipel malais, je ne crois pas qu'il y ait identité ; je pense qu'un examen suffisamment précis sur des échantillons complets et frais mettrait en évidence des différences de détail. Je préfère donc distinguer les exemplaires du Siboga comme une variété malayensis de l'espèce décrite par Malmgren. (1) Siboga, st. 37, 99 et I5i. 356 SÉANCE Dl 23 NOVEMBRE 1914 2. La seconde espèce se rattache de la même façon à Prio- nospio pinnata décrite par Ehlers (1901) pour une Annélide du Chili cl à qui le même auteur (1908) a rapporté des exemplaires récoltés en Afrique australe (baie du Tigre, banc des Aiguilles), par le Valdivia. Elle est caractérisée surtout par la forme de la région céphalique. La région prostomiale forme dorsalement un bourrelet rectangulaire saillant, allongé antéro-postérieurement. Les faces latérales de la tête se replient en deux hunes membra- neuses, à bords libres, de forme triangulaire, qui viennent se rabattre et s'affronter sur la ligne médiane. - Il n'y a pas d'yeux. 11 y a trois paires de branchies, insérées sur les sétigères I-III, foutes trois pennées ; la première a des pinnules longues, grâce auxquelles elle a un aspect foliacé. Les autres sont plus étroites.' Ehlers les décrit comme ('gales; dans les exemplaires du Siboga, elles décroissent légèrement, mais nettement, de taille, de la première à la troisième. En outre, fait qui n'est pas signalé par Ehlers, à la base de chacune des bran- chies de la troisième paire, s'élève un filament mince non rami- fié, à peu près aussi long que la brânehie. Les soies encapu- chonnées apparaissent brusquement en nombre à la 9 e rame séligère ventrale. J'ai vérifié qu'il en était ainsi sur tous les exemplaires, en concordance avec la description d'EHLERS. En raison des quelques divergences que je viens de signaler et de l'éloignement géographique des stations, je fais aussi des exem- plaires du Siboga une variété nouvelle insequibranchia. Je signalerai encore que cette espèce a été obtenue, par le Siboga, d'une part clans des stations littorales (1) et d'autre part dans des stations profondes, dont quelques-unes franchement abyssales (2). C'est la première fois, à ma connaissance, que les Prionos\rio sont signalés en dehors de la zone côtière. * * * Cet examen de deux espèces connues m'a permis de vérifier un point implicitement contenu dans les descriptions des auteurs et sur lequel je crois intéressant d'insister. En effet, chez Prionospio steenslrupi, les branchies ne com- mencent qu'au second sétigère. Le premier, situé en avant, sur (1) Amboine (54 m.), stations 2 et 5/ (moins de 100 m.). (2) Stat. 5 (330 m.), 52 (900- m.), 35 (1.310 m.) et 271 (1.788 m.). SÉANCE DI 23 NOVEMBRE l'.M'i 357 les côtés de la région céphalique, a un parapode biramé beau- coup plus petit que les suivants. Malmgren (18G7) ne semble pas l'avoir aperçu, mais Langerhans l'a noté, ainsi que Glapa- rède (1869), chez P. iiKihiujren'i. et les auteurs ultérieurs. Chez P. pinnata, au contraire, Je premier parapode .esl aussi développé que les suivants, nettement postcéphalique et il porte la première paire de branchies, soit qu'il n'ait pas subi la réduc- J. 2. l. — Prionospio stenstrupi Mnlmg. (G = 16). •2. — P. pinnata Ehlers (l) (G=24), I, II, III, etc., les premiers segments sétigères; (>, — 4 branchies; f. filament s'insérant au voisinage de la base de chaque 3 e bran- chie. lion qu'il présente chez la première espèce, où il paraît annexé à la région céphalique, soit au contraire que chez P. pinnata la première paire de parapodes ait disparu, et que les lobes laté- raux de la tète soient un vestige du segment correspondant, l.a forme générale du bord postérieur de ces lobes s'harmonise assez bien avec celle des lames dorsale et ventrale d'un parapode. Le premier parapode abranche pouvant échapper à l'examen, à cause de sa taille réduite, il est bon d'appeler l'attention des (1) Cette espère n'a pas été antérieurement figurée, à ma connaissance. 358 SÉANCE DU 23 NOVEMBRE 1914 observateurs ultérieurs sur celle double disposition. Il y a donc deux catégories d'espèces dans le genre Prionospio, les unes avec un premier sétigère réduit et abranche, les autres où le premier sétigère ne se distingue pas des suivants. Si l'on con- sidère que le rang occupé par la première branchie fournil une (\f* principales coupes génériques dans la famille des Spioni- diens (voir Mesnil, 1896, p. 115-117), je crois qu'il convient de subdiviser, d'après ce caractère, le genre Prionospio en deux sous-genres. 1° Prionospio s. str., renfermant l'espèce type de Malmgren P. steenstrupi. 2" Paraprionospio n. subgen., où les branchies débutent au l fr sétigère. Type : P. pinnata Ehlers. * * Voici maintenant comment se groupent les espèces antérieure- ment décrites : I. - - Sous-genre Prionospio s. str. Premier sétigère à parapodes réduits et abranches. 1° P. steenstrupi Malmgren (1867). Le type provient de l'Islande. Langerhans a retrouvé cette espèce à Madère et en a couplété la description. Southern (1914) vient de la signaler sur les côtes d'Irlande et c'est elle aussi qui semble avoir été recueillie au Canada (golfe du Saint-Laurent) dans des maté- riaux étudiés par Mac Intosh (1914). Augener (1906) la men- tionne dans la mer des Aid il les. Elle a été également récoltée par le Siboga dans l'archipel malais. Je considère que son caractère le plus frappant est la disposition des \ paires de branchies (1™ et 'i e longues el pennées. 2 e et 3 e courtes cl simples). Pas d'yeux. Les soies en crochet encapuchonnées apparaissent à la XIII e - XV e rame ventrale. 2° P. malmgreni Claparède (1809). Naples. Retrouvée à Mar- seille par Marion et Bobretzky (1875). 4 yeux. Branchies en nombre variable. Claparède en indique jusqu'à 9 paires, les unes simples, les autres pennées. Les crochets encapuchonnés débutent de la XII e à la XV e rame ventrale. Par le nombre de ses branchies, cette espèce me paraît sûre- ment distincte de la précédente. 3° P. plumosa G. 0. Sars (1873) ; côtes de Norvège. Elle est SÉANCE DU 23 NOVEMBRE 1914 359 voisine de P. steenstrupi sinon indentique à elle. La seule diffé- rence nette que je relève es! que la seconde paire «le branchies serait pennée comme la première el la quatrième. i" P. cirrifera Wiren L883), récoltée par la Véga dans l'Océan glacial arctique. Elle a un prostomiùm subrectangulaire; i yeux; 5-0 paires de branchies semblables entre elles, insérées sur les segments II- VI ou Vil. Les soies en crochet débutent au delà de la XV e rame ventrale. Cette espèce se rapprocherait surtout de P. malmgreni. 5° P. heterobvancliia Moore (1907). Espèce de la côte orientale des Etats-Unis (AYood's Holl). Prostomiùm allongé, cunéiforme; deux yeux grands et nets. 5 paires de branchies sur les sétigères If-YI: les l re , \° et 5 e pennées, les 2 e et 3 e simples. Les crochets apparaissent graduellement à partir du XV e sétigère. 0" P. teriuis Verrill (1880). Côte orientale des Etats-Unis (Cap Côd). i yeux, \ paires de branchies sur les sétigères 1I-V; la pre- mière paire pennée et plus longue que les autres qui sont sim- plement foliacées il). II. Subg. Paraprionospio n. Première paire de parapodes semblable aux suivantes et portant des branchies; 1° P. pinnata Ehlers. Pas d'yeux. Prostomiùm rectangulaire allongé : lobes céphaliques latéraux membraneux; 3 paires de branchies abondamment pennées sur les sétigères l-IIl. Crochets apparaissant au IX e sétigère ventral et d'emblée nombreux. Chili. Afrique australe (baie du Tigre, banc des Aiguilles), Archi- pel malais. III. — Espèces incertse sedis. 1° P. festiva Grube (1893), décrit, par l'auteur, sous le nom de Periptyches festiva. Adriatique. Elle a deux yeux. Grube décrit des branchies pennées sur les segments IV et V, parfois aussi sur le segment II (2). 2° P. capensis Me. Intosh (1885). Cap de Bonne-Espérance Challenger). La description de cette espèce, incomplète en rai- (1) Verrill signale dans la même localité un spécimen plus grand, à branchies toutes longues et peetinées, qu'il considère comme étant peut-être une espèce distincte. (2) Cité d'après le Zooiofjic/ii Record, is~3. p. 473. 360 SÉANCE DU 23 NOVEMBRE 1914 son de l'état défectueux de l'échantillon, ne permei pas de la situer d'une façon précise. INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1867. Malmgren. — Annulata polychœta Spetzbergiae, etc.. (Ofvers, K. Vet.-Akad. Forhandl., XXIV, p. 201, pi. x, fig. 5) (P. steen- strupi). 1869. Claparèdë. — Annélides Polyehètes dû golfe de Naples (Mém. soc. phys. et hist. nat. Genève, XX, p. 73, pi. xxn, fig. 3) (/'. malmgreni). J873. Sars (G.-O.). Bijdrag fil kundskab oui Chris lianiafjord en fauna [Ngl. magazin f. nalaivid., XIX, p. 263, pi. xvn, fig. 13- 29) [P. plumosa). 187.">. Grure. - - LTeber ein Paar nene Anneliden ans der Familie <\rv Spiodeen (50 Jahresb. schles. des. /'. vaterl. Kultur, p. 58, cité d'ap. Zool. Record, 1873, p. 1-73) [Periptyches festiva). 187"). Marion et Borretzki. - - Etude des Annélides du golfe de Mar- seille [Ann. sci. nat. Zoologie) [6], If, p. SI, pi. x, fig. 20 a-c; pi. xi, fig. 20) (P. malmgreni). 1880. Verru.l. -- Notice on récent addition to Lhe mar. Invert, of the N. E. coast of America (P. U. S. Mus., II, 1879, p. 176) (Prio- nospio (Spiophanes) tenais. 1880. Langerhans. - - Die Wurmlauna von Madeira, III (Zeit. wiss. Zool., XXXIV, p. 90) (P. steenslrupi). 1883. YViren. Chœtopoder from sibirïska Ishafvet, clc... (Vegu Exped. Vet. Jattag, II, p. 409) (P. cirrifera). 1885. Mac Intosh — Rep. on the Annelida Polychseta coll. by the Challenger [Challenger, Zoology, XII, p. 381, pi. xlv, fig. 7 et 24 a, fig. 7-8) (P. capensis). 1898. Mesnil. -- Notes complémentaires sur les Spionidiens. Le genre Prionospio (Bull. sci. France-Delijhiae, XXX, p. 90). 1901. Ehlers. --Die Polycha'ten des magellanischen und chilenischen Strandes [Feslsch. z. Feier d. 150 n. Bestehens K. des. Wiss. Gobtingen, 1901, p. 163) (P. pinnata). 1806. Aijgener. YVestindisclie Polychseten [Bull. Mas. Harvard., XLIII, n° i, p. 173) (P. steenslrapi). 11)07. Moore. • Description of new species of spioniform Annelids (P. Ac. Philadclphia. 1907, p. 195, pi. XV, fig. 1-6) (P. hclcro- branchia). 1908. Ehlers. - - Die bodensassigen Anneliden ans don Sammlungen der deutschen Tiefseexpedition [\\ 'iss. Ergebn. d. Tiefseexp. \aldiria, XVI, p. 111) (P. pinnata et P. malmgreni). SÉANCE DU 23 NOVEMBRE 1914 361 1913. Ehlers. — Die Polychœtensammlungen fier deutschen Sudpo- larexpedition {D. sudpolar Expédition (1901-1903), XIII, p. 511 (P. malmgreni). 1914. Mac Intosh. — on some of the species of Prionospio M. {Ann. nat. hist. (8), XIII, p. 80. 1914. Southern (R.). — Archiannelida and Polychseta; Clare Island Survey, Part. 47 (P. Irish. Ac, XXXI, p. 103). RÉPONSE AU MANIFESTE DES INTELLECTUELS ALLEMANDS Dans sa séance du 13 novembre 1914, le Conseil de la Société zoologique de France a décidé de soumettre la réponse suivante au Manifeste des intellectuels allemands à Vapprobation des membres de la Société. Nos collègues ont été priés de donner leur avis sur le bulletin de rote, en laissant subsister Vune des deux mentions Oui ou Non. La Société zoologique de France, reprenant ses travaux à la date habituelle, envoie ses vœux à ceux de ses membres qui combattent et son hommage à ceux qui sont déjà tombés pour repousser l'agression allemande. Elle se joint aux Académies, aux Universités et aux autres Sociétés savantes de notre pays pour flétrir les actes systéma- tiques de barbarie et de vandalisme, commis en Belgique et en France par les armées ennemies, au mépris de la civilisation moderne, du droit des gens et en particulier de la Convention de La Haye. Des enquêtes offrant toute garantie et des docu- ments trouvés sur les officiers et soldats allemands apportent d'ores et déjà des preuves plus que suffisantes de la réalité et du caractère de ces atrocités. De nombreux représentants de la science allemande, parmi les plus éminents, ont publié un manifeste par lequel ils nient ou prétendent justifier tous ces actes; ils ont qualifié les vic- times de bandits, en négligeant d'ailleurs, contrairement aux règles fondamentales de l'esprit scientifique, tout examen cri- tique préalable des faits; ils ont en outre proclamé la solidarité de la culture et du militarisme allemands. En conséquence, la Société zoologique de France déclare repousser toute confraternité avec les personnes qui ont signé ce manifeste ou prétendraient y adhérer. Le Conseil de la Société zoologique de France. 28 Séance du 8 décembre 1914. PRÉSIDENCE DE MM. M. CAULLERY, VICE-PRÉSIDENT, puis R. BLANCHARD, PRÉSIDENT. M. Pluche s'excuse de ne pouvoir assister aux séances en raison de la réduction des moyens de transport. M. Racovitza adresse quelques critiques de détail à la réponse proposée par la Société au manifeste allemand. Il regrette notamment que l'approbation de cette réponse ait lieu au scrutin secret. M. Pellegrtn remercie le Conseil de ravoir proposé comme vice-président et adresse ses meilleurs souvenirs à ses collègues. M. Quidor écrit qu'il est lieutenant d'approvisionnement, groupe de brancardiers, 3 e division du corps d'armée colonial, par Valmy Marne . M. Ghappellier envoie une circulaire indiquait le fonctionne- ment de la Ligue française pour la protection des Oiseaux pen- dant la durée de la guerre. M. Darboux adresse une circulaire de la Société de secours des amis des sciences, sollicitant des souscriptions. M. Trouessart communique une lettre de M. Bùttikofer, de Rotterdam, indiquant le sort de M. L'hoëst, directeur du Jardin zoologique d'Anvers. Notre collègue se réfugia à Rotterdam, avec sa famille, après avoir pris les mesures indispensables à. l'égard de ses animaux en face du bombardement. « Pour commencer, il a fait tuer tous les Ours et quelques Ser- pents venimeux, tandis qu'il déménageait les grands fauves, chacun placé séparément dans une caisse de voyage, dans l'arrière-jardin, et les petits Carnassiers dans les souterrains du palais des fêtes. Mais plus tard, les incendies étant devenus plus nombreux et une bombe étant tombée dans le jardin, heureuse- ment sans taire grands dégâts, le Conseil d'administration prit la décision funeste de faire tuer tous les grands fauves, décision qui fut exécutée, contre l'avis du directeur, deux jours avant la prise de la ville. Après un séjour de trois jours à Rotterdam, notre collègue estima de son devoir de rentrer à Anvers. Les employés et les SÉANCE DU 8 DÉCEMBRE 191 \ 363 gardiens ne s'étaient pas enfuis et notre collègue trouva le jardin et les animaux en assez bonne condition. Les dernières nou- velles, reçues il y a quelques jours, sont assez bonnes, mais la situation pécuniaire du jardin est devenue 1res triste ». M. R. Blanchard, président : « Mes chers Collèglks, J'ai le pénible devoir de rendre, au nom de la Société, un suprême hommage au Professeur Léon Vaillant. Léon-Louis Vaillant est né à Paris, le 11 novembre 1834. Pré- parateur du cours d'anatomie comparée et de physiologie des animaux à la Faculté des sciences de Paris, en 1864, il est chargé, deux ans plus tard (1866), de suppléer le professeur Hollard dans son cours de zoologie et d'anatomie comparée à la Faculté des sciences de Montpellier; l'année suivante (1867). il est nommé professeur titulaire. Rappelé à Paris en 1869, comme répétiteur à l'Ecole pratique des Hautes-Etudes (laboratoire de zoologie, dirigé par H. Milne-Echvards), il est bientôt chargé du cours de zoologie (Reptiles et Poissons), devenu vacant au Muséum d'histoire naturelle, par suite de la mort de Duméril; en 1875, il est nommé professeur titulaire, à la place de ce dernier. Il occupa sa chaire pendant 35 ans, jusqu'à sa retraite, survenue en janvier 1910. Il est mort le 27 novembre 1911 nu début de sa 81 e année. En la personne du Professeur Vaillant disparaît le dernier de ceux qui m'ont initié aux études zoologiques. Il venait d'être nommé professeur au Muséum et moi-même j'étais un tout jeune étudiant de la Faculté de médecine, quand je suivis son cours, pendant l'année scolaire 187i-1875. Il lit, cette année-là, une très intéressante série de leçons sur les affinités des Rep- tiles et des Oiseaux. Son enseignement était simple, clair et précis; ces belles qualités lui attiraient un auditoire nombreux et fidèle. Au premier rang de celui-ci, venait toujours s'asseoir un grand jeune homme à l'air rêveur, monté sur de longues jambes: il était interne en médecine à la Salpêtrière et manifestait un vif intérêt aux plumes des Reptiles et aux dents des Oiseaux. Il s'appelait Charles Richet. On sait quelle magnifique carrière scientifique il a parcourue depuis lors. C'est de cette époque lointaine (voilà quarante ans !) que datenl nies relations avec le Professeur Vaillant. D'abord empreintes 1 1 duite de son second fils, le docteur Louis Vaillant (2), décoré sur le champ de bataille, le 22 novembre 1914. Cinq jours après, le professeur Léon Vaillant rendait le dernier soupir. Ses obsèques eurent lieu le 30 novembre. Nos collègues MM. Alluaud et Secques y représentaient noire Société. Le pro- fesseur Edmond Perrier, directeur du Muséum, et le professeur Louis Roule, son successeur à la chaire d'herpétologie, y pro- noncèrent des discours. Prévenu trop lard, j'ai eu la douleur de n'y pas assister. Que la famille de notre regretté collègue me permette donc de lui exprimer ici, avec les vives condoléances de notre compagnie, la part très grande que je prends à son deuil. » Ai. Clément offrant son dernier ouvrage sur la construction des ruches donne quelques indications générales sur l'apicul- ture et les mérites relatifs des ruches fixes et des ruches mobiles. (1) Albéric Vaillant, né à Paris le 1 er mai 1872, entré J?e a l Ecole militaire de Saint-Cyr. capitaine au 72e régiment d'infanterie, tué au combat de Cessex (fron- tière du Luxembourg), le 27 août 1914. (2) Docteur Louis Vaillant, né à Paris le 27 novembre 1876, médecin-major de 2e classe des troupes coloniales. Deux campagnes au Tonkin. Médecin et natura- liste de la fameuse expédition Pelliot, en Asie centrale. Sur le front depuis le début de la guerre actuelle; décoré de la Légion d'honneur sur le champ de bataille, le 22 novembre 1914. Ouvrage offert. A.-L. Clément. La construction économique des ruches et du matériel apicole (Lib. agric. de la Maison rustique, 108 p.). Séance du 22 décembre 19i4. PRÉSIDENCE DE M. II. BLANCHARD, PRÉSIDENT. M. Gaziot propose un mémoire sur les Poissons pris dans la mer de Nice, entre l'Esterel et Monaco. Le Conseil ayant décidé de ne pas publier celte année de volume de Mémoires, ce travail pourra prendre place dans le tome XXVII qui portera les deux millésimes : 1914-1915. M. Minçhin envoie ses remerciements à ses collègues qui l'ont proposé aux élections comme membre du Conseil. 11 exprime le regret de ne pouvoir assister aux séances. La guerre Ta surpris eu Australie, où il était allé en qualité de membre de la « Britisb Association ». M. Yung écrit, : « J'ai expédié en lettre ouverte les protesta- lions que vous m avez envoyées à l'adresse de nos collègues alle- mands et autrichiens. 11 me semble juste, comme à vous, de leur faire connaître nos décisions avant de les condamner en bloc. Parmi les 93 signataires du stupétiant « Appel aux nations civilisées », il ne se trouve qu'un zoologiste. Haeckel, et encore ligure-l-il là davantage comme chef des monistes que comme savant... En tous cas, vous n'ignorez pas qu'en Allemagne se trouvent des « intellectuels » notoires qui ont désapprouvé l'atti- tude de leurs confrères... En principe, et jusqu'à preuve du con- traire, il nie semble préférable de supposer que les intelligences supérieures ne se solidarisent pas avec les militaristes monar- chistes, fauteurs de la catastrophe présente, plutôt que de les condamner en bloc avec le reste du troupeau soldatesque. » M. Lavauden, actuellement capitaine au 68 e bataillon de chasseurs alpins, écrit : « En apportant à la Société mes vœux de prospérité pour l'année qui va bientôt s'ouvrir, je tiens à approuver publiquement et sans réserve la réponse que vous avez cru devoir soumettre à l'examen de vos membres. Cette réponse, modérée dans la forme, ainsi qu'il convient à une Société savante exempte des passions ordinaires des hommes, stigmatise néanmoins ainsi qu'il le faut le mépris dans lequel nos ennemis tiennent les lois de la guerre et les conventions qu'eux-mêmes signèrent à la Haye. Ayant combattu en Lorraine et en Alsace, je suis en mesure d'apporter de ces violations et de ce mépris le témoignage oculaire le plus précis et le plus formel. » M. le Président exprime les vœux ardents de tous SÉANCE DU 22 DÉCEMBRE L914 367 pour noire collègue, dont l'approbation, venant d'un combat- tant, est doublement précieuse. M. le Président adresse de vives félicitations à nos collègues qui ont obtenu des prix à l'Institut : MM. Blaizot, partie du prix Montyon (médecine et chirurgie): M. Bordas, prix Guvier; M. Brôlemann, prix Jérôme Ponti; M. Fabhe, prix Gegner; Pauré-Premiet, partie du prix Martin-Damourette; M. Joubin, partie du prix II. de Parville; M. Liouville, prix Delalande- Guérineau; R. Picqué, citation au prix Montyon (médecine et chirurgie); MM. Alluaud, Anthony, Ghatton, Pellegrin, qui ont eu des subventions sur les fonds. Bonaparte. L'ordre du jour appelle le dépouillement du scrutin pour le renouvellement du bureau et du tiers sortant du Conseil. MM. Petit, Reyckaert et Vignal sont nommés scrutateurs. Sur 112 votants, ont obtenu, comme : MM. Président M. Gaullery lit voix. Vice-Présidents \,'^ I J. Pellegrin 112 — Secrétaire général A. Robert lit c ,, • iP. DE BEAI CHAMP 112 Secrétaires ) _ _, ) E. Ghatton 112 Trésorier L. Vignal 110 — Archiviste-bibliothécaire. L. Germain : 112 — !A.-L. Clément 112 F. Jo! SSLALME 112 E.-A. MlNCHIN 112 N. DE ZOGRAF 112 Ont obtenu en outre : comme Président. M. de Beauchamp une voix, comme secrétaire général, M. R. Blanchard une voix. La réponse au manifeste est approuvée par 109 voix contre 2 et une abstention : ce dernier bulletin de vote porte ces mots : « Le devoir patriotique de la Société zoologique de France con- siste à faire de la meilleure zoologie que les Allemands. » M. Alluaud remplacera M. Pellegrin au Conseil. M. Roberi dépose sur le bureau' son ouvrage : « Les Proto- zoaires » et remercie l'Association amicale des élèves et des anciens élèves de la Faculté des sciences de Paris, qui en a assuré la publication. 68 SÉANCE 1)1 22 DÉCEMBRE 1914 VARIÉTÉS, ESPÈCES ET GENRES NOUVEAUX DÉCRITS DANS LE BULLETIN DE 1914 Poissons pages M h cri nu alaotrensis Pellegrin 46 Barbus labiatominus Pellegrin 297 Bedotia lo'ngianalis Pellegrin I?s Chiloscyllium cœruleopunctalum Pellegrin 230 Viagramma griseum nov. var. Playfairi Pellegrin 233 Dipterodon multtfasciatus Pellegrin 231 Morm y rus Ellenbergeri Pellegrin 25 Pachymelopon gibbosus Pellegrin 264 Pelmatochromis genisquamulatus Pellegrin 27 Synodonlis leopardinus Pellegrin 26 TU. MCI ERS Didzona Geayi Caullery 20 i 1\ SECTES Antillais (Aulacoderma) obockianus Pic INI Antillais malabarensis nova var. postrufescens Pic 184 Anthicus malabarensis nova var. taclianensis Pic 184 . \ nthicus sepa ra t ithorax Pic 18-i- Formicomus Rouyeri Pic 183 Formicomus rufopiceus nova var. subscutellaris Pic 183 Notoxus abyssinicus Pic 182 Notoxus ater Pic 182 Notobus bisbimaculct tus Pic 1 83 Notoxus boliuiensis Pic 250 Notoxus Bra u csiki Pic 251 Notoxus guyanensis Pic 181 Notoxus inconstans nova var. ruficornis Pic 251 Notoxus Rafjrayi Pic * 183 Notoxus rufomacula lus Pic 250 Notoxus Schimperi Pic 182 Crustacés Canthocamptus Wulmeri de Kerhervé !<"» l'on tir relia tonkinensis Sollaud 318 Leander Mani Sollaud 315 Annélides Paraprionospio n. sobgen. Caullery 358 Prionospio pinnata nova var. inaequibranchia Caullery 356 Prionospio steenstrupi nova var. matayensis Caullery 355 Orthonectide Rhopalura Pelseneeri nova var. vermiculicola Caullery 121 TABLE DES MATIERES PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE D'AUTEURS Pages Beauchamp (P. de). -- Aperçu sur la répartition des êtres dans la zone des marées ci Roscoff 29 — Une tourbière sous-marine connue milieu biologique 153 Benoît-Bazille (H.) - Le microrama. Nouvel appareil pour l'examen des préparations microscopiques 110 Billiard (G.). --Sur la locomotion des Patelles 325 Sur la régénération des membres chez les Reptiles 3; °.o Blanc (G.-li.i. Heterakis Parisi et son rôle pathogène chez le Nandou 7s Bordas (Dr. L.). - - Sur un cas de ramification caudale chez un Lombric {Lumbricus herculeus Savigny) 252 Caullery (M. . -- A propos des formations littorales tourbeuses du Boulonnais 180 Rhopalura Pelseneeri C. et M., var. vermiculicola, var. nov., Orthonectide parasite de Tetrastemma vermiculus Qtfg 121 Sur Diazona Geayi n. sp., Ascidie nouvelle de la Guyane el sur la régénération el le bourgeonnement de Diazona... 20i- Sur les formes larvaires des Annélides de la famille des Sabellariens (Hermelliens) 1GS — Sur les Polychètes du genre Prionospio Malmgren 355 Cépède (C). Considérations morphologiques sur Phyllopus Turqueti Quidor 1906, Copépode pélagique antarctique récolté par le « Français » 128 — La composition d'un plancton à larves de Hermelles 236 La faune copépodique libre (\i à > régions, antarctiques. I. Les espèces pélagiques lis La lécaniose des Marronniers des jardins du Luxembourg. 244 Les gisements de tourbe sous-marine, milieux biologiques. 160 L'euryhalinité de Nereis (Hediste) diversicolor O-F. M. (à propos d'une note récente du professeur' Cai i.i.f.ry) ?~(> — Sur l'étliologie de Nereis Hediste) diversicolor O-F. M. (à propos d'une critique fauuislique du professeur Caulleri 266 — Sur une nouvelle pince automatique à ressort, « Autopince ( lépède », pour la technique microscopique et les divers I rava ux de labora toire 125 370 SÉANCE DU 22 DÉCEMBRE 1914 Pilg-pS Conseil de la Société zoologique (Le). - - Réponse au manifeste des intellectuels allemands 361 Cuénot (L.) et L. Mercier. -- Sur quelques espèces reliques de la faune de Lorraine. La vie épigée de Niphargus aquilex Schiodte 83 Despax (R). — Note sur la vascularisation de la peau chez TEuprocte des Pyrénées Triton (sg. Euproctus) asper Dugès 215 Fage (Louis). — Sur le Gobius miniUus Pallas cl quelques formes voisines 2! )! > Gadeau de Kerville (H.). - - Note sur la régénération des pattes et de la queue chez le Protée anguillard (Proieus anguiiie h s Laur.) 10!) Kerhervé (J3. de). - Harpactidœ • genres Niiocra et Cantho- camplus, espèces trouvées eu iïrance. Canthocamptus Wulmeri n. sp !>7 M \n (D r J.-G. de). - - Description de (U'\i\ espèces nouvelles du genre Pilumnus Leach et d'une jeune femelle de Pil. longicomis Hilgd., découvertes dans des coquilles vides de Balanes 330 Neumann (L.-R.). - Sur- trois espèces de Degeeriella Nu 144 Neveu-Lemaire (M.). Dédoublement du genre Nematodirus (Strongylidœ) 293 Pellegrin (D r J.). Description d'un Barbeau nouveau de l'Ogôoué 297 Poissons nouveaux du llaul Zambèze recueillis par M. V. Ellenberger 21 Sur un Athérinidé nouveau de Madagascar appartenant au genre Bedolia 178 Sur une Athérine nouvelle des eaux douces de Madagascar. 46 Sur une collection de Poissons de Madagascar 221 Sur un Sparidé nouveau de Madagascar appartenant au genre Pachymetopon ^(>i- Pellegrin (D r J.) et Et. Loppe. -- Sur la capture dans le gode de Gascogne d'un Squale nouveau pour la faune française, le Chlamydoselachus anguineus Garman 234 Peyréga (E.). - - Sur la perméabilité osmotique de la coque des œufs de Sélaciens ' 211 Petit aîné (L.). - - Le Jaseur de Bohème, Arnpelis garrulus L.... 167 — Sur les Hirondelles et les Martinets 354 Pic (M.). -- Anthicides exotiques nouveaux ou peu connus [Col.]. 181 Coléoptères nouveaux du genre Noloxvs Geofr. (Hétéro- mères) 25<> Observations et corrections concernant divers Crypto- cephalus Geofr. paléarctiques 106 SÉANCE DU 22 DÉCEMBRE L914 371 Pa res Règles internationales de la Nomenclature zoologique adoptées pur les Congrès internationaux de zoologie 185 Sollaud (E.). — Sur deux nouveaux Palémonides à développe- menl condensé, vivanl dans les eaux douces du Tonkin : Ixander Muni n. sp. el Coutierella tonkinensis n. g., n. sp. 31 \ Sth.es (C.-W.). -- Liste de noms génériques (Tuniciers) proposés pour la liste officielle de noms zoologiques 142 8 e liste de noms génériques (Mammifères) proposés pour l;i liste officielle de noms zoologiques 247 Texier (G.). — Capture d'un Rodostethia rusai 82 Chronique ornithologique. Capture d'un Fou de Bassan [Fula bassana) 17? Vlès (F.), -- Notes sur l'alimentation artificielle du Poulpe 19 TABLE PAR ORDRE DE MATIÈRES N" 1, paru le 12 mars 1914. Pug.'s Lisie des membres v Liste géographique des membres xxnr Membres décédés pendant l'année 1913 xxvm Bureau et Conseil pour l'année 1914 xxix Présidents d'honneur, Présidents depuis la fondation de la Société xxx Prix Malolau-de-Guerne xxxi Prix François-Secques xxxm Prix Louis-Petit pour l'ornithologie xxxiv Séance du 13 janvier 1 27 janvier 24 N° 2, paru le Iti avril 1914. Séance du 10 février 45 26 février (XXI e Assemblée générale annuelle) 50 N° 3, paru le 12 mai 1944. Séance du 10 mars 115 24 mars 142 N° 4, paru le 30 mai 1944. Séance du 14 avril 177 28 avril 181 N° 5, paru le 30 juin 4944. Séance du 12 mai 203 26 mai 215 N° 6, paru le 25 juillet 1914. Séance du 9 juin 245 23 juin 261 N° 7. paru le 28 août 1944. Séance du 7 juillet 291 N° 8 à 10, paru le l~> mars 1915. Séance du 27 octobre 345 1 novembre 350 23 n ovembre 354 8 décembre 362 22 décembre 366 Le Secrétaire général, gérant, A. ROBERT. Imp. Oberthùr, Rennes-Paris (201-15).